lundi 20 octobre 2014

Corbeau de Patricia Briggs [série]



Éditeur : Milady - Nb de pages : 875
Série : Corbeau 
Catégorie : Fantasy




Patricia Briggs est née en 1965 dans le Montana (States), est une écrivaine américaine.


Après un début de carrière difficile, son premier livre (Masques - 1993) s'étant très peu vendu, elle a rencontré un large succès avec les aventures de Mercedes Thompson (Série Bit-lit).

Son site.


Des cendres de Colossaë est né le peuple des Voyageurs, qui vont à travers le monde pour combattre l'Ombre. Craints de ceux qui redoutent la magie, les clans Voyageurs ont été décimés par les hommes qu'ils ont juré de protéger... Séraphe est l'une des dernières Voyageuses. Elle a été sauvée par un ancien soldat : Tiër. Ensemble ils se sont construit une vie tranquille. Jusqu'au jour où Tiër disparaît. Séraphe est alors rattrapée par ses vieux démons. Elle est la seule qui puisse tenir la promesse faite par ses ancêtres...



Cette série comporte deux tomes, qui ont été réunis en une intégrale.

Corbeau, tome 1 : Aile de Corbeau
Corbeau, tome 2 : Serre de Corbeau




Ce livre m'a été offert par Mypianocanta qui est fan de l'auteure.

Je l'ai lu dans le cadre de l'ABC imaginaire 2014.


Lorsqu'il rencontre Seraphe, Tiër la sauve. Pourtant, ce petit bout de femme aurait pu le faire seule. Corbeau-mage, elle détient une puissante magie. Mais des siècles de culpabilité ont rendu les voyageurs incapables de réellement se défendre face à la cruauté des hommes. Elle baisse donc la tête, refoule son pouvoir. Jusqu'au jour où son époux se trouve à son tour en danger...


L'aventure commence gentiment, avec une présentation de Tiër, puis, peu à peu, les événements s'enchaînent, on rencontre la jeune Seraphe, on découvre les Voyageurs, leurs dons, et la guerre. Les éléments coulent, assez crédibles.

Et ce livre aurait pu devenir un véritable coup de cœur, si en plus de l'imagination, le style avait suivi. Car, j'avoue, c'est vraiment le plus gros défaut de ce roman. Un style très pauvre, manquant de poésie, de délicatesse. Les mots sont d'une simplicité déroutante, sans recherche, et, si parfois j'apprécie la simplicité, ici elle est plutôt lassante, issue d'un manque de travail. Alors, certes, j'ai lu ce livre en français, et il se peut que cela soit dû à la traduction. Mais j'aurais aimé être emporté par les mots, ils m'ont laissé un goût amer.

Pourtant le texte est rythmé. Les paragraphes narratifs sont entrecoupés de dialogues, les actions suivent les sentiments, les souvenirs. L'alternance de point de vue donne du corps au texte, avec un narrateur externe, ce que j'aime beaucoup. C'est donc bien le manque de vocabulaire recherché, de travail sur les phrases, de jeux sur les mots qui me manque dans ce livre. En gros, c'est plat. Et, si quelques touches d'humour sont tentées, je n'ai que rarement souri.

L'effet s'accentue dans le deuxième tome, avec, de surcroît, de très nombreux rappels du premier tome. Là, je dois reconnaître que le fait d'avoir lu l'intégrale en une seule fois n'a pas aidé et fait ressortir ce gros défaut. Le premier tiers du deuxième roman reprend le tome un par le menu, saupoudrant une petite aventure sans grande saveur. Dommage, car, avec un style assez lourd, ces répétitions m'ont saturée.

Mais, ce roman vaut le détour pour d'autres points !

Déjà l'inventivité dont a fait preuve l'auteure dans le premier tome, avec les six ordres des voyageurs, leurs dons largement explicités, les causes de la guerre. Bref, on cerne assez aisément ce monde.

Les nombreux enchâssements, s'il apportent des éléments de réponse intéressants et complètent bien le livre, tout donnant du poids aux personnages, finissent par lasser. Contrairement aux redites qui alourdissent - et qui si elles avaient été supprimées aurait permis un tome unique de 600 pages - ces petites histoires sur les uns et les autres donnent mille détails sur l'univers riche de ce roman. Néanmoins, ils noient l'histoire. Trop de détail, tue le détail !

La mythologie, expliquée en profondeur dans le troisième tiers du second roman, est finalement assez simple. L'auteur a réussi à la rendre opaque par les non-dits et les souvenirs oubliés. C'est joli et cela entre parfaitement dans l'intrigue.

Bon, le livre est manichéen et prévisible. Toutefois je n'en ferai pas un bémol, ici car la fraîcheur de l'histoire tient justement à ces points.


Nombreux, les personnages sont quasiment tous secondaires, après Seraphe et Tiër. Pourtant l'auteure a essayé de leur donner à chacun ses pages de gloire, mais comme elle a créé beaucoup de monde, il lui a été difficile de tous les gérer et certains lui ont échappé.

Du coup, ils manquent cruellement de charisme ! Et seul Jës tire à peu près son épingle du jeu, bien que ce personnage soit très inconstant au long de l'histoire.

Enfin, Seraphe, le Corbeau, est une mage d'une puissance incroyable mais écorchée par son pouvoir, qu'elle ne maîtrise pas complètement, suite à un manque d'éducation. Toutefois, comme l'auteure a voulu jouer sur une grande quantité de personnages, Seraphe est un peu délaissée, devenant à son tour secondaire...  


Uchronie médiévale, dans un espace assez peu détaillé, si ce n'est quelques informations sur des lieux précis (montagne, ville, plaine). On ressent un manque de la part de l'auteur qui a posé des pistes sans les approfondir. Les distances, grandes, ne sont évoquées que par de longues journées de trajet.

Le temps lui même est assez confus, des mois, des jours, des semaines, séparent les mêmes lieux ! Dommage.


Les mots pour : Inventivité, Mythologie, Magie

Les mots contre : Style +++ trop nombreux personnages qui du coup manquent de charisme.

Notation :13/20 (14 - 12)



Autant la première partie, présentant l'univers de cette histoire m'a bien plu, autant la seconde partie à été plus difficile à lire, avec de nombreux rappels de la première partie et des longueurs ou enchâssements inutiles ! Dommage, j'aurais dû rester sur le premier tome...

vendredi 10 octobre 2014

Blade de Mel Odom



Éditeur : J'ai lu — Nb de pages : 198
Série : / 
Catégorie : Fantastique



Mel Odom est né aux States en 1957.

Auteur de Fantasy et SF, il a publié au minimum 140 livres... 



Le macchabée lâche le corps exsangue du médecin légiste et se tourne vers Karen. Terrifiée, elle se rue dans le couloir de l'hôpital. En quelques enjambées, il la rattrape. Ses mains griffues se referment sur son cou, la privant aussitôt d'oxygène. Elle tente de se défendre. En pure perte. Il est d'une force surhumaine. Ses canines démesurées s'enfoncent dans sa gorge. Le monstre aspire goulûment son sang. Elle se sent faiblir de seconde en seconde. Soudain, une main gantée de cuir noir se pose sur l'épaule du vampire. Arraché à son festin, il lâche Karen qui tombe comme une poupée de chiffon sur le sol. Impuissante, elle assiste au face-à-face haineux des deux hommes. 
— Blade, dit le mort vivant, bienvenu au banquet ! Tu seras le plat de résistance...



Ou le contraire ! Ce livre a été écrit d'après le film éponyme de David S Goyer avec Wesley Snipes, sorti en 1998.






Lors du challenge 2013, j'ai lu un livre de Yarbro, tiré d'un film et j'avais trouvé l'expérience intéressante. Du coup, en cherchant ma lettre O, cette année, lorsque j'ai trouvé ce roman, je n'ai pas hésité. De plus, ayant déjà lu un livre de Mel Odom, je savais son écriture très sympathique et très accessible.

Lu dans le cadre de l'ABC imaginaire 2014  


Blade a choisi son camp : il tue les vampires. Pourtant sa soif le rapproche d'eux... mais lui peut vivre le jour, sortir face à ce soleil ardent. On le nomme le Diurne.


La narration est d'une simplicité déroutante ! Sans artifice, sans grandiloquence. Juste de courtes phrases, pas mal d'action, des dialogues courts. C'est efficace. C'est surtout bourré de clichés, à la limite de l'ironie. J'ai adoré !

Attention, nous sommes loin de la littérature à succès. Pour être franche, on ne peut pas parler de belle écriture, de talent, de jolies phrases. Non, ici, c'est vraiment de l'efficacité, de l'action et une utilisation de mots clés, posés au bon moment pour que notre cerveau colle immédiatement aux scènes des images types : vampire = dents longues.

Cette technique permet à l'auteur de résumer un film en 198 pages. Ayant vu ce film, à sa sortie, j'avoue que je me suis retrouvée dans les pages du livre. L'ambiance est là. Les couleurs du film, noir et rouge — sang — sont bien présentes. Les scènes ont été respectées, et l'histoire reste assez crédible.

Et puis l'intrigue et les trouvailles sont aguichantes, elles apportent une autre vision des vampires. Bien sûr, comme il s'agit d'une réécriture, c'est l'oeuvre de D.S. Goyer qui est a souligner, son inventivité. Mel Odom, ici n'a pas eu a imaginer les scènes, il les a juste transcrites.  

Toutefois, comme je le disais ci-dessus, j'ai ressenti une forme d'ironie dans ce texte, notamment lors de scènes qui apparaissent d'un kitsch total, alors que le film ne m'avait pas fait cet effet. Certes, ce n'est pas non plus un « grand film ». Et donc, je peux lui trouver mille défauts : c'est violent par moment, c'est bourré d'hémoglobine, l'amourette est plus que prévisible, l'intrigue aussi.

Alors pourquoi cet engouement pour ce livre ? Et bien parce que je l'ai lu en quelques heures, avec le sourire aux lèvres, en tournant les pages avidement. Et ça, et bien, c'est déjà beaucoup.

Je n'ai pas eu besoin de réfléchir à ce que je lisais, je n'ai pas eu besoin de recourir à un carnet pour me souvenir le nom des trop nombreux personnages, je n'ai pas senti de manque sur la trame de fond, ni sur les personnages.

Bref, une bonne petite histoire de vampires, sans prise de tête.


Blade est un grand black hyper baraqué, avec une carapace de cuir solide. Issu des Comics, ce personnage est une caricature à lui seul. Du coup, l'auteur a su lui donner cette aura typique des superhéros.

Les autres personnages manquent un peu de profondeur. J'aurais aimé en savoir plus sur Whistler, ce mentor qui arme Blade, le fait devenir ce qu'il est. Les quelques informations glanées suffisent pourtant à comprendre cette vengeance.


Débutant pas un flash black, le livre se déroule dans une période qui pourrait être la nôtre, dans une grande ville presque anonyme.


Les mots pour : ironie, vampires, histoire

Les mots contre : facilité, violence

Notation : 17/20


17 parce que je me suis amusée à lire ce bouquin ! C'est Kitsch à mort, écrit très simplement, sans fioriture, cela se lit en rien de temps, l'histoire tient la route malgré de grosses ficelles. Mais qu'est-ce que c'était sympa. Sourire.