mardi 16 septembre 2014

Le vaisseau ardent de Jean-Claude Marguerite



Éditeur : Folio SF — Nb de pages : 1286
Série : / 
Catégorie : Aventure - Fantastique


Jean-Claude Marguertie est né en 1955.

Journaliste et écologiste, passionné de chevaux (il travaillera dans un haras), ce "touche à tout" est aussi photographe, graphiste... et auteur.  

Son site.


Yougoslavie, fin des années cinquante. Dans un petit port de l’Adriatique, Anton et Jak, dix et onze ans, assouvissent leurs rêves de piraterie en volant des bijoux, de l’argent et des instruments de navigation sur les bateaux qu’ils astiquent pendant le jour – tout un butin qu’ils entreposent dans une cave laissée à l’abandon. 

Alors qu’ils doivent cesser leurs cambriolages, car pêcheurs et miliciens recherchent activement les voleurs du port, les deux garçons font la connaissance d’un ivrogne. En échange d’alcool, le vieil homme leur raconte l’épopée du Pirate Sans Nom, un forban hors du commun qui aurait disparu sans laisser de trace, tout en emportant avec lui son trésor, le plus fabuleux de l’histoire de la piraterie. Pour Anton, ce qui n’est sans doute qu’une légende va devenir sa principale raison de vivre. 
Devenu un pirate des temps modernes, un pilleur d'épaves, sa quête le mènera aux quatre coins de la planète, et il découvrira que derrière l’énigme du Pirate Sans Nom s’en cache une autre, bien plus ancienne, celle du Vaisseau ardent…




J'ai été contacté par l'auteur, Jean-Claude Marguerite, pour chroniquer ce livre. Je tiens à le remercier, ainsi que les éditions Gallimard/Folio, pour cette lecture incroyablement riche. 


Un pirate sans nom ! Et voilà que notre héros tente de retrouver sa trace. Mais a-t-il réellement existé ou n'est-ce qu’une affabulation d'un vieil ivrogne ?


Si vous aimez les lectures faciles et les livres vite lus, passez votre chemin. Mais, si, comme moi, vous aimez vous faire embarquer par une belle écriture, par une histoire un peu extravagante, des personnages riches et complexes, alors, foncez.

Car ce livre, même s'il est parfois un peu redondant dans la première partie, est vraiment surprenant et rare.

Alors, certes, on peut lui trouver des défauts, et j'avoue avoir posé ce petit pavé pour souffler un peu, à la fin de la première partie. D'autant que le délire de l'auteur/narrateur au sujet de l'île m'a dérouté. Mais, j'étais titillée, j'avais envie de savoir si ce pirate, raconté tout au long de la première partie, évoqué avec malice par un vieil ivrogne, existait. Et si ce trésor tant recherché (oui, qui dit pirate, dit trésor !)

Vous me connaissez assez bien, à présent, pour savoir que de l'histoire je ne dévoilerai rien. C'est frustrant, je sais. Mais ce serait vraiment vous gâcher votre plaisir, car ce livre vaut le détour. L'auteur a choisi de se jouer de nous. Il bifurque, tourne, revient, repart et sème ses indices.

Livre à tiroir, ce qui m'indispose régulièrement, l'histoire est racontée par Petrack (Anton) qui raconte son enfance, puis par le vieil ivrogne et enfin par le pirate sans nom lui-même dans un écrit. Ces tiroirs m'ont encore une fois bloqué. Je ne me fais pas à ce principe. Cela n’ôte rien au talent de conteur de Jean-Claude Marguerite. Mais, cela demande une concentration sur le livre, ce qui m'a été impossible en cette période. Et, donc, la pause que je me suis imposée a aussi permis que ce phénomène tiroir ne me lasse pas. Surtout que les deux parties, si elles se suivent, auraient pu faire l'objet d'une publication séparée. (Ce qui aurait évité les crampes dues au poids du livre !) [après recherches pour la biographie je constate que cette séparation est effective en numérique]

À ce sujet, l'auteur a mis des tas de petites scènes, d'histoires qui, si elles s’intègrent à merveille dans ce livre et donnent du charisme à Anton, l'alourdissent un peu. 1280 pages, je pense sincèrement que quelques-unes auraient pu être éliminées, sans perdre de la beauté de l'histoire, comme, pour exemple, la partie sur la vie d'étudiant du vieil ivrogne.

Enfin, mon plus grand bémol sera la passivité de l'ensemble, liée aux fameux tiroirs sus-cités : les personnages écoutent ou lisent, et sont donc peu actifs. Et lorsqu'ils le sont, comme l'ivrogne dans l'île, c'est tellement onirique que l'action s'efface, s'estompe. Bon, la fin rattrape un peu ce point. Sauf que c'est la fin..., 1000 pages ont été lues.

Je terminerai par l'évocation d'autres livres que l'auteur a évoqués plus ou moins directement, comme L'île au trésor, ou encore Peter Pan. J'ai même eu l'impression que Vendredi et sa grotte apparaissaient... Ici encore, c'est fait avec beaucoup de délicatesse, et l'on ne peut que souligner le talent de Jean-Claude Marguerite.


C'est, je crois, un des points forts du livre, avec des personnages riches et longuement décrits, vivants ! Anton, présenté à deux grandes époques, reste le personnage principal, et son aura donne au livre une identité intéressante.

L'ivrogne m'a aussi bien plu, avec sa foultitude d'anecdotes, même si son aventure des plus rocambolesques m'a dérouté.

L'histoire se déroule à plusieurs époques, suivant le narrateur... et plusieurs lieux décrits avec moult détails donnant une impression visuelle forte : Port sur l'Adriatique en Yougoslavie (vers 1950, de mémoire), îles paradisiaques aux eaux turquoise, et bien d'autres.


Les mots pour : Style, intrigue, personnages.

Les mots contre : longueurs et longueur de l'ensemble. Redondances.

Notation : 15/20


Un très beau livre, qui aurait mérité d'être allégé, non pas dans le style qui est effroyablement efficace, mais dans la quantité, parfois un peu déviante.

dimanche 14 septembre 2014

La princesse de la nuit de Marion zimmer Bradley



Éditeur : Le livre de poche — Nb de pages : 246
Série : / 
Catégorie : romance — fantastique — 



Marion Zimmer Bradley est née en 1930 et est décédée en 1999.

Grande dame de la Fantasy et de la SF, elle a écrit de nombreux livres à la limite des deux genres. Féministe accomplie, ses romans sont souvent construits autour de portraits d'héroïnes non conformistes eu égard aux standards de la société dans laquelle elles vivent.




En 1791, avec La Flûte enchantée, Mozart donne à l'opéra mondial un de ses chefs-d'œuvre, naguère ressuscité au cinéma par Ingmar Bergman.
C'est cette histoire envoûtante et mystérieuse, issue d'une légende orientale, que la romancière des Dames du Lac et de La Trahison des dieux fait revivre ici. 

Tamino s'est juré de délivrer la princesse Pamina, fille de la Reine de la Nuit, prisonnière du magicien Sarastro. Très vite, l'amour entre eux est réciproque, mais bien des épreuves attendent les deux jeunes gens avant que ne leur soit révélé le chemin de la Sagesse et de la Lumière... 

À cette histoire d'amour, l'une des plus belles jamais contées, Marion Zimmer Bradley restitue toute sa poésie et sa profondeur. Au travers de péripéties multiples, dans un climat de légende, nous découvrons un univers de mystères et de symboles, de secrets initiatiques que seule pouvait rendre aussi vivants une très grande dame de la littérature fantastique.


Ou le contraire... puisque ce livre est une adaptation de la Flûte enchantée de Wolfgang Amadeus Mozart

(Résumé de l'histoire)







Découvert sur le blog de Mypianocanta, ce livre, d'une auteure appréciée par son style, ne pouvait qu'intégrer ma Pal.

Lu dans le cadre des challenges ABC et ABC imaginaire 2014


Tout est dit dans le résumé.


L'histoire, classique et connue de la Flûte enchantée, remaniée, réécrite par une auteure fantastique, je pensais sincèrement adhérer et apprécier. Mais, au fil des pages, les lenteurs stylistiques, le classicisme déroutant, et le manque cruel d'action m'ont épuisé. C'est beau, mais, comme l'histoire n'avait pas de secret (pour moi, puisque j'ai lu le texte de la Flûte enchantée), j'attendais un souffle, une pointe d'âme du côté de la narration. Un petit quelque chose qui me ferait tourner les pages avidement, qui me pousserait à espérer, à avoir envie d'avancer. Mais, plus je lisais, plus je me rendais compte que l'auteure n'avait pas réussi à me séduire, cette fois-ci sur ce texte.

Alors, bien sûr, quelques petits passages m'ont fait sourire, comme les réactions de Papageno. Et, la souplesse d'écriture de Marion Zimmer Bradley est à reconnaître. Son talent est là, et elle reprend cette œuvre en lui insufflant une part de magie, quelques paillettes, et un dragon. Elle crée notamment les Halflings, êtres mi-humains mi-animaux, considérés comme inférieurs par les humains et qui leur servent, en quelque sorte d'esclaves. — Au début du livre, ces êtres sont expliqués, et cette partie m'a d'ailleurs semblé un peu lourde. — Papageno est un Halfing, croisement d'un homme et d'un oiseau. L'autre apport fantastique, ce sont les filles de la nuit, les sœurs de Pamina (les trois dames chez Mozart) qui sont nées d'une union entre la Reine de la nuit et le Seigneur serpent.

Bref, quelques trouvailles dans cette réécriture, mais un livre qui n'a pas su me combler. Enfin, cela reste une magnifique histoire d'amour. Deux, plutôt... (chut) et pour cette raison, le livre vaut le détour.


Les personnages, mis à part Papageno, ne m'ont pas convaincu. Ils manquent de fond, de puissance, de crédibilité. Pourtant le chapitre présentant Tamino laissait à imaginer un garçon plein de talent, de sagesse. La suite le rend un peu niais par moment, et, s'il réussit les épreuves, c'est vraiment parce que la trame de l'histoire le veut ainsi.


Peu d'éléments sur le temps. Quelques jolies descriptions.


Les mots pour : Halfings, Papageno

Les mots contre : manque de profondeur, longueurs, lenteur de l'histoire.

Notation : 12/20



Finalement, assez déçue par cette histoire. La plume de Marion Zimmer Bradley n'a pas réussi à me captiver.