vendredi 22 mai 2015

Egon de Callie J. Deroy


Lire une romance, c'est espérer un bel amour entre deux personnes. Ici, c'est une véritable passion que nous offre Callie J Deroy dans Egon !


Éditeur : L'ivre-Book

Nb de pages : Epug
Série : / 
Catégorie : Romance - Fantastique

Traducteur : /

Pourquoi ce livre ? 

Ce livre ma été envoyé par les Editions L'ivre-Book
que je remercie pour ce tout nouveau partenariat.

 

Que s'est-il passé le mardi 25 février 2014 ? 
Personne n'a rien remarqué, et pourtant, ce jour-là quelque chose a changé. Qui est cet homme triste à fendre le cœur que l'on amène aux Papillons blancs ce soir-là ? Stella, employée dans ce foyer d'accueil depuis trois ans, n'en a pas la moindre idée. Pourtant, elle se sent vite attirée et prête à prendre tous les risques pour lui, même si elle devine que sous le chagrin qu'il porte en permanence se cache un lourd secret. 
Qui est Egon ? Que dissimule-t-il ?




Julie Deroy alias Callie J. Deroy est née en 1983 en France.

Romancière, auteure de livres de bit-lit et de romance, elle a effectué des études supérieures en stylisme et en psychologie avant de se lancer dans l’écriture..

Sa page FB




Romance, ce livre raconte la vie de Stella et sa rencontre avec Egon. On y trouve :
  • de l'amour (avec quelques scènes érotiques)
  • un peu de jalousie
  • des notions de respect fort sympathique
  • un brin de fantastique (chut ... )
  • une réalité sociale déconcertante

Lorsque Ls-Ange m'a proposé ce roman, j'en avais déjà lu le résumé. Le petit côté mystérieux et le fait qu'il soit classé en fantastique ne pouvait que m'attirer.

Le seul souci, mais qui n'a rien à voir avec le livre, c'est que je n'ai plus de liseuse. Et, franchement, les Epugs sur la tablette, c'est un peu fatiguant pour les yeux. Surtout lorsque le livre est bon, et que l'on a envie de poursuivre la lecture malgré de petits picotement dans les yeux.

Un style souple

Car, ce roman est vraiment très facile à lire, avec une écriture fluide, posée, un vocabulaire simple à recherché. Quelques phrases spontanées de type parlé donnent une fraîcheur à l'ensemble du texte. Les dialogues sont vivants. Peu de métaphores et quelques touches d'humour, et une vraie identité stylistique.

Les phrases assez courtes rythment bien l'histoire. Elles s'allongent avec les réflexions de Stella, qui est le personnage principal depuis lequel nous accédons à la première partie du livre. Ecrit à la troisième personne (merci !) et au passé (re-merci) le livre la suit dans ses actes et pensées ce qui permet d'augmenter le suspens, les questions, concernant Egon.

Un changement de mode narratif !  

Mais, pourquoi changer en plein milieu du roman ? Tout simplement pour donner la parole à Egon. A un moment de l'histoire, Callie J Deroy a du basculer vers lui afin de nous apporter des réponses.

Ce changement ne perturbe pas la lecture, j'aurais juste apprécié le rencontrer un peu plus tôt dans le roman, notamment pour savoir ce qu'Egon pense au fil du temps, au lieu d'obtenir toutes ces infos à la fin. D'autant que cela n'aurait pas entaché l'intrigue le concernant. D'un autre côté, cela laisse le mystère un peu plus longtemps.

Trois intrigues

Ce livre est composé de trois intrigues principales :
  • La romance
  • Egon
  • une intrigue que l'on nommera Secrète 
Ces intrigues se suivent avec quelques amorces de l'une dans l'autre. Et c'est ce qui m'a le plus dérangé dans cette lecture (autant dire, donc, pas grand chose). Une fois la romance consommée - jolis passages, très doux ou un brin osés - nous accédons à la réponse de l'intrigue Secrète, puis, enfin, le cas d'Egon est dévoilé. C'est donc une succession chronologique, avec un intérêt en dent de scie.

D'autant que quelques scènes sont un peu prévisibles.

Fort heureusement, Callie J deroy a su créer un véritable univers autour de sa romance, avec une construction solide de son personnage principal et surtout de son job. Grace aux sympathiques apports comme le nom d'Egon venu d'Egon Schiele [peintre, poète et dessinateur autrichien - 1890 / 1918 ] ou encore le poème de Victor Hugo [présent à la fin de l'Epug], grâce aux petits enchâssements, comme les petits moments avec Chris, jeune homme dont s'occupe Stella, le livre est étoffé.

Sans oublier qu'il se passe toujours quelque chose.

Une fin dynamique

Quant à la fin, ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus !

L'auteur a échafaudé une intrigue fantastique assez déroutante, avec de l'action, un combat... et beaucoup d'introspection. La souffrance morale est bien traitée.

Les descriptions, déjà agréables tout au long du livre, prennent toute leur valeur avec quelques passages troublants. (Je vous frustre, non ? )


Stella est un personnage très approfondi, complexe et touchante. On sent le poids des années de sentiments d'infériorité, que lui insuffle Callie J Deroy. C'est une jeune femme intéressante et qui porte en elle des qualités fabuleuses. Bref, elle est adorable.

Egon est à découvrir...

Les personnages secondaires sont, tour à tour, caricaturaux - les deux copines de Charlotte - pour les besoins de l'intrigue, ou un peu plus détaillés.


L'histoire démarre donc mardi 25 février et se poursuit sur quelques mois. La majeure partie se déroule à Paris, dans l'appartement de Stella ou aux Papillons blancs, son lieu de travail.


Les mots pour : Style, personnage de Stella, valeurs morales transmises.
Les mots contre : intrigues enchaînées chronologiquement.

Notation :

Style (sur 5) 4 Intrigue (/4) 3 Personnages principaux (/3) 2
Style 2 Crédibilité 1,5 Personnages secondaires (/1) 1
Narration 1 Action 0,5
Description 1 Violence/tendresse 1 Temps et espace (/2) 1,5
Sensation générale (/3) 2 Rythme général (/2) 1,5 Total (/20) 15



Une fort jolie romance, avec un brin de fantastique... une écriture sobre et agréable, quelques scènes croustillantes, et un ancrage dans la réalité bien pensé. Bref, un bon moment de lecture.

Blog anniversaire - 5 ans

Et voilà, déjà 5 ans que ce petit blog existe. 

Il est temps de vous en remercier, car, si je continues à poster de nouveaux articles toutes les semaines, c'est aussi parce que vous venez régulièrement les lire.

Donc, j'ai décidé de vous offrir des livres ! 

C'est amusant, sur un blog de lecture...

Pour ce faire, j'ai contacté plusieurs amis auteurs et quelques sympathiques éditeurs et vous allez découvrir les romans et marques-pages que je vous propose de gagner. Je les remercie de leur générosité.



Le déroulé ! 

Le concours va se dérouler sur 4 semaines

Vous pouvez participer sur TOUS les lots proposés
mais, au final, vous n'en gagnerez qu'un maximum par semaine. 

Tirage au sort parmi les participants sur chaque lot avec exclusion du gagnant sur les tirages suivants.
Ouvert à tous, pas de limitation de pays. 


Vos actes : 

Alors, bien sûr, vous allez devoir agir :

-  Partager le concours 

Facebook, twitter... G+ ou sur vos blogs 
et me donner le lien* dans le formulaire de réponse correspondant au livre choisi. 
Attention, les liens postés en commentaire sur FB ne seront pas comptabilisés ! 
(Un seul lien suffit)

*[sur votre mur, cliquez sur l'heure de publication du partage (sous votre nom) et vous obtenez le lien dans la barre en haut, à côté de Https//... ]

- Liker la page correspondant au livre choisi.

(Si vous n'utilisez pas FB, merci de mettre le livre en avant sur un autre réseau ou votre blog)
Les likes seront vérifiés auprès des partenaires. Ils vous offrent des livres, merci de jouer le jeu.

- Remplir le formulaire. 

Comme indiqué, vous pouvez participer plusieurs fois, donc, pensez à remplir le formulaire pour chaque livre choisi. 

- Enfin, un commentaire sur le blog me fera plaisir. 

un merci n'est jamais de trop... 


Les lots quatrième semaine : 

Un exemplaire de chaque lot = 7 lots.
Le lien sous chaque image est celui de la page à liker sur Facebook.




Lot 1 : Quand la mort nous sépare - Ls-Ange


Editions L'ivre-Book

Série compléte !

Epug

Page Facebook


Lot 2 : Le grand Voyage - Véronique Tarin

Editions Voyel

Epug

(Page Facebook)




Lot 3 : Le manuscrit de Nur Jahan - Cecilia Correia

Broché

Livre perso.

Pages perso : Coeurs Hybrides ou Syr Ynis




Lot 4 : Lot de 4 Mp +  3 Cartes postales + surprise.

Pages Facebook :
- Mp1 : Ls-Ange
- Mp2 : Iris - Trilogie
- Mp3 : Syr Ynis et carte postale Syr Ynis
- Mp 4 et Cartes postales Erenn : Sonata - Emily Musso


Lot 5 : Chroniques d'une vie de flic - Eric Oliva


Editions Sudarènes

Broché

Page Facebook




Lot 6 : Du soleil vers l'enfer - Eric Oliva

Livres offerts par l'auteur.

Broché

Page de l'auteur



Lot 7 : Coeurs Hybrides - Anna Combelles

Livre dédicacé + MP

Editions sudarènes

Broché

Page Facebook





Le formulaire :




Les gagnants

Première semaine 


Deuxième semaine



Troisième semaine



Les différents partenaires et moi-même ne pourront être tenus responsables d’une perte par les services postaux. 
Ce jeu n’est pas organisé par Facebook ni Google qui ne sont en rien responsables.

mercredi 20 mai 2015

Conte d'hiver de Mark Helprin


Déroutée par les premiers mots de Conte d’Hiver de Mark Helprin, j’ai voulu croire en une histoire fantastique racontée par un auteur cherchant à magnifier son style, le rendre un peu désuet.


Éditeur : Livre de Poche

 Nb de pages : 1008


Série : /  Catégorie : Fantastique 

Traducteur : Michel Courtois-Fourcy

Pourquoi ce livre ? 

Ce livre entre dans la sélection 2015
du prix des lecteurs du Livre de Poche.



Conte d’hiver commence sous la neige, un matin tranquille, dans les rues de New York. Un cheval blanc échappé de son écurie de Brooklyn trotte vers Manhattan. Son chemin va croiser celui d’un homme en fuite… Conte d'hiver est une ode à la ville que l'on traverse comme le temps, où l'on se promène à la fin du XIXe siècle et autour de l'an 2000. C'est un New York fantasmé, peuplé de personnages étranges et fascinants : un cheval qui vole, un tatoueur orphelin, une femme amoureuse des mots, un gang féroce et des hommes qui rêvent d'« une ville parfaitement juste ». C'est aussi l'histoire d'un amour fou entre un voleur magnifique et une jeune fille fortunée qui, pour s'aimer, devront braver les conventions sociales et les limites de la mort. Il y a tout cela dans Conte d'hiver : la folie, le rêve, le fantastique, le comique, l'invention poétique.

Un roman inclassable sous l'influence de Philip K. Dick et Charles Dickens.


Un amour d'hiver ou Conte d'hiver au Québec est un film fantastique américain coproduit, scénarisé et réalisé par Akiva Goldsman (2014) avec Russell Crowe et Colin Farrell. 



Mark Helprin est né en 1947 (New York)

Romancier, journaliste, il a enseigné la philosophie politique. Il est aussi membre du Conseil des relations étrangères, ayant pris la nationalité Israélienne en 1970 .

Son site



Résumer cette longue histoire est pratiquement impossible sans en dévoiler quelques passages, ce qui ôterait le charme de la découverte. Je peux juste dire quel'on y rencontre :

  • Peter Lake, le héros, un cambrioleur amoureux 
  • Un magnifique étalon blanc aux capacités extraordinaires 
  • Des bateaux venant des nuages 
  • Une histoire d'amour digne des meilleurs contes...


Lorsque j’ai ouvert ce roman, les premiers mots m’ont surpris. Le style très ampoulé de l’auteur collait parfaitement au premier mot du titre : conte. Mais, rapidement, cette écriture travaillée à outrance et les répétitions volontaires de certains mots m’ont fait poser ce pavé de 1000 pages pour souffler un peu.

J’ai alors ouvert mon moteur de recherche et force est de constater que le livre n’apparaît que très peu. Écrit en 1983 (traduit en français en 1987) le roman doit sa republication (?) qu’à la sortie du film.

Du coup, je n’ai pu trouver que peu d’informations sur le contenu, alors que j’espérai être rassurée sur les pages à parcourir encore. Des quelques articles lus, il ressort deux tendances : les uns adorent, les autres détestent. Bien, le livre a donc du potentiel.

De longueurs en langueurs 

D’autant que le rythme, après un premier chapitre détonant racontant la fuite éperdue du cheval blanc, ralentit pour s’amenuiser. La cause en est les nombreuses digressions de l’auteur qui raconte pour chaque personne rencontrée de nombreux détails.

Si vous aimez les livres plus que fournis, vous serez conquis. Car Mark Helrin donne à son texte une grande quantité de détails, de petites histoires parallèles. 

Mais, pour le rythme, c’est raté ! 

Sans oublier que chaque nouveau chapitre présentant un nouveau personnage, les détails recommencent à s’accumuler, et le rythme à se ralentir. Surtout que les liens tardent entre tous ces personnages et que les chapitres sont assez conséquents.

Un style désuet

Le style ne porte pas vers l’action, avec des phrases longues, des métaphores nombreuses. Cela devient par moment même un peu lourd.

L’auteur reprend même un petit truc qui m’a fait sourire, le fameux maintenant du grand JRR Tolkien. Au début, je n’y ai pas prêté attention. Mais la redondance de ce mot m’a alerté.

Ne vous y trompez pas, à d’autres moments, l’écriture est douce, assez joyeuse, avec quelques touches d’humour. Le style est bon, travaillé, recherché et tout à fait raccord avec un conte.

De la lecture en diagonale… 

Mais toutes ces longueurs, ces enchâssements ont eu vite raison de ma patience, d’autant plus qu’au bout de 150 pages, il ne s’est rien passé de transcendant. Or, comme il restait tout de même 850 pages, j’ai opté pour une lecture rapide, dite en diagonale.

J’aurais pu abandonner. Mais voilà, il y a dans ce livre un petit quelque chose qui me poussait vers les pages suivantes. Et, j’ai bien fait, car j’ai découvert des passages fort sympathiques, ne serait-ce que la rencontre entre les deux amoureux.

Des passages succulents ?

Des passages ont retenu mon attention, me faisant à nouveau basculer en un mode de lecture traditionnel. Je ne dévoilerai rien de l’histoire, ce serait vraiment dommage. Sachez juste qu’une belle romance lie deux des personnages, que l’auteur jongle allègrement avec le temps. Le fantastique est plus que probant, ne serait-ce que par la présence du cheval aux aptitudes rocambolesques.

Il aborde différents sujets sous couvert des métaphores : politique, technologie, capitalisme… et étude de la société.


Si l’on peut estimer que les deux personnages de la romance sont peu ou prou les héros de l’histoire, tous les autres pourraient quémander cette place. Et c’est cette quantité qui m’a un peu blasé, l’auteur ne parvenant pas à se décider vraiment.

La famille Penn, Peter Lake, les Baymens, les Shorts Tails et Pearly… Beverly. Tous deviennent tour à tour les héros d’un chapitre, d’une part de l’intrigue.


Comme le temps fait intégralement partie de l'intrigue, je n'en parlerai pas. Pour les lieux, les descriptions sont, comme pour le reste, riche et un peu surabondantes. L'ensemble se déroule en hiver, et l'auteur nous abreuve de blanc, de froid, de blanc...


Les mots pour : Idée, quelques passages fort sympathiques

Les mots contre :Longueur langueurs, rythme plat, trop nombreux enchâssements.

Notation :

Style (sur 5) 2,5 Intrigue (/4) 2,5 Personnages principaux (/3) 1
Style 1,5 Crédibilité 1 Personnages secondaires (/1) 1
Narration 1 Action 0,5
Description 1 Violence/tendresse 1 Temps et espace (/2) 1
Sensation générale (/3) 1,5 Rythme général (/2) 1 Total (/20) 10,5



Un livre qui aurait mérité de nombreuses coupes et d'être recentré sur un ou deux personnages. Un style un peu trop ampoulé, qui nuit finalement à l'intrigue en l'alourdissant. 

samedi 16 mai 2015

L'assassin royal de Robin Hobb [série]



Éditeur : France Loisirs - Nb de pages : environ 500 par livre (13 romans)
Série : L'Assassin Royal 
Catégorie : Fantasy


Robin Hobb, de son vrai nom Margaret Astrid Lindholm Ogden, est née en 1952 en Californie.

L'Alaska, où elle a vécu enfant, mais aussi les merveilles de la nature, lui ont donné l'envie d'écrire et d'inventer ou de réinventer le monde, la flore et la faune. Alors que son mari, pêcheur, éprouve des difficultés financières, elle décide dans les années 1970 de publier ses premiers textes sous le nom de Megan Lindholm. Mais le succès est venu avec la trilogie de l'assassin et les personnages de Fits et du fou...

Ces ouvrages s'inscrivent principalement dans le domaine de la Fantasy (Médiéval-fantastique ou Héroïc-fantasy... toujours suivant les différents classements !).

Son site

Le résumé officiel — tome 1

Dans le royaume des Six-Duchés battu par les vents, Fitz, bâtard d'un prince, rejeté par sa famille, est élevé à la cour par le maître d'écurie de son père. Mais le roi décide de lui faire enseigner une science redoutable, don de sa lignée, les Loinvoyant : L'art de magie. Et qui plus est, dans l'intérêt du royaume, il devra également apprendre à devenir un assassin...




Cette série de treize romans dans sa version française est en fait une fusion de deux trilogies distinctes The Farseer Trilogy (« La Trilogie des Loinvoyant ») connu sous le titre cycle de l'Assassin royal en France et The Tawny Man (« L'Homme fauve » ou « L'Homme doré ») soit le cycle du Prophète blanc. 

Cycle de l'Assassin royal
1L'Apprenti assassin — (lu)
2L'Assassin du roi — (lu)
3La Nef du crépuscule — (lu)
4Le Poison de la vengeance - (lu)
5La Voie magique -(lu)
6La Reine solitaire
Cycle du Prophète blanc
7Le Prophète blanc
8La Secte maudite
9Les Secrets de Castelcerf
10Serments et Deuils
11Le Dragon des glaces
12L'Homme noir
13Adieux et Retrouvailles



Pas d'adaptation connue à ce jour.




Par ce que cette saga est considérée comme l'une des meilleurs en Fantasy. Tout simplement.


L'Apprenti assassin — 2011

Un enfant est amené, sans plus de considération qu'un pauvre colis devant une lourde porte, et laissé à la charge d'un garde surpris et un peu décontenancé. L'histoire commence. Et cet enfant de six ans nous raconte sa vie, son apprentissage à la cour du roi Subtil, son grand-père... avec des visions simples et très naïves, comme on peut en avoir à cet âge. Avec des sentiments troublants, de l'incompréhension, toujours en relation avec un petit âge.

 &

Certes, l'auteur ne se contente pas de nous narrer les jeux de cet enfant, il le met dans un contexte particulier et chaque chapitre nous apporte un éclaircissement sur les traditions, les us particuliers, les personnages... depuis la vue non plus de l'enfant, mais bel et bien du narrateur, soit la même personne, mais avec de nombreuses années en plus ! Et c'est fort agréable, car Robin Hobb a su couper ces différentes parties de façon harmonieuse. D'une part la narration, l'histoire, les événements, et de l'autre les bases de ce monde.
Cependant, tout finit par passer, le temps surtout, et les mois s'écoulant, puis les années, j'en vins lentement à trouver une place dans l'existence. [...] Les gens s'habituèrent à ma présence et cessèrent de me dévisager. Certains ne semblaient ne pas me voir du tout. " (P 67)
Robin Hobb a une écriture très fine et épurée. Des descriptions somptueuses, bien que restant simples. Sans surcharge majeure, mais donnant une véritable vision de ce monde où gravite Fitz. Le livre ne possède pas de carte, et, pourtant, j'ai eu la sensation de pouvoir la tracer à partir des nombreuses informations données, des détails. Tout est clair, richement précisé depuis les tentures de la chambre du Fou aux ornements vestimentaires de Royal... les couleurs des yeux des animaux, leurs robes... bref une multitude d'informations, données avec une douceur et une grande intelligence.

Mais ceci n'est qu'un cadre. L'histoire est donc celle d'un enfant bâtard. Son père a conté fleurette à une douce demoiselle (que nous ne rencontrons pas) et lui a laissé un présent un peu lourd : un bambin. Or, il est de sang royal, et, de ce fait, se voit affublé de bien de mauvais égards. Regards en biais, réflexions crues et peu amènes. Bref, sa vie prend une tournure assez bizarre depuis le jour où il a franchi avec ce garde les lourdes portes de bois devenant Fitz.

Je ne vous parle pas volontairement de la trame suivie ni des progrès de notre héros. Je dirais juste que cet équilibre entre un enfant talentueux et ses nombreuses remises en question est abordé avec finesse et le rend terriblement humain. Entre héros et antihéros...

La seule personne qui semble s'intéresser à lui est un brave homme appelé Burrich, un peu rude parfois, mais au cœur suffisamment grand pour prendre l'enfant sous son aile et le faire grandir à l'abri des mauvaises pensées. Leur relation maître-enfant va parfois donner des scènes assez cocasses. Car, ne l'oublions pas, nous n'avons que la vision tronquée de Fitz... et les non-dits sont porteurs de fausses informations ! Toutefois, on n'échappe pas à son destin, et, après quelques péripéties d'enfant, Fitz est rattrapé par son sang et va devenir un membre un peu spécial de cette famille. Le roi, se souvenant tout d'un coup de son existence, va le faire instruire, au grand dam de Burrich, qui se retrouve à nouveau seul dans son écurie... J'ai beaucoup aimé les passages de questionnement de Fitz envers cet homme, qu'il aime comme un père. Et l'inquiétude de cet homme lorsqu'il voit ce petit commettre des actes qu'il ne comprend pas... notamment l'utilisation du Vif.

Fitz va se montrer doué pour les études, mais, victime d'un complot qui le dépasse grandement, n'aura pas accès à une formation complète dans le domaine pourtant important qu'est l'Art. La narration est intérieure puisque c'est Fitz qui nous raconte sa vie. Un joli travail sur les années avec de premiers chapitres où l'auteur ne donne pas toutes les informations, un peu comme lorsqu'un enfant raconte, puis en emmène de plus en plus... Très beau texte aussi lors de l'adolescence, où l'on ressent la colère et les changements d'humeur de Fitz. Toutefois, comme je le précisais, chaque chapitre est introduit par un paragraphe plus ou moins long, explicitant ce monde, les traditions, ou bien pointant sur des faits s'étant déroulés en parallèle de l'histoire, telle que la mort de la reine. Cela aurait alourdi l'ensemble si l'auteur l'avait intégré à la narration, mais traité ainsi, cela nous donne une vision plus globale.

Autre personnage fort important dans le développement de Fitz : Umbre. L'assassin en titre du roi, qui va donner à notre jeune héros les rudiments d'un métier somme toute assez barbare, bien que semblant nécessaire. Poisons, art de se déplacer sans bruits... l'auteur a su nous donner ces informations sans tomber dans un déballage de techniques pesantes. La relation qu'entretient Fitz avec son mentor est celle d'un enfant ébahi et admiratif. J'ai beaucoup aimé leur escapade sur le front de mer... et les jolis moments précédant ce chapitre, mais, chut, ce serait vraiment dévoiler trop de choses.

Enfin, le personnage le plus troublant, et que j'aie hâte de retrouver dans les autres livres est celui du Fou. Il a un rôle majeur, que j'aimerai bien cerner un peu plus.



Le temps est linéaire, et se déroule sur une dizaine d'années avec des passages éludés rapidement et des scènes vues en détail. C'est le premier tome de la saga, celui où l'on découvre les personnages, et, déjà, je suis fan ! J'ai entendu parler de ce livre il y a quelques années, mais je n'avais pas pris la peine de le lire... sachant qu'il s'agissait d'une longue saga ! J'avais raison, car à présent je vais chercher la suite.


L'Assassin du roi — janvier 2012

Dans la lignée du premier tome, nous retrouvons un jeune homme en pleine croissance, et en quête de lui-même. Ses mésaventures du premier tome ont laissé des séquelles qu'il tente de cacher à son entourage. Umbre n'est pas dupe et lui conseille de se ménager... conseil vain, bien sûr pour ce jeune homme fougueux. Ses escapades en pleine campagne avec son nouvel ami loup ne sont pas de tout repos. Fitz sait pertinemment qu'il en doit plus retomber dans une liaison mentale avec un animal. La mort de loupiot, son ami canin du premier tome lui a coûté, et le Vif est considéré comme une tare. Pourtant, doucement, mais sûrement, le petit loup s'immisce dans sa tête et le lien qui les unit sera finalement une force. Les passages entre les deux êtres sont brillants ! Robin Hobb a su mêler les sentiments de Fitz et d’Œil-de-nuit, rendre la relation au départ complexe, transparente et fluide. Lorsque nous les suivons dans les différents combats, il devient difficile de discerner qui est qui, qui fait quoi. C'est ce que ressent Fitz qui ne sait plus trop si c'est lui-même ou le loup qui a agi. Et c'est vraiment bien écrit. 

Ces rares scènes entre le loup et Fitz sont les seules à amener un brin d'action. C'est peut-être le seul bémol que je pourrais trouver à ce livre. Beaucoup de chapitres tournent autour ses pensées, des songes, des rêves et finalement peu comportent de l'action pure. J'avoue que cela ne m'a pas énormément gêné lors de la lecture, c'est un point qui ressort en réalisant cette chronique. 

Dans ce deuxième tome, des éléments nouveaux sont apportés, avec des relations plus poussées avec certains personnages. Nous retrouvons Patience, la belle-mère de Fitz si j'ose dire, avec un rôle fort intéressant. Fitz comprend qu'elle l'a toujours protégé et commence à douter de cette folie excentrique qu'elle montre. Ce personnage qui ne m'avait pas vraiment attiré dans le premier devient réellement passionnant. On entrevoit ce que Chevalerie a aimé chez elle... Elle est accompagnée de Brodette qui cache elle aussi bien son jeu et surtout, ce qui va plaire et déplaire a notre jeune homme, de Molly ! 

Car l'auteure a créé dans ce livre une petite amourette. Fitz grandit, et son cœur (et son corps) aussi. Le jeune homme s'est épris de la belle Molly. D'elle, je me souvenais d'un détail dans le premier tome : la belle partait avec un jeune homme. L'auteure a su composer autour des éléments qu'elle a amenés dans l'apprenti assassin (tome 1) et leur donner une signification. Ainsi, le jeune homme qui l'accompagne et rend Fitz jaloux n'est qu'un cousin... 

J'ai beaucoup aimé la façon dont est traitée toute la relation qui naît entre eux. Fitz est un personnage de sang royal, et cible de bien des regards. Il ne peut afficher son attirance sans pour Moly sans que cela ne suscite un intérêt pour ces détracteurs ! Du coup, Royal (son oncle et aléatoirement, toujours aussi retors et conspirateur) aborde la demoiselle et la fait culpabiliser... elle ne peut, ne doit accorder de crédit au jeune bâtard. D'un autre côté, Patience met Fitz en garde. Son comportement pourrait entraîner une situation fort délétère pour la jeune chambrière qui est au château pour accumuler un petit pécule qui lui permettra de rouvrir une échoppe. Une liaison entre eux, pire un enfant hors mariage serait vraiment un comportement indigne d'un membre de la famille royale ! 

J'ai souri lors de cette belle scène, surtout en imaginant Fitz se faire sermonner par sa belle-mère...

Les personnages sont très attachants. Je ne reviens pas sur Burrich, ou encore le Fou que je vous laisse découvrir, je parlerai d'une femme que j'ai trouvé charmante, puisque bizarre. Patience. La femme du père de Fitz... Elle aurait pu le haïr, le traîner dans la boue comme d'autres le font dans ce château, mais elle choisit de l'aimer et de lui donne ce qu'elle n'a pas pu offrir à ces propres enfants. C'est touchant et on sent là l'âme de l'auteur, une femme.

Nous en apprenons plus sur le Fou, qui en devient encore plus mystérieux. C'est très fort, et cela donne encore plus envie de lire la suite. Il était un des personnages que j'avais le plus appréciés dans le premier, cela se confirme... 

Je terminerai par l'intrigue sur livre qui est bien pauvre. Nous suivons l'arrivée dans le château de Kettricken, la femme de Vérité, le roi-servant. Femme de tête et habituée à d'autres mœurs, elle va devoir gagner non seulement le cœur de son peuple, mais aussi celui de son mari. Fitz se voit confier comme mission de la protéger... Il y parviendra, même si l'on a l'impression qu'il passe son temps à visiter les différents protagonistes de ce tome. 

Comme dans le premier tome, les introductions de chapitres narrent l'histoire de Castelcerf, le l'Art..., et quelques rappels mit en exergue, sans vraiment raconter les évènements déjà évoqués. Ces petits paragraphes sont en rapport avec le sujet traité dans les chapitres, mais de façon insidieuse, douce. 

Les éléments se mettent doucement en place, et Fitz avance. Il continue à tenter de maîtriser son Art avec Vérité, il surveille Kettricken et lui apporte des informations sur le château, les us et coutumes, jusqu'à l'emmener vers un projet : faire revivre le jardin de la reine. Notre héros tente aussi de sortir son roi Subtil des griffes de son propre fils... enfin, il se voit aussi confier par le Fou la mission bizarre d'en apprendre plus sur les Anciens et de retrouver les autres Artiseurs. Cela fait beaucoup pour un seul jeune homme, et, comme je l'ai évoqué un peu plus haut, toutes ces missions sont purement intellectuelles... ce qui ôte encore plus la possibilité de grandes scènes d'actions. Fort « heureusement » restent les Forgisés, ces hommes sans « âmes », victimes des pirates rouges, et qui arpentent le pays en quête de nourriture. 

Bref, un deuxième tome passionnant, même s'il manque un peu d'action. Il s'agit bien évidemment d'un tome de transition, qui ouvre vers les chapitres à venir, en donnant à Fitz une entité, une personnalité plus mûre. Il en a terminé avec l'apprentissage, et va pouvoir devenir véritablement l'homme du roi ! 

Dans ce deuxième, le temps est plus court, et se concentre sur une année. Une année riche pour Fitz, qui apprend peu à peu que son rôle sera, durant sa vie, difficile, que sa place n'a rien de facile.


La Nef du crépuscule — janvier 2013.

J'aurais aimé lire ce tome plus tôt, mais l'an dernier était chargé de découvertes et lorsque j'ai procédé au tirage au sort des premiers livres de 2013 et vu qu'il y apparaissait, j'ai laissé ma liste du challenge ABC 2013 en état, au lieu d'y mettre le tome 4. Toutefois, au vu de ce que je viens de lire, je ne tarderais plus autant pour replonger...

Je peux difficilement raconter l'histoire. Il se passe pas mal d'événements ! Je me contenterai de dire que Fitz va se battre contre un complot, visant à mettre Royal, son « oncle », sur le trône en lieu et place de Vérité (son autre oncle).

Ce dernier, après avoir Artisé (sorte de pouvoir mental qui permet d'entrer dans les pensées des gens, eux-mêmes détenteurs du pouvoir, et de communiquer à distance) pour défendre les côtes du Royaume des six-duchés, décide de partir en quête des Anciens. Nous n'en apprenons que peu sur eux, dans ce tome, mais les précédents laissent à penser qu'ils étaient de grands Artiseurs, et leur aide serait précieuse. 

Dès l'homme parti, le complot se fait plus évident. Fitz et Kettricken (autant j'aime ce personnage autant ce nom me laisse pantoise...) vont combattre ensemble devant l'évidence de la situation : Royal fait mourir son père à grand coup de tisanes et autres drogues, désireux de se faire élire Roi-Servant à la place de son demi-frère. Au retour d'un combat acharné contre les pirates rouges, ils apprennent la mort de Vérité ! Cette triste nouvelle plonge le royaume dans une situation critique et Royal se sert de ce subterfuge pour prendre enfin place sur le trône. 

Tout au long du livre, l'intrigue prend forme, puis des bouleversements arrivent. Robin Hobb signe là un tome majestueux, peut-être aussi bon que le premier, en tous cas bien meilleur, à mon goût que le deuxième. Elle a conservé ces points forts avec des descriptions souples, une narration entrecoupée de petites introductions, et nous entraîne, encore et toujours dans l'esprit de Fitz

Les personnages sont approfondis, forcément, puisque nous les connaissons maintenant depuis trois livres, et si le Fou garde une petite attirance, en ce qui me concerne, j'ai trouvé Burrich intéressant. La partie concernant Molly m'a fait à nouveau sourire. Fitz ne sait comment gérer cette relation, et j'avoue que le départ de la demoiselle m'invite à lire rapidement la suite, afin de confirmer mes doutes à son sujet...

Enfin, Kettricken ! Où est-elle ? Fitz narrant l'histoire et n'ayant pas d'informations, nous n'en savons guère plus, à la fin du livre, ce qui est vraiment très bien trouvé de la part de Robin Hobb. Cette ombre, cette partie de son intrigue laissée volontairement sans réponse, ne peut que nous pousser vers la lecture de la suite. C'est brillant.

Tome 3 lu dans le cadre des challenges ABC 2013 et ABC de l'imaginaire 2013, ainsi que du Baby challenge Fantasy 2013.


Le Poison de la vengeance - Novembre 2014

Ce tome est légèrement différent des trois premiers. La fin du précédent nous laissait sur une fin rocambolesque, et toute la première partie de ce roman se veut introspective, avec beaucoup de questionnements de la part de Fitz. Cette partie, longue et pourtant drôlement bien écrite, m'a un peu lassée. Je l'ai trouvé redondante par moment. Fitz tourne en rond, ne comprend pas tout ce qui lui arrive et se remémore des faits du passé, par bribes.

Sauf qu'une fois que la mémoire lui est revenue, il revient sur ces souvenirs, enrichis, certes, mais ces passages m'ont saturé.

J'avoue aussi que j'attendais un peu plus d'action, habitué aux premiers tomes, qui alternent entre sentiments et actes. Ici, tout se passe entre un couple de personnages, leurs échanges, leurs avancées vers cette quête que Fitz s'est imposée.

Les nombreuses explications sur l'Art et le Vif (ou Lignage) clarifient ces deux sujets, et l'on saisit l’ambiguïté de Fitz, possédant les deux. Enfin, les êtres porteurs de Lignage m'ont bien plu. Pour une fois, ce don n'est pas galvaudé et prend une place importante, rendant enfin au jeune héros la sensation que ces aptitudes ne sont pas toute mauvaises.

Je soulèverais aussi l'étrange prévisibilité de ce tome, sans approfondir ce sujet, qui en dévoilerait bien trop.

La fin est à nouveau incroyable. Toutefois, j'émettrais un petit bémol, j'avais, au cours des tomes précédents, moins la sensation que tout se déroulait dans les 100 dernières pages ! Ici, on avance très lentement, et tout s'emballe en peu de temps.

Un tome un peu en deçà des trois premiers à mon goût, mais qui reste très bon, avec un style incroyable. Quelques longueurs et redites, qui expliquent mon sentiment face à ce texte. Mais l'introspection de Fitz est convaincante.

La Voie magique - mai 2015

Ce livre m'a dérouté. Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé, c'est toujours aussi bien écrit (et traduit) et les sentiments de Fitz sont fabuleusement retranscrits. De plus,  nous retrouvons ce cher Fou... 

Mais ce roman est plus lent, plus introverti encore que le précédent, avec bien moins d'actions et du coup, j'ai ressenti une sorte de lassitude à mi-lecture. Certes, les nouveaux personnages et notamment Caudron sont mystérieux à souhaits et invitent à tourner les pages. 

Les tourments politiques aussi m'ont semblé moins convaincants. 

Reste l'Art ici employé longuement, dévoilé en profondeur et, pour une fois, lié au Vif ! Cette possibilité m'avait titillé lors des précédentes lectures, et Robin Hobb l'évoque dans ce tome. 

Bref, un roman lu avec toujours autant d'avidité sur la fin, malgré la pause en son milieu, due à son manque d'action. 


Les mots pour : Un style indéniable, intrigue, Vif, Art, magie, Personnages

Les mots contre : quelques longueurs et répétitions,

Notation : 17,5/20 (note globale de la série : 18*3 + 16)



Je vous conseille bien sûr cette série qui est de la très bonne fantasy, sans grande violence et avec une douceur incroyable dans l'écriture.