dimanche 1 février 2015

Le Pensionnat des jeunes filles sages de Anton DiSclafani



Éditeur : Livre de Poche – Nb de pages : 528
Série : / 
Catégorie : Drame – Historique





Anton DiSclafani est nu aux states en ??

Cavalière émérite, elle a participé à de nombreux concours. Elle enseigne actuellement l’écriture créative.

Son site

Années trente, Caroline du Nord. À la suite d’une tragédie familiale dans laquelle elle a joué un rôle mystérieux, la jeune Thea est accompagnée par son père dans un internat pour jeunes filles de la haute société sudiste. Là, on inculque une éducation très stricte aux futures épouses, et on remet dans le droit chemin les âmes égarées. Le seul moment de plaisir, ce sont les leçons d’équitation. Thea va devoir se plier à ces nouvelles règles. L’internat est tenu par un couple sévère, qui connaît les véritables raisons de la présence de Thea. Si Mme Holmes juge et condamne, M. Holmes se montre bien plus compréhensif avec la ravissante Thea. Rebelle, brave jusqu’à l’inconscience, et surtout avide de croquer la vie à pleines dents, Thea prend tous les risques, balaie les conventions, bouscule les préjugés. Et depuis la nuit des temps, une telle arrogance se paie au prix fort...




Ce livre entre dans la sélection 2015 du prix des lecteurs du Livre de Poche.

C’est aussi, du coup, ma lettre D pour l’ABC option A.


Tout est dit dans le résumé.


Dès les premiers mots, la douceur de l’écriture emporte le lecteur. Cette narration interne avec la jeune Théa qui nous raconte son passé, sa jeunesse dans cette école en Caroline du Sud, où elle peut s’adonner à sa passion, l’équitation, nous entraîne dans une période historique finalement peu connue.

Certes, de nombreux livres sont sortis sur le crac boursier, sur les difficultés économiques des années 30, mais là, c’est la vie et les mœurs des jeunes filles que nous narre l’auteure. Jeunes filles riches. Ou, du moins, au début du roman, avec ces nombreuses démonstrations d’opulence : bijoux ornés de diamants traînant dans des tiroirs, femmes de ménage nettoyant tous les jours les habits blancs des demoiselles...

Cette partie historique est la seule qui retienne vraiment mon attention, car le reste de l’intrigue n’a pas su me combler. Peut-être parce que le sujet m’a paru u peu désuet ? Les apports économiques, vus par une jeune fille et traduits par de petites réflexions tout au long de l’histoire, replacent l’ensemble dans un contexte difficile. Ces nantis qui peu à peu ont tout perdu, la permanence d’une opposition Nord/Sud, même cinquante ans après la Guerre de Sécession, les informations sur quelques notions politiques. Bref, tout ce qui fait le fond du roman, et qui a su me tenir un peu en haleine.

Mais le côté drame et surtout la construction de l’histoire avec les souvenirs s’intercalant dans le fil de narration chronologique m’ont rapidement saturé. Arrivée au milieu du livre, je ne le reprenais en mains qu’en soupirant : bon, tu vas au moins le finir en diagonale.

Sauf que l’écriture est tout de même prenante, que les mots sont justes, bien posés et que surtout, les parties concernant les chevaux, l’équitation sont vraiment très très sympathiques,

Du coup, c’est vraiment une lecture en demi-teinte.


Le personnage de Théa est bien construit. On ressent peu à peu son caractère un brin rebelle, ses questionnements sur cet acte finalement pas si dramatique, ses doutes...

Quelques filles du camp sont bien amenées, Léona, Sissy et la petite Decca. Leurs caractères, opposés à celui de Théa, donnent une bonne idée des différences sociales et éducatives.


La partie Historique traitant des années trente est bien documentée. Et les espaces sont décrits savamment, que ce soit le camp ou la maison en Floride.


Les mots pour : Style, Histoire des années trente, parties sur les chevaux.

Les mots contre : longueurs, soupirs...

Notation :

Style (sur 5) 2,5 Intrigue (sur 4) 2 Personnages principaux (sur 3) 2
Style 1,5 Crédibilité 1 Personnages secondaires (sur 1) 0,5
Narration 1 Action 0,5
Description 1 Violence/tendresse 0,5 Temps et espace (sur 2) 1
Sensation générale (sur 3) 1,5 Rythme général (sur 2) 1 Total (sur 20) 10,5



Si le thème historique m’a intéressé, le rythme et les longueurs ont eu raison de ma patience.

mercredi 28 janvier 2015

La lettre de Lisandre de Murielle Garrigue




Éditeur : A4Pm – Nb de pages : 402
Série : / 
Catégorie : Drame Contemporain




Murielle Garrigue est née en 1945 dans le sud-ouest de la France.

 
Rêvant de devenir journaliste, Murielle a passé sa vie à écrire.




14 juillet 1986, Manon met au monde Tom à la maternité d’Arcachon, sur la côte Aquitaine. Au même instant à Vannes, dans le golfe du Morbihan, Solena donne naissance à Tristana.
Rien ne prédestinait ces enfants à se rencontrer.
Et pourtant...
Le drame frappe. Devenu orphelin Tom est adopté par la tante de Tristana, qui le prénommera Lisandre.
Le pays des légendes qui bercent leu enfance, voit éclore entre eux un merveilleux amour.
Mais le malheur frappe à nouveau, lorsque le jour de ses douze ans, Tristan reçoit ne lettre de Lisandre qui changera à jamais sa destinée.





Ayant lu et apprécié les premiers ouvrages de Mureille, je n’ai pas hésité lorsqu’elle ma proposé ce dernier roman en lecture.

Ce livre entre dans mon ABC 2015, lettre G


Tout est dit dans le résumé.


Ce texte est différent de ceux que Murielle a pu écrire auparavant, bien que l’on y retrouve des similitudes, notamment dans le caractère des personnages – j’y reviendrai – et les lieux rencontrés. Ici, l’ambiance est plus sombre, presque noire et l’on flirte avec les thrillers psychologiques.

C’est encore une saga familiale, comme dans le secret de Prunelli, que nous offre Murielle, axée sur une héroïne au caractère fort. La vie de Tristana est éponyme de son nom, triste et dure, après une enfance joyeuse.

L’intrigue, bien pensée, nous entraîne sur les bords de la folie, sur les comportements humains et les petites phrases assassines qui créent chez les enfants des perturbations psychologiques si graves, qu’elles hanteront leur âme et seront des moteurs ou des freins dans leur évolution et donc leur vie. Je ne dévoilerai pas ces mots, ces phrases qui ont gouverné le devenir de Tristana, mais elles sont de celles que l’on peut rencontrer dans d’autres familles, de celles dites par des adultes en souffrances et ne mesurant pas les dommages causés.

Quelques scènes et bouleversements sont un peu prévisibles, mais l’intrigue tient la route.

Le fond de l’histoire se veut empli de légendes, de lieux mystiques avec la forêt de Brocéliande et les îles aux fées en Irlande. C’est là l’un de mes plus grands regrets, dans ce roman, cette abondance de lieux, certes bien décrits, mais apportant un effet catalogue au livre. Les supprimer, ou du moins en réduire les pages, rendrait à l’ouvrage un souffle perdu par ces pages, et donc un rythme général plus agréable, moins soumis aux variations.

Dans le même ordre d’idée, les scènes de vie quotidienne, si elles donnent une crédibilité, rendent le livre un peu moins aguicheur. D’ailleurs, la construction chronologique renforce cette situation. On suit l’intrigue pas à pas au fil des ans, et un bouleversement temporel donnerait du rythme, obligerait le lecteur à plus de recul. Surtout que les longs chapitres (cinq, de mémoire) n’aident pas au rythme global.

Je terminerai par deux points forts. Alors que je n’apprécie guère les actes de violence, ils trouvent ici une place forte et primordiale, à la limite écœurante de réalisme. Enfin, les deux dernières parties sont plus vives, plus accrocheuses.


Tristana est une réussite, avec un caractère fort, une dérive à la limite de la folie, des réactions adolescentes, par exemple, très bien senties et une vie d’adulte meurtrie crédible. Sa façon de ne pas aimer les hommes, tout en acceptant leurs ébats, en prenant plaisir à leur contact est amenée avec brio.

Son évolution aussi est superbe, avec une tendance à la rédemption, jusqu’au virage final. Mais chut...

Les personnages secondaires, et notamment Leria – qui n’est pas sans rappeler un autre personnage corse de la saga de Prunelli –, apportent une richesse dans les dialogues et des caractères précis, bien que trop peu fouillés pour certains membres de la famille de Tristana (mais, ce ne sont que des personnages secondaires). Chacun n’existe qu’en confrontation avec Tristana, et, parfois, j’avoue que leur multitude m’a laissée pantoise. Resserrer sur moins de protagonistes, peut-être, offrirait plus de poids à chacun.


Le temps est regrettable. L’histoire coule sur trente ans, et c’est, à mon goût, un peu long. Là aussi des sacrifices auraient pu être faits, des coupures, en supprimant des scènes de tous les jours qui n’apportent pas grand-chose à l’intrigue.

Je ne reviens pas sur les lieux, déjà évoqués.


Les mots pour : Personnage de Tristana, intrigue globale

Les mots contre : prévisibilité de certaines scènes,

Notation :

Style (sur 5) 3 Intrigue (sur 4) 2,5 Personnages principaux (sur 3) 2
Style 1 Crédibilité 1 Personnages secondaires (sur 1) 1
Narration 1 Action 0,5
Description 1 Violence/tendresse 1 Temps et espace (sur 2) 1
Sensation générale (sur 3) 2 Rythme général (sur 2) 0,5 Total (sur 20) 12


L’intrigue est prenante, mais les nombreuses visites de l’héroïne amènent un petit effet catalogue qui surcharge le roman. Les personnages sont bien creusés, la psychologie intéressante et quelques rebondissements tiennent en alerte. Bref, bon petit roman qui mériterait d’être épuré.