jeudi 23 avril 2015

Le manuscrit proscrit de Nur Jahan de Cécilia Correia



Éditeur : J’ai lu – Nb de pages : 472
Série : / 
Catégorie : Romance




Cécilia Correia est née en 1980 à Toulouse.

Infirmière, illustratrice et auteure de romans dans la mouvance fantastique. 

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Dorsetshire, 25 octobre 1836, Les mots me manquent pour exprimer mon ressenti en reprenant, moins d’un an après mon retour en Angleterre, les annotations diverses effectuées au cours de mon expédition en Inde. Quiconque viendrait à les lire pourrait penser à tort que la raison m’a abandonnée. Que le Ciel m’en soit témoin, ce n’est point le cas. C’est avec une appréhension certaine que je me replonge dans cette aventure, là où tout a commencé, non loin du Cap des Aiguilles, alors que la fureur d’une terrible tempête était sur le point de s’abattre sur notre vaisseau...




Dès sa sortie, la couverture de ce livre m’a attiré. Ayant déjà un roman de l’auteur dans ma Pal, mais pas le temps de le lire, j’ai cédé à la tentation après le Salon du livre de Paris.

Mais, ce qui m’a fait lire ce livre, ce mois-ci, c’est le hasard des rencontres... puisque j’ai eu l’occasion de discuter avec Cécilia. 


Jude, jeune femme un brin intrépide, suit son oncle en Inde pour l'aider dans ses recherches. Elle est bien loin d’imaginer tout ce qu'elle va découvrir, dans ce pays où les contes rivalisent avec la réalité pour nous envoûter.


Je lis peu de romance, alors que j’en écris moi-même... en fait, je devrais préciser que je n’en lis plus, préférant les histoires fantastiques ou fantasy. Mais je fuis les romans à l’eau de rose, et encore plus les romans érotiques en vogue, où l’intrigue se cantonne à des scènes torrides sont la seule justification du livre.

Ici, cette romance s’éloigne de ce schéma et nous offre une belle histoire sur fond historique, avec un voyage dans l’Inde du XIXe, alliant le charme des contes envoûtants et un brin magique de ce pays. Les descriptions riches et documentées nous entraient dans une découverte de ce pays, pourtant imaginaire. Les plantes, les us et coutumes, les repas, les tenues, tout est détaillé, et découvert sous les yeux ébahis de Judith.

Car, oui, c’est héroïne qui nous raconte son histoire. Partie avec son oncle pour une étude scientifique des tigres et autres animaux, à une époque où les femmes se cantonnent normalement aux salons anglais pour boire le thé, elle va vivre plusieurs aventures rocambolesques, la plus importante étant de dompter un tigre...

Alors, oui, cela reste une romance et quelques scènes osées viennent pimenter l’intrigue. Mais, noyées dans le texte, dans les sentiments de l’héroïne, elles sont un juste milieu.

Ce sont essentiellement les sentiments de Jude qui portent le roman. Sentiments dépeints avec une petite pointe d’humour, parfois. Jude est une rebelle, elle fonce tête baissée et se retrouve donc dans des situations qu’un peu de jugeote lui aurait évitées, mais qui ne nous auraient pas amusée.

Pour la crédibilité de l’ensemble, je passe mon tour. Ce livre est à prendre comme un conte enchanteur, avec sa part de magie, de fantastique. Le manuscrit en lui-même est déjà un artefact puissant et intrigant.

Je terminerai par un petit bémol, quelques phrases alambiquées semées dans le roman m’ont bloquée et obligée à relire. Le style de Cécilia est travaillé avec de nombreuses métaphores, des mots recherchés tout en restant accessibles et simples. Toutefois, par moment, essentiellement lors des descriptions, ces métaphores et jeux de jolis mots perdent un peu le lecteur.

Bref, une belle romance, contenant les classiques effets du genre, rencontre houleuse, passion déchaînée, jalousie, mais saupoudrée d’une belle en envoûtante magie indienne.


Jude est typiquement le genre d’héroïne rebelle que l’on aime et déteste. Belle, frondeuse, intelligente, elle se met dans des situations cocasses qui ne peuvent que faire sourire, ce pour quoi on l’aime. Mais, à trop courir au loup, on finit par le trouver et son comportement va lui jouer des tours et, surtout mettre les autres en danger, ce pour quoi on la déteste, en plus du fait qu’elle a droit aux massages du héros...


L’histoire se veut être racontée par l’héroïne, un an après les faits (1836). L’immersion dans le siècle est assez convaincante.

Les lieux sont divins, et jouent sur le charme du livre.


Les mots pour : Ambiance, Style de l’auteur.

Les mots contre : Érotisme, nombreuses métaphores.

Notation :

Style (sur 5) 4 Intrigue (/4) 3 Personnages principaux (/3) 2
Style 2 Crédibilité 1 Personnages secondaires (/1) 1
Narration 1 Action 1
Description 1  Violence/tendresse 1 Temps et espace (/2) 2
Sensation générale (/3) 2 Rythme général (/2) 2 Total (/20) 16


Un belle romance matinée de ces contes indiens si fantastique. De senteurs en paysages, le livre se veut envoûtant, tout autant que le charme du héros...  

mercredi 22 avril 2015

La mort derrière la porte de Alain Poirrier




Éditeur : /– Nb de pages : (E-pug 103)
Série : / 
Catégorie : Polar





Alain POIRRIER est né en 1949 à Le Mans.

Enquêteur de police durant 20 ans, ancien du 36 Quai des Orfèvres, Alain Poirrier livre son expérience du terrain à travers un polar vitaminé, dans lequel les mots résonnent comme un shoot d’adrénaline.

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Après avoir échappé à la mort, le capitaine Ingrid Demaison reprend du service au commissariat d’Arcachon. Alors que la routine s’est installée dans sa vie, une femme est sauvagement assassinée d’une décharge de chevrotine en pleine poitrine. Premier meurtre d’une série ? Assistée de sa nouvelle coéquipière, Lola Masson, elles traquent ce tueur qui s’en prend aux femmes volages. Lola échappe miraculeusement au tueur à deux reprises. Cette enquête mènera les deux enquêtrices jusqu’à Madrid.
Qui est-il ? Pourquoi ce tueur s’en prend-il à ces femmes ? Comment les repère-t-il ? Tant de questions que se posent les deux enquêtrices.


Sans parler d’une série, ce livre reprend le personnage d’Ingrid Demaison, rencontrée dans le roman De la neige sur Arcachon, que j’ai eu le plaisir de lire et chroniquer en 2012




J’ai été contacté par Alain Poirrier qui m’a proposé de lire ce nouveau roman. Ayant apprécié le premier, je ne pouvais qu’accepter. 


Tout est dit dans le résumé.

Retrouver un personnage connu est toujours un plaisir. Surtout que dans le premier roman, l’héroïne est bien mal en point, à la fin, et, la voir rétablie, même si des troubles persistent est fort sympathique.

D’autant que son passé va la rattraper. Mais, je vais taire cette partie de l’intrigue, car, si elle donne du poids au personnage, j’ai trouvé qu’elle venait s’immiscer dans l’enquête et faisait perdre un peu de rythme au livre.

Surtout que dans ce roman, les deux enquêtrices vont perdre beaucoup de temps, laissant de côté des indices pourtant évidents. Ce qui est bien sûr volontaire de la part de notre auteur, qui préfère les balader et leur faire perdre la tête pour de charmants jeunes hommes...

Car, oui, Alain Poirrier nous offre une belle romance, et un peu d’espoir pour Ingrid. Mais chut, je ne dévoilerai rien de plus, c’est joliment écrit.

L’écriture, justement de ce roman m’a paru un peu moins convaincante que le premier opus. Sûrement, car l’ensemble est bien moins dynamique. Toujours écrit au présent, ce qui peut dérouter, le roman suit tour à tour Ingrid et Lola. Cette alternance permet au lecteur une vision globale de l’histoire, mais, du coup, je regrette les rappels nombreux de l’auteur qui revient sur les sujets vus par l’autre protagoniste au moment de leurs retrouvailles.

Le livre étant déjà assez court, ces redites surchargent l’ensemble et font perdre un rythme, qui je le répète, est déjà lent.

Fort heureusement, l’intrigue tient la route. Les apports d’Alain Poirrier sont éloquents, et il nous évite les longues descriptions macabres et sanguinolentes. La construction de l’enquête avec des détails sur les différents organismes intervenants (en notes de bas de page) apporte une richesse intéressante et nous montre les nombreux protagonistes gravitant autour des enquêteurs. Ces données offrent une grande crédibilité, par exemple le temps nécessaire pour obtenir un ADN, alors que les séries télévisées laisseraient croire que cela peut se réaliser en une heure...

Et sans indices, sans réponse des fameux organisme, pas d'avancée. C'est frustrant, certes, mais cela donne un aspect de la réalité des enquêtes policières, qui parfois doivent se contenter de peu de chercher des relations entres les victimes, faute d'autre pistes.

Voilà, je n'en dirai pas plus, sauf que c'est un bon petit polar, lu rapidement.


Ingrid a souffert et l’auteur lui offre un réconfort plus que chaleureux, après quelques moments difficiles.

Lola, enquêtrice et victime, est plus difficile à cerner. C’est la première fois que nous la rencontrons et les passages la concernant restent secondaires.


L’histoire s’écoule sur de longs mois, ce qui confirme la sensation de langueur ressentie. Les enquêtrices piétinent, les indices sont rares, et du coup, l’auteur nous offre une découverte de sa région, à travers maints restaurants.


Les mots pour :  Intrigue, personnage d'Ingrid

Les mots contre : langueur

Notation :

Style (sur 5) 3 Intrigue (/4) 3 Personnages principaux (/3) 2
Style 1 Crédibilité 2 Personnages secondaires (/1) 0,5
Narration 1 Action 0,5
Description 1 Violence/tendresse 0,5  Temps et espace (/2) 1
Sensation générale (/3) 2 Rythme général (/2) 1 Total (/20) 12,5



Un bon petit polar, lu rapidement, et où j'ai pris plaisir à retrouver Ingrid Demaison. L'ambiance détendue des deux enquêtrices, les longueurs de l'enquête en font une lecture au rythme un peu lent, mais la qualité de l'intrigue le rend fort sympathique.