lundi 27 juillet 2015

Sur les Dents de Aude Reco


Aude Réco​ nous livre une histoire efficace, vive, avec ce livre Fantasy : Sur les dents. Chaque épisode donne réellement envie de poursuivre la lecture. 



Éditeur : l’Ivre Book..

Nb de pages : E-book
Série : / 
Catégorie : fantasy

Traducteur : /

Pourquoi ce livre ? 

Deux épisodes de ce livre m’ont été offerts
par les éditions l’Ivre Book
que je remercie pour cette découverte. 

Wicca, vampires, loups-garous, magiciennes, voici quelques-uns des ingrédients utilisés par Aude Réco pour vous concocter une délicieuse série d’urban fantasy.


Aude Reco est née en 1989 dans le nord de la France. 

Après une formation de secrétaire médicale, elle administre Co-Lecteurs, un forum dédié à la bêta-lecture.


Elle a aussi publié sous le pseudo Terhi Schram, dont Le tragique destin d’Emily Buckley.




Une magicienne Wicca* doit gérer une (nouvelle) crise mêlant
  • des vampires plus ou moins cool
  • des loups-garous
  • une gargouille
  • un ange gardien
  • d’autres sorcières...

Je n’ai lu que deux épisodes (courts, environ 30 pages chacun soit une jolie nouvelle), de ce roman, ce qui est suffisant pour vous donner mon ressenti sur le début de Sur les dents.

L’écriture est dynamique, avec des phrases courtes. Cela donne un bon rythme d’autant que les parties sont courtes elles aussi. Les descriptions sont sobres, un peu courtes à mon goût. D’un autre côté, l’histoire se déroule à Paris, de nos jours, avec un bestiaire classique en Fantasy.

Espace-temps


Chaque partie est annoncée par un titre précisant le lieu, le jour (s’il change) et l’heure. Ces données géographiques et chronologiques permettent de bien situer l’histoire.

Elles ne m’ont pas paru particulièrement nécessaires, puisque Aude Reco amène dans son texte suffisamment d’éléments et d’informations, mais elles découpent l’histoire, la partitionnent et donnent au lecteur la sensation d’un rythme rapide.

De plus, les lieux sont bien identifiés, ce qui est important, car le nombre de personnages, réduit dans la première partie, augmente au fil des pages. Clarifier les lieux permet de poser l’histoire et aide à se situer, aussi, au point de vue des personnages.

Vampires, Loups-garous et Sorcières


Magie, Vampires (sages ou cruels), Loups-garous, l’auteure nous offre une histoire mêlant tous ces ingrédients avec une mythologie effleurée et qui sera, je l’espère, développée par la suite. On découvre au fil des pages qu’il existe un autre monde, Cauchemar, mais dans les deux épisodes lus il est évoqué même s’il semble bien sombre et effrayant.

Les sorcières sont des Wiccanes*. Elles ont été définies par Gerald Gardner en 1949, qui a mêlé divers mouvements : chamanisme, druidisme, à des mythologies : gréco-romaine, slave, celtique et nordique. Les wiccans prônent un culte envers la nature, s’adonnent à la magie et ont pour philosophie : « Fais ce qu’il te plaît tant que cela ne nuit à personne ». La plus célèbre reste Willow, de la série Buffy contre les vampires.

L’ambiance 


D’ailleurs, l’ambiance rappelle celle des épisodes de cette série. L’héroïne apparaît comme un mélange entre Buffy et Willow, chasseuse de vampire et sorcière. C’est agréable et bien pensé, surtout que seule l’ambiance évoque cette série, la situation étant totalement différente.

Mon regret concerne certaines scènes un peu trop raccourcies et manquant de détails. L’action prime au détriment de passage plus calme. A force de ne pas vouloir trop dévoiler l’histoire, de garder des mystères, certaines scènes sont un brin escamotées.  

L’intrigue


L’entrée en matière est très dynamique, suivie de plusieurs scènes d’action. Les personnages sont rapidement identifiés et l’on saisit des intrigues sous-jacentes à celle que nous a concoctée l’auteure.

Mon bémol sera sur quelques petites confusions, comme, par exemple, la relation entre deux personnages que l’on devine par quelques mots et soupirs. Cela donne des passages un peu ambigus, manquant de clarté. Cela rejoint le point évoqué ci-dessus.

Pourtant les sentiments sont là, distillés au fil des pages et prenant plus de place dans le deuxième épisode.  

La fin de chaque épisode invite à lire la suite, même si le suspense est plus prenant à la fin du premier.




J’ai eu un peu de mal à cerner l’héroïne, au départ, mais le second épisode apporte des éclaircissements sur ce point. La fin du premier épisode lui donne un charisme intéressant en supprimant l’image d’invincibilité qu’elle portait jusque là, de par son caractère et ses réactions.

Les autres personnages sont moins détaillés, pour l’instant. On devine les caractères de chacun.




Les mots pour : Intrigue, réutilisation du bestiaire Bit-lit – Fantasy

Les mots contre : description, détails,

Notation : Attention, cette notation concerne deux épisodes uniquement ! 
Style : 3/5
Intrigue : 3/4
Personnage principal : 1.5/3
Écriture : 1.5 Crédibilité : 1
Personnages secondaires : 1/1
Narration : 1 Action : 1
Temps et espaces : 1.5/2
Description : 0.5 Violence/Tendresse : 1
Coup de cœur : non
Sensation générale : 2/3
Rythme général : 1.5/2
Total : 13.5/20


Un début de roman prometteur avec une héroïne au caractère fort (en apparence) et une intrigue prenante. Une bonne réutilisation du bestiaire Bit-lit.

dimanche 26 juillet 2015

L'Aquarelliste de Beatrice Masini


Dans ce roman historique, L'aquarelliste, Beatrice Masini a choisi de nous narrer la vie d'une jeune femme indépendante au début du XIXe siècle.


Éditeur: Livre de Poche

Nb de pages : 437
Série : / 
Catégorie : roman historique

Traducteur : /


Pourquoi ce livre ? 

Ce livre fait partie de la sélection de juillet
du prix des lecteurs du livre de poche 

Début du XIXe siècle, la Lombardie est sous domination autrichienne. Bianca, jeune peintre surdouée, fait ses premiers pas vers l'indépendance. À l'invitation de don Titta, un influent poète féru d'horticulture, elle entame la réalisation d'un catalogue illustré sur la flore, d'une richesse exceptionnelle, du domaine de Brusuglio. N'appartenant ni à la classe des maîtres ni à la domesticité, Bianca devient l'observatrice privilégiée de la demeure et commence à déceler des secrets. Elle se prend d'affection pour Pia, une jeune servante vive à qui elle souhaite communiquer un souffle de liberté. Ces quelques années à l'aube du Printemps des peuples vont mettre sa naïveté et sa droiture à l'épreuve de la complexité du monde. Un apprentissage majeur dans sa vie de femme et d'aquarelliste.


Béatrice Masini est née à Milan en 1962.

Journaliste, traductrice (notamment de Harry Potter en italien) elle travaille également dans le monde de l'édition pour enfants et a publié plus de 20 ouvrages.






Ce roman très féminin nous raconte l'histoire de Bianca, jeune aquarelliste mais parle aussi de :
  • de nombreux personnages (trop ?)
  • des enfants abandonnés, pratique courante que découvre l'héroïne
  • une évocation des conflits italiens



Béatrice Masini nous offre un texte extrêmement dense, avec une écriture fine et agréable, un peu soutenue. De belles métaphores émaillent le texte, souvent liées aux fleurs. Les descriptions, riches, donnent un livre au rythme de lecture lent.

Les défauts de ses qualités


Malheureusement, toutes ces qualités sont aussi des défauts, car, ce roman manque cruellement de pep's, d'actions qui viendraient bousculer le lecteur.

Je déplore, toutefois, des répétitions dans les descriptions et un usage étonnant des temps avec des bascules du présent au passé ou inversement.

Un prologue prometteur

D'autant que le prologue, très prometteur, laisse deviner le drame d'une femme : l'abandon d'un enfant né d'un viol. Tout portait à croire, avec ces mots, à une intrigue, une quête. Ce prologue suscite l'envie sauf que la suite s'essouffle.

De nombreux enchâssements


L'auteure nous noie sous de nombreux enchâssements et personnages autour de la vie de Bianca. Cette jeune demoiselle, orpheline, s'installe chez un poète et découvre la vie de cette famille régie par une femme au caractère bien trempé (très joli personnage que la grand-mère). Rapidement, l’héroïne observera les comportements de chacun, des servantes aux invités d'un soir.

Tout cela donne un rythme lent, avec des longueurs. Et l'intrigue, bien pauvre et noyée dans le roman, ne parvient que difficilement à susciter de l'intérêt. Alors, bien sûr, la fin est touchante mais sauve-t-elle le livre ? pas pour moi.

Apport historique ?

Par contre, Beatrice Masini a réussi toute la partie historique avec non seulement la vie de cette famille bourgeoise Milanaise du début du XIXème siècle, mais aussi une évocation des événements politiques.

Tout est vu par Bianca, l'auteure ne nous donne donc pas de détails sur les conflits, elle en parle à travers les conversations des hommes entendues secrètement par la jeune femme. C'est un dommage de plus. Dans tout le fatras de choses inutiles racontées, un peu plus d'Histoire aurait été la bienvenue.

Une intrigue bien pauvre

La quête liée à la jeune servante se résume finalement en très peu de pages. On peut bien sûr ajouter toutes celles où Bianca doute, hésite. Cela ne représente pas beaucoup plus. Pourtant, là encore, l'auteure nous entraîne dans l'histoire de ces enfants abandonnés puis récupérés... c'était une pratique courante, même en France.

Et les personnages ? 

Bianca est découverte au fil des pages. Jeune femme sage, elle grandit en se confrontant à cette famille particulière. Fade, elle n'a pas su susciter en moi le moindre émoi.

Contrairement à la grand-mère que l'auteure a croquée avec talent. C'est, à mon ais, le personnage le plus réussi du livre.




Les mots pour : apports historiques, style, descriptions

Les mots contre : trop d'enchâssement, trop de personnages, rythme lent, répétitions,

Notation :
Style : 2.5/5
Intrigue : 2/4
Personnage principal : 1.5/3
Écriture : 1 Crédibilité : 1
Personnages secondaires : 0.5/1
Narration : 0,5 Action : /
Temps et espaces : 2/2
Description : 1 Violence/Tendresse : 1
Coup de coeur : non
Sensation générale : 1/3
Rythme général : 0.5/2
Total : 10/20

Un roman un peu trop long, avec quelques apports historiques intéressants noyés sous de nombreux enchâssements et détails inutiles. 

vendredi 24 juillet 2015

Challenge : Auteurs de pays jamais lus

Bonjour.



En consultant la carte des auteurs lus sur mon profil (L@) à je me suis aperçue que je n'avais lu que très peu d'auteurs des pays africains et d’Amérique du Sud.

J'ai donc l'intention de découvrir, au fil des ans, ces auteurs.

Je vous propose de participer et de venir sur ce topic nous présenter les livres bien plus rares que les nombreux ouvrages américains ou français que nous rencontrons tous les jours.

Le challenge

trois niveaux au choix : 

Niveau petit voyageur : un à deux pays différents par an

Niveau voyageur : de trois à cinq pays différents par an

Niveau voyageur expérimenté : plus de cinq pays différents par an


Le règlement


* poster une image ou une liste des pays lus en début de challenge
* choisir un niveau
* poster vos liens de chroniques ou un court avis sur le topic une fois les livres lus en précisant le pays découvert pour chaque livre

* poster une image ou une liste des pays lus en fin de challenge

Les inscriptions

Sur le topic de L@ ou en commentaire sur cet article avec les éléments demandés dans le règlement.

Voilà, c'est tout simple.

En espérant que ce petit challenge vous inspire.

bises

jeudi 23 juillet 2015

Reckless de Cornelia Funke


Téméraire, c'est le nom du héros de ce roman d'aventure au pays des contes de fées. Et du courage il va lui en falloir dans cette histoire, Reckless, que nous raconte Cornelia Funke.


Éditeur: Gallimard jeunesse

Nb de pages : 327

Série : Reckless 

Catégorie : fantasy - jeunesse

Traducteur : Marie-Claude Auger

Pourquoi ce livre ? 

Ce livre entre dans mon ABC 2015, lettre F 

À la recherche de son père mystérieusement disparu, le jeune Jacob Reckless découvre un miroir qui lui ouvre les portes d'un univers parallèle. Ce royaume féerique est en guerre, opposant les hommes aux Goyls. Ces êtres à la peau de pierre ont des griffes ensorcelées : lorsqu'elles se plantent dans la chair d'un homme, sa peau se change en pierre et la victime finit par se transformer en Goyl. Douze ans ont passé. Jacob arpente ce monde secret, en compagnie d'une amie fidèle, mi-renarde mi-jeune fille. Malheureusement un jour, Will, son jeune frère adoré qui l'a suivi, est blessé par un Goyl. Sa peau se mue peu à peu en jade. La fiancée de Will traverse à son tour le miroir et se joint à leur quête pour sauver le jeune homme. Ils rencontrent d'extraordinaires créatures magiques, mais Jacob devra triompher d'une fée maléfique pour briser le sortilège.




Cornelia Funke est née en 1958 en Allemagne. 

Éducatrice, illustratrice de roman, et auteur, Cornelia a obtenu de nombreux prix littéraire, avant de recevoir la plus haute distinction allemande, l'Ordre du Mérite en 2008.

La saga Cœur d'encre a connu un succès international. 

Son site (très sympa avec une page interactive !)


La série comporte deux tomes :

  • Reckless, tome 1 (extrait)
  • Reckless, tome 2 : Le retour de Jacob



Un drôle de miroir attire un jeune homme dans un monde parallèle et il y rencontre
  • des sorcières avec leurs maisons en sucre
  • des licornes
  • des objets magiques incroyables...
  • des méchants pas très gentils
  • les traces de son père disparu.

L'écriture de ce roman est orientée jeunesse, avec des phrases courtes et un vocabulaire simple. C'est donc une lecture facile, d'autant que les chapitres sont très courts, parfois une seule page. La narration est extérieure et suit globalement le personnage principal sauf pour quelques chapitres. 

Manque de profondeur ?


L'auteure a misé sur l'action au détriment des sentiments qui, s'ils sont abordés, restent superflus. Du coup cela donne un livre vif, dynamique, où de nombreux rebondissements viennent perturber la petite équipe en quête de soins pour Will. 

Mais les sentiments des personnages sont survolés. Une petite phrase de temps en temps, un regard, une réaction un peu brusque...mais pas de détail. On sait donc que les deux frères souffrent de non-dit entre eux, que l'absence de leur père leur pèse, sauf qu'ils n'abordent jamais le sujet. 

Ces points m'ont manqué, j'aurais apprécié qu'ils soient détaillés et donnent plus d'ampleur aux deux personnages. Toutefois, cela reste secondaire, car l'auteure montre ces sentiments, même si elle n'approfondit pas.  

Facilité et inventivité


J'ai trouvé quelques raccourcis pris dans l'intrigue qui m'ont un peu fait sourire. Le héros détient toujours, ou presque, le bon objet au bon moment. Alors, certes, il faut trouver une solution pour se sortir des situations parfois périlleuses où se jettent les héros de cette histoire. Sauf que j'ai eu la sensation d'une grande facilité heureusement compensée par la quantité incroyable d'actions et de scènes. 

L'inventivité de Cornelia Funke et sa réutilisation du bestiaire magique font de ce roman une savoureuse aventure. Il ne se passe pas un chapitre sans son action, sans un péril. Et comme les chapitres sont très courts, je vous laisse imaginer le rythme de cette histoire. 

Contes et légendes


Le pays où se déroule l'intrigue, derrière le miroir, est celui des contes de fées. Mais dans une version plus sombre, plus proche des vrais contes avec les sorcières mangeant vraiment les enfants, les sœurs de Cendrillon mutilées... bref, loin de l'univers pastel des dessins animés. 

L'auteure ne puise pas uniquement dans les contes, puisqu'elle utilise aussi les légendes avec l'île aux fées (légendes Arthuriennes). 

Illustrations


Fox, l'amie de Jacob
Le roman que j'ai lu est illustré par Cornelia Funke. Chaque première page de chapitre est décorée et apporte un visuel des scènes à venir. 

C'est très agréable, d'autant que les dessins sont assez beaux. C'est un complément aux descriptions apportées dans le texte, simples et sans surcharge. 



Des personnages sympathiques


Les personnages principaux : Jacob, Fox, Will et Claire, sont détaillés au fil des pages mais là encore manque cette profondeur nécessaire pour les rendre vraiment appréciables. Ils sont attachants par l'histoire, car on les plaint. Mais ils n'ont pas de charisme propre. 

Dans la multitude de personnages secondaires, je fais le même constat. Ils sont survolés, coqués en deux ou trois lignes. 

La fée sombre est toutefois un brin plus développée et sa méchanceté force le respect. 


Les mots pour : Inventivité, réutilisation du bestiaire magique, action, rythme soutenu

Les mots contre : facilité, manque de profondeur

Notation :
Style : 2.5/5
Intrigue : 3/4
Personnage principal : 2/3
Écriture : 1.5Crédibilité : 1
Personnages secondaires : 0.5/1
Narration :1Action : 1
Temps et espaces : 2/2
Description :1Violence/Tendresse : 1
Coup de coeur : non
Sensation générale : 2.5/3
Rythme général : 2/2
Total : 14.5/20

Un bon roman d'aventure manquant un peu de profondeur. Une inventivité sympathique et une réutilisation du bestiaire magique intéressante en font une histoire prenante, bien  portée par les chapitres très courts qui donnent rythme fou.