vendredi 21 novembre 2014

Sous les couvertures de Bertrand Guillot


Éditeur : Rue Fromentin Éditions — Nb de pages : 140
Série : / 
Catégorie : Contemporain



Écrivain il donne également des cours d'alphabétisation à des adultes du XIXe arrondissement de Paris.




La rentrée littéraire inquiète les livres déjà en librairie. Une fois le magasin fermé, ils décident de réagir et essaient de se mettre d'accord sur une stratégie commune. Mais entre les premiers romans, les grands écrivains, les académiciens, etc., les intérêts divergent. L'arrivée d'une nouvelle libraire avec des idées neuves met en émoi tous les ouvrages.





Ce livre fait partie des matchs de Price-Minister — Rakuten 2014.

Je trouvais le synopsis très intéressant, j'ai donc choisi ce roman... parmi les quinze proposé.


Une nuit dans une librairie, avec la parole donnée aux livres, et non plus aux auteurs ou aux lecteurs.


Dès les premiers mots, j'ai senti que cette lecture, pourtant courte (140 pages) allait être très longue ! Et, effectivement, j'ai mis plusieurs jours à lire ces quelques pages, tant rythme et sujet manquaient d'attrait.

L'écriture est délicate, mais sans réelle saveur ; l'humour vendu en quatrième de couverture n'a pas su me faire sourire et le combat des livres pour une place sur la table en première place m'a lassé rapidement.

Peut-être parce que je connais bien ce sujet, gravitant autour et dans les librairies, côtoyant de nombreux auteurs, et étant moi-même confronté personnellement aux problèmes évoqués, en tous les cas, je n'ai pas eu de révélation en lisant ce quelques pages. Certes, quelques scènes lors des salons de livre m'ont fait sourire, car elles sentent le vécu. Bon, n'allez pas imaginer que les auteurs copulent glorieusement

Toutefois, quelques passages ont su me tirer de ma léthargie, me laissant espérer un souffle nouveau, comme cette discussion avec Spartacus ou les chapitres concernant la jeune vendeuse, puisque l'on revenait à une histoire de vie, avec ses émois, ses envies.

Pas ou peu de descriptions, des combats livresques par mots interposés ou par duels physiques entre romans, ce qui donne un sentiment de fouillis incroyable et surtout perd énormément en crédibilité. L'auteur a voulu donner dans le fantastique avec des livres qui volent et parlent, j'avoue que je n'ai pas accroché à ce concept.


Les livres deviennent les personnages. L'auteur se joue de notre mémoire, de nos envies aussi et ne nomme pas les livres, mais crée, par quelques indices, des appropriations. Chacun donnera donc, en fonction de ses lectures, tel ou tel titre aux héros de ce roman... Trop nombreux, ils perdent en qualité, en caractéristique, pour en devenir que des caricatures des rôles qu'ils jouent : le révolutionnaire, rouge forcément...

Les personnages réels, le libraire et sa vendeuse manquent un peu de profondeur.


Tout se joue en un week-end, dans une librairie de quartier.


Les mots pour : quelques scènes intéressantes, un bon rappel des dures réalités du marché littéraire.

Les mots contre : manque de rythme, côté fantastique mal géré.

Notation : 12/20



Bof bof, sur une grande partie, mais quelques réflexions me poussent à conserver une idée positive.

mardi 18 novembre 2014

Un feu dans la nuit de Erin Kelly



Éditeur : JC Lattès — Nb de pages : 380
Série : / 
Catégorie : Thriller Contemporain



Erin Kelly est née à Londres en 1976 et a grandi à Essex.

Journaliste depuis 1998, elle s'est spécialisée dans la presse féminine, santé et art de vivre...



Depuis toujours, les MacBride se rendent à Far Barn, dans le Devon, pour la nuit des feux de joie, mais cette année, tout a changé. Lydia, la matriarche, vient de mourir ; Sophie, la fille aînée, tente désespérément de sauver un mariage qui part à la dérive, et Felix, le petit dernier, est venu accompagné de sa petite amie pour la première fois. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez cette fille, Kerry, ils le sentent sans pouvoir se l'expliquer. Mais lorsqu'ils la laissent surveiller la petite fille de Sophie le temps d'une soirée et qu'à leur retour, elles ont toutes les deux disparu, ils sont obligés de se demander s'ils n'ont pas laissé entrer le loup dans leur bergerie... 


Palpitant et glaçant, avec un dénouement final en apothéose, Un feu dans la nuit confirme Erin Kelly comme l'un des auteurs britanniques de thrillers psychologiques les plus importants de sa génération.





Ce livre m'a été offert par le site Livraddict, en partenariat avec les éditions JC Lattès. Je les remercie pour cette belle découverte.
(texte)


Tout est dit dans le résumé, ci-dessus.

&

Les premiers mots de ce livre n'ont pas su me transporter, malgré une écriture douce et travaillée. Un je ne sais quoi me retenait, me gênait, avec cette sorte de confession en italique, d'une femme que l'on sait en fin de vie, puis, l'histoire de sa fille. J'ai cru, un instant, à un livre sur le cancer, livres que je n'apprécie que modérément.

Mais, rapidement, Sophie, la première véritable narratrice, à su me surprendre, et à travers elle, son auteur, choisissant de raconter à la troisième personne, ce début d'intrigue. Loin des pleurs ravageurs, suite à la perte d'une mère, on voit la réalité d'une femme dans ces derniers jours de grossesse affronter plusieurs sentiments noirs et douloureux. Je n'en dirais pas plus, c'est vraiment bien construit, chaque point venant s'ajouter au premier, sans surcharge, sans mélodrame, sans explosion de sentiments, juste ce qu'il faut d'amour et de respect.

Cette partie, assez courte, laisse sur un désarroi, la perte d'un être cher.

Puis, le deuxième narrateur entre en jeu. Là, le changement de style imposé par l'auteur nous fait entrer dans le livre, non plus au moment des événements, mais quelques années auparavant. Ce retour sur le passé avec les souvenirs du personnage narrés à la première personne donne une force incroyable à l'histoire. On plonge dans sa vie, on ressent avec lui les affres de la différence, et un flirte avec la paranoïa. C'est très bien écrit, et, même si je n'ai pas réussi à me projeter complètement dans ce personnage masculin, certains de ses sentiments m'ont touché.

Ce personnage est très charismatique. Une vraie réussite, ce qui donne froid dans le dos... car il est tout de même bien « atteint » pour reprendre une expression de par chez nous.

Le troisième narrateur est à nouveau abordé à la troisième personne, ce qui impose un recul. Et c'est très bien, car des choses graves se déroulent dans cette partie. Graves et dures. Alors certes, les amateurs de thrillers purs et sanguinolents trouveront cette troisième partie un peu trop soft, avec, justement, ce recul imposé par cette écriture feutrée. J'ai personnellement trouvé cela très agréable à lire.

Les descriptions sont simples et envoûtantes. Cette grange où tous se retrouvent m'a plu. J'aime les lieux atypiques, et ce lieu est divin. J'aimerai beaucoup une maison de campagne telle que celle-ci, grande et chaleureuse, avec un mur de livres. Mais c'est le talent de l'auteure que je voulais souligner, capable en quelques mots de nous transcrire une ambiance, de donner l'idée du lieu, ou du personnage.

Enfin, la dernière partie est troublante. Cette femme tient la famille et le meurtrier au bout de ses lèvres, de ses mots. Son choix sera déterminant. J'ai trouvé ce personnage très troublant, à fleur de peau, et finalement, son rôle gagnant en importance, alors que je ne la voyais au départ que très secondaire m'a étonnamment surprise. Et j'aime être surprise.

Voilà, je sais que j'en dis peu, que je ne dévoile rien sur cette sombre histoire, mais c'est volontaire. L'intrigue est tendue, tout au long du livre, avec de très belles scènes familiales, de jolis moments où l'on se retrouve. Puis, l'éclairage différent, le changement de narrateur qui à nouveau reparle de cette scène lui donne un autre aspect, plus froid, plus troublant, plus faux. Le fait de tourner ainsi autour des actes donne au lecteur une vision globale.

Le bémol, il en faut un, sinon, ce livre entrerait dans les coups de cœur, est le manque de traitement détaillé des sentiments de Jake. Ils sont abordés, mais j'aurais aimé que l'auteur lui donne à lui aussi la parole.


Le livre condense en quelques pages de nombreuses années, et se concentre sur quelques jours, là où tout se déroule, finalement, tout s'imbrique.

Les lieux sont réduits à trois ou quatre, ce qui est déjà bien.



Les mots pour : Style, descriptions, intrigue, changement de narration

Les mots contre : quelques longueurs dans la deuxième partie, sentiments manquant de Jake.

Notation : 17/20



« Quatre » narrateurs, qui chacun leur tour, donnent un aspect de l'histoire, et petit à petit, les mots nous entraînent, coupent le soufflent et laissent imaginer le pire. Très bon thriller !