mercredi 22 mai 2013

Ca reste entre nous... de Emma Scott


«  Ben aurait pu être l’homme de votre vie : brun aux yeux verts, mince, il correspond à cet idéal masculin qui vous a toujours fait rêver... Seulement voilà, son idéal à lui est masculin aussi, alors d’hypothétique amant il est devenu meilleur ami sans passer par la case " macho qui a ajouté votre nom à la longue liste de ses conquêtes " . »

(P ? version E-book)



L'auteur

Emma Scott, de son nom de plume, est née en 1980

Elle a commencé par écrire de la poésie, depuis l’âge de 12 ans jusqu’à publier trois recueils de poèmes (2006 – Jacques André Editeur). Aujourd’hui, Emma présente son premier roman, « Ça reste entre nous… », empreint d’humour et de légèreté.

Résumé officiel

Tout juste trentenaire en ce début des années 2000, vous menez votre vie tambour battant. Vous naviguez entre vos amis, vos amours et votre carrière sans oublier votre famille ce qui vous emmènera du Grand Palais à Paris au cœur de l'Auvergne à Murol. Tournée vers les autres, vous n'avez de cesse de débrouiller des situations parfois cocasses ! Vous êtes une femme bien de son époque qui, comme tout un chacun, est à la recherche du bonheur. Cette envie de vivre pleinement se traduit par un ton humoristique, caricaturant les travers des deux sexes...

L'histoire

Caroline, trentenaire dynamique, voit sa vie sentimentale chamboulée avec le retour d'un ancien amant, et la rencontre du nouvel homme... difficile de choisir entre eux ! Et vous, que feriez-vous ?

Mon avis

Ayant rencontré l'auteur sur un salon (et créé la fiche sur ce livre pour ce même salon), je voulais découvrir ce roman. Comme il n'existe qu'en format broché (trop grand pour une poche), bien que très accessible financièrement j'ai choisi l'option numérique qui m'a permis de l'emporter partout.

Je lis peu de chick-lit ! Ce sont des romans qui, s'ils me font sourire, me lassent rapidement. Je trouve ces livres, à présent passés de modes, puisque trop sages... sont un peu redondants, reprenant les mêmes thèmes et souvent très décalés de nos vies réelles, sans oublier qu'écrit par des anglo-américaines, ils se déroulent la plupart du temps, à London ou New York City, ce qui est, au-delà du répétitif, rébarbatif, car loin de nos réalités. Du coup, un livre se passant chez nous, avec une héroïne française, palpable, crédible, de surcroît m'a attiré et a su me toucher.

Sans compter que l'auteure a pris le parti de nous écrire ! oui, à nous, lecteur. Le livre est donc intégralement à la 5° personne... et ce gentil vouvoiement nous fait entrer dans l'histoire, nous confondant avec l'héroïne, augmentant le potentiel d'appropriation du personnage. C'est brillamment mené, et pas du tout provocateur, ou intrusif.

Caroline, le personnage principal est une jeune femme assez bien dans sa peau, encore suffisamment jeune pour sortir et faire la fiesta en milieu de semaine (que les célibataires qui ne le font pas, même en bossant le lendemain, lèvent la main...) et entourée d'amis aux profils diversifiés. Certes, on retrouve, comme souvent, un ami homosexuel, mais comme c'est quelque chose qui ne me choque pas, bien au contraire, j'ai trouvé cela charmant. Un peu stéréotypé, mais charmant.

Les autres personnages sont un peu caricaturaux, mais l'enfant présent dans le livre et le nouvel amant sont délicatement croqués. Quant aux parents, j'ai eu l'impression de les voir, d'entendre les doux reproches de cette mère un peu envahissante, regrattant l'absence de petits enfants...

Mais ce livre n'est pas qu'une histoire de famille ou d'amours réels ou passés. L’ascension sociale de la demoiselle, un des sujets du livre, est démontrée avec douceur, amenant moult infos sur son job. Et là, ne me demandez pas de vous en raconter plus, à vous de le lire.

Le seul bémol que je retiendrai, c'est la répétition de certaines scènes, notamment les repas, qui, s'ils donnent une valeur au temps, m'ont un peu lassé.

Bilan en quelques mots

Les mots pour : Frais, dynamique
Les mots contre : quelques scènes redondantes

Au final 

Frais, dynamique, ce chick-lit à la française se lit rapidement. L'auteure aborde des thémes très modernes : divorce, enfant de parents séparés, homosexualité, mais aussi quête du corps toujours jeune et parfait... le tout avec un style souple. Joli moment de lecture sans coup de cœur.

lundi 20 mai 2013

Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina Khadra


« — Ressaisis-toi, bonhomme. Il n'y a qu'un seul dieu sur terre, et c'est toi. Si le monde ne te convient pas, réinventes-en un autre, et ne laisse aucun chagrin te faire descendre de ton nuage. La vie sourit à celui qui sait rendre la monnaie de sa pièce. »
Étrange comme parfois les vérités qui nous font défaut nous rattrapent dans les endroits qui s'y prêtent le moins. J'étais à deux doigts de basculer, et ce fut une prostituée éméchée qui me remit d'aplomb. »
(P305)


L'auteur

Yasmina Khadra, pseudonyme de l'écrivain algérien Mohammed Moulessehoul, est né en 1955 dans le Sahara algérien.

Militaire de carrière, il a opté pour l'écriture, usant de pseudonyme pour être publié, et échapper au Comité de censure militaire de son pays.

Résumé officiel

Algérie, dans les années 1930. Les champs de blés frissonnent. Dans trois jours, les moissons, le salut. Mais une triste nuit vient consumer l'espoir. Le feu. Les cendres. Pour la première fois, le jeune Younes voit pleurer son père. Et de pleurs, la vie de Younes ne manquera pas. Confié à un oncle pharmacien, dans un village de l'Oranais, le jeune garçon s'intègre à la communauté pied-noire. Noue des amitiés indissolubles, françaises, juives : « les doigts de la fourche », comme on les appelle. Et le bonheur s'appelle Émilie, une « princesse » que les jeunes gens se disputent. Alors que l'Algérie coloniale vit ses derniers feux, dans un déchaînement de violences, de déchirures et de trahisons, les amitiés se disloquent, s'entrechoquent. Femme ou pays, l'homme ne peut jamais oublier un amour d'enfance...

Le film


Ce que le jour doit à la nuit est un film d'Alexandre Arcady sorti en 2012

L'histoire

L'histoire d'un homme qui se retourne sur son passé, et sur celui de son pays, au jour de l'enterrement d’une femme qui aurait pu changer sa vie.

Mon avis


Avis mitigé ! C'est vraiment la sensation que me laisse ce livre.

Bien sûr le livre est touchant, bien sûr la plume de Yasmina Khadra convaincante, mais le personnage de Younes/Jonas ne m'a pas pas satisfait. Cet homme aurait mérité un bon « coup de pied aux fesses », pour tant de platitudes face à sa vie. Regretter des actes que l'on n'a pas osé faire est quelque chose que je ne comprends pas, et la fadeur de caractère octroyée m'a indisposé. Certes, l'auteur lui octroie une rigueur, un respect des autres, de sa parole, assez probants.

C'est vraiment ce qui m'a dérangé, au point de poser à plusieurs fois le livre et de ne le reprendre qu'en m'imposant de le terminer. Car, en faisant abstraction de ce personnage insipide, j'ai voulu voir l'Algérie avant la guerre. Apprendre de par un habitant du cru, obtenir une vision différente que celle détenue. Ainsi donc, mettant les parties sur Younes entre parenthèses, j'ai glané au fil des pages cette part d'histoire, ces anecdotes sur une guérilla vécue depuis l'intérieur.

Et là, c'est véritablement intéressant. L'auteur par son style épuré, ses phrases simples, ourlées de pensées, de sentiments, nous entraîne dans un visuel descriptif charmeur. Qu'elle est belle cette Algérie ! Que ces mots magnifient ces lieux, même semi-arides ! J'ai, par moment, eu l'impression d'entendre ces hommes parler, s'exprimer avec cet accent que l'on nomme pied-noir, maintenant, mais qui est si riche de soleil, si empli de cette terre, de ces souvenirs.

Alors, oui, un avis mitigé, peut-être parce que j'attendais du héros un peu plus de charisme, et que l'auteur l'a donné à ses amis ! J'avoue que l'amitié interculturelle qui lie ces quatre jeunes hommes est touchante. Ode au respect. Ode à la différence oubliée par le besoin de vivre ensemble, de rire, de jouer, et qui s'effondre devant des sentiments follement humains. La jalousie sape tout, renvoie les hommes dans des retranchements agressifs. Il est juste dommage que Younes n'entre pas dans la danse, et laisse la vie lui échapper.

Mais, peut-être que ma réaction est typiquement européenne et féminine ? Peut-être qu'il agit par sagesse ? Peut-être que l'art de vivre musulman, inculqué par son père lui a donné ces cartes de jeu, cette façon d'être ? Toujours est-il que je ne les comprends pas, et ne peux les cautionner.

L'autre point noir du livre, c'est la propension aux pleurnichements ! J'aime les lectures dynamiques, et, s'il m'arrive de lire des drames, cela reste des histoires d'êtres en difficultés. Sauf qu'ici, l'auteur s'acharne sur ses personnages, et, justifie ces points par une pseudo explication religieuse, mêlant des superstitions. Non, franchement, c'est assez peu crédible. On peut voir dans la première partie une vision des événements faussée par l'âge du héros, qui raconte ses souvenirs sans les avoir analysés. Mais, un adulte qui raconte son passé le fera avec une réflexion d'adulte ! Il posera donc les événements avec une traduction de son esprit, des lignes explicatives, des réponses... ici, toute la première partie est posée sans que les rouages soient expliqués, juste la déchéance d'une famille qui subit coup après coup, la descente aux enfers, refusant la main tendue.

Bilan en quelques mots

Les mots pour : Histoire de la guerre d'Algérie, style et descriptions
Les mots contre : « pleurnichements », personnage principal

Au final 

Si l'histoire de l'Algérie a su trouver un écho en ma mémoire, celle de Younes/Jonas m'a rapidement saoulé. Avis mitigé, donc.

Lu dans le cadre du challenge ABC 2013

La Complainte d'Irwam

ou Un extrait ! sur le site Atine Nenaud
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