Le monde de Narnia de C. S. Lewis

"Narnia est gouverné par une magie ancestrale, une magie plus puissante qu'aucun de nous. Elle détermine ce qui est bien de ce qui est mal, et décide du destin de chacun. 
Du tient, comme du mien."




L’auteur


Clive Staples Lewis (1898 - 1963) est un auteur Irlandais connu pour les chronique de Narnia, mais aussi pour ces œuvres relatives au Christianisme  qu'il a su cacher sous des textes d'apparence anodine. Son itinéraire spirituel est également relaté dans Le Retour du pèlerin (The Pilgrim's Regress), une parodie du Voyage du pèlerin de John Bunyan.

Contemporain de JRR Tolkien, il était son ami, son collègue à Oxford, et comme lui, grand amateur du Monde Médiéval. Leurs livres, bien que différents abordent des thèmes dont les deux hommes ont longuement discutés... pourtant, au final, ils ont crée des mondes uchroniques.

Les œuvres de C.S. Lewis ont été traduites en plus de 30 langues et les livres de Narnia se sont vendus à plus de 200 millions d’exemplaires dans le monde. Epatant, lorsque l’on sait l’accueil mitigé à leur première publication. La popularité du cycle s’est amplifiée au fil du temps, avec un rebond grâce au film de Disney. 

Aujourd’hui, on peut admirer une statue édifiée en mémoire de l’auteur à Belfast : C.S.Lewis y est représenté en train d’ouvrir une armoire.

Si vous désirez aller plus loin dans la découverte de cet homme, je vous conseille cet article : La naissance de Narnia de Michael White.

Résumé général

Narnia est un pays imaginaire créé par le pouvoir du chant du Lion Aslan. Les êtres humains y côtoient des animaux qui parlent, les minutes de notre monde y sont des années, les années, des siècles.


Les livres un à un

A l’origine les sept livres de la chronique de Narnia, ont été écris puis publiés dans un ordre différent. L’auteur avait simplement rédigé ses sept romans les uns après les autres, sans la moindre intention d’en faire par la suite un ensemble cohérent.

Le cycle de Narnia, est donc, avant tout, une suite d’œuvres plus ou moins reliées entre elles et qui possèdent un cadre commun : le monde imaginaire de Narnia. Certains expliquent de par ce fait, le premier chapitre (le neveu du magicien), soit légèrement moins structuré et agréable que les suivants. Il a été écrit pour faire le lien, et amorcer la série…


Voici la liste des livres dans l’ordre actuel, avec la date de parution.

 - Le neveu du magicien (Tome 1) 1955  : Digory, un jeune Londonien va utiliser des bagues magiques et être transporté dans le Bois-d’Entre-Les-Mondes, forêt merveilleuse qui est le point d’accès vers tous les autres mondes imaginaires. Cette première excursion au sein de Narnia réveillera une maléfique reine…

 - L'armoire magique (tome 2) 1950 : Sans doute le plus connu, suite au film sorti en 2005. Les quatre frères et sœurs Peter, Susan, Edmund et Lucy découvrent un passage secret à travers une armoire magique, qui les mènera tout droit au pays de Narnia. Le royaume est alors sous la coupe de la reine malfaisante qui y fait régner un hiver éternel. Selon la légende, le retour d’Aslan concorderait avec l’accession au trône des fils d’Adam et des filles d’Eve. Ici, le monde de Narnia n’est pas un simple monde imaginaire, mais un endroit qui dévoile la véritable nature de tout un chacun.

- Le cheval et son écuyer (tome 3) 1954 : L’histoire débute au pays des Calormen, un royaume oriental au sein même du monde imaginaire de Narnia. Shasta, un jeune garçon exploité, est un jour acheté par un puissant Tarkaan. Le destrier de ce dernier se prénomme Bree et est doué de parole. Shasta va s’enfuir en compagnie du cheval vers le nord, vers le pays de Narnia et rencontrer en chemin une jeune noble du nom d’Aravis qui poursuit le même but…

- Le prince Caspian (tome 4) 1951 : Les quatre enfants de l’Armoire Magique retrouvent le pays de Narnia après une année d’absence. Le temps ne s’écoulant pas du tout à la même vitesse que dans le monde réel, ils vont découvrir que les années ont passé en Narnia et que toute croyance dans le merveilleux y a disparue. Caspian, le prince héritier, est l’un des rares êtres vivants à connaître encore l’existence des créatures merveilleuses, mais il ne peut pas réveiller seul le royaume engourdi. C’est alors que Peter, Susan, Edmund et Lucy vont devoir mettre leur foi à l’épreuve : croient-ils encore aux légendes auxquelles ils ont pris part il y a si longtemps ?

- L'odyssée du passeur d'Aurore (tome5) 1952 : On rencontre le cousin insupportable d’Edmund et de Lucy. Les trois enfants vont être projetés dans le monde de Narnia grâce à un tableau et vont atterrir près du navire du prince Caspian, roi de Narnia.

- Le fauteuil d'argent (tome 6) 1953 : Jill et Eustache, qui, pour échapper à des camarades peu scrupuleux, vont se réfugier dans un petit jardin et se retrouver propulsés au pays d’Aslan. Leur mission sera de retrouver le fils de ce dernier, Rilian, prince héritier enlevé depuis des années par un serpent maléfique.

- La dernière bataille (tome 7) 1956 : L’aventure se déroule dans la Friche de la Lanterne, une terre aride à l’ouest de Narnia. Un vieux singe du nom de Shift va berner tous les habitants du royaume en faisant passer son ami, l’âne Puzzle, pour le lion Aslan (il le déguise à l’aide d’une peau de lion).

Les films

De nombreuses adaptations cinématographiques ont été réalisées, la plus connu étant celle de Disney…


Je vous laisse trouver les autres Bandes annonces.

L'Histoire

Comme pour Alice Au Pays des Merveilles cette histoire est destinée aux enfants, mais, son interprétation est réservée aux adultes. Écrit avant Le Seigneur des Anneaux, bien avant Harry Potter, cette série de livres a servi de modèle à de nombreux chefs-d’œuvre de la « Fantasy ».

En effet, toute la structure du monde de Narnia tourne autour de la religion, et on décrypte les différentes allusions au fur et à mesure qu’on s’imprègne de l’atmosphère. C’est une allégorie du christianisme

Toutefois, Lewis ne souhaitait pas convertir les enfants au christianisme, mais délivrer avant tout un message de paix. Par conséquent, même si on n’est pas croyant, il est tout à fait possible de lire cet ouvrage. J’ai même trouvé des personnes, adultes, qui étaient complètement passées à côté de ce point, trouvant, du coup, les livres « gnagnan ». Il faut parfois regarder plus loin que les mots…

Dans le monde imaginaire de Narnia tout tourne autour du concept de dieu unique (le roi Aslan) : la structure politique, habitudes sociales et individuelles… et, les analogies sont assez probantes : Aslan est celui qui délivrera le monde tel le dieu sauveur des âmes en peine. Le sacrifice du lion rappelle celui du Christ qui se sacrifie pour racheter les fautes des pêcheurs. La trahison d’Edmund pour une poignée de friandises est similaire à la trahison de Juda pour de l’argent. Le retour d’Edmund rappelle le concept du pardon chrétien et de la rémission des péchés. Et les enfants humains ne sont-ils pas appelés les fils d’Adam et les filles d’Eve ?

Pourtant, comme je vous le disais, on peut très bien lire ces livres sans voir toute dette allégorie… et ne garder que l’imaginaire.

Je mettrais toutefois un petit bémol, pour les personnages qui sont un peu trop caricaturaux. Ils manquent d’ampleur et on a un peu de mal à s’identifier. Mais, c’est peut-être la limite de l’âge ?
Les décors divers suscitent l'intérêt mais ne sont pas assez développés.Bon, certes, je suis fan de Tolkien, et du coup, j’attends surement trop des descriptions.

Le style

Le style de C. S. Lewis est limpide et énergique avec une grande part de suspens. Tous les éléments essentiels au succès d'un livre pour enfants sont là : des enfants auxquels les jeunes lecteurs peuvent s'identifier, des mondes exotiques, une méchante magicienne, des animaux qui parlent, des épreuves auxquelles les enfants sont confrontés, des tentations auxquelles ils doivent résister et où ils sont récompensés pour leur victoire.

Les mots peuvent paraitre trop simples. Mais ils cachent une histoire incroyablement efficace et construite. Grâce à un stratagème, Lewis rend sa sorcière méchante et un peu folle. Il use d’un humour caustique au travers de Lettie, qui ne sachant pas qu’il s’agit d’une vrai sorcière, lui parle comme à une demeurée… passage sublime et très amusant. Sans oublier les jolis moments où les animaux parlent, et cherche par exemple à savoir de quelle race est Andrew. C’est drôle, sans être surfait.

Alors, certes on peut reprocher un sexisme évident (la colère pour les garçons, et des petites filles sages) mais, rien de choquant outre mesure. C’est aussi un brin moralisateur… dans une époque où le respect se perd. Mais Rowling aussi use d’une morale puissante, et passionnante.

Bruno Bettelheim, dans Psychanalyse des contes de fées, disait d'ailleurs que c'est le rôle principal des contes de fées qui placent les personnages principaux dans des situations difficiles mais qui finissent toujours bien : « transmettre à l'enfant la conviction que quels que soient les obstacles qu'il rencontrera sur sa route, il trouvera le moyen et la force morale de les surmonter avec succès. »

Ici, C S Lewis nous transmet des valeurs chrétiennes puissantes, en les masquant sous des mots d’une simplicité accablante.

Au final

Un ensemble de livres que je conseille aux enfants et aux adultes. C’est une belle histoire, qui se lit simplement, et donne pourtant à réfléchir.

13 commentaires :

  1. Ton avis me donne envie de poursuivre l'aventure ! Je trouve qu'en effet l'allégorie du christianisme est assez probant.
    Petite question :
    Quelle a été ton tome préféré ?

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  2. J'ai l'intégrale dans ma Pal mais jamais eu envie de l'en sortir car tu dois être la seule critique positive que j'ai lue dessus ! ^^

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  3. @ Walpurgis : waw, je ne sais pas, je dirai le cheval et son écuyer.

    Je te souhaite une bonne suite de lecture.

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  4. @ Frankie : ravie d'être une des seules ^^ je pense surtout que ces livres payent cher la comparaison avec de nombreux autres auteurs ! les gens n'arrivent pas a relativiser et se souvenir qu'ils ont été écrits en 1950 avec un style et une idéologie tournée vers eux. C'est notre interprétation d'adulte qui nous permet de ressortir les allégories...

    Je te souhaite de les sortir de la biblio, ne serait-ce que pour découvrir le charme désuet de cet auteur.

    Biz

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  5. Eh bien voilà un livre qui m'a profondément ennuyée : je l'ai trouvé long, lent et trop pétri de bons sentiments catholiques qui, à force, m'ont dérangé et ceci sans parler des personnages stéréotypés... bref, une lecture que de mon côté, je ne recommande pas.

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  6. C'est ce que beaucoup en disent, malheureusement ! je ne sais pas vraiment pourquoi, perso j'ai bien aimé. Peut-être parce que je ne me suis pas posée de questions, et accepté cette vision très catho ?

    Biz

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  7. Même si je l'ai lu il y a quelques années, j'en garde comme Véro un souvenir très indigeste, surtout en ce qui concerne le style, trop "impersonnel" je trouve. Les personnages étaient aussi trop stéréotypés et l'histoire bien trop moralisatrice et portée à la religion à mon goût (ce qui peut plaire à d'autres !), surtout dans le dernier tome.

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  8. Le dernier tome est le plus évident, par rapport à la religion. Ce n'est clairement pas celui que j'ai préféré...

    Biz

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  9. Ripitchip.Hourra21 septembre, 2011

    C. S. Lewis est incontournable dans l'histoire de la littérature allégorique.
    Je trouve moi aussi le style un peu lourd et impersonnel. Narrativement, le mieux réussit est sans doute Le Prince et son écuyer.
    Pour ma part, j'apprécie C. S. Lewis pour son talent d'auteur-philisophe (on pourrait dire théologien, n'est-ce pas de la philo qui intégre Dieu !). Il déploie un art certain pour faire réfléchir à partir de l'imaginaire. Et là, La Dernière Bataille est d'une richesse extraordinaire !

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  10. J'ai d'abord commencé à regarder les films. L'histoire m'a passionné et j'ai donc acheté le livre regroupant tous les tomes, et là... déception ! Je n'ai jamais réussi à rentrer dans le livre. Je n'ai lu que le premier tome. Peut-être qu'un jour, je réessaierai de le lire pour voir si j'ai le petit truc qui me pousse à dévorer tout le livre.

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  11. @ Ripitchip.Hourra : Merci d'être passé, voici un commentaire agréable et qui donne envie de poursuivre la discussion. Comment vous joindre ?

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  12. à Gwladys : Ces livres sont sympa mais il faut les lire séparément. C'est plus agréable et cela donne oins l'effet de redondance. J'ai pour pa part vu uniquement le premier film et je le trouve amusant mais loin de la qualité de l'écrit. Comme souvent.

    Biz

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  13. Maintenant que j'ai lu les 7, je reviens vers toi et je dois dire que tout ce que tu as aimé, j'ai... je ne sais pas si détesté est le mot mais ça s'en rapproche. :) Les premiers tomes étaient plutôt sympa mais finalement les personnages sont plutôt inintéressants, le style très désuet, comme tu dis, et la morale religieuse assenée à coup de massue, surtout dans le dernier tome et finalement un Narnia jamais très développé et dont on n'apprend que ce n'était qu'une pâle copie, une ombre d'un monde meilleur... Contente de l'avoir sorti de ma Pal mais je n'en recommanderais pas sa lecture.

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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