Carmilla de Joseph Sheridan le fanu,


L'auteur

Johseph Sheridan Le Fanu (1814-1873) est un écrivain irlandais, protestant et issu d'une bonne famille.

Le livre sort en 1871, c'est donc une des dernières œuvres de cet auteur qui a écrit des textes en tout genre, du roman au théâtre, en passant par la poésie et les essais. Il est l'auteur notamment du roman Oncle Silas (1864) et l'un des plus illustres représentants du roman fantastique irlandais du XIXe siècle.




J'ai choisi ce texte très court (une centaine de page), car il est considéré comme l'un des fondateurs de la littérature vampirique et il annonce (26 ans auparavant) le Dracula de Bram Stoker.

Présentation officielle de l'œuvre :

Dans un château de la lointaine Styrie, au début du XIXe siècle, vit une jeune fille solitaire et maladive.
Lorsque surgit d'un attelage accidenté près du vieux pont gothique la silhouette ravissante de Carmilla, une vie nouvelle commence pour l'héroïne. Une étrange maladie se répand dans la région, tandis qu'une inquiétante torpeur s'empare de celle qui bientôt ne peut plus résister à la séduction de Carmilla...
Un amour ineffable grandit entre les deux créatures, la prédatrice et sa proie, associées à tout jamais " par la plus bizarre maladie qui eût affligé un être humain ". Métaphore implacable de l'amour interdit, Carmilla envoûte jusqu'à la dernière ligne... jusqu'à la dernière goutte de sang !

Le ton est donné. La belle vie de Laura va se voir un peu perturbée par l'arrivée de cette Carmilla. Leur relation un peu outrancière, va donner des sueurs froides à la jeune femme... qui va sombrer, peu à peu dans une sorte de léthargie, de fatigue.

L'histoire

La région, se voit en proie à une épidémie, dont seules les jeunes femmes sont victimes. Elles décèdent toutes, après des incidents se produisant essentiellement la nuit. D'ailleurs, une des connaissances de la famille de Laura a été, elle aussi la victime de cette étrange maladie.

C'est joliment amené. Certes un peu prévisible. Mais, c'est dû au style même de cette histoire.

Le texte se base sur une mise en forme résolument gothique, qui fait fureur à cette époque en Angleterre : Une héroïne un peu naïve, qui raconte son histoire, avec plusieurs détails historiques et un fond sombre.

Cela se lit bien. Facilement. Les mots sont simples, les phrases un peu longues, parfois. Ce n'est pas dérangeant sur ce texte, mais ne vous attendez pas à des changements de rythme... ici, tout est pesé, posé. C'est un récit narratif, les mémoires d'une charmante jeune femme qui même après plusieurs années ne semble pas avoir mesuré qu'elle à frôlé la mort.

Un extrait, du premier chapitre...

Le premier incident de mon existence, qui produisit une terrible impression sur mon esprit et qui, en fait, ne s'est jamais effacé de ma mémoire, compte au nombre de mes souvenirs les plus lointains. (D'aucuns le jugeront trop insignifiant pour mériter de figurer dans ce récit ; mais vous verrez par la suite pourquoi j'en fais mention.) La chambre des enfants (comme on l'appelait, bien que j'en fusse la seule occupante) était une grande pièce au plafond de chêne en pente raide, située au dernier étage du château. Une nuit, alors que j'avais à peine six ans, je m'éveillai soudain, et, après avoir regardé autour de moi, je ne vis pas ma bonne dans la chambre. Comme ma nourrice ne s'y trouvait pas non plus, je me crus seule. Je n'eus pas peur le moins du monde, car j'étais un de ces enfants heureux que l'on s'applique à garder dans l'ignorance des histoires de fantômes, des contes de fées, et de toutes ces légendes traditionnelles qui nous font cacher notre tête sous les couvertures quand la porte craque brusquement ou quand la dernière clarté d'une chandelle expirante fait danser plus près de notre visage l'ombre d'une colonne de lit sur le mur. Contrariée et offensée de me retrouver négligée de la sorte (car tel était mon sentiment), je commençai à geindre, en attendant de me mettre à hurler de bon cœur ; mais, à ce moment précis, je fus tout étonnée de voir un très beau visage à l'expression solennelle en train de me regarder d'un côté du lit. C'était celui d'une jeune fille agenouillée, les mains sous mon couvre-pied. Je la contemplai avec un émerveillement ravi, et cessai de pleurnicher. Elle me caressa de ses mains, puis s'étendit à côté de moi et m'attira contre elle en souriant. Aussitôt, j'éprouvai un calme délicieux et je me rendormis. Je fus réveillée par la sensation de deux aiguilles qui s'enfonçaient profondément dans ma gorge, et je poussai un cri perçant. La jeune fille s'écarta d'un mouvement brusque, les yeux fixés sur moi, puis se laissa glisser sur le parquet, et, à ce qu'il me sembla, se cacha sous le lit.

Cette partie pourrait laisser croire à un joli conte. Il n'en est rien.

Le Fanu séduit par la finesse dont il suggère les ébats érotiques entre Carmilla (la brune charnelle) et Laura (la blonde naïve et effarouchée). Leur liaison sulfureuse envoûte jusqu'à la dernière ligne avec les sentiments de Laura lors de l'exécution, troublée par ce qu'elle peine à comprendre, à accepter... la mort de sa maitresse ? Le Fanu est d'ailleurs l'un des premiers auteurs à aborder l'homosexualité féminine. Mais c'est écrit avec tant de sensibilité, tant de douceur. Il laisse à croire que ce fait est lié au vice même de la Vampire. C'est son mode de séduction...

La fin est bien montée, avec l'arrivée d'un homme possédant de nombreuses connaissances sur le sujet, et qui procède à la destruction de Carmilla. Il est à noter que les fondements Vampiriques sont déjà présents, notamment sur les moyens d'éliminer un vampire : pieux dans le cœur, décapitation, puis incinération du corps...

Je vous conseille ce site, pour de plus amples renseignements : Reflets d'Ombre


Au final.


Carmilla, peut paraitre un peu fade, aux regards des livres sortis depuis sur le sujet, mais c'est une œuvre majeure dans la littérature Vampirique. Je vous la recommande.

2 commentaires :

Jémlyre a dit…

Celui-ci est sur ma liste à lire et je me réjouis de le lire !

nanet a dit…

C'est un livre superbe, et très bien écrit, même si le style peut sembler un peu désuet...

Biz

 

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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