Un roman Français. Frédéric Beigbeder.

Un roman Français. Frédéric Beigbeder.

L'auteur

Né à Neuilly sur Seine, chroniqueur à Lire et animateur du Cercle à Canal Plus, Frédéric Beigbeder est l'auteur chez Grasset de : Vacances dans le coma (1994), L'amour dure trois ans (1997), 99 francs (2000), Windows on the World (2003, Prix Interallié), L'égoïste romantique (2005), Au Secours pardon (2007).


Il est devenu si médiatique, si show-man que son nom est plus connu pour faire parti des "peoples" que pour son talent d'auteur. Mais en a-t-il du talent ? Ou bien sait-il se vendre ?

Il sait, en tout cas utiliser les médias, même modernes, avec par exemple son blog-site, dédié à : lui-même ! 


Le résumé


" C'est l'histoire d'une Emma Bovary des seventies, qui a reproduit lors de son divorce le silence de la génération précédente sur les malheurs des deux guerres. C'est l'histoire d'un homme devenu un jouisseur pour se venger d'être quitté, d'un père cynique parce que son cœur était brisé. C'est l'histoire d'un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d'un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère. C'est l'histoire d'un garçon mélancolique parce qu'il a grandi dans un pays suicidé, élevé par des parents déprimés par l'échec de leur mariage. C'est l'histoire d'un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu'il les avait gagnées, et ensuite à perdre son empire colonial en faisant comme si cela ne changeait rien à son importance. C'est l'histoire d'une humanité nouvelle, ou comment des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés. Telle est la vie que j'ai vécue : un roman français. "


Et, là, on se dit, chouette, un livre historico-romantique sur un soupçon d'analyse sociale.

Stop, tout faux.

 L'histoire


Un livre à découvrir, ne serais-ce que pour voir ce que peut penser un être narcissique... égocentrique.
Une biographie inversée, où l'on pense pouvoir découvrir l'histoire d'une famille, mais ou l'on apprend surtout que l'on peut être très malheureux lorsque l'on est riche ...

Frédéric Beigbeder résume en ces termes son dernier roman : "C'est l'histoire d'un homme devenu jouisseur pour se venger d'être quitté, d'un père cynique parce que son cœur était brisé. C'est aussi "l'histoire d'un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d'un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère". C'est enfin "l'histoire d'une humanité nouvelle, ou comment les catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés"
L'auteur démarre en disant qu'il ne se souvient pas de son enfance et nous en tartine des pages entières... Pourquoi ? Alors qu'il déclame être amnésique ? Il nous raconte, entre coupé de souvenirs charmants, sa descente aux enfers : le Dépôt.

Oui, on a osé le mettre derrière les barreaux pour avoir consommé de la poudre blanche sur le capot noir d'une Chrysler. Souchon la rend plus magique, elle s'envole dans les fougères et les nénuphars ! (désolée, chacun ses références ^^). N'importe quel autre consommateur, pris en flag, passe aussi une soirée (voir plusieurs) dans les locaux de la PJ, mais n'en fait pas un roman...

Mais, c'est une accroche, un fil rouge tendu tout au long du livre. Chaque chapitre s'égrène, parlant soit du passé, soit de son incarcération. Il tente, en se souvenant (pour un amnésique, il a une super mémoire) de comprendre qui il est. Sauf que cela devient vite fatiguant. Ce petit côté « moi, moi, moi » démontrant, s'il le fallait encore son narcissisme, son amour pour lui-même, donne au final la nausée.

Je suis très sévère. Je sais. Et encore, je n'ai pas abordé la partie « auteur ». En fait, je ne sais pas comment la traiter, car justement, il n'y a pas d'auteur !

Ce livre est une succession de phrases trop longues (on perd le fil entre le début et la fin) même si elles semblent belles et structurées. Il tente des jeux de mots qui retombent dès la page tournée. Ce roman autobiographique est pourtant soigné, apportant un brin de romance, des bons sentiments, une morale (venant d'un être en ayant peu) mais il manque de souffle, de rebond, d'une vrai mise en scène, dépassant l'enchainement maladroit des chapitres.

Pourtant, j'ai apprécié les passages narrant son enfance, ses grands-parents sont ici présentés avec de jolis mots, et deviennent si attachants, si vivants. Son frère, pour lequel on ressent un mélange d'admiration mêlé à l'envie naturelle... sa mère, comprise, mal gré la séparation imposée... bref, toute sa famille qu'il nous présente avec amour, avec tendresse même. On sent qu'il a travaillé cette partie du livre, qu'il a cherché à vraiment faire ressortir cette passionnante histoire familiale, pour lui rendre un bel hommage.

C'est tout le reste qui alourdit et salit le livre. Sa haine pour le procureur qui l'a, méchamment, mis sous les barreaux (faisant tout de même son job !) sonne comme un coup vengeur. C'est arrogant, mesquin, (dire que trois pages ont été censurées...) et cela donne l'envie de passer au chapitre suivant pour retrouver la douceur du passé.

Je garde un passage qui m'a touché, émue, peut-être parce que je me suis senti concernée.
La nouvelle norme, c'est d'avoir deux maisons, quatre parents (au minimum), d'aimer des gens qui ne s'aiment plus entre eux, de craindre constamment les ruptures, d'avoir parfois à consoler ses parents, et d'entendre deux versions de chaque évènement, comme un juge dans un procès. (page 212)
Mais c'est la preuve qu'il y a du bon dans ce livre. Peut-être l'auteur aurait-il dû se contenter de la partie historique ? 
En tout cas, certains ont du le trouver bon, puisque ce livre à obtenu le prix Renaudot 2009. 

Au final

Je ne sais pas si je peux le conseiller. Si vous n'avez jamais lu de Beigbeder, cela vous donnera un aperçu de ce que peut écrire un homme qui se cherche. Car, j'en garde cette vision. Il a dû vraiment souffrir de cette arrestation, au point de tenter de se comprendre. De s'expliquer à lui-même son cheminement tortueux.

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