La trilogie du Mal de Maxime Chattam

« Un rythme dynamique, des personnages attachants, des rebondissements incessants. »

Le monde des livres.

L'auteur

Maxime Chattam est né en 1976. Parisien d'origine, il a vécu quelques années aux States, entrecoupés de voyages, d'où il ramène ses premiers écrits, son journal de bord. « Le résultat tient en 5 pages raturées qu'il faudrait pouvoir traduire en français, il semblerait que je ne maîtrisais pas vraiment l'orthographe et la grammaire. »

Il a découvert la lecture à 14 ans en plongeant littéralement dans le Seigneur des anneaux, et a enchaîné avec la littérature SF (Lovecraft, Vance, King...), mais c'est surtout le cinéma qui l'attire.

Il tentera de devenir acteur, avant d'écrire son premier roman : Le 5éme Règne (publié sous le nom de Maxime Williams) (Prix de littérature fantastique « Fantastik' Arts” — Festival de Gerardmer 2003).

Résumé Officiel. 

Des gouffres de l'Oregon aux ruelles sordides de Brooklyn, le Mal n'a qu'un seul visage : celui des tueurs en série les plus improbables. L'inspecteur Joshua Brolin va les traquer. De bibliothèque ésotérique en course poursuite mortelle, dans les forêts sauvages de l'Ouest américain, la Trilogie du Mal ne vous laissera aucun répit.   
L'âme du mal

Pas plus que sa jeune assistante, l'inspecteur profileur Brolin ne pense que les serials killers reviennent d'outre-tombe. Fut-il le monstrueux bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper avec précision. Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit, identique : un même rituel horrible. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d'une secte ? Pure sauvagerie ou magie noire ? ...

Brolin a peur. Cette affaire dépasse tout ce qu'on lui a enseigné. S'immerger complètement dans la psychologie d'un monstre, le comprendre afin de le cerner et de prévoir ses crimes, devenir un monstre soi-même, tels sont les moindres risques de son métier. On dit au FBI qu'il s'en faudrait d'un rien pour qu'un bon profileur aille rejoindre la galerie de ses pires clients. Peut-on impunément prêter son âme au mal ?





La Trilogie

« L'Âme du mal » est le premier volume d'une trilogie poursuivie par « In Tenebris » et « Maléfices ». Chaque livre peut se lire séparément... mais l'ensemble est bien plus sympathique dans l'ordre.


Les histoires
 
L'âme du mal

Le prologue est étonnant. J'ai cru que l'assassin s'en prenait à des enfants. Mais je n'étais pas très loin de la vérité, au final... sauf que les victimes sanguinolentes sont des femmes. Et l'on ne comprend ce premier chapitre qu'en lisant les derniers. C'est angoissant, follement attirant et monstrueusement bien pensé !
Un jeune inspecteur se trouve affublé d'une enquête assez flippante, cumulant bien sûr, plusieurs crimes. Il se concentre sur le tueur, ses motivations, ce qui est normal pour un profiler... et il se voit contraint d'user de son arme. Jusque là, un roman policier un peu gore. Sauf que nous avons là, les quatre premiers chapitres du livre. Uniquement !

La suite est enivrante. Les chapitres se suivent, changeant d'axe, donnant les points de vue des différents protagonistes : l'inspecteur, le médecin légiste, le spécialiste en analyse bio... et même les victimes ! Et on s'enfonce lentement dans l'horreur. L'auteur nous plonge dans l'univers glauque des tueurs en série en nous donnant les détails morbides des scènes de crime, le déroulé quasi complet des autopsies et, les confrontations avec des sujets fort peu recommandables.

On se surprend à vouloir dire à cet inspecteur : attention !

Mais attention à quoi ? Car, le suspens et la trame sont si bien ficelés que rien ne laisse prévoir le déroulement de cette histoire. Ce n'est qu'au 63° chapitre que tout s'éclaire. « Mais bien sûr », me suis-je dit... il en restait seulement une dizaine.

Il y avait fort longtemps que je n'avais pas lu un policier aussi bien fait. Le sujet est assez classique, voire devenu à la mode depuis les séries télévisées, mais l'intérêt se joue ailleurs. Dans le rythme insufflé, dans les détails croustillants et surtout dans les nombreux points de vue.

Toutefois, j'ai un petit reproche, ce sont les quelques redites qui apparaissent au fil du livre. Elles servent peut-être pour les personnes qui posent le bouquin pendant quelques jours ? Mais, cela n'entache pas ce roman, il reste très bon.

J'ai par contre apprécié la référence à Dante... et sa descente aux enfers.

Article réalisé début 2010

 In Ténébris

Il s'est écoulé un an avant que je ne replonge dans la lecture de cette série. Je me l'étais promis... et une amie vient de me prêter la Trilogie.

Composé sur la même base, on retrouve un prologue qui présente un peu le sujet qui sera abordé dans le livre et surtout donne un sentiment de noirceur dès les premiers mots. Puis, quelques années plus tard, l'histoire de Brolin, notre héros, démarre enfin.

J'ai pu retrouver avec plaisir l'inspecteur Brolin. Enfin, il n'est plus inspecteur ! ce qui peut se comprendre à la suite des événements survenus dans le premier opus — mais chut, comme toujours, je ne dévoilerai pas la trame de l'histoire. Ce serait réellement dommage — Dans ce deuxième livre, donc, notre héros est devenu privé. Il enquête sur des disparitions. C'est de toute façon son point fort, et il a les mains un peu moins liées. Un bon point ? J’avoue que le fait de pouvoir le déplacer dans l'espace au lieu de le cantonner à une seule région est assez intéressant... De plus, la ville où se déroule cette nouvelle série de crime est assez extraordinaire, et il aurait été difficile de muter simplement le personnage, d'autant que la base des relations qu'il noue n'aurait pas été crédible. Donc, ce changement est un réel bon point et amène une grande saveur à l'histoire.

Nous rencontrons, outre les victimes, de nouveaux personnages. Notamment Annabel. Black, esseulée, troublante, flic. Quelques mots jetés ici pour donner une petite idée de cette femme, personnage que j'ai trouvé particulièrement bien construit, avec ses angoisses, ses sourires rares et donc appréciables, son amour de la lecture. Elle devient le deuxième personnage du livre, partageant les chapitres avec Brolin et c'est franchement agréable.

Cette bascule permet d'avancer dans l'histoire avec plusieurs niveaux de vision, d'apprendre des éléments de l'enquête avant certains personnages..., et donc de vibrer pour eux. C'est bien pensé, bien construit, mais j'avoue que j'ai préféré le premier opus qui m'a un peu plus dérouté. 

L'intrigue est ici un peu moins passionnante, comme si elle venait en deuxième position, derrière l'étude psychologique des deux protagonistes principaux. Les petits détails que nous laisse l'auteur sont aussi plus faciles, et j'avais trouvé le criminel assez tôt. Cela reste un très bon livre, juste un peu moins croustillant que son prédécesseur...

Un chapitre m'a paru très long, c'est la descente aux « enfers » de Joshua. Autant j'ai bien aimé le jeu de mots sur le nom de ce lieu, autant le moment où notre héros descend dans les antres de la terre, longe de longs couloirs noirs... m'a semblé franchement inutile. Cela n'évoque pas, en tout cas pour moi, la descente du héros dans les abîmes de ses pensées... Un chapitre pour meubler ? Le suivant nous apprend, ou nous confirme la véritable raison des meurtres, il aurait largement suffi, je crois.

Mais l'ensemble est cohérent et l'histoire se lit rapidement, avec cette envie de terminer le livre, de savoir ce qu'il adviendra de nos deux héros...

 Maléfices

Quelques mois se sont écoulés... quelques heures, pour moi, puisque j'ai lu les tomes 2 et 3 dans la foulée.

Comme dans chaque opus, le prologue est déroutant et semble au départ n'avoir rien à voir avec l'histoire qui débute. Au départ... parce que ce petit prologue déjà bien effrayant prend toute sa force au fil des pages, des mots, de la montée progressive de l'intrigue, de l'horreur.

Ici, Brolin et Annabel se retrouvent face à un tueur particulièrement vicieux, mais qui aime la propreté, au point de ne laisser aucun indice, aucune trace exploitable. Pas de sang. Pas de piste à suivre. Et des victimes plus légères que des plumes, imberbes...

L'auteur nous touche en tuant, dès le départ un proche de Joshua. Cela donne encore plus de poids à cette histoire puisqu'il est touché dans son entité, dans son monde. De surcroît, l'affaire se déroule à Portland. Chez lui. Et la venue d'Annabel n'est qu'une petite surprise organisée par son ami de toujours : Larry.

Le couple d'inspecteur-privé fonctionne à merveille. Celui de Joshua-Annabel tarde à se mettre en place. Leurs désirs sont bloqués par des réserves et des vécus atroces. C'est très bien fait, car les voir se sauter dessus dès les premières pages aurait cassé l'histoire. Là, on sent leur attirance, mais elle reste mâtinée de ces absents... qui peuplent leurs souvenirs, leurs cœurs. J'ai beaucoup aimé cette façon de faire, c'est très crédible.

L'ambiance générale de ce tome m'a bien plu. J’ai été moins touchée que dans l'âme du mal, mais surtout parce que je commence à connaître les habitudes d'auteur de Maxime Chattam. J'ai compris assez rapidement qui était l'auteur des meurtres, mais il était amusant de voir les personnages de l'histoire avancer en tâtonnant. Ma déduction s'est vue troublée par un rebondissement, mais bien vite confirmée, et, ça, c'est très fort.

Bref, ce troisième opus confirme mon sentiment général : j'aime cet auteur.

Le style

Le style est agréable et l'ensemble a un goût de revenez-y indéniable... Les mots sont crus. Posés avec talent. L'auteur mêle des descriptions techniques assez poussées à une romance moderne sympathique. Il axe sur les sentiments des personnages, révélant leurs pensées, leur âme ! C'est fort, puissant, envoûtant. Un vrai bon thriller. Certes, comme je le disais, il y a des redites, mais peu de longueurs et le rythme est soutenu.

Dans le deuxième livre, le style est beaucoup plus affirmé, plus doux aussi. On sent que l'auteur maîtrise son personnage, mais du coup, il délaisse un peu le reste de l'histoire qui perd ce petit côté piquant que j'avais tant apprécié. À moins que je ne sois moins touché par le sujet ?

Les personnages justement sont construits, complets, éloquents. Maxime Chattam s'attarde sur des détails de leur vie, donne des descriptions physiques et morales, explique leur comportement par une narration riche et pourtant simple. Je pense que je reconnaîtrais Annabel si je la croisais... Brolin aussi. Et j'aime beaucoup Larry et son ventre de beignets.

Le temps est assez réduit dans chaque livre, et il se passe 18 moins entre le premier et deuxième, puis seulement 6 mois entre les deux dernières histoires.  



Au final

J'ai adoré le premier tome. Pour le suspens qui monte de chapitre en chapitre. Pour, s'il fallait en choisir un, le chapitre où l'on ne sait pas qui est la victime... Pour le rythme. Bref un très bon thriller...

J'ai bien aimé le deuxième. Pour le personnage d'Annabel, et le plaisir de retrouver Joshua.  

Et j'ai beaucoup apprécié le troisième livre, moins sanglant, mais tout aussi effrayant. 

7 commentaires :

  1. je le note même s'il a l'air glauque^^

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  2. J'avais bien aimé ce livre. Et, plus encore, le 3ème tome de cette trilogie ;)

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  3. @ zorane : Il est effectivement glauque... mais c'est un bon thriller.

    @ Erato : je n'ai pas encore lu al suite... mais je sais qu'elle est encore mieux, ce que tu confirmes.

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  4. J'ai beaucoup aimé cette trilogie, d'autant plus pour le premier (et le 3e) puisqu'il se passe à Portland et ses environs et que je connais pour y être allée voir de la famille ! Depuis, je trouve que je n'ai pas retrouvé chez Chattam ce qui m'avait plu dans ces 3 livres.

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  5. j'ai adoré cette trilogie, je ne retrouve pas ce plaisir dans ses autres romans

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  6. Tout comme pom' , j'ai adoré cette trilogie (surtout in tenebris) et j'ai eu du mal à retrouver ce plaisir dans ses autres romans, sauf avec La Promesse des Ténèbres (dans lequel on retrouve Annabel)

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  7. @ Fankie, Pom' et Ptiterolle : Beaucoup de monde semble donner la même réponse. Ces trois livres seraient apparemment ses meilleurs ? A voir, je vais tout de même tenter de lire Autre-monde.

    Je ne connais pas la promesse des ténèbres ? mais si on retrouve Annabel... cela peut-être intéressant.

    biz

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