Oscar et la Dame rose de Eric-Emmanuel Schmitt

« Elle aussi, ça la chatouillait de pleurer. Elle hésitait. L'ancienne catcheuse empêchait l'ancienne fille de se laisser aller. C'était joli à voir et ça m'a distrait un peu. »
Eric-emmanuel Shmitt (P 37)

L'auteur

Eric-Emmanuel Schmitt est né en France en 1960.

Normalien, agrégé de philosophie, docteur, Eric-Emmanuel Schmitt s'est d'abord fait connaître au théâtre. 


En quelques années, il est devenu un des auteurs francophones les plus lus et les plus représentés au monde. Ses livres sont traduits en 43 langues et plus de 50 pays jouent régulièrement ses pièces.


Le résumé officiel

Voici les lettres adressées à dieu par un enfant de dix ans.

Elles ont été retrouvées par Mamie Rose, la « dame rose » qui vient lui rendre visite à l'hôpital pour enfants. Elles décrivent douze jours de la vie d'Oscar, douze jours pleins de personnages drpoles et émouvants.

Ces douze jours seront peut-être les douze derniers. Mais grâce à Mamie rose qui noue avec Oscar un très fort lien d'amour, ces douze jours deviendront légende.

Editions Albin Michel (2002) – 100 pages – ISBN 9782226194121

Le film

Eric-Emmanuel Schmitt vient de réaliser l'adaptation de son roman au cinéma avec Michèle Laroque dans le rôle de la Dame rose.



Je n'ai pas vu ce film, ayant énormément hésité à sa sortie. Je ne pense pas le faire, le livre m'ayant beaucoup touché, j'ai peur d'être déçue par la mise en image. Toutefois, le fait que ce soit l'auteur qui l'ait réalisé, me fait vraiment douter. 

L'histoire

Un enfant de dix ans qui écrit, avec son cœur, avec ses peines, ses envies, à un Dieu auquel il en croit pas vraiment. Pas plus qu'au Père noël.

Chaque jour, sous forme d'une lettre, nous fait avancer dans le cursus particulier des derniers jours d'Oscar. Avec tout ce que peut comporter comme émotions, une vie qui se termine, chez un enfant qui a compris, et ose même le dire. Ici l'auteur ne traite pas du travail de deuil et de ces phases différentes : choc et déni, colère, troc ou marchandage, dépression puis acceptation (Pour plus d'informations, je vous conseille les livres de Elisabeth Kübler-Ross). Il semblerait que Oscar soit déjà passé par là, puisqu'il ne transige pas avec Dieu, il lui raconte juste ses journées et oublie même de lui demander son vœu quotidien. Ce qui donne à ce livre beaucoup de fraicheur malgré le sujet abordé. 

Nous suivons donc ses confidences, comme un cadeau intime, ses questionnements aussi, d'une force et d'une richesse déroutante. L'auteur a su conserver les mots, les expressions d'un gosse, dans une situation où il aurait été aisé de poser des mots d'adulte ! Et cela donne tant de poids, tant d'âme à ce court roman.

La Dame rose, avec ces mots crus, et sa présence, va aider ce petit bout d'homme dans sa dernière ligne droite. Sans lui mentir, sans lui cacher l'horrible vérité, contrairement aux autres, elle saura gagner son cœur, et obtiendra de lui, en réponse ce que les autres ont simplement peur de donner, de l'amour.

Les parents, ici, ne sont pas à blâmer, même si Oscar ne les comprends pas. L'auteur a su avec une grande délicatesse transmettre une idée de ce que leur douleur, leur solitude, leurs troubles pouvait être, face à une situation aussi cruelle.

Le style

Ce tout petit livre épistolaire, avec un seul auteur pour pratiquement toutes les lettres, et surtout un seul destinataire, nous emmène dans les pensées d'un enfant. Les mots sont simples, les phrases courtes, racontant les journées, les douze journées d'une fin d'année, d'une fin de vie.

Pas de longues descriptions. Pas d'action rocambolesque. Juste des souvenirs immédiats, d'une affolante candeur, avec pourtant toute une panoplie de sentiments.

Le temps est court, et chaque lettre raconte une unique journée. Pas de passé. Pas d'espoir réel d'un avenir que Oscar sait impossible. Une vie au jour le jour, avec des êtres si vivants dans cet univers douloureusement réel.

Les personnages, essentiellement des enfants malades, sont touchants, et décrits par quelques mots; leurs pathologies présentées par des phrases d'une simplicité déroutante, tel la jolie Peggy blue... souffrant de la maladie du sang bleu, Pop corn, enfant brûlé... qui souffre affreusement. Tout cela est tellement vrai, tellement bien dépeint ! Sans oublier l'adorable catcheuse, Dame rose.

Au final

De l'émotion à l'état pur ! Ce livre m'a fait sourire, par les réflexions d'Oscar, et m'a serré le cœur, à la fin. Je n'ai retenu mes larmes que parce que Oscar avait accepté son sort, et réglé tout ce qu'il avait a régler.

Un très beau livre à lire, à relire. 

2 commentaires :

  1. Un livre magnifique et tellement touchant !
    Ce petit Oscar m'a fait rire et pleurer.
    Très très beau livre.

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  2. Très beau livre, oui. Je n'ai pas pleuré, peut-être parce que ce n'est qu'un livre et que j'ai rencontré d'autres réalités... qui elles m'ont tiré des larmes. Mais l'émotion était là.

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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