les Passagers de la pluie de Claire Jeannerod Chastan

"Ce temps béni où les champignons poussaient chaque automne, où l'épaisseur des pelures d'oignons annonçait un hiver rude, où les pluies d'avril remplissaient les sources, où le soleil d'été brûlait pour mûrir le blé. Les rivières débordaient tous les cents ans, une génération sur trois pouvait s'en souvenir."
C. Jeannerod Chastan (p51)

 Je remercie les éditions Baudelaire ainsi que le site Livr@ddict pour ce très beau livre, offert en partenariat.


L'auteur


Claire Jeannerod Chastan est née en 1966 en France.

Je n'ai pas obtenu plus d'informations sur cette talentueuse auteure. J'éditerai si j'en trouve...







Le résumé officiel

« David ouvrit la porte et l’odeur le saisit, comme la veille au bord du gué ce relent de poudre à canon et de silex battu. Une lumière hésitante d’aube noyée se levait sur la campagne brune et grise. La rivière hors de son lit avait rejoint les eaux ruisselantes, les eaux jaillissantes, les eaux dormantes et stagnantes, pour ne former plus qu’un immense lac sur lequel flottait la maison comme une île. De la terre gorgée sous les montagnes assommées de pluie, des ravins sonores et de leurs sources renaissantes, des arbres froids inondés jusqu’à mi-tronc, montaient par milliers des petits bruits de goutte à goutte, de ventouses, de succion, de baisers mouillés. L’air saturé d’eau contenait la menace des pluies prochaines, à peine retenues pour un semblant de répit matinal. David resta figé devant ce spectacle, frissonnant sur le seuil au paillasson mouillé. Puis il entendit, à des voix derrière la porte, à des bruits de vaisselle et de chaises déplacées, que du monde s’était levé et s’activait dans la cuisine. »

Edition Beaudelaire - mai 2010 -170 pages -  ISBN : 9782355084836

L'histoire

L'auteur nous présente, tout d'abord, Béatrice. Jeune femme un peu isolée dans une famille unie, et qui n,'a pas su, ou voulu trouver sa place... Elle reste la bru, la pièce rapporté et supporte de moins en moins les grande effusions familiales, où toute la belle smala se ravi d'une nouvelle voiture, d'une réussite scolaire, d'un rien. Mais, le temps d'un été, sa vie va doucement devenir un peu moins âpre, un peu plus jolie...

Puis, Claire J-C nous entraine dans la vision de Diane. La très jeune Diane, fille de Béatrice. Et là, l'histoire s'éclaire sous un nouveau jour. Nous ne revoyons pas vraiment les même évènements, seulement une partie, ceux vus et compris par l'enfant. Ceux aussi vécu pendant l'absence de Béatrice...

La suite. Oh, ne comptez pas sur moi pour vous la raconter, car c'est bluffant, déroutant, et drôlement bien pensé. Je vous dirais juste que Béatrice n'est qu'une des protagoniste des cette histoire. Et qu'une des grandes héroïnes est une rivière... Que lorsque l'on commence à comprendre, tout s'emmêle à nouveau. 

J'ai beaucoup aimé ce livre, dévoré en deux soirées. Le ton donné, entre souvenirs d'un temps effacé par la modernité, notions de respects bafoués et pourtant grandement utile, esprit de conservation démesuré...

L'oncle m'a ému. Colline est divine d'amour et de recul. Une femme à qui l'on voudrait ressembler, un peu comme dans la chanson : "Quelqu'un de bien" mais sans les strass, car je doute qu'elle tienne à rencontrer es stars. Dans la pléiade de personnages, qui ont tous d'ailleurs un rôle essentiel, je retiendrai encore Peter, l'anglais, qui tente de garder la tête hors de l'eau, de ne pas se noyer sous ses sentiments, où de crouler comme sa pauvre épouse et leur tendre fille. Ce passage est très touchant. J'étais au bord des larmes.

Car ce livre est aussi une rencontre avec plusieurs protagonistes, ayant chacun un rôle précis dans leur quasi naufrage... et l'auteur les dépeint avec chaleur, tendresse. Elle montre toutefois les erreurs de chacun, mais sans vraiment acculer ces hommes et ces femmes. Elle narre, joliment, les comportements dans une situation assez sordide. L'humain démontre son réel caractère dans l'adversité. Ici, quelques surprises vous attendent, ou pas. J'avoue que j'imaginais assez bien certaines réaction, notamment la fuite en moto. Mais chut... je vous laisse découvrir.

Le style

C'est une très belle écriture que nous offre Claire Jeannerod Chastan. Douce, mais efficace. De belles phrases, structurées. des descriptions claires et simples, sans surcharge. Juste ce qu'il faut. peu d'action, mais ce n'est guère le but du livre. Toutefois la narration des événements est assez vive, sans lourdeurs. Des paragraphes courts, et des chapitres de quelques pages, axés sur des personnages différents dans ce que j'appellerai la troisième partie, mais suivant les pensées de Béatrice et Diane dans les deux premières. Un brin d'humour, enfin, qui donne à ce livre la fausse illusion de traiter à la légère un sujet délicat. C'est très bien fait.

Les personnages sont bien dépeints, en fonctions des caractères utiles au déroulement de cette aventure. Ils sont peu détaillés mais suffisamment pour comprendre leur réaction. Béatrice est bien sûr le personnage le plus approfondi, puisqu'elle commence l'histoire. Elle donne le ton... 

Le temps s'écoule rapidement au départ, un été, puis se ralenti sur les évènements principaux, et se résume à une bonne semaine. Pas de retours en arrière, quelques vagues souvenirs. Pourtant ce que nous découvrons au présent s'avére être déjà du passé... mais lisez, vous comprendrez. 

Au final.

Un très beau livre, très poétique tout en traitant un sujet assez grave. A lire.

Je suis ravie d'avoir découvert cette auteure, grâce aux éditions Baudelaire et au site Livr@ddict.




0 commentaires :

Enregistrer un commentaire

Merci de laisser des commentaires constructifs, afin que nous puissions échanger sur les lectures présentées.

Les commentaires anonymes ne seront pas publiés.

Bonne journée, merci de vos petits mots, Biz, nanet.

 

Les mots d'un autre

Les mots d'un autre
"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

Ma liste de blogs

Pour me contacter

Nom

E-mail *

Message *

Membres

Articles les plus lus (7 derniers jours)