American Psycho de Bret Easton Ellis

"Il s'interrompt, reprend ses esprits et déclare, le regard fixé sur un clochard, au coin de la Deuxième et de la Cinquième : C'est le vingt-quatrième que je vois aujourd' hui. Je les ai comptés. Puis, sans détourner le regard : Pourquoi portes-tu ton blazer en laine bleu marine avec un pantalon gris ?"
(P13)


L'auteur

Bret Easton Ellis est né à Los Angeles, Californie en 1964.

Il a écrit son premier roman ('Moins que zéro')  très jeune, alors qu'il est étudiant au Bennigton College. Ce livre lancera sa carrière en attirant l'attention des médias... mais le succès le quittera bien vite. 

Amricans psycho est d'entrée très controversé, puisqu'il a failli ne jamais être publié, suite à un mouvement féministe (1990)... Adulé par certains, honni par d'autres, Bret Easton Ellis demeure une figure majeure de la provocation et de la transgression dans le monde de la littérature américaine.


La plupart de ces œuvres ont été adaptées pour le cinéma, comme 'American Psycho' en 2000.

Résumé Officiel

Patrick Bateman, 26 ans, flamboyant goldenboy de Wall Street, fréquente les endroits où il faut se montrer, sniffe quotidiennement sa ligne de coke, et surtout ne se pose aucune question. Parfait yuppie des années quatre-vingt, le jour il consomme. Mais la nuit, métamorphosé en serial killer, il tue, viole, égorge, tronçonne, décapite. Portrait lucide et froid d'une Amérique autosatisfaite où l'argent, la corruption et la violence règnent en maîtres, American Psycho, qui fit scandale lors de sa parution aux Etats-Unis, est aujourd'hui un best-seller mondial.

Le film


Film réalisé par Mary Harron, sorti en 2000 avec Avec Christian Bale, Willem Dafoe, Jared Leto...

L'histoire

Que dire ? Je pourrais me conter de trois petits mots : déroutant, étonnant et choquant. Mais cela ne ferait pas vraiment un article. J’aurais pu aussi ne pas faire de chronique et classer ce livre dans les déceptions, mais… mais il y a du bon dans ces pages et si je ne suis pas convaincue par l’ensemble, quelques passages ont su retenir mon attention, le faire sourire, ou encore frémir. Je comprends à présent pourquoi ce roman a suscité autant de polémiques.

American psycho nous conte donc la vie durant une année environ Patrick Bateman, jeune homme de 26 ans - bientôt 27-  beau, riche et intelligent… « C’est un brave garçon sans histoire » répétera souvent Evelyn sa petite amie (P31 & …). Il fréquente les restaurants les plus chics, où il est impossible d'obtenir une réservation si l’on n’est pas quelqu'un, va dans les boîtes branchées et sniffe de temps en temps une ligne de coke. Autre particularité, il aime les fringues (les longues descriptions sont aisément évitables lors d’une lecture en diagonale) et les objets Hi-tech… (Même réflexion). Bref, un véritable yuppie !
Son monde est superficiel, peuplé de yuppies comme lui qui parlent lors de soirée dans de restau chics et chers (important, ça, on a même le prix des repas !) de leurs tenues, et de la meilleure façon d’assortir des chaussettes avec un pantalon. Véridique ! J’ai un peu halluciné, en me disant que l’auteur avait surtout ressui à vendre ça de la chick-lit avant l’heure... J’ai noté toutefois le bon gout de l’auteur-héros qui nous cite Phil Collins (P185), U2 (je n’ai pas noté la page ^^) et bien d’autres groupes et chanteurs en vogue dans les années 80.
Sauf que Patrick n’est pas que ce jeune homme sans histoire. Le soir venu, après les sorties « amicales », il pose la jolie panoplie de gentil garçon et devient le vrai Patrick : il tue, décapite, égorge, viole, et summum du genre, filme avec sa caméra dernier cri… pour bien comprendre ses victimes ! Sa haine des pauvres (il ne supporte pas que ce gens ne travaillent pas !), des étrangers, des homosexuels (joli scène avec Luis, amoureux transi de notre Héros) et des femmes est illimitée. Lui qui dans la journée défend la veuve et l’orphelin, critiquant ses amis lorsqu’ils se lâchent et sortent quelques réflexions homophobes ou sexistes perd toute humanité…Il se libère de tous les bien fondés. Il ne sait plus ressentir, il ne sait plus s'apitoyer, s'attendrir; ne sait plus jouir sans faire souffrir !
Et pourtant, il garde un peu d’humour. Noir. Très noir… au décours d’une conversation hurlée dans les boite de nuit, il commande une boisson et glisse à la « mignonette » qu’il va la décapiter ! Elle n’entend pas, ne s’offusque donc pas, mais c’est bien là, réel et incroyable. Et c’est ce qui pour moi sauve en partie ce bouquin, ces petites touches d’humour… noir.
Parce que tous le reste, les scènes macabres, les découpages détaillés après viols minutieusement décrits, m’a choqué et fait tourner rapidement les pages.
Toutefois, j’ai lu jusqu’au bout (parfois en diagonale, j'avoue), pour savoir où voulait nous mener l’auteur, et sous la montée de violence et de folie, j’ai trouvé un homme blessé, que personne n’écoute, que tous confondent. La société dans laquelle il vit est ainsi faite. Et même son avocat refusera de croire son histoire… Alors Patrick n’a plus d’autre choix que de continuer son rituel : gentil jeune homme fringuant le jour et psychopathe la nuit. C’est « SANS ISSUE ». (p527)

Le style

Le roman est écrit à la première personne et nous sommes donc sensé entrer dans la tête de Patrick Bateman. Pas moi, en tout cas… au fil de l’histoire, après les longues descriptions déjà citée de ce que je qualifierai de première partie du livre, viennent les premières hallucinations et quelques passages sont un peu incohérents, comme s’il manquait des paragraphes. On sent la folie du personnage principal, on sent l’envie de l’auteur de nous faire toucher du doigt cette évidente opposition entre les journées de réussite et les nuit s de débauche. Certains ont même mis en exergue une analyse de la société américaine… j’avoue que je ne suis pas satisfaite de cette idée et je me demande à présent, si le héros ne rêve pas plus qu’il ne vit les scènes de meurtre ? Certes le passage chez le blanchisseur Chinois laisse planer le doute !  

En tout cas, l’auteur ne fait pas d’analyse du personnage, ni dans la psychologie de base. Il se contente de montrer (avec moult détails).

Les personnages ne sont pas vraiment attachants, il y en énormément, et ils se ressemblent tous… ce qui est d’ailleurs un des points marquant et volontaire du livre. Les personnages deviennent anonymes et se confondent entre eux.

Le temps est linéaire, et l’auteur donne quelques repères sur la saison en début de quelques chapitres, ou de la journée lorsqu’il décrit des évènements plus proches dans le temps (surtout dans la première partie du livre)

An final



Je l’ai lu, je ne suis pas du tout convaincue. Seul l’humour noir me fait éviter de mettre un Bof !




Livre lu dans le cadre d'une Lc sur livr@ddict avec :  Jana, Lisalor, Pitivier, Petitepom,Voz', Jwpack

14 commentaires :

  1. Ce livre m'avait mise en pétard et m'a trop choquée, à la fin je me demandais pourquoi je me faisais subir cette torture et j'ai commencé à zapper les scènes meurtrières... Mais bizarrement, malgré tout, je me suis dit que je lirai tous ses livres parce qu'il est quand même très intelligent ce Bret ! En ce moment je lis Lunar Park, et c'est mon livre de réconciliation avec cet auteur !

    En fait, tout ce qu'on n'a pas aimé dans American Psycho, eh bien Bret l'a détesté encore plus et il le confie dans Lunar Park... Je le recommande jusque là (je suis à 37% du livre).

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  2. Bravo, je n'ai pas pu le terminer. Pourtant j'ai l'impression d'être passée à côté de quelque chose.

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  3. Je crois que je vais l'éviter :D

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  4. @ Hajar, je ne sais pas encore si je tenterai autre chose de cet auteur. Son style dans ce livre l'a vraiment dérouté, trop cru, trop direct et pourtant trop riche de descriptions. Mais, je note Luna Parc... On ne sait jamais !

    Biz

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  5. @ Laure : Merci. Je tente toujours de finir les livres, mais j'ai bien failli le poser ! Passer à côté de quelques chose, je ne sais pas, je ne pense pas, il y a tant de livres... ils ne peuvent pas tous nous plaire, et nous n'aurons de tt façon pas le temps de tous les lire ! alors autant se faire plaisir.

    Biz

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  6. @ Belledenuit : j'aurais peut-être du aussi ^^

    Biz

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  7. Coucou ma petite Grenouille !

    Comment ça va sur blogger ? ça se passe bien ?

    Je viens de lire le petit message que tu m'avais laissé et j'avoue que tu as réussi à me faire bugguer car au début je ne comprenais pas du tout ce que tu voulais dire...

    Enfin Voilou
    En tout cas j'avoue ne pas être autobiographie non plus : je reste une grande amatrice de fantasy et de fantastique ^.^

    Enfin voila, en tout cas le récit : Première Décennie : Survivre est un récit vrai, plein de ressenti.

    Voilou !

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  8. j'ai abandonné très vite

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  9. @ Kitsune : bien mieux que sur Sky ^^

    Biz

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  10. @ Pom' : il parait que l'on aime ou que l'on déteste... je ne suis pas sure d'aimer ^^ mais je ne déteste pas ! encore une fois, je ne suis pas dans la "norme".

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  11. Je ne dirais pas que j'ai aimé ce roman, mais je l'ai malgré tout lu attentivement. Malgré les scènes très choquantes, je ne pouvais pas m'empêcher de continuer la lecture, ne serait ce que pour voir si finalement il y aurait une "justice".

    Ce qui est sur est qu'il ne peut en aucun cas laisser indifférent.

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  12. Je crois que nous avons eu le même "espoir"...

    Biz

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  13. À une époque (avant la sortie du film) j'avais très envie de le lire mais voir le film m'a suffi ! Du coup, sachant de quoi il retourne, je ne pense pas qu'il fera un jour partie de ma wish-list !

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  14. @ Frankie : je n'ai pas vu le film, et je ne pense pas le faire. Quand au livre, je l'ai souvent vu avec des échos parfois bons, parfois au contraire très négatifs. Je voulais me faire une idée...

    Biz

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