Nouvelles Orientales de Marguerite Yourcenar




L'auteure

Marguerite Yourcenar, Marguerite Antoinette Jeanne Marie Ghislaine Cleenewerck de Crayencour  est née en 1903 à Bruxelles et est décédée en 1987 dans l'État du Maine (États-Unis).

Ecrivain français d'origine Belge, elle a pourtant été naturalisée américaine. Première femme à intégrer l'Académie française en 1980, Marguerite Yourcenar est une grande femme de la littérature francophone, auteur de romans biographiques et historiques majeurs.

Auteure de romans et de nouvelles « humanistes », ainsi que de récits autobiographiques. Elle fut aussi poète, traductrice, essayiste et critique.


Résumé Officiel

Orientales, toutes les créatures de Marguerite Youcenar le sont à leur manière, subtilement. L'Hadrein des Mémoires se veut le plus grec des empereurs, comme Zénon, dans la quête de son Oeuvre au Noir, paraît souvent instruit d'autres sagesses que celles de l'Occident. L'auteur elle-même, cheminant à travers Le Labyrinthe du Monde, poursuit une grande méditation sur le devenir des hommes qui rejoint la pensée bouddhiste. 
Avec ces Nouvelles, écrites au cours des dix années qui ont précédé la guerre, la tentation de l'Orient est clairement avouée dans le décor, dans le style, dans l'esprit des textes. De la Chine à la Grèce, des Balkans au Japon, ces contes accompagnent le voyageur comme autant de clés pour une seule musique, venue d'ailleurs. Les surprenants sortilèges du peintre Wang-Fô, " qui aimait l'image des choses et non les choses elles-mêmes ", font écho à l'amertume du vieux Cornelius Berg, " touchant les objets qu'il ne peignait plus ". Marko Kralievitch, le Serbe sans peur qui sait trompait les Turcs et la mort aussi bien que les femmes, est frère du prince Genghi, sorti d'un roman japonais du XIe siècle, par l'égoïsme du séducteur aveugle à la passion vraie, comme l'amour sublime de sacrifice de la déesse Kâli, " nénphar de la perfection ", à qui ses malheurs apprendront enfin l'inanité du désir... 
Légendes saisies en vol, fables ou apologues, ces Nouvelles Orientales forment un édifice à part dans œuvre de Marguerite Yourcenar, précieux comme une chapelle dans un vaste palais. Le réel s'y fait changeant, le rêve et le mythe y parlent un langage à chaque fois nouveau, et si le désir, la passion y brûlent souvent d'une ardeur brutale, presque inattendue, c'est peut-être qu'ils trouvent dans l'admirable économie de ces brefs récits le contraste idéal et nécessaire à leur soudain flamboiement.
  Texte de Matthieu Galey.

Les nouvelles


Les Nouvelles orientales sont la réunion de dix nouvelles de Marguerite Yourcenar : publiées d'abord séparément, elles ont été retravaillées avant de constituer un recueil. L'adjectif « orientales » se justifie par le fait que l'auteur s'est inspiré des fonds culturels méditerranéen ou extrême-oriental.
  • « Comment Wang-Fô fut sauvé » ;
  • « Le Sourire de Marko » ;
  • « Le Lait de la mort » ;
  • « Le dernier amour du prince Genghi » ;
  • « L'Homme qui a aimé les Néréides » ;
  • « Notre-Dame-des-Hirondelles » ;
  • « La Veuve Aphrodissia » ;
  • « Kâli décapitée » ;
  • « La Fin de Marko Kraliévitch » ;
  • « La Tristesse de Cornélius Berg ».
Les Histoires

Dix nouvelles, donc, composent ce petit recueil. Dix nouvelles orientales, inspirées de fables et légendes venant de ces pays avec une exception pour une histoire se déroulant à Amsterdam... Certes, beaucoup dirons que l'on à déjà vu ce genre de réécriture, que l'auteur n'invente pas grand chose et se contente de poser sa plume sur des récits existant. Mais personnellement, j'ai trouvé cela très sympathique, très frais, ou au contraire parfois assez sombre et cru. Bien sûr j'ai préféré certaines nouvelles à d'autre, c'est d'ailleurs ce qui fait le charme de ce genre de petits bouquins... on peut adorer certaines histoires et passer à côté d'autres ! Cela ne veut pas dire qu'elle soient moins bonnes, ou moins bien traité. Cela veut juste dire qu'en ce moment, je n'adhère pas à ces textes, que mes sentiments, mes idéaux ne sont pas touchés par ces mots. 

Celle que je préfère parmi les dix est la première :  Comment Wang-Fô fut sauvé. 

Le vieux peintre Wang Fo est condamné à mort par un empereur ne supportant pas de le voir créer un monde imaginaire, plus beau que l'univers réel. Cependant Wang Fo réussit à s'évader sur la mer de jade que son pinceau vient de créer... 

Ce texte est d'une grande poésie mais touche quelques fondements humains. Cet homme "qui aimait l'image des choses et non les choses elles-mêmes" travers la chine avec un acolyte (ruiné par et pour lui, ayant même perdu sa douce épouse qui a préféré se suicider que d'entraver la passion de son mari) portant ses peintures. Les deux hommes voyagent en quête de beautés à peindre, de couleurs nouvelles, de formes splendides... jusqu'à ce que le prince les fasse quérir et ordonne la mort du peintre car il ne supporte pas le décalage entre la beauté du monde reproduit par le maître et l'horrible réalité du monde réel. Il a cherché en vain les décors majestueux que le peintre à posé sur ces  toiles et comme tout bon empereur qui se respecte, à décidé que s'il en pouvait pas voir ces paysages majestueux, le peintre lui même ne le pourrait plus ! La fin est encore plus belle que le reste, Wang-Fô se met à peindre et son tableau devient sa seule réalité.

J'ai trouvé dans les autres nouvelles des passages magnifiques, mais aucune ne m'a touché comme celle-ci. Je reteindrai tout de même l'histoire des deux vieux hommes se mourant : Le dernier amour du prince Genghi et La Tristesse de Cornélius Berg. Le paradoxe entre ces deux histoires est frappant et pousse à la réflexion. Ils ont vécu, voyagé, aimé, et se retrouvent à la fin de leur vie à faire un bilan. L'un a choisi un exil pour ne pas devenir un paria dont tous se moqueraient, puisqu'il n'accepte pas de ne plus être beau et fort, l'autre se noie dans une tristesse morbide, 'méditant mélancoliquement' à propos de sa mort. Ce texte est le seul que l'on ne puisse réellement rattacher à l'orient, sauf par les pérégrinations du héros (Marguerite Yourcenar l'avoue elle même dans le post-cristum)

Je n'ai par contre pas été conquise par Kâli décapitée, que j'ai relu, ayant la sensation d'être passée à côté de quelque chose. Cette histoire est pourtant pleine de sens, mais je la trouve moins touchante que les autres. Je n'ai pas eu pitié de cette déesse déchue et son histoire ne m'a rien évoquée personnellement. Si j'arrive à concevoir que la cruauté est une manifestation de la détresse, je ne la cautionne pas et l'auteure n'a pas su me convaincre dans cet écrit.

Pour revenir sur l'ensemble, ces nouvelles sont assez sombres, et portent souvent sur la mort. On voit des scènes macabres, des hommes s'adonnant à des actes de violence... et au milieu de ces textes une petite chapelle construite au pied d'une montagne, face à une grotte est le paroxysme de ces actes barbares.   Notre-Dame-des-Hirondelles m'a touché par la "méchanceté" dont fait preuve l'homme d'église, croyant naïvement que son Dieu est unique. J'ai trouvé dans cette histoire trop de présent, trop de redondance avec les manques d'ouverture de beaucoup de nos concitoyens. Et c'est ce qui me fait dire que mal gré leur écriture en 1938, ces textes sont d'une actualité effarante ! Ils sont porteur d'un supplément d'humanité que j'aimerai tant retrouver de nos jours.

Le style

Les mots de Marguerite Yourcenar m'ont emporté par leur beauté, leur simplicité et la belle manière sont elle a tourné ses phrases. C'est doux tout en abordant des thème forts. la mort d'une mère est écrite avec une grande clairvoyance, et les mots sont justes, sans tomber dans de faux sentiments. Cela donne encore plus de poids à cette histoire. 

Tout est décrit depuis l'extérieur, et le passé composé rend ces histoire lointaines de nous, comme des souvenirs... 

Les personnages, nombreux, sont plus ou moins attachants suivant l'intérêt accordé à l'histoire en cours. J'ai trouvé la Veuve Aphrodissia bien racontée, et j'ai espéré pour la Dame-du-village-des-fleurs-qui-tombent, dernière compagne du prince Genghi... 

Au final


Une très belle découverte !

Je pense lire un de ces jours les Mémoires d'Hadrien, œuvre majeure de cette auteure.



Livre lu dans le cadre du challenge 26 livres- 26 auteurs


7 commentaires :

accrocdeslivres a dit…

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Et encore bonne journée à tous !

Accrocdeslivres

Frankie a dit…

Je ne suis pas très fan de nouvelles donc ce recueil ne m'attire pas vraiment. J'ai dû lire les mémoires d'Hadrien il y a bien longtemps et j'ai un très vague souvenir que j'avais bien aimé ! ^^

Anasthassia =) a dit…

J'aime les histoires orientales, je note :)

nanet a dit…

@ Frankie : j'aime bien les nouvelles, surtout au boulot, cela me permet de poser le livre plusieurs jours sans regrets.

Pour les Mémoires d'Hadrien, je ne l'ai pas encore cherché, j'ai pleins de bouquins dans ma PAL... mai si je dois lire autre chose d'elle ce sera ce livre (et puis cela fait un Y parfait pour les challenges ^^)

nanet a dit…

@ Anasthassia, ces nouvelles sont orientales parce qu'elles se passent en Asie, Grèce... Inde. Avec des Déesses, des nymphes, c'est assez proche de la littérature fantastique, pour certaines.

Biz

Oasis de lettres a dit…

Je partage le même avis que toi sur ce recueil de nouvelles, et "Comment Wang-Fô fut sauvé" est également celle que j'ai préféré. Elle est pleine de poésie et très agréable à lire!
En revanche, d'autres nouvelles sont plus macabres, ce qui fait que j'ai moins accroché.
Bref, j'espère relire cette auteure car j'ai beaucoup apprécié sa plume !

nanet a dit…

Merci, c'est un recueil qui permet d'aborder pas mal de sentiments humains, mais c'est vrai que cette première nouvelle est la plus touchante à mon gout.

Biz

 

Les mots d'un autre

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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