La Mallorée de David Eddings

" - Leurs Majestés ont eu une petite explication, répondit plaisamment Velvet en réponse au coup d'œil perplexe de Belgarath. Le roi Belgarion de Riva a gratifié l'empereur d'une démonstration flamboyante du pouvoir inhérent à la grande épée. L'empereur a été très impressionné. Comme tous ceux qui étaient dans les parages à ce moment-là.
- Tu as encore fait le mariolle ? lança Belgarath en foudroyant son petit-fils du regard. 
Garion ouvrit la bouche, chercha un instant quoi répondre et la referma.."
(P90 T3)


Les auteurs

Cette série de livres a été écrite par l'auteur ET son épouse. Souvent, on ne retient que son nom à lui. Il ne faut pas oublier qu'ils ont co-écrit...

David Eddings est né en 1931 aux Sates et est décédé en 2009.

Il a écrit de nombreux romans célèbres de Fantasy, dans le sous-genre de la High fantasy.

Sa femme Leigh Eddings (Judith Leigh Schall) est considérée comme la co-auteure non créditée de nombre de ses romans, et est reconnue comme telle dans ses œuvres les plus récentes.

Résumé officiel

Les gardiens du Ponant.

Voici venus les temps où les peuples respirent. Torak est mort, le dieu-dragon, l'Enfant des Ténèbres, et la menace cosmique paraît conjurée. Tout est calme en tout lieu dans les royaumes du Ponant. Pourtant la Prophétie des Ténèbres est bien gravée dans les mémoires : une parole, ça ne peut pas mourir. Et le vieux Gorim, dans sa grotte, entend gémir et gronder la terre : une pierre maléfique s'est réveillée à l'autre bout du monde. Le culte de l'Ours aurait-il encore, contre toute attente, des adeptes secrets ? Çà et là, on complote, on assassine, on repère les enfants marqués par le destin. Déjà la guerre s'allume dans les Etats du Sud. Puis, une nuit, la Voix parle à Garion. Qu'est-ce que le Sardion, la pierre tombée du ciel dont le nom fait frémir les Ulgos ? Où est " l'Endroit qui n'est plus " ? Faut-il combattre encore les Ténèbres vaincues ? Bien, les Gardiens du Ponant vont reprendre du service... Quand le champion du mal perd la partie, les épopées prennent fin. La Belgarlade s'est terminée avec la mort de Torak. Oui, mais s'il venait à ressusciter ? 

A cette question répond la Mallorée, deuxième volet d'un cycle immense qui est sans doute appelé à devenir la plus belle décalogie de toute l'histoire de la fantasy.

La série

Comme pour la première série, la Belgariade, David et Leigh se sont vu dans "l'obligation" de découper leur histoire en cinq livres.

1 - Les gardiens du ponant (lu - 2010)
2 - Le roi des Murgos (lu - 2010)
3 - Le démon majeur de Karanda (lu - 2011)
4 - La sorcière de Darshiva (lu - juillet 2012)
5 - La sybille de Kell (lu-juin 2013)

Mon avis

Cette série faisant suite à La Belgariade que j'ai adorée, je me suis empressée de l'acheter, et je prends un grand plaisir à la lire, à temps perdu.  Mais je n'avais pas pris la peine de réaliser les articles correspondants à ces livres... Voici ce petit détail corrigé.

Dans la Belgariade, le point fort sont les personnages : Garion, Belgarath, Silk... Retrouver dans La Mallorée ces personnages que j'avais su apprécier fait partie de ce plaisir, mais je dois avouer un fait rare, cette saga est, à mon goût encore meilleure que la première !

La narration est extérieure, et nous suivons essentiellement Garion dans des pérégrinations. Il ne cherche pas le Graal, il court après son fiston... accompagné de son grand-père (oui, 7000 ans pas 10000...) et de ses fidèles amis, destinés à jouer un rôle précis. L'écriture est riche, soutenue sans tomber dans des lourdeurs pompeuses, pleine d'humour dans les répliques et les dialogues, et un peu parfois dans le comique de situation. Les descriptions sont divines sans être longues et chargées. Elles permettent de souffler et de passer d'un passage de l'histoire à l'autre. Elles servent de pont, de séparation...

Dès les premiers chapitres de la Mallorée, on a la sensation de plonger dans une aventure bien plus sombre que dans la Belgariade. Ici les méchants ne se contentent pas de trucider de pauvres innocents se trouvant au mauvais endroit... ils vont devenir actif ! Et ce point est le véritable moteur de cette nouvelle épopée.

Le premier tome montre tous nos héros baladés au travers du Ponant, derrière un roi de Riva puissamment armé. Garion a grandi. Il est moins naïf, mais reste très susceptible (adorable) et ses répliques prennent un peu plus de piquant. Leur quête contre le culte de L'Ours, abordé là aussi dès la saga de la Belgariade, est tout simplement brillamment détaillée par l'auteur, et les derniers passages du livre laissent la sensation d'avoir sauté à pieds joints avec les héros dans le piège tendu ! Car ce premier tome se veut le point de virage, le lien entre les deux épopées et surtout une base pour l'histoire à venir. On apprend ainsi que l'histoire se répète...  On pourrait craindre que l'auteur narre à nouveau les mêmes combats, les mêmes périples. Que nenni ! L'histoire se répète effectivement, mais pas la narration. Les héros vont devoir suivre la Prophétie, affronter donc pratiquement les mêmes événements sauf qu'ils ont changé, vieilli et que cette maturité - Belgarath et Polgara n'étant pas vraiment concerné - apporte d'autres réactions, d'autres enjeux et surtout êtres accompagnés d'autres personnes !

Les personnages récurrents sont toujours aussi charmants et les nouveaux arrivés (parfois des personnages présents dans la Belgariade mais dans des rôles mineurs) prennent toute leur ampleur. David Eddings sacrifie pourtant quelques uns de ses héros pour établir une nouvelle équipe. Cela ne perd pas en grâce, bien au contraire (Velvet est un amour avec ses yeux de biche) et les chamailleries verbales que j'avais adoré sont ici remaniées, et encore plus pertinentes.

Dans le tome quatre, les anciens font de petites incursions, et j'ai vraiment apprécié retrouver Barak, Relg... et leurs idées pour contrer la Prophétie qui les tient éloignée de Garion est amusante, comme souvent avec cet auteur. Les caractères mis en exergue dans la première saga sont réutilisés, magnifiés et donnent quelques pages magiques.

Certes, le seul défaut que j'avais déjà souligné reste : les personnages parcourent d'immenses distances au travers des contrées toutes différentes. Le brio des auteurs compense ce point faible en amenant à chaque étape une petite aventure, une historiette... entre amours, intrigue politique ou commerciale, chacun des protagonistes prend un peu de place et obtient ses quelques pages de gloire. C'est encore ici le véritable atout de cette saga : des personnages complexes à souhait et magnifiés par des rôles complets, subtils et déroutants.

Dans le deuxième opus, la quête prend toute la place et l'on devine où les auteurs veulent nous entraîner. La prophétie de la première saga s'efface et laisse place à une autre prévision, bien plus sombre, bien plus macabre. Torak, le Dieu, est mort et tous ses anciens acolytes se battent pour prendre sa place, et devenir le plus puissant en Mallorée. Leur guérilla de pouvoir a des retombées bien macabres, et ils vont jusqu'à incanter et faire revenir des êtres pas très sympathiques : des démons (plus présents dans le tome trois) Mais sous couvert de cette façade, l'histoire de Garion et de ses amis prend une autre tournure bien plus personnelle.

Et les auteurs de nous balader entre l'histoire globale du monde où ils gravitent et celle toute intime de deux parents qui ont vu leur fils kidnappé. C'est à nouveau troublant, et j'ai haï l'auteur tout autant que j'ai
aimé cette intrigue passionnante (et révoltante) avec une drôle de prophétesse Cyradis qui joue un jeu aussi barbare qu'épuisant pour les nerfs. Elle ne peut et ne veut choisir entre le "bien" et le "mal" et équilibre sans cesse la balance, donnant à chaque partie des astuces ou des coups de main pour qu'ils arrivent au bon endroit au bon moment, et en même temps ! D Eddings joue avec nos émotions, et lorsque la situation devient tendu, pose une petite sentence amusante, afin de dérider nos zygomatiques...

Le tome trois est encore plus sombre, avec les démons que je viens d'évoquer. Notre groupe se perd aussi en conjecture face à un empereur esseulé et en proie à des envies de compagnie... qu'ils vont devoir sauver, guider puis abandonner à son tour à son triste sort. Quelques passages d'action donnent un peu de relief à une histoire qui tendrait à devenir un peu placide, car très axés sur la politique. Sans oublier l'humour encore et toujours présent...

Le quatrième tome permet de comprendre la Prophétie, même si l'on ne sait pas encore où se déroulera le combat final. Chacun des membres de l'équipée (douze personnes) est là par la volonté de Cyradis, la sibylle de Kell et l'on commence à comprendre le rôle qu'il tiendra... peut-être, car avec Eddigns, les évidences sont souvent trompeuses. La Sorcière de Darshiva, nulle autre que Karandas, l'enfant des ténèbres, montre aussi sa force, sa détermination et continue à mener notre petit monde derrière elle.

Les personnages sont de véritables petits chefs-d'œuvres. Complexes, participatifs et ayant des caractères affinés au fil des pages, ils deviennent comme des amis que l'on retrouve à chaque nouvel épisode. Sadi, Velvet et Toth complètent à merveille l'équipe existant depuis la Belgariade : Belgarath, Polgara et son mari Durnik, Silk, Essaion et la belle Ce'Nedra. Je ne pourrais dire lequel m'amuse le plus... même si j'ai trouvé dans ce tome qu'Essaion était un peu délaissé par l'auteur au détriment de Silk et Velvet. 

Le temps est linéaire et compté, surtout vers la fin du tome trois où l'on apprend enfin quand devra avoir lieu la fameuse rencontre... alors que le tome quatre se déroule sur moins longtemps.

La sybille de Kell - juin 2013

Ou l'art de terminer une saga, une épopée et de donner des petites nouvelles sur l'avenir des héros encore en vie...

Ce tome, le dernier de cette fabuleuse aventure, se veut déconcertant et troublant. J'ai eu une sorte de boule dans la gorge, en lisant les tous derniers chapitres, reculant l'instant fatidique où je refermerai le livre, et ainsi la saga. Car, ce livre termine l’ensemble. Il répond à toutes les petites questions restées en suspens durant les 9 tomes (5 de la Belgariade et 4 de la Mallorée).

Alors certes, il n'y a pas de grandes révélations, pas de mystérieux retournement de situation et ce qui se déroule ici est l’achèvement, le terme, la conclusion, le point final. C'est amusant de donner tous ces synonymes ! Ils ont pourtant tous une petite différence : L'achèvement, pour la quête de Garion et Ce'Nedra accompagnés par leur petit groupe d'amis. Le terme, pour la fin de la saga, terminée. la conclusion, car l'auteur nous offre toutes les informations que nous aurions voulu connaître sur l'après, le devenir... et enfin, le point final, car il en fallait un, de point, il est ici agrémenté d'un petit mot de l'auteur.

Dans cet opus, on retrouve des personnages un peu laissé de côté par l'auteur, au cours des précédents épisodes : des personnages de la Belgariade. Comme je l'ai dis ci-dessus, c'est le dernier, et il fallait que les nouvelles soient données.

Alors, bien sûr, je en dévoilerai rien de l'intrigue, de l'épopée et de son déroulement, dans ce livre. Ce serait dommage. On peut reprocher le même manichéisme que dans les autres tomes. On peut reprocher des facilités, dues à l'usage de magie. Et tant d'autres choses... mais, ce qui est sûr, c'est que l'on ne peut pas reprocher le manque d'humour, les trouvailles comiques, les jeux de mots ! Bref, pour ma part, c'est un vrai régal et je suis triste que ce tome soit le dernier !

Au final 


Une saga brillante, que je lis avec un véritable plaisir et que je vous conseille si vous aimez la Très bonne fantasy Epique.




Le tome trois a été lu dans le cadre du Challenge 26 livres-26 auteurs, du ABC challenge Fantasy ainsi que du challenge D Eddings.
Le tome 5 a été lu dans le cadre du challenge ABC 2013

Le tome quatre a été lu dans le cadre des challenges ABC 2012 et ABC de l'imaginaire 2012

9 commentaires :

  1. Je les aime tous ces personnages!! C'est une série géniale!!

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  2. C'est vrai qu'ils sont super adorable. Biz

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  3. Bonsoir,

    Le Hangar est une communauté littéraire et artistique qui a pour but de réunir des lecteurs, des amateurs d'art et des artistes à travers les différents articles postés sur le site où se mêlent critiques littéraires, cinématographiques, musicales mais aussi - et surtout ! - vos créations : des poèmes, des nouvelles, mais aussi des séries de photos, des peintures, ou des articles où vous souhaitez partager ce que vous faites.
    Nous organisons également des concours littéraires et artistiques avec des lots à la clé. En somme, Le Hangar est une véritable plateforme de partage et de découvertes dans laquelle nous souhaitons vous compter parmi nous. Venez nous visiter, http://le-hangar.com

    Cordialement,

    Hazel du Hangar.

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  4. Quelle vile tentatrice tu fais ... pas bien ça ! ^_^

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  5. @ Vero : hummmm craque, craque. La Belgaride et la Mallorée.... sont de purs joyaux dans l'univers fatasy.

    Biz

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  6. Désolée de venir lire ta participation seulement maintenant... Je vais ajouter de ce pas le liens vers ton article sur la page du challenge. Mais j'ai remarquer que je ne savais pas quel rang tu avais choisit. Vu ta lecture j'imagine que c'est le Belgarion (rang 2) ?

    Merci encore d'avoir participer.

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    1. Je ne me souviens plus des niveaux, j'avais noté qsue je n'avais qu'un seul livre à lire pour ton challenge ! Mais, je ne sais plus...

      Biz

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  7. La Belgariade, c'est un beau souvenir, je l'ai lu quand j'avais 17 ans, et j'ai découvert aussi le seigneur des anneaux à cette période ... j'ai toujours ces livres dans ma biblio avec une place de choix ! Lire ta chronique bien étayée m'a donné envie de les ressortir "de derrière les fagots" pour m'y replonger... En espèrant avoir le même ressenti quelques ( beaucoup) années plus tard ! Bises Nanet !

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    1. J'adore cet auteur, son univers, et surtout cet humour génial dont il parsèmes ses aventures. J'espère que tu retrouvera le même plaisir, quelques (^^) années après.

      Biz

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