Déjà l'automne de Astrid Eliard

"Sur la table, une tasse de café tournoyait entre les doigts de Michel. Comme un démiurge désœuvré, il se distrayait d'une tempête lilliputienne qui se déployait dans un cylindre de Porcelaine."
(P64)
Ce livre m'a été offert  lors de l'opération masse critique par le site Babelio que je remercie pour ce partenariat.

L'auteur


Astrid Eliard est née en 1981

Journaliste notamment pour le Figaro Littéraire, son premier recueil de nouvelles, Nuits de Noces, est sorti, aux éditions du Mercure de France, en 2010.




Résumé officiel

Eva et Michel forment un couple sans histoire. Mariés depuis 20 ans, lui est chirurgien plastique, elle tient parfaitement son rôle d'épouse. Ils ont été invités par un patient de Michel, Edgar Homme, un acteur célèbre. Mais rien ne se passe comme prévu : c'est le 31 juillet, il tombe des trombes d'eau, Eva grelotte dans sa jolie robe de soie trop légère… Michel et Eva pensaient être accueillis dans une sublime villa pour un week-end de rêve… ils se retrouvent dans une vieille maison inconfortable, à peine aménagée, au fond des bois. Edgar Homme les reçoit en pantoufles, sa femme reste invisible… Eva a d'étranges pressentiments. D'autant qu'elle traverse une période difficile : à quarante ans, elle se pose des questions sur son couple et sur sa vie. Plus jeune, elle rêvait d'être comédienne. La présence d'Edgar et l'atmosphère étrange des lieux la troublent. Comme la Belle au bois dormant, Eva semble se réveiller d'un long sommeil…. 
L'histoire

Le résumé raconte quasiment tout le livre... et c'est bien dommage ! j'espérais que ce ne soit qu'un détail, qu'un point de départ. Non, tout est dit...

Ce petit livre (162 pages) raconte la vie d'Eva aujourd'hui, le 31 juillet et il y a vingts ans. Les chapitres s'enchainent et on se retrouve un coup dans le passé, un coup dans le présent. Au début j'ai cru que l'auteure nous ferait basculer dans un marivaudage mais bien vite, c'est une crise identitaire qui se dessine sur les traces d'un passé quasiment oublié et refoulé. Eva a quarante ans. De sa vie actuelle on ne sait pas grand chose, si ce n'est qu'elle est l'épouse d'un chirurgien plasticien et qu'elle est "fragile". On se demande ce qui a pu lui arriver... elle va nous le raconter, au fil des souvenirs qui vont l'assaillir.

Vingts ans. Elle était ronde, belle, pulpeuse, et rousse de surcroit. elle jouait au théâtre où elle passait son temps à se dévêtir pour le plus grand bonheur de son metteur en scène. (Jean-louis/Edgar) Elle devait jouer le rôle de Irina Nikolaïevna Arkadina - une actrice dans la pièce de Tchekhov, la mouette. Mais, la vie lui fit prendre un autre route et jamais elle n'interpréta ce rôle. A la place, elle épousa Michel...

Ainsi, lorsque Edgar l'Homme les invite dans sa maisonnée de campagne, elle s'y rend avec réticence.. Elle sait qui il est.  Le passé qu'elle a si longuement enterré ressurgit et emporte avec lui sa raison. Edgar lui intime l'ordre de jouer et comme si la vie ne tenait qu'à un fil, ressort la mouette et lui demande cette fois de se placer dans le rôle de Nina, qui avoue qu'elle ne sera jamais comédienne.C'est joliment fait par l'auteur qui mêle son histoire à cele de la pièce de théâtre et se seert des répliques.

Mais, je n'ai pas du tout accroché à l'ensemble. J'ai lu ce livre comme on lit un article, sans y apporter plus d'intérêt et le posant régulièrement. Sans le partenariat, je doute même que je l'aurais terminé, tant je ne me suis pas sentie concerné par le sujet, les personnages, ou l'histoire.

Le style

L'auteur est la narratrice et nous montre les points de vus de ses personnages principaux, Michel, Eva et Edgar. elle fait intervenir aussi un dame âgée, Mimona mais qui sert surtout de décors... d'âme de la maison.

Le style est fin, travaillé, avec de belles phrases biens tournées mais qui sont posées un peu au hasard des pages, alors que l'histoire ne les justifie pas, que le rythme continue, lentement. J'ai trouvé quelques belles  citations, mais qui se noient bien vite et disparaissent dans le flot. Les descriptions sont assez détaillées sans longueurs, et Astrid Eliard utilise une grande gamme de couleur, d'odeur, de sensations dans son écriture. Ses métaphores sont très poétiques et elle utilise parfois des assonances sans en abuser.

Les personnages sont crayonnés. On rencontre Edgar, acteur revêche qui n'a invité ce couple que parce qu'il a reconnu la femme dont il était amoureux vingt ans plus tôt. Michel, chirurgien plasticien qui montre sa femme comme on montre un trophée. Et Eva que la vie a asséché. Elle n'a pas eu d'enfant, elle n'a pas été actrice comme elle le rêvait. Elle n'a rien réalisé... Ces êtres ne m'ont pas ému. Ils ont vécu leur petite histoire, leur WK à la campagne et je n'ai été qu'un témoin même pas voyeur. Pourtant, l'auteure leur a donné une identité. Une nature.

Le temps jongle entre présent et passé, sans changement de temps dans la narration, ce qui n'est guère gênant et donne du pep's aux scènes.


Au final 


Un livre d'une grande richesse au point de vu du style mais qui ne m'a pas emballé... 

4 commentaires :

  1. Ca m'énerve les 'e qui dévoilent tout ... plus ça va et moins je les lis mais je me fais encore avoir quelquefois !

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  2. Je ne les lis que rarement, aussi. Mais pour les partes, c'est pratiquement le seul moyen de connaitre le sujet du livre (sauf les livres plus anciens) et du coup, j'ai été "frustrée" de ne rien avoir à découvrir dans l'histoire.

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  3. Assez d'accord avec toi. Un joli style, mais un sujet pas assez creusé.

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