Le cycle de Fondation de Isaac Asimov

"Tout au long de l'histoire, les usurpateurs ont toujours sacrifié le bien-être de leurs sujets à ce qu'ils appellent l'honneur, la gloire, la conquête. Mais ce sont, en définitive, les petites choses qui comptent dans la vie, et Asper Argo (roi de Korell) ne pourra résister à la crise économique qui, dans deux ou trois ans, va ravager Korell."
(P398)


L'auteur

Isaac Asimov est né en 1920 à Petrovitchi (aujourd'hui en Russie) et est décédé en 1992 à New York. Il a été naturalisé américain en 1928.

Surtout connu pour ses œuvres de science-fiction et ses livres de vulgarisation scientifique... cet homme détenant  un doctorat en biochimie a aussi exercé comme professeur à l’université de Boston. Sans être un pacifiste convaincu, il refusa de participer aux essais de la bombe atomique en 1946.

Résumé officiel

En ce début de treizième millénaire, l'Empire n'a jamais été aussi puissant, aussi étendu à travers toute la Galaxie. C'est dans sa capitale, Trantor, que l'éminent savant Hari Seldon invente la psychohistoire, une science nouvelle permettant de prédire l'avenir. Grâce à elle, Seldon prévoit l'effondrement de l'Empire d'ici cinq siècles, suivi d'une ère de ténèbres de trente mille ans. Réduire cette période à mille ans est peut-être possible, à condition de mener à terme son projet : la Fondation, chargée de rassembler toutes les connaissances humaines. Une entreprise visionnaire qui rencontre de nombreux et puissants détracteurs... .

La série

A l'origine, ce cycle se composait de huit nouvelles qui ont été assemblées pour faire une trilogie (tomes 3 à 5). Le cycle se compose au final de 7 livres que l'ont peut classer ainsi (L'ordre chronologique du cycle de Fondation n'étant pas le même que celui d'écriture...)
  1. Prélude à Fondation
  2. L'Aube de Fondation
  3. Fondation
  4. Fondation et Empire
  5. Seconde Fondation
  6. Fondation foudroyée
  7. Terre et Fondation 
Les deux premiers romans décrivent la genèse de la Fondation et peuvent être considérés à part des cinq suivants qui sont l'histoire de la Fondation à proprement parler. Enfin, les tomes 6 et 7 ont été écrit 30 ans après la trilogie...

L'histoire

Fondation

L’histoire de ce livre est celle d’une planète, Terminus, en l’an 30 000… rien que ça. Les hommes ont donc conquis l’espace et un empire unique gouverne tous les mondes existants. Tout irait bien si la décadence et la fin de cet univers n’avait été annoncée par un homme : Harry Seldon. Ce psychohistorien a prédit rien de moins que la chute de l’empire et la mort de toutes les connaissances tant physique et ce pendant trente millénaires. La solution pour échapper à ce gouffre serait de créer une sorte d’encyclopédie universelle qui recueillerait le savoir des hommes et surtout de protéger ce savoir par un petit nombre d’hommes, presque isolés. Même à ce prix, la déchéance arriverait, mais durerait mille ans.

Seldon envoie donc une quantité de savants et leurs familles sur Trantor pour y créer Fondation… masquant réellement leur destiné sous le prétexte de collecter le savoir et d’écrire la fameuse encyclopédie. Leur véritable but sera d’appliquer son plan de sauvetage, en évitant les écueils que les autres planètes ne manqueront pas de glisser dans l’avenir.

Mais qu’est-ce donc que la psychohistoire ? Et comment Seldon a-t-il pu prévoir l’avenir aussi précisément sur un millénaire ?

La psychohistoire est une science basée sur la loi des grands nombres et le calcul des probabilités qui permet de « prévoir l'avenir », ou, plus exactement, de calculer les probabilités de différents avenirs. Le fondement de la psychohistoire repose sur la théorie de la physique quantique et statistique : le comportement de chaque particule est imprévisible (statistique), cependant le comportement de l’ensemble (milliards de particules) répond aux lois de la physique et est parfaitement prévisible. (sources : canard-cosmique et Wikipédia)

La psychohistoire est censée ne fonctionner que sur des populations qui ne sont pas (trop) informées, dans le détail, de ses conclusions. Du coup, les habitants de Trantor vont vivre tranquillement pendant 50 ans sans savoir que l’encyclopédie n’est qu’une grande mascarade ! Ils ne le comprendront que lors de la première crise Seldon...

Le scénario global du livre est assez simple, on suit tout d’abord la chute de l’empire, puis se suivent au cours des 5 parties l’émergence de personnalité intéressantes qui vont chacune leur tour permettre à la Fondation de rester dans l’optique dessinée par Seldon.

J’avoue que ce livre m’a emporté et je l’ai  lu en très peu de temps, désirant connaitre la fin de cette aventure humaine. Les personnages sont très charismatiques et l’auteur donne à chacun des rôles précis, avec une envergure de plus en plus imposante. Ainsi, Salvor Hardin est vraiment passionnant. Il ressent dès les prémices de la crise, la nécessité de rompre avec l’encyclopédie et surtout avec l’empire… puis lorsque trente ans plus tard, arrive la deuxième crise, il impose la suprématie de la Fondation par un acte pacifiste incroyable…

Mallow, vers la fin du livre est aussi très attirant. Cet homme à l’opposé de Hardin alors qu'il cite ses principaux aphorismes, jouera avec le pouvoir mais au final parviendra à maintenir Fondation dans l’axe voulu par Seldon !
Et c’est là un des points clé du livre : Seldon a-t-il vraiment prévu tout cela ? Ou bien ces hommes ont-ils justifiés leurs actes en se basant sur cette idée ?

Quelques petits détails m’ont semblé tout d’abord incohérents, mais le fait que ce livre soit avant tout le remodelage de nouvelles l’explique. L’intrigue s’en trouve parfois un peu vite résolue… mais l’ensemble narrant 150 ans, dans le premier livre, ces raccourcis sont compréhensibles et n’entachent pas la qualité de l’histoire.

L'auteur évoque dans ce livre une autre planète de l'autre côté de la galaxie, berceau elle aussi d'une nouvelle Fondation. Seldon a envoyé non pas un groupe de scientifique mais deux, afin de donner plus de chances à ces hommes de sauver la galaxie...


Le style

La narration du ce premier tome est extérieure, et suite le personnage principal de chaque partie (le livre se déroulant sur 150 ans...), le héros si l'on peut dire. C'est l'homme qui "gouvernera" Terminus et permettra aux prédictions de Seldon d'exister, bref de maintenir Fondation et de passer au travers des crises.

L'histoire ne se déroule pas uniquement sur Terminus, mais nous voyageons dans l'espace et sur d'autres planètes. Au final, ce livre comporte peu de descriptions de l'univers, des objets futuristes. Tout est évoqué et laissé à notre imagination. C'est du grand art ! Et c'est surtout complétement intemporel, et même à ce jour. Totalement futuriste. Si l'auteur avait décrit les objets, ils pourraient nous sembler dépassés (le livre a été écrit en 1950, et notre évolution notamment en micro-informatique n'était guère imaginable alors) Du coup, cela semble moderne, et l'empire en déroute apparait comme vieillissant ainsi que les mondes de la périphérie... Fondation restant le bastion de l'évolution.

Le livre est découpé en 5 parties distinctes reliées entre elles par un fil conducteur : l'encyclopédia galactica qui précise en début de chaque épisode les évènements passés ou des lieux. Cela se lit sans encombre et l'on glisse d'une époque à une autre, en sachant pertinemment où 'on se trouve dans le temps. Les évènements relatés sont ceux qui concerne les crises Seldon, le reste n'est donc pas évoqué.


Les personages principaux sont attachants, d'une intelligence rare et un tantinet manipulateurs. Aucun des hommes de ce livre n'est psychohistorien (sauf Seldon que nous rencontrons rapidement dans la première partie), même si Hardin à des bases de phsychologie mais cela ne les empêchera pas de croire en Seldon et d'avancer dans ses pas. Leur charisme les mènera au pouvoir et leurs aventures sont digne des romans d'aventure que j'affectionne, avec des intrigues bien posée et un suspens fort agréable. Les retournement de situation sont fabuleux.

Quant au style lui même, c'est doux et très bien écrit. L'auteur n'use pas de néologisme mis à part pshycohistoire, mais réutilise quelques citations comme par exemple : "La violence est le dernier refuge de l'incompétence" qu'il fait citer à plusieurs de ses personnages.

Au final 

Voilà un livre qui a su me transporter dans un autre univers. J'ai eu la sensation de lire une part de notre avenir, c'est troublant. Je poursuivrai la découverte de ce monde et de cet auteur...

C'est quasiment un coup de coeur, j'aurais aimé un tout petit peu plus d'action.


Livre lu dans le cadre du challenge Chefs d'œuvre de la SFFF 

16 commentaires :

LefsÖ a dit…

C'est malin... J'ai vraiment envie de relire toute la série maintenant ^^
Bonne lecture ;)

nanet a dit…

Désolée ^^ je regrette juste d'avoir tant tardé à le lire... il doit être dans ma PAL depuis plus d'un an, je le repoussais sans cesse.
Biz

laeti (histoires-de-livres) a dit…

Cette science inventée me branche bien! Du coup j'ai envie de lire ce livre!

Frankie a dit…

J'ai lu des Asimov dans ma tendre jeunesse mais jamais Fondation ! Ça m'a l'air très bien !

nanet a dit…

@ Laeti : C'est super comme bouquin ! frais, bien écrit, et cette approche de la SF me va bien...

nanet a dit…

@ Frankie : Tu as lu i-Robot ? c'est souvent ce qui est lu de cet auteur...

Frankie a dit…

En fait, je crois bien que je n'en ai jamais lu, je confonds avec Van Vogt ! Mais j'ai vu les films I Robot et L'homme bicentenaire.

nanet a dit…

Van Vogt ? je ne connais pas ! (ma connaissance de la SF laisse vraiment à désirer !)

BlackWolf a dit…

Ah le cycle Fondation d'Asimov, je me souviens l'avoir lu dans ma jeunesse et l'avoir trouvé excellent. Faudrait que je me refasse une lecture de ce cycle.

nanet a dit…

à BlackWolf : je pense effectivement que c'est une série qui doit pouvoir se relire aisément. Je vais pour ma part continuer la découverte avec le tome 2 ...

Biz

Frankie a dit…

Van Vogt a écrit Le monde des non-A (A avec un trait dessus) et d'autres livres SF. Je lisais ça quand j'avais 20 ans.

nanet a dit…

@ Frankie : j'ai effectué une micro-recherche sur le sujet et le livres des non-a semble fort intéressant, alliant policier et SF ! arf, encore un livre qui me tente...

J'avoue que je suis assez inculte en SF ^^ et à vingt ans, je lisais essentiellement Balzac... ou des BD.

akashew a dit…

Voilà, mnt je vais devoir piquer toute la série à ma mère et tout lire ! XD !
Je ne sais pas si j'aurais le temps par contre. Ton avis est intéressant, je ne sais pas si j'aurais le même ^^.

nanet a dit…

@ akashew : C'est un premier tome plus qu'intéressant. J'espère qu'il te plaira...
Biz

Véro a dit…

Encore un qui est dans ma PAL...

Nathalie a dit…

J'ai moi aussi été transportée dans un autre univers ! Est-ce qu tu as poursuivi la série depuis lors ?

 

Les mots d'un autre

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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