Les reines pourpres de Jean-Louis Fetjaine



&




Éditeur : Pocket — Nb de pages : 343 - 352
Série : Les reines Pourpres 
Catégorie : Roman Historique


Jean-Louis Fetjaine, de son vrai nom Fetjens, est né en France en 1956

Auteur de romans de Fantasy, est également éditeur.

Je vous invite à découvrir une biographie un peu plus complète sur les autres articles de ce blog, consacrés à cet auteur : ici ou







À la mort du roi Clotaire, ses quatre fils héritent d'un pays affaibli par des guerres incessantes. Tantôt adversaires, tantôt frères contre leurs ennemis communs, les quatre rois écrivent l'épopée mérovingienne au fil de leurs conquêtes. Mais le véritable enjeu de cette aventure ne serait-il pas une histoire de femmes ? Esclave appelée à devenir courtisane, Frédégonde ne sait rien du destin qui l'attend, mais elle comprend vite que la magie des femmes est plus forte que toutes les religions et que toutes les armées. Jalousie, abus de pouvoir, soif de richesses et de gloire, Frédégonde mènera elle aussi une guerre sans merci... 





La série des reines pourpres comporte deux tomes :
  • Les voiles de Frédégondes [lu]
  • Les larmes de Brunehilde [lu]





Cet auteur étant un de mes préférés, je ne pouvais pas rester sans lire cette série, d'autant qu'elle mêle l'Histoire de ces reines si peu connue avec quelques pointes de cette magie que j'aime. 

Le premier tome, lu en 2011 entrait dans le challenge 26 livres-26 auteurs., le second entre dans mon ABC 2014



Après un court rappel des faits historiques précédent l'époque où se déroule l'histoire racontée dans le livre et fort utile, parce que personnellement, les rois Mérovingiens... j'avoue que je ne me souvenais plus vraiment qui était qui, l'auteur nous entraîne dans la vie de Frédégonde, reine « pourpre », troisième épouse de Chilpéric.

Ne froncez pas le bout du nez en tentant de vous souvenir, mon article sera aussi, pour vous, un (joli) petit récapitulatif !

carte venant du site cosmovision.com
Remontons un peu en 561. Clotaire, fils de Clovis, meurt et laisse son royaume (plus grand que la France actuelle) à ses quatre fils : Caribert (Paris), Gontran (Orléans), Sigebert (Metz) et Chilpéric (Soissons). Je vous ai mis une carte... c'est plus facile.

Ce principe de diviser le royaume entre les fils était un vrai casse-tête, et on comprend mieux pourquoi ces hommes devenaient fratricides. Dans cette histoire, Chilpéric obtient le plus petit royaume étant né d'une deuxième épouse. Ses frères le cantonnent au Nord et la part qui lui revient est bien maigre. Dans le livre, il le prend assez mal, ce que l'on conçoit, et tente d'usurper à ses frères le trésor de leur père. À plusieurs reprises, il se mettra dans des situations bancales, qui auraient pu entraîner sa mort, mais ses frères préfèrent le juger en place publique en réalisant un Mallberg (assemblée des Francs qui rendait la justice) Je suppose que le déshonneur ressenti devait suffire à le tenir au calme ? En tout cas, il en résultera une perte de territoire (encore) et surtout un déplacement de sa capitale de Soissons à Rouen. Par la suite, Chilpéric se liera à son frère Sigebert pour les expéditions armées que mène celui-ci dans l'Est. Frédégonde se servira de ses absences et de sa connaissance des lois catholique pour faire répudier la reine Audowère. C'est relaté avec brio, je vous laisse lire ce passage qui de prime abord semble inutile. 


En 566, Sigebert épouse Brunehaut, fille d’Athanagilde, roi des Wisigoths d’Espagne. Cette très belle femme lui donnera un fils : Childebert II... mais dans le livre que nous suivons, nous assistons uniquement au mariage, décrit finement, l'auteur continuant de nous présenter les ! us et coutumes de cette période. Ainsi, la mariée arrive sur un char, voilée de rouge. C'est franchement agréable d'apprendre tous ces petits trucs de notre passé.

En 567, Caribert meurt ce qui entraîne un remaniement des royaumes, et Chilpéric épouse Galswinthe, sœur de Brunehaut. Cette dernière sera assassinée sur ordre de Frédégonde, peu de temps après... Elle pourra ainsi épouser enfin Chilpéric et devenir la Reine Pourpre (ce nom vient de la cape que les reines portaient). Dans le livre, Frédégonde apparaît comme un peu naïve, détachée, alors qu'elle est une femme fatale qui a entraîné la mort autour d'elle.


Ce petit résumé donne un tout petit aperçu du livre. Car cette femme qui semble froide et calculatrice, au point de faire assassiner sa rivale puis le roi, et aussi une femme aimante et l'auteur a su la dépeindre avec des mots justes, nous faisant ressentir ses pensées, des sentiments, ses questionnements aussi. Il nous la présente telle qu'elle était, fille du peuple Franc qui a su gravir les échelons pour épouser un roi et devenir reine puis mère de roi — Clotaire II —, à son tour. 

Frédégonde
Lorsque nous la rencontrons au début du livre, elle n'est qu'une généta. Une enfant sans nom, promise par sa mère adoptive au cruel métier de prostitué. Elle croit en la magie de ces temps anciens, mariant les forces de la nature à des rites bizarres. Dans le livre, Jean-Louis Fetjaine nous raconte ainsi les mœurs de ce pays avant l'installation de la religion catholique. Les fêtes païennes étaient l'occasion de rites considérés de nos jours comme barbares, les femmes, les hommes dansaient, s'avinaient et copulaient gaiement sans que cela ne choque personne. Ainsi donc, dans ce livre, la jeune généta aurait dû se choisir un amant, du haut de ses treize ans. Elle prendra peur, toutefois, et on peut dire que c'est ce qui la sauvera ! ça et sa ceinture en peau de serpent... qui orne le fruit défendu. (oui, je sais, facile).

Considérée comme une très belle femme, elle tournera la tête à de nombreux hommes, et surtout son amant Chilpéric. Car oui, au-delà des meurtres, des questions politiques, l'auteur nous narrent aussi une histoire d'amour. Et c'est ce qui rend ce livre divin.

J'adore le style de cet auteur, qui sait marier joliment la grande et la petite histoire. Il nous trace un portrait de cette femme, Frénégonde, avec douceur. Il tente au travers cet écrit de comprendre l'époque et nous entraîne dans les rouages machiavéliques des rois-frères qui tentent de recomposer sous leur égide le royaume de leur père.
« Je ne sais ce que sera ta vie, mon pauvre petit. Nos ennemis sont si nombreux, si puissants, si triomphants alors que tu n'as plus rien, hormis le nom que tu portes et l'espoir de ta lignée. » (P250)
Les mots sont posés avec justesse, la romance est belle et un peu osée sans devenir graveleuse. Chaque terme ancestral utilisé est expliqué par une courte définition en bas de page... bref, le style est charmant et envoûtant, en plus d'être riche de sens.

Les chapitres sont assez courts, et marquent une action, une période. Ils sont entrecoupés d'une longue lettre que Frédégonde écrit à son dernier fils, Clotaire. On comprend au fil des pages que cette lettre est écrite bien après les évènements narrés au cours du premier tome... J'ai beaucoup aimé ces morceaux de lettres, écrits à la première personne, qui donnent à la reine un air grave et une sorte de conscience, alors que la narration, du reste, est extérieure et où la jeune femme semble plus distante, moins concerné par la réalité. Moins calculatrice aussi.



Les personnages sont des êtres historiques et l'auteur leur a donné une identité, un caractère. Sauf que personne ne peut nous relater ce qui s'est réellement passé dans la tête de ces hommes, de ces femmes. C'est d'autant plus intéressant. Jean-Louis Fetjaine se base sur les relevés de la vie de Frédégonde pour combler les trous et en faire une héroïne de livre... pourtant, cela reste une fiction.


Le premier tome s'arrête avec la mort de Glaswinthe... le second narre l'autre reine pourpre : Brunehaut (Brunehilde).


Le second tome m'a moins envoûté que le premier. Certes, j'y ai retrouvé cette richesse historique apportée par l'auteur, mais il m'a manqué le côté magique, les petits plus relatifs à l'histoire personnelle de Frédegonde

Ici, l'accent est mis sur les complots politiques et religieux, les guerres de pouvoirs, les combats sanglants et barbares, les quêtes de territoires. Les deux reines s’affrontent, l'une pour défendre sa sœur assassinée, l'autre pour glaner une position que sa naissance lui refuse. 

L’intérêt du livre s’émousse rapidement, lorsque l'on comprend que les pages vont se reproduire, que les chapitres seront de nouveaux conflits, et qu'au final, tout ce petit monde périra, soit d'un coup de scramasaxe soit de la peste. 

La montée de la religion, abordée en fil tendu tout au long du livre avec de nombreuses intrigues, apporte une connaissance intéressante. Ces hommes de Dieux étaient vraiment comparables aux politiciens de nos jours : faites ce que je dis, surtout pas ce que je fais... 

Enfin, les textes véritables cités dans le livre m'ont plu, et c'est l'une des raisons pour laquelle j'aime cet auteur, cette façon magique de lier l'Histoire, en présentant ses sources, à son roman, sa vulgarisation. 


Les mots pour : Histoire, narration, époque, style

Les mots contre : tome 2

Notation : 18/20 — 20 & 16




Tome 1 : J'ai tout simplement adoré ce livre... et je n'attendrais pas très longtemps avant de dévorer la suite. Cet auteur que j'aimais déjà beaucoup entre dans mes préférés.

Tome 2 : Beaucoup moins envoûtant que le premier tome, ce livre reste très agréable et amène un complément d'histoire sur une période peu connue. Brunehilde est toutefois moins touchante que Frédégonde... moins magique.




5 commentaires :

Belledenuit a dit…

De l'auteur je n'ai lu que la trilogie des elfes. J'avais eu un avis un peu mitigé. Ca me rappelait un peu trop par moment "Le seigneur des anneaux". Par contre, ce titre là me parle bien. J'adore l'histoire alors je note bien volontiers.

Walpurgis a dit…

Ca a l'a vraiment très intéressant ! Il faut vraiment que je lise d'autres Fetjaine !

nanet a dit…

@ Belledenuit : j'(ai découvert aussi cet auteur avec a trilogie des Elfes que j'avais bcp aimé. Les ressemblance avec le SDA sont vraiment minimes, et surtout liées aux Elfes...

Ce livre est bien plus historique, puisqu'il raconte la vie de Frédégonde mais de façon presque fictive, avec un très léger apport de magie.

Biz

nanet a dit…

@ Walpurgis : C'est à la fois intéressant et instructif ! je ne pouvais qu'aimer...

Biz

Véro a dit…

J'ai commencé la Trilogie des elfes mais n'ai pas aimé du tout ... Du coup, pas trop tentée !

 

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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