La Voleuse de livres de Markus Zusak

" Ces matins_là, dans la cuisine, papa faisait vivre l’accordéon. Cela me parait juste, quand on y pense.
Comment sait-on que  quelque chose est en vie ? 
On vérifie s'il respire."
(P48)


L'auteur

Markus Zusak est né à Sydney en 1975.

Ce jeune auteur a publié plusieurs livres avant d’atteindre le succès avec la Voleuse de livre (traduit dans 20 langues)




Résumé officiel

Quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l'écouter. Une histoire étrange et émouvante où il est question : d'une fillette ; des mots ; d'un accordéoniste ; d'Allemands fanatiques ; d'un boxeur juif ; de vols. 

Un extrait ?

Il suffit de cliquer...

Les livres voyageurs de Liyah

Ce livre m'a été prêté par une bloggeuse : Liyah. Je tiens à la remercier ici pour cette adorable découverte.

Elle a choisi de faire tourner chez les autres bloggueurs certains des livres qu'elle a aimé. Je vous invite à suivre le lien vers la page qui est consacrée à ces/ses livres, sur son blog.

L'histoire

L'introduction nous présente la narratrice : La mort. Et dès le début, nous savons que nous la rencontrerons tout au long de l'histoire, cette mort... De surcroît beaucoup de personnages meurent. Elle ne s'en cache pas, elle nous relate justement cette histoire parce qu'elle y est souvent intervenu. Cette histoire l'a touché, marqué, hanté.

Mais cette mort n'est pas "une mort terrifiante" avec sa faux (d'ailleurs elle aime bien cette description faite par les humains, mais si cela ne lui correspond pas) non, c'est plutôt une travailleuse infatigable, qui par moment, s'accorde de rares instants de répits, pour observer les gens, autour des âmes qu'elle vient quérir. Car c'est son travail, récupérer les âmes des morts pour les emmener vers un lieu qu'elle oubliera de nous relater. Elle parle de Dieu, est-ce auprès de lui ? l'auteur laisse là une part d'ombre, un mystère... C'est à côté de son intrigue, c'est une autre histoire. La mort, ici est simplement une actrice qui joue un rôle finalement sympathique, parfois avec douceur, parfois avec rapidité (et l'on sent qu'elle n'aime pas) parfois avec une sensation bizarre, surtout lorsque les âmes sont jeunes.

Comme elle croisera par trois fois Liesel, l'héroïne du ce livre, elle commencera à "s'attacher" à elle. Mais le flux des morts, surtout en temps de guerre ne lui laissera pas vraiment le temps de s'attarder... et c'est un autre livre, des mots, une histoire que l'enfant narrera elle même qui permettra à la mort de nous retracer les événements. De nous montrer un instant de vie. Quelques morceaux. Des morts, bien sûr. Des vies avant cet instant fatidique. Des bout de vie avec les sourires, les larmes...

J'ai plongé dans cette belle et douce histoire. Les mots m'ont emporté dans cette petite ville, avec Liesel, avec Max, avec cet accordéon que j'aurais aimé entendre, malgré "ses fausses notes". J'ai été émue et j'ai trouvé les relations posées par l'auteur drôlement touchantes. Les juifs, les allemands, nos, vous. Cette histoire est la notre, celle de notre passé et qu'il est bon de lire que ces hommes dans ces temps là ont aussi su cacher des amis quelques soient leurs pensées. Qu'une femme riche et protégée a pu laisser ouverte la fenêtre pour qu'une pauvre fillette puisse découvrir le monde autrement, à travers les lignes des livres qu'elle même a suffisamment aimé pour les conserver.

J'ai effectué une petite recherche sur les titres des livres lus par Liesel. Un seul existe vraiment...

- Le manuel du Fossoyeur, je ne doute pas qu'il existe un livre de ce type... il en existe pour tous les métiers ! Mais dans cette histoire ce livre ce veut être une sorte d'hommage à un frère disparu. Il permettra à Liesel d'apprendre à lire, et c’est déjà pas mal.

- Le haussement d'épaules, le siffleur et le porteur de rêves n'existent pas. Le premier titre-chapitre nous renvoie pourtant à ce mouvement, un peu je-m'en-foutiste qui consiste a hausser les épaules lorsque l'on ne sait pas vraiment que dire, que faire, ou même que penser. Il montre une transition chez l’héroïne qui réapprend à vivre, à dormir, aussi...  Dans les deux autres parties de l'histoire, Liesel commence à comprendre que le monde qui l'entoure va mal. Que les hommes sont finalement assez moches dans leurs actes, leurs pensées.

- Mein Kampf de Adolf Hitler. Le petit livre rouge du Nazisme, sorte d'autobiographie qui contient essentiellement les bases du Nazisme. Dans le livre de Markus Zusak, il se retrouve entre les mains d'un homme qui a osé repeindre la devanture d'un boutique estampillée d'une étoile jaune, puis d'un Juif ! Joli brin d'humour... surtout lorsque le Juif en question le repeint pour offrir une histoire magnifique...

- L'homme qui se penchait. Ce livre n'existe bien sûr que dans la Voleuse de livres. C'est une histoire simple, belle et qui m'a fait réaliser à quel point j'aimais les contes. La vérité toute nue, dites avec trois images et quatre mots. le cadeau du cœur d'un adulte blessé à une enfant elle aussi bien marquée par la vie. Max écrira un autre livre : La secoueuse de mots, une allégorie magnifique des actes de Liesel.

 - Enfin, le Dictionnaire universel de Duden... offert par la femme du maire pour que Liesel puisse comprendre les lectures. C'est un cadeau superbe, que d'offrir un dictionnaire. C'est offrir le savoir, la connaissance, les mots. Surtout dans ces temps de guerre où il était plus courant de faire brûler les bouquins.


Le dernier livre lu par Liesel porte le titre sombre et révélateur du Dernier humain étranger. Dans un pays qui a voulu éradiquer entre autre les Juifs, ce titre, cette partie se veut un espoir, une ouverture sur un avenir meilleur. C'est là que mes larmes sont venues me titiller. J'espère que vous trouverez dans cette œuvre autant de passion que j'ai su en voir.

Le style

La narratrice est comme je l'ai déjà dit, la mort elle même. Mais elle n'est pas l'héroïne. Elle narre juste l'histoire, sans vraiment prendre de recul, sans vouloir y prendre vraiment parti, bien qu'elle soit soumise souvent à contribution en ces temps morbides.

Les descriptions sont fines et simples. C'est assez sombre, bien que la mort aime les couleurs... l'auteur nous abreuve de noirceur, d'ocres sales. Fort heureusement, il compense par une belle ironie, un humour délicat, jamais vulgaire. Que la mort fasse rire ? Oui, il a osé par de petites réflexions bien senties, bien posées.

Tout au long du texte, la mort souligne par de toutes petites phrases, des citations, des éclaircissement, la trame générale, jusqu’à la sentence finale.

Les personnages sont admirables, touchants (j'ai du mettre ce mot plusieurs fois, non ? ). L'auteur a su les faire vivre pour nous, en quelques mots, en quelques phrases. puis au fil des pages, il nous a donné sur chacun des petits détails, des idées, des mots. De la vie à la mort. D'un sourire à une larme. J'ai bien spur quelques préférences mais je crois vous en avoir assez dit sur ce livre.

 Le temps dure sur plusieurs mois, au cours de la guerre de 39-45. Liesel grandit et ses songes deviennent ceux d'une adolescente heurtée par cette mort qu'elle croisera plusieurs fois. Elle apprendra pourtant à survivre...

Au final 


Un coup de coeur. Tout simplement.

18 commentaires :

Laura (Lau1307) a dit…

Je n'ai pas eu un coup de coeur pour toi, mais je me rappelle avoir assez aimé. C'est une histoire originale, surtout par la narratrice !

Alcapone a dit…

Bonjour Nanet et merci pour cette belle critique. Je n'étais pas convaincu par les critiques que j'avais lu (et ce, malgré de nombreuses critiques assez élogieuses) mais tu m'as presque persuadé. Ca me semble être une histoire originale. Pourquoi pas ?

Liyah a dit…

Je suis très contente que ce livre t'ai autant plus ! Il avait été également un coup de cœur pour moi ! ;-)

laeti (histoires-de-livres) a dit…

Pour moi aussi ce livre a été un coup de cœur. C'est original que la Mort elle même soit la narratrice et qu'elle nous raconte l'histoire de cette pauvre petite Liesel.

Véro a dit…

Je ne suis pas surprise que ce soit un coup de coeur pour toi... je l'avais aussi beaucoup aimé !
Dis, as-tu le lien de mon nouveau blog ? Je te le remets au cas où...
http://www.jirotoh.com/1000-et-1-livraisons/

nanet a dit…

@ Lau : Ce livre est tout de même un peu "dur" avec la mort partout, je conçois que l'on puisse ne pas avoir de C-de-c...
Biz

nanet a dit…

@ Alcapone : merci. J'espère que tu prendras plaisir à le lire.
Biz

nanet a dit…

@ Liyah : Merci à toi ! Ce livre est une véritable découverte, et le plaisir de partager est toujours aussi intense. Biz

nanet a dit…

à Laeti : C'est un livre qui change des lectures habituelles et qui aborde un sujet intéressant de façon assez ludique, finalement. Une bonne lecture !
Biz

nanet a dit…

@ Véro : j'ai mis ton new blog dans les favoris... mais je manque cruellement de temps (juste a voir le temps de réponse sur mon propre blog ! )
Biz

Luna a dit…

C'est un livre qui m'a également énormément touchée...
Je n'imaginais pas du tout l'auteur comme ça : on dirait le portrait crachée de l'ami d'une de mes cousines !

Walpurgis a dit…

J'avais eu un coup de coeur moi aussi. J'ai beaucoup aimé le concept de la mort comme narratrice et sa vision poétique via les couleurs. Puis, enfin voir la 2nde guerre mondiale du côté allemand (les civils), ce n'est pas si courant. Bref, un livre plein d'humanité et de poésie.

nanet a dit…

@ Luna : C'est un livre magnifique ! Je ne m'attendais pas vraiment à ça. Je suis restée deux ou trois jours sans pouvoir entrer dans la lecture suivante, ce qui montre encore un peu plus sa qualité.
Pour l'auteur, il est très mimi...

Biz

nanet a dit…

@ Wal : C'est vrai, je n'ai pas parlé des couleurs dans mon article, amis l y avait tant à dire... quand au fait de voir enfin les allemands en Civil, c'est un des innombrables points fort du livre. Pour une fois on leur rend leur humanité. C'est beau.
Biz

Frankie a dit…

Pas un coup de coeur mais une très belle lecture quand même ! C'est un livre lumineux et triste sur un sujet difficile.
J'ai beaucoup aimé les personnages et leur interaction et la façon dont c'était raconté.

nanet a dit…

@ Frankie : je n'ai pas vu ton article ! faut que je vienne le lire....
C'est un livre qui a su me toucher, amis c'est vrai que j'aime cette période de l'histoire, c'est peut-être aussi pour cela ?

Mypianocanta a dit…

j'ai l'impression de n'avoir pas lu le même livre : pas trouvé cette histoire douce, à peine touchante (c'est la guerre, il y a des morts … oui et alors ? non là j'exagère).
Et je n'ai absolument rien trouvé d'intéressant au style, j'ai même cherché l'humour ou l'ironie.
Quand au côté allemand de la guerre, ayant déjà beaucoup lu sur le sujet, il ne m'a pas interpellé plus que ça.
Certes c'est un bon roman mais il arrive trop tard pour moi.

nanet a dit…

J'avais été happée par ce livre, qui m'a fait sourire, a su mener des larmes dans mes yeux. J'aime beaucoup cette période, très importante dans notre histoire et ce livre, différent de ce que j'ai pu lire, a été une belle découverte.

Biz

 

Les mots d'un autre

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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