Les chroniques d'Alvin le Faiseur de Orson Scott Card [série]

" "... mon nom à moi. Alvin. Septième fil d'un septième fil, le même nom qu'son père. Alvin junior." Il regarda autour de lui puis se tourna dans la direction de la rivière, très loin dans la forêt plongée dans la nuit. "T'entends ça, l'Hatrack ? son nom, c'est Alvin, et tu l'as pas tué, en fin de compte." "
(P59)



L'auteur
Orson Scott Card est né aux États-unis en 1951.

Mormon et ancien missionnaire, il écrit son premier roman en 1979 pourtant, c'est avec Le cycle d’Ender qu'il deviendra l'un des auteurs majeurs de la Science Fiction avant de publier les Chroniques d’Alvin le Faiseur dans le domaine de la Fantasy. Le premier tome a obtenu le prix Locus du roman de fantasy en 1988.

Résumé officiel

Au bord de la rivière Hatrack, près des forêts profondes où règne encore l’homme rouge, un enfant va naître en des circonstances tragiques. Un enfant au destin exceptionnel. Septième fils d’un septième fils, il détiendra, dit-on, les immenses pouvoirs d’un « Faiseur ». Si les forces du mal ne parviennent pas à le détruire. Car il existe un autre pouvoir, obscur, prêt à tout pour l’empêcher de vivre et de grandir.


Nous sommes dans les années 1800, sur la terre des pionniers américains. Mais dans ce monde parallèle opèrent charmes et sortilèges, on y possède des talents à la dimension magique, et les ombres de présence bienveillante ou maléfique rôdent dans la nature.<


D’une épopée réelle, celle de la jeune Amérique, Orson Scott Card fait une fantasy totalement originale, à la fois conte, roman de mystère et d’aventure. Il s’y affirme comme l’un des plus grands créateurs d’univers

La série

La série comporte 7 livres et deux nouvelles : 


  • Le Septième Fils
  • Le Prophète rouge
  • L'Apprenti
  • Le Compagnon
  • Flammes de vie
  • La Cité de cristal
  • Master Alvin -  : à paraître


  • Les Nouvelles :


  • L'Homme-au-grand-sourire 
  • Sur le Yazoo Queen


  • L'histoire

    Dans un monde quasiment similaire au notre, au point où il faut, dans les premiers chapitres, réellement chercher ce qui pourrait être fantastique, fantasy... l'histoire débute par la naissance, et la mort de deux garçons : Le premier et le septième fils. Le septième ne pouvant acquérir ses "pouvoirs" que si ses six aînés sont en vie... on craint réellement la mort de Vigor ! Mais le livre et la série n'existeraient pas et ce suspens, même s'il est vraiment bien écrit, est de courte durée. Vigor meurt dans les minutes qui succèdent à la naissance d'Alvin (Alvin junior, qui portera le nom de son père). Le septième fils est là. La tradition, les superstitions et tout ce qui est lié à ce phénomène le rendent particulier tant aux yeux de ses parents que des voisins, amis et simples êtres de passage.

    Mais cette naissance liée à une mort sera aussi un lourd fardeau à porter et ce jour là, Alvin ne doit sa survie qu'a l'intervention d'une jeune fille : Peggy. Cette enfant est une torche. Elle est donc capable de voir l'avenir. En fait, elle voit surtout tous les avenirs possibles et leurs déviances, leurs ramifications. A chaque ligne, des évènements vont pouvoir modifier l'avenir et rendre certaines ramifications caduques... des milliers de possibilités, des milliers de vies, de morts possibles pour Alvin dont elle deviendra une gardienne ! Mais chut, je ne veux pas vous en dire plus.

    Cette série peut-être classée dans les Uchronie... la barrière entre Fantasy et SF est parfois très fine, ici elle est vraiment impalpable. J'ai lu ce livre en me demandant où serait la SF ? je ne l'ai pas trouvé. Ni l'uchronie, mais peut-être est-elle plus évidente dans les livres suivants  ? Et pour moi, ce livre est surtout une très belle réécriture de l'Amérique des années 1800 avec une prise de partis pour la nature envers la religion. L'auteur démonte peu à peu l'influence des prédicateurs au profit d'une science plus lointaine, plus fondamentale : la nature. Les quatre forces s'opposent et l'eau est l'ennemi d'Alvin. L'auteur tourne autour et dans les milliers de chemins de vie de cet enfant, à chaque fois l'eau est un élément perturbateur. Mais Alvin aura d'autres combats à mener, et je reviens sur la religion qui correspond tout de même a un bon quart du livre. Un prêtre tout droit sorti de son école écossaise et encore convaincu de sa science, de sa vérité, veut à tout prix convertir Alvin senior ! C'est sa mission et il y mettra toute son âme, jusqu'à la perdre ? Pour lui, les Millers sont les enfants du diable et son but est de les mener à l'église, de les convertir !

    Si j'ai bien aimé l'ensemble de l'histoire, j'avoue que le point faible, à mon goût, ce sont justement les passages sur le prêtre... mais, ayant déjà lu un autre livre de Orson Scott Card (Enchantement), je sais que c'est pour lui une part importante des sujets qu'il traite. Il y met toujours beaucoup de douceur et cherche à faire ressortir dans ses écrits les vérités et surtout les notions de respects. Ici, il est évident que les Millers sont bien plus respectueux que le prêtre. Ils acceptent que les leurs aillent à l'église et croient en les saintes écritures alors que le prêtre, lui n'accepte pas le contraire. Il faut croire en Dieu et ses prophètes, et en rien d'autre. C'est amené avec brio !

    J'ai beaucoup plus apprécié les passages avec Mots-pour-mots ! Ici, l'auteur a donné vie à un personnage réel de l'histoire anglaise, déplacé en Amérique pour son savoir sur les choses : William Blake. Ce n'est pas le seul personnage réel à apparaître, puisque l'auteur cite à plusieurs reprise Benjamin Franklin... ainsi que La Fayette. Mots-pour-Mots va donner à Alvin des clés de compréhension de son talent de son savoir. De son avenir aussi. Il est un observateur. il n'entre dans l'histoire que pour mieux la relater et du coup prend une place importante dans les vies des Millers. Sa confrontation avec les hommes de Dieu est admirable, lui qui ne voit que la vérité en toute choses et sera capable d’émettre, le premier un doute sur la fois du prêtre.

    En fin de ce premier tome, nous avons une vague idée de ce que sont les talents d'Alvin. Il est un faiseur (je ne dévoile rien de plus que le titre de la série) avec tout ce que cela implique. et ses ennemis deviennent tout d'un coup plus nombreux : l'eau, le prêtre et cette chose intangible, le défaiseur. De quoi prédire un avenir assez sympathique pour cet enfant tout juste âgé de dix ans.

    Le style

    La narration est extérieure, et l'on suit les pas des personnages de l'histoire, dans leurs moments clés. La loupe de l'auteur passe donc sur chacun, éclairant les faits majeurs et taisant la vie de tous les jours. L'histoire démarre par une jolie petite fille, Peggy et se termine par le personnage principal, Alvin. entre els deux, Orson Scott Card nous dévoile une multitude de personnes. Tout d'abord les sept frères d'Alvin (avec Cally, le petit dernier, le huitième bien qu'il ne comprenne pas vraiment, puisque devant lui, il n'y en a que six en vie...) , ainsi que ses sept sœurs ... les parents, les maris des soeurs... le prêtre, cet homme rouge (indien) et bien sûr Mots-pour-mots et Peggy. Cela peut sembler beaucoup, mais au final, on sut très bien, et l'auteur n'accorde que de petites phrases à tout ce monde. Il ne s'attarde que sur ceux qui ont une réelle importance.

    Du coup, ces personnages deviennent des éléments du décor, mais on se surprend à savoir comment ils vont réagir. Certes, les prénoms des frères éclairent aussi sur ce point : Mesure, Vigor...

    Un des point importants de la narration, ce sont les dialogues. L'auteur a mis un point d'honneur a nous transporter dans un univers particulier et fait communiquer ses personnages avec une gouaille spéciale. Les E disparaissent souvent, ce qui donne un langage populaire fort sympathique et jamais lassant. Pour faire bonne mesure, Mots-pour-mots et le prêtre, ayant tout deux reçu une éducation en Angleterre, ont un langage plus soutenu. Cela rend l'histoire encore plus crédible. C'est très fort.

    Les descriptions sont assez simples. Le but étant de nous narrer les évènements, l'auteur ne s(attache pas au décor environnant, sauf si ce dernier devient acteur de la scène à jouer. De même les personnages sont dépeint avec rapidité, leurs aspect n'ayant que peu d'importance, finalement.

    Le temps court sur dix années, mais l'auteur pointe surtout des moments précis : la naissance d'Alvin, un évènement vers ses six ans, et la rencontre avec Mots-pour-mots...
    Au final 

    Un premier tome extraordinaire qui a su m'emporter dans l'univers de l'auteur. Je craignais comme toujours de lire cette histoire, puisqu'elle est estampillée SF ! Elle n'a vraiment pas cette saveur pour moi, qui la classerai plus facilement en Fantasy... 

    12 commentaires :

    1. Tu mets tellement de toi dans cette critique que ça donne réellement envie de lire ce livre !

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      1. Merci. C'est un bon livre Fantasy, comme je les aime ! Alors, y mettre de moi est plus facile.

        Biz

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    2. oui c'est de la fantasy et pas de la SF c'est juste que chez folio, il n'y a pas de logo spécial SF ou fantasy, tout est sous folio SF, tout simplement mais c'est de la fantasy

      après Harry Potter quand j'étais plus jeune, c'est avec Alvin que j'ai commencé la fantasy et j'ai adoré ! tu verras le tome 2 reprend en partie le tome 1 (avec le prophète rouge, l'indien que voit ALvin, on en apprend plus ds le tome 2)

      on retrouve d'autres personnages tels que Balzac et Napoléon dans les tomes suivants...

      cette série et géniale et vaut la peine d'etre lue. après j'attends depuis plusieurs années le tome 7 et malheureusement j'ai peur qu'on ne l'ait jamais vu que l'auteur ne sait pas comment terminer sa série (als que jusqu'au 6e c'était génial !)

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      1. Merci de confirmer mon doute... De l'uchronie fantasy ! Je savais bien qu'un jour je lirai un truc en ra,port avec cette définition barbare...
        Il est marrant que tu rapproche Harry de Alvin, cela ne m'étais pas du tout venu à l'esprit, tant les histoire, les auteurs sont différents. Pourtant, je crois bien que je vais aimer tout autant le jeune Alvin !
        Balzac ?ah, voilà qui va me pousser à lire encore plus rapidement la suite.
        Le 7 est peut-être en Anglais ? Cela ne me bloque pas, mais d'ic que j'en sois à ce tome... qui sait ?
        Merci pour ce com ! Biz

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    3. Contente de voir que tu as apprécié et que tu te convertis peu à peu au style de Card :P
      Je te souhaite plein d'autres belles découvertes avec cet auteur !

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      1. Me convertir ? c'est marrant que tu emploies ce terme. J'avais aimé sa plume dans Enchantement, mais comme je le signale dans l'article éponyme, un rien m'avait dérangé pour que je n'en fasse pas une des lectures phares de l'année. J'ai beaucoup plus apprécié cette histoire.
        Biz

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    4. Dans l'épouvanteur, le jeune héros n'est-il pas aussi le 7e fils d'un 7e fils ? Sinon, je suis très fan de cet auteur dont j'ai beaucoup aimé Le cycle d'Ender et bien sûr Enchantement. Je vais noter cet Alvin !

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      1. Effectivement dans l'épouvanteur, le fils est bien un 7° fil de 7° fils. Cela doit être une "superstition" que nous ne connaissons pas ? Je n'ai pas fait de recherches sur ce sujet, mais cela pourrait être intéressant. Merci de l'avoir ravivé en ma mémoire...

        Pour le cycle d'Ender, je crains que cette fois ce ne soit réellement de la SF ^^

        Biz

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    5. Mots-pour-mots est vraiment un personnage riche et qui enrichit les autres ! Ce premier tome n'est que le fondement des bases, tu verras qu'au sortir du tome 2 et surtout du tome 3, tu seras encore plus bouleversée par tous les messages universels qu'Orson Scott Card sème... J'ai les tome 4 et 5, tu me donnes bien envie de m'y mettre !!! A bientôt, Nanet ! :)

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      1. Ce personnage m'a beaucoup touché. Je ne voyais pas où l'auteur voulait en venir avec lui (et ça j'adore) Il donne à Alvin les clés pour comprendre ses pouvoirs alors que lui même est dépassé ! il tente de l'aider à faire le tri dans ses émotions, dns les évènements et a voir qui il est réellement, ce Faiseur. Il lui donne d'ailleurs son nom !
        Je me doutais qu'on le retrouvait par la suite...

        Bonne lecture pour les tomes suivants ^^ et ravie d'être la petite entremetteuse de tes lectures.

        Biz

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    6. Tu as tout dit !!! Ce livre était mon premier OSC et je ne compte pas m'arrêter là.
      Merci pour cette super chronique :)
      Lupa

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      1. J'aime beaucoup cet auteur, sans être fan pour autant. Je m'aperçois que j'ai laissé cette série de côté, alors que ce premier tome m'avait beaucoup plu. Hmm, il va me falloir trouver la suite.

        Biz

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    Bonne journée, merci de vos petits mots, Biz, nanet.

     

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