Frankenstein de Mary W. Shelley

"Le comportement criminel trouve le plus souvent son origine dans une frustration, un manque d'affection"




L'auteur
Mary Shelley (Mary Wollstonecraft Godwin) est née à Londres en 1797, et y est décédée en 1851.
Femme de lettres anglaise, romancière, nouvelliste, dramaturge, essayiste, biographe et auteur de récits de voyage. Elle est surtout connue pour son roman Frankenstein ou le Prométhée moderne
Résumé officiel
Victor Frankenstein ! C'est l'inventeur, le savant maudit ! A quinze ans, il est témoin d'un violent orage foudre, traînée de feu, destruction d'un chêne... Son destin est tracé. Après des années de labeur, il apprend à maîtriser les éléments ; l'alchimie est pour lui une seconde nature. Bientôt il détient le pouvoir de conférer la vie à la matière inerte. Nuit terrible qui voit la naissance de l'horrible créature faite d'un assemblage de cadavres !
L'oeuvre de Frankenstein. Un monstre ! Repoussant, inachevé mais doté, d'une force surhumaine et conscient de sa solitude. Echappé des ténèbres, il va, dans sa détresse, semer autour de lui crimes et désolation. D'esclave qu'il aurait dû être, il devient alors le maître, harcelant son créateur. Il lui faut une compagne semblable à lui... 

Pour Frankenstein, l'enfer est à venir...


Les films

De nombreux films ont été réalisé sur ce sujet, respectant pour la plupart assez peu la trame du livre, et ne conservant essentiellement que l'essence, avec le monstre. 
  

J'ai préféré vous poster le trailer de celui-ci, réalisé par Kenneth Branagh (1994), avec Helena Bonham Carter dans le rôle d'Elisabeth, Robert de Niro (la créature) et Kenneth Branagh lui même en Frankenstein..  

L'histoire

Qui ne connait pas l'histoire ? qui ne connait pas ce personnage épouvantable, effrayant ? Cet être sauvage, agressif et qui tente par tous moyens de tuer son maître ! Ce livre est effectivement plein d'une bonne dose d'horreur ! Classé en épouvante pendant de longues années, ce livre est actuellement considéré comme un des piliers fondateur de la littérature Fantastique. Publié en 1818, il est à l'origine l'objet d'un pari un peu fou entre trois amis John William Polidori, Lord Byron et Mary W Shelley, qui lors d'une soirée s'amusèrent à inventer des histoires de fantômes... Elle ne fut, parait-il pas très loquace en cette occasion.

Le premier publiera en 1819 la nouvelle intitulée Le Vampire (The Vampyre) basée sur des notes de son ami Lord Byron. Il est considéré comme le "père du vampirisme" dans la littérature... au même titre que Sheridan le fanu (Carmilla) bien que je préfère personnellement le second.

Mais notre auteure publiera une oeuvre "révolutionnaire", sombre et pourtant brillante par les apports scientifiques et les détails donnés. Loin d'être une petite nouvelle, ce livre se veut un témoignage d'une société en plein changement, avec l’avènement de l'électricité que l'auteure utilisera comme un élément constitutif. Elle puisera allègrement dans l'alchimie, les sciences, les théologies pour amener un homme à la création suprême. Victor devient "le créateur", et les rapports qu'il entretient avec sa créature en sont pas sans rappeler ceux que les hommes semblent prêter à Dieu.

Elle aurait été inspirée pour ce roman gothique sur la création, par l'oeuvre de William Becford (Vathek - Un comte arabe qui abandonne son Dieu pour acquérir des pouvoirs surnaturels) et de la lecture de Fantasmagoriana (The Tales of the Dead) (Recueil d'histoires d'apparitions de spectres, revenans, fantômes, etc - Anthologie d'horreur publiée en 1813). 

Toutefois, son roman sous titré Le Prométhée moderne ne parle pas que d'horreur, de fantôme (il n'y en a pas, au sens où on l'entend, mais plutôt des Zombi ^^). Elle aborde différents thèmes comme les orphelins, l'éducation, la condition de la femme au travers des lettres d'Elisabeth. Elle pointe du doigt la solitude, la monstruosité, l'apparence et les préjugés grâce à la créature crée par Victor. Mais elle donnera aussi son point de vu sur d'autres sujets plus difficiles comme l'injustice avec le procès de Justine Moritz, la servante de la famille Frankenstein, est accusée du meurtre du frère de Victor, et bien d'autres que je vous laisse découvrir.

Pour en revenir au livre, il ne démarre pas par la narration directe, mais par des lettres d'un homme, Robert Walton, un marin remontant vers le pôle nord et qui prend en charge Victor Frankenstein, perdu sur la banquise et transi de froid. De leur amitié naîtra la confidence, et nous lisons, après quelques pages que je qualifierai de peu intéressantes, la véritable histoire ! Victor, fils d'une famille Genevoise a étudié en premier lieu la philosophie naturelle avant de se découvrir une passion pour les sciences anciennes, dites sciences de l'alchimie (avec Agrippa et Paracelse sans oublier la pierre philosophale) et part poursuivre ses travaux à Ingolstadt. Ses progrès rapides et son ambition lui permettront de redonner la vie ! L'auteur ne s'attarde pas sur le moyen. Elle se contente d'expliquer qu'il se base sur la science, et sur l’électricité. Le "savant" sait... nous ne sommes que des lecteurs ébahis par le phénomène. Elle approfondira surtout les méandres psychologiques qui vont resurgir suite à cet acte. L'être crée se veut informe, hideux. Et Victor commence à douter. Le monstre crée a-t-il une âme ?

C'est passionnant. La recherche, les implications, les sentiments, les tours joués par cet être qui après tout n'a pas demandé à être là... Frankenstein ne pourra accepter sa propre création, tant les tenants et les aboutissants vont le déstabiliser.

En parallèle nous suivons une relation d'un romantisme digne des grandes histoires anglaises des Soeurs Brontëe... avec les lettres d'Elisabeth, et l'amour de Victor et une belle amitié avec Clerval, confident de notre créateur. Ce dernier sera le seul avec Walton à connaitre l'existence de la créature.
Je pourrais continuer durant de longues lignes, je vais arrêter là la présentation de ce livre fabuleux. Certes, on peut trouver à l'écriture un manque de fraicheur, et à la première partie, un manque d'intérêt, mais l'ensemble est cohérent et bien construit. je terminerai par la belle réflexion sur le monstre lui-même avec un quête d'humanisme vraiment sympathique et assez éloigné des travers spirituels. Il veut avant tout être un homme, aimer...

Le style

Mary Shelley, nous entraine dans une histoire mais a choisi de la faire raconter par le principal protagoniste. C'est un moyen de montrer l'horreur et les sentiments. la première partie est donc en narration indirecte, puis suit une longue partie sur la vie de Victor, en narration directe (il raconte) suivie de l'histoire de la Créature... 


Le style n'est pas si dépassé que ça ! Certes les mots, les expressions sont un peu désuètes, mais cela reste agréable, et cela donne un charme au livre. L'histoire n'est pas datée, elle se déroule dans les année 17.. et le charme de la narration opère, on a vraiment la sensation d'être dans cette époque. Et puis, j'aime ce style anglais, tout simplement.


Les personnages sont complexes, amené avec douceur, et bien construits. On apprend les éléments de leur caractère au fil des pages, on découvre leurs qualités leurs défauts... et la créature gagne finalement notre sympathie reléguant Victor au rôle de créateur assez infect et pourtant aimable. Il a joué au petit sorcier, et sa magie à fonctionné, sauf qu'il n'a pas réfléchi a tout ce que cela impliquait... 


Le temps est assez évasif. Comme je le dis ci-dessus, l'historie se déroule dans les années 17.. et sur plusieurs années. On suit l'évolution de par les lettres et quelques annotations dans le texte. Ce n'est absolument pas dérangeant car l'histoire n'a pas vraiment besoin de la relation temporelle étant basée sur des mémoires de Victor puis de la créature.


Au final 

Un chef d’œuvre de la littérature Fantastique (et épouvante) que je suis ravie d'avoir enfin lu. il est assez rare que je lise des livres dont des films ont été tiré, après avoir vu les films... mais cette exception m'a plu.

Lu dans le cadre du challenge SFFF


2 commentaires :

  1. Une oeuvre étonnante vu à la date à laquelle elle a été écrite. Puis je tiens à le dire tout comme tu le fais dans cet article, Frankenstein est le créateur et non le monstre, halte aux amalgames !

    RépondreSupprimer
  2. Un classique que je n'ai pas encore eu la chance de lire mais qui me tente bien.

    RépondreSupprimer

Merci de laisser des commentaires constructifs, afin que nous puissions échanger sur les lectures présentées.

Les commentaires anonymes ne seront pas publiés.

Bonne journée, merci de vos petits mots, Biz, nanet.

 

Les mots d'un autre

Les mots d'un autre
"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

Ma liste de blogs

Pour me contacter

Nom

E-mail *

Message *

Newsletter

Vous pouvez être avertis des publications.

Entrez votre adresse mail :

Merci !


Géré par FeedBurner

Membres

Articles les plus lus (7 derniers jours)