Elantris de Brandon Sanderson

"Elantris était une belle ville, jadis. On la surnommait "la cité des dieux" -un endroit qui conjuguait le pouvoir, l'élégance et la magie. Ceux qui l'ont visitée racontent que ses pierres scintillaient, qu'elle contenait bien des merveilles occultes. [..]
Voici dix ans que l’éternité à pris fin.
(Prologue)






L'auteur



Brandon Sanderson est né en 1975 dans le Nebraska. 


Diplômé de l'université de Brigham Young en "Creative Writing", il a pourtant choisi un travail de nuit dans un hôtel qui lui laisse du temps pour écrire. Après de nombreux refus Elantris sera publié en 2005.

Il enchaîne rapidement avec la trilogie Fils-des-Brumes (Mistborn) mais la notoriété viendra en 2007 lorsqu'il est choisi pour reprendre la fin de la série La Roue du Temps (Wheel of Time) de Robert Jordan après le décès de ce dernier.


Résumé officiel


Il y a dix ans, la sublime cité d’Elantris, capitale de l’Arélon, a été frappée de malédiction. Ses portes sont désormais closes et nul ne sait ce qui se passe derrière ses murailles. Kae est devenue la première ville de l’Arélon. Quand la princesse Sarène y arrive pour épouser Raoden, l’héritier de la couronne, on lui apprend qu’il vient de mourir. Veuve d’un homme qu’elle n’a jamais vu, Sarène choisit pourtant de rester à la cour, et tente de percer le mystère d’Elantris…

Le petit plus


Brandon Sanderson a écrit une nouvelle rattaché à Elantris : L'espoir d'Elantris (the Hope of Elantris) elle est visible sur son site (clic) en anglais. 

L'histoire

Je voudrais avant tout remercier l'amie qui m'a permis de découvrir cet auteur, et ce livre. En discutant, tout simplement, elle a estimé que je saurais apprécier cet ouvrage. Son prêt m'a touché, ce livre m'a ému... je lui dirais seulement ceci : encore !

Dès les premières pages, lors du prologue, on comprends que Elantris va nous submerger. Cette ville magique, brillant comme un soleil et donnant aux hommes tout ce dont ils ont besoin est un phare de savoir, d'amour... pourtant, cette ville va s’étioler et les êtres vivant dans ces murs vont devenir des parais de la société, aussitôt rejetés alors qu'ils étaient adulés. Leur défaut ? ils sont différents.

L'histoire ne s'arrête pas à cette vision du racisme. Elle va bien plus loin. En fait, trois histoires se mêlent. Trois personnages que nous suivons tour à tour, par alternance :


  • Raoden, prince d'Arelon, adoré des siens sauf de son propre père, qui va voir sa destinée basculer et tentera tout au long du livre de découvrir les secrets enfouis d'Elantris. Le savoir est pour lui primordial, le respect aussi. Il parviendra à unifier les homes autour de lui, sans violence, en trouvant dans chacun sa principale qualité. Sa sagesse et son engouement le mèneront plus loin que ses propres espoirs. 
  • Saréne, princesse de Téod, qui se voit le même jour marié et veuve d'un homme (Roaden) qu'elle n'a jamais vraiment rencontré, si ce n'est au travers la magie des Séon (sorte de boule métallique douée d'intelligence et capable de jouer à merveille les smartphones magiques). Cette demoiselle pourrait être qualifié de politicienne déconcertante, de féministe notoire et pourtant, elle a un coeur énorme. Elle va accomplir des miracles grâce à ses visions positives et modernes dans un pays croulant sous les préceptes arriérés... 
  • Enfin, Hrathen, Gyorn de la religion Shu-Dereth qui a l'ordre de son maître le Wyrn (grand maître) de convertir la population d'Aleron, puis de Téod (ils sont Shu-Korath...). Après les heurts rencontrés en Duladel (une autre contrée proche d'Arelon) il est désireux de convertir ce nouveau pays dans le plus de calme possible, et si possible sans effusion. Politicien talentueux, il entrera en conflit direct avec la Princesse, pour son plus grand plaisir.  
Certes, je brosse là un tableau rapide et bien maigre de ces trois êtres. Je ne voudrais pas vous dévoiler les règles, les secrets du livre, et je préfère donc vous donner une idée des personnages principaux. Dans le résumé, Saréne est veuve. Pourtant, j'ai commencé cette présentation par Raoden (son époux) et en disant que "tout au long du livre". Ce n'est pas une erreur. Raoden est bel et bien mort aux yeux des siens. Il est Elantrien. 

La ville est morte, et les gens qui y vivent ne sont plus rien. Des sorte d'être fantomatiques pour qui les observe depuis les hauts murs entourant la citée. On dit aussi qu'ils ont perdu la raison. 


Raoden va découvrir que tout cela est faux. Du moins une grande partie des informations sur les Elantriens l'est. Certes son coeur a cessé de battre. Son sang ne coule plus. Mais la faim reste. La douleur aussi. Le Shoad, sorte de virus atteignant de temps en temps les habitants d'Arelon, lui a pris son humanité pour lui donner un aspect de mort-vivant repoussant, avec des muscles saillants sous une peau grisâtre, tachée de surcroît. Ravissant. Là où ces êtres brillaient, comme leur ville, ne subsiste que de pauvres hères dénutris, perdant toute trace d'humanisme au fil des jours, et sombrant peu à peu dans une douce folie... Mais l'esprit reste ! L'esprit et l'intelligence, la foi, la capacité d'agir, de réfléchir. Si l'on se réfère à nos chers penseurs-philosophes, et que l'on garde en tête cette adorable maxime : "je pense donc je suis" (René Descartes) alors on peut estimer que ces Elantriens sont encore "vivants". Le coeur est éteint, mais l’âme subsiste. C'est en tout cas, ce qu'a ce que comprendra Raoden, et qui l'aidera finalement à tenir, à avancer... 

J'ai beaucoup aimé cette partie du livre qui en opposition aux deux autres plus politiques, montre que al volonté peut venir à bout de bien des difficultées. L'intelligence de Raoden est fine et appréciable, son optimisme (surtout confronté au pessimisme du Dula, son ami dans Elantris) fait parfois sourire tant il pourrait être pris pour de la candeur.  

Les deux autres parties (je sépare mais si vous lisez, vous constaterez que tout se lie) sont agréable aussi, même si j'ai trouvé quelques longueurs dans les pensées d'Hrathen, dans toute l'explication religieuse.

Je terminerai par une remarque sur la magie très particulière de ce livre. Elle est liée aux mots (aon), à leur signification mais surtout à la façon de les dessiner. C'est joli et bien amené, tout au long de l'ouvrage. C'est une magie puissante, mais l'auteur n'explique pas pourquoi certains être sont touchés par la "grâce" et pas les autres.

Le style

La narration est extérieure et suit tout à tour chacun des trois protagonistes cités ci-dessus. un chapitre après l'autre, toujours dans le même ordre, nous voyons l'histoire avancer, doucement, avec parfois des recoupes (pas de redites, juste l'évocation de l'autre) et des croisements. Lorsque l'histoire s’accélère, les chapitres deviennent paragraphes... Les phrases alternent en longueur, courtes pour les actions, plus longues pour les explications. L'auteur joue sur les rythmes, module.  quelques pointes d'humour, une belle réflexion sur le respect, l'acceptation. C'est parfait.

Les descriptions sont douces, parfois un peu sèches, parfois pleines d'humour (la tenue des Elantriens ressemblant à des "perroquets" m'a fait sourire). L'ensemble est envoûteur, jamais pesant.

Les personnages secondaires sont adorables, j'ai une préférence pour Galladon (l'ami Elantrien de Raoden) mais aussi pour Lukel et son père... L'auteur a su donner à chacun un rôle. On saisit les traits de caractère et l'on comprend l'importance de tel ou tel point précisé lors d'une action, d'une scène particulière.

Dans les trois principaux, j'avoue avoir une nette préférence pour Raoden, bien que "l'humour" de Saréne m'ait fait sourire.

Le temps est par conte un peu court ! Le tout se déroule en trois mois, et cela donne un rythme plus que soutenu, et surtout un manque de recul évident, notamment pour le jeune prince qui doit tout apprendre en si peu de temps du passé d'Elantris, de sa magie... c'est sûrement el seul défaut que je relèverai.

Au final 


Un coup de coeur, tout simplement. Je lirai les Fils-des-Brumes... 

3 commentaires :

  1. J'ai moi aussi passé un très bon moment avec ce livre, pas le meilleur des Sanderson mais ça reste un trés bon moment de lecture. Content qu'il t'ait plu.

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  2. Tu me donnes vraiment très très envie de le lire ! J'ai adoré le tome 1 de Fils-des-Brumes, seul Sanderson que j'ai lu jusqu'ici. Il va aussi falloir que je me procure Elantris !

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  3. Ah ben moi aussi ça me donne très envie de le lire dis donc ! Hop, dans ma wish list !

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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