Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee

" Il y a des gens qui... qui sont si préoccupés par l'autre monde qu'ils n'ont pas appris à vivre dans celui-ci et tu n'as qu'à descendre dans la rue pour en voir les résultats."
(P76)


Ce livre m'a été prêté par Paikanne que je remercie vivement. 


L'auteur


Nell Harper Lee dite Harper Lee est née en 1926 dans l'Alabama.

Écrivaine américaine, elle est particulièrement connue pour son unique roman Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur qui a obtenu le Prix Pullizer en 1961.

Vendu à 30 millions d'exemplaires, ce livre est un classique de la littérature américaine, étudié à ce titre dans de nombreux collèges et lycées des États-Unis, et régulièrement cité en tête des classements des critiques et libraires.

Résumé officiel


Dans une petite ville d'Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche. Celui-ci risque la peine de mort.  


Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 - au cœur de la lutte pour les droits civiques -, connut un tel succès et reçut le prix Pulitzer en 1961. Il ne suffit pas en revanche à comprendre pourquoi ce roman est devenu un livre-culte aux Etats-Unis et dans bien d'autres pays, pourquoi, lors d'une enquête réalisée aux Etats-Unis en 1991, sur les livres qui ont changé la vie de leurs lecteurs, il arrivait en seconde position, juste après la Bible. La vérité est que, tout en situant son histoire en Alabama à une époque bien précise, Harper Lee a écrit un roman universel sur l'enfance confrontée aux préjugés, au mensonge, à la bigoterie et au mal. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cet ouvrage tient du conte, de la court story et du roman initiatique. >

Le film

Le film tiré de ce livre se nomme : Du Silence et des Ombres, réalisé par Robert Mulligan en 1962 avec notamment Gregory Peck dans le rôle de l'avocat Atticus Finch.
Je n'ai trouvé qu'une seule vidéo en noir et blanc ! mais, Grégory Peck est toujours aussi mimi...



L'histoire

L'histoire se passe en Alabama, dans le conté de Maycomb dans les années 30 et est racontée par Scout, une jeune fille. Son père, Atticus Finch, est avocat et les élève seul (enfin, sans épouse, puisqu'il les élève avec Calpurnia, une femme de ménage noire), elle et son frère Jem (Jeremy).

Les deux enfants se lient d'amitié avec Dill, un garçon qui séjourne chez sa tante pendant l'été et leur jeu préféré est d'inventer mille façons d’apercevoir Boo Radley, leur voisin qui vit reclus chez lui. Ils passent leur été à imaginer ce que cet homme fait, et les raisons de cet enfermement... mais ce ne sont là que des jeux d'enfants, alors que les adultes vivent un véritable drame.

Atticus est commis d'office pour la défense d'un noir nommé Tom Robinson. Ce dernier est accusé d'avoir violé une blanche, Mayella Ewell, qui témoigne contre lui au tribunal, ainsi que son père Bob Ewell. L'histoire se déroulant dans une région encore emplie des préjugés racistes... le procès se conclut, bien sûr par l'accusation de Tom Robinson.  Mais Atticus a semé un peu de doute dans les esprits et Bob Ewell le menace. Il ira jusqu'à harceler la femme de Tom Robinson (qui sera tué alors qu'il tente de s'échapper de la prison), et surtout tentera de pénétrer chez le juge de l'affaire. Je ne vous raconte volontairement pas la fin de l'histoire... ce serait bien dommage.  

 Mon avis

Ce livre fait partie de ces classiques vus et revus. On connait l'histoire (ou vaguement), on sait que c'est un bon livre, mais voilà, on n'a pas eu le temps ou l'occasion de le lire ! Personnellement, cela faisait environ deux ans que je repoussais l'achat, toujours motivée par d'autres lectures. Ainsi, lorsque j'ai eu la possibilité, grâce à Paikanne, de le lire, je n'ai plus hésité.

Scout, la jeune narratrice, nous entraîne dans une découverte de l’Amérique des années trente, avec des relents de racisme, une vie simple dans une bourgade où il ne se passe pas grand chose la grande majorité du temps... Les gens vivent les uns près des autres, tous se connaissent, et les secrets de chacun sont rapidement les ragots des commères, lors des goûtés organisés lors des après-midi d'été.

Scout préfère aller jouer avec les garçons. Elle est plus jeune (6 à 7 ans au début du livre), mais s’accommode aisément de leurs roueries,  et use de ce langage parfois grossier permis aux jeunes gens mais dit vulgaire chez les demoiselles... élevée par un home seul, elle a bien du mal avec les jupes, les froufrou et surtout avec les bonnes manières !

Ainsi donc, lorsque son père se voit commis d'office pour le procès, elle doit affronter sans broncher les petites réflexions acerbes des autres enfants, les regards, les mauvais jeux de mots. Difficile. Surtout lorsque l'on en comprend pas l'interdiction de se défendre.

Harper Lee a montré là l’écueil de l'acceptation. Jem et Scout écoutent leur père, et de ce fait, tenteront de ne pas se battre, de ne pas succomber aux attaques des autres élèves. Ce qui est d'autant plus ardu pour la jeune fille, qui capte les mots, leurs sens profond, mais sans réellement saisir leur vérité. Atticus est traité "d'ami des nègres" et Scout ne peut, de par son éducation, accéder à ce que ces mots veulent dire. Pour elle, Atticus n'a pas d'ami noir ! Même s'il respecte ces personnes. J'ai trouvé admirable la façon de traiter ces points par l'auteur, et je pense qu'en France aussi, ce livre devrait être étudié en classe.

Les passages que je retiens, sont bien sûr le discours d'Atticus sur les races, mais aussi ces savoureux petits passages avec Calpurnia, sans oublier une évocation des évènements Européens avec l’avènement d'Hitler. Le racisme est vu dans son intégralité, et pas seulement envers les noirs. Et au delà du racisme, Harper Lee ira jusqu'au respect, avec le traitement des religions, de la vie en général... de l'intimité de chacun.

Scout devra aussi affronter une autre situation pendant les mois entourant le procès. Sa tante, femme sévère et désireuse de faire d'elle une véritable demoiselle, viendra s'installer chez eux. Scout ne comprendra pas non plus la nécessité de cette présence... et c'est là encore superbement écrit par l'auteure qui a su évoquer toute l'histoire depuis la vision parfois étriquée d'une enfant.

"Le problème de mes vêtements rendait tante Alexandra fanatique. Je ne pourrais jamais être une dame si je portais des pantalons ; quand j'objectais que je ne pourrais rien faire en robe, elle répliqua que je n'étais pas sensée faire des choses nécessitant un pantalon."

L'auteur a traité non seulement le racisme envers les noirs, amis a aussi abordé le rôle, et la place des femmes dans la société. Elle aborde ce point au travers plusieurs personnages féminin, Calpurnia, mais aussi miss Maudie et tante Alexandra.

L'auteur a crée des personnages très attachants, comme Calpurnia, que les enfants adorent, et sans qui la maison ne pourrait tourner. Elle en est le pivot, et Atticus en est conscient. Miss Maudie est une femme de tête qui semble vivre dans un univers à elle, mais montre au moment opportun tout son sens, toute sa prestance, toute son intelligence.

Scout et Jem sont admirables. Atticus est d'un calme olympien, avec des réflexions posées et un sens de la réparti incroyable. Dill est amusant, et les autres personnages sont évoqués avec délicatesse, même les "méchants" de l'histoire. L'auteur ne cherche pas à les agresser, elle montre leur faiblesse, leurs actes, mais se retient de juger. Après tout, elle écrit un magnifique ouvrage sur le respect !

Sur les trois années narrées dans ce livre, l'auteur a pointé des moment précis et l'on peut découper le livre en trois grandes parties : avant, pendant et après le procès. Je n'ai pas aimé une partie plus que l'autre. 

Trois mots

Trois mots pour :  Délicatesse, respect, style.

Aucun mot contre.


Au final 


Un livre superbe que je saurais que vous conseiller si vous en l'avez pas encore lu.

7 commentaires :

  1. J'ai ce livre sur ma Wish, j'espère me le procurer un de ces jours en occasion. :)

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    1. C'est un superbe livre qui m'a beaucoup touché.

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  2. Un livre marquant, que j'ai pris du temps à terminer mais qui est tellement riche !

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    1. J’avoue l'avoir plutôt dévoré ^^ Biz

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  3. Je ledudie en ce moment en classe. Cest un livre interressant sur les points cites. J'aime beaucoup la diversite des situations evoquees. Le point de vue de Scout est vraiment attachant. Pour dire je prends plaisir a le lire alors quil est en anglais !

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    1. C'est un de mes regrets, ne pas l'avoir lu en Anglais !

      Merci pour votre charmant commentaire, biz, nanet

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  4. Je suis aussi en train de l'étudier en francais au collège. C'est un livre vraiment excellent qui, comme vous l'avez dit, nous apprend beaucoup de choses sur le racisme dans les années 3o. J'aurais beaucoup aimer le lire en anglais, il ne doit en etre que meilleur.

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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