Debout les morts de Fred Vargas

"  Rien de tel qu'un support véridique pour y suspendre un mensonge.  "
(P201)



L'auteur
Frédérique Audoin-Rouzeau est née en 1957 à Paris. Elle écrit sous le pseudonyme de Fred Vargas
Titulaire d'un doctorat d'Histoire et auteur de romans policiers à succès, elle publie un livre par an depuis plus de dix ans, tout en menant une carrière de chercheur en Archéozoologie.

Résumé officiel

Un matin, la cantatrice Sophia Siméonidis découvre, dans son jardin, un arbre qu'elle ne connaît pas. Un hêtre. Qui l'a planté là ? Pourquoi ? Pierre, son mari, n'en a que faire. Mais la cantatrice, elle, s'inquiète, en perd le sommeil, finit par demander à ses voisins, trois jeunes types un peu déjantés, de creuser sous l'arbre, pour voir si... Quelques semaines plus tard, Sophia disparaît tandis qu'on découvre un cadavre calciné. Est-ce le sien ? La police enquête. Les voisins aussi. Sophia, ils l'aimaient bien. L'étrange apparition du hêtre n'en devient que plus énigmatique.

L'histoire

Sophia, cantatrice à la retraite, mariée avec un homme qui lui préfère ses journaux du matin, découvre un arbre dans son jardin. Un arbre que personne ne semble avoir commandé. Pierre, l'époux aux journaux, lui signale qu'un arbre, dans un jardin, c'est assez commun... Sauf que Sophia s'inquiète pour cet arbre arrivé chez elle inopinément.

Elle rencontre, dans les jours qui suivent, Marc, son nouveau voisin. Avec deux collègues chercheurs en histoire, et un peu en marge de la société (pour na pas dire sans emploi) et son oncle, ils ont choisi de s'installer dans la demeure voisine, un tantinet délabrée. Le loyer et l'espace étant les principaux atouts de ce choix...

Outre le fait d'avoir creusé sous l'arbre, sur demande de Sophia, ils vont surtout d’inquiéter de sa disparition et mener l'enquête avec des méthodes peu orthodoxes ! Comme des chercheurs en Histoire... se référant au passé, glanant des indices dans les archives, et oubliant presque que le présent est vital.

Mon avis

Lu dans le cadre des rencontres du club Lire @ Montpellier, ce bouquin est mon premier de Fred Vargas. Si je connaissais l'auteur, je savais les livres très doux et relativement faciles à lire.

L'auteur nous présente, dans un premier temps,  Sophia. Cette femme, ancienne cantatrice vit tranquillement dans une maison bourgeoise, occupant ses semaines de petites habitudes, comme ses repas du jeudi chez son amie. Ainsi, lorsqu'un élément vient perturber le calme de ses journées, son esprit se focalise dessus. Cet arbre, planté au fin fond de son jardin hante ses pensées. L'autre évènement est l'installation de trois jeunes hommes dans la demeure voisine. Elle sent là l'occasion de découvrir ce qui se cache sous l'arbre.

Fred Vargas nous donne alors la vision des faits depuis l'un d'eux : Marc. Jeune historien "médiévaliste" (passionné de la période médiévale, donc) en quête d'un emploi, et se retrouvant encore une fois dans la panade, va décider ses collègues à prendre cette baraque largement délabrée pour un modique loyer. Quatre étages, quatre hommes, quatre époques... Marc se voit affublé du deuxième étage (XI°), Lucien passionné de la guerre 14/18 prend possession du troisième, et Mathias, le chasseur-cueilleur habite le premier. C'est amusant, frais, et l'on retrouve les connaissances en histoire de l'auteure.

L'entrée en matière m'a donné la sensation d'un livre à deux entrées. Je pensais que l’auteure allait basculer de Sophia à Marc, jusqu'à la disparition de la première (ce point étant connu puisque cité dans la 4° de couverture). Mais rapidement l'histoire se focalise dur Marc et ses "évangélistes", surnom donné aux habitants de la maison par l'oncle de Marc, ancien flic en retraite, vivant au quatrième étage (contemporain, si on peut dire).

L'intrigue est assez facile, malgré les nombreuses fausses pistes données par l'auteure (un peu trop d'ailleurs). Bon, certes, je trouve souvent les assassins dans les livres policiers, et Fred Vargas met quelques indices, tout au long du livre. Des petites choses qui peuvent sembler anodines... mais qui assemblées révèlent la troublante vérité. Cela n'enlève rien à l'histoire. D'autres auteurs montrent rapidement l'assassin, comme dans Birdman de Mo Hayder, lu précédemment, sans que cela n’ôte de qualité à l'ouvrage. Il en est de même ici, avoir trouvé ne m'a pas empêché d'apprécier la plume simple et délicate de l'auteure, ni de suivre les raisonnements des chercheurs.

Je reviens sur la délicatesse du livre. L'auteur a délibérément pris le parti de la douceur, d'une ambiance calme, presque placide, avec des personnages limite neurasthénique, sauf Lucien qui bouillonne et donne au groupe un peu de souffle. Même les scènes un peu plus cruelles restent "soft". Pas d'écart, pas de sang, pas de cris, pas de violence. C'est reposant. C'est ce qui me fait dire que c'est délicat. Mais juste à la limite, car si l'histoire n'est pas parsemée d’hémoglobine, elle retrace tout de même un meurtre assez barbare. Sauf que l'auteur a choisi de le relater au passé, de taire les scènes agressives, violentes, sanglantes, pour ne montrer que l'après, la mort déjà là... il n'y a pas non plus d'autopsie avec des termes aguichants et stimulant nos peurs. Juste une évocation. Juste une petite levée de voile, nous laissant imaginer, grâce à tous les autres livres lus, ou aux films vus, ce que cette scène pourrait être.

C'est du coup, je crois ce que j'ai le plus apprécié, cette possibilité d’imaginer, de laisser voyager les idées, en traçant une histoire. Cela, et l'ambiance générale du livre, avec les évocations historiques, même si elles peuvent apparaître comme du remplissage. J'ai moins accroché aux références sur Moby Dick. Cela m'a fait sourire, l'auteur a dû relire ce livre peu de temps avant d'écrire ? A chacun ses sources d'inspiration.

Il reste deux points qui m'ont chagrinés. Le premier est l'incohérence globale de l'histoire, avec ces hommes qui s'ils sont attachants restent marginaux, et trouvent l'assassin avant les enquêteurs. C'était pourtant évident... le flic paraît vraiment léger, sur le coup. L'autre point est le sort de Mathias. il est décrit comme un homme grand, assez costaud, posé... et se faire assommer par l’assassin (chut, ce n'est pas parce que j'ai trouvé que vous saurez ! ) m'a semblé assez peu crédible.

Trois mots

Deux mots pour :  Douceur, ambiance.

Un mot contre : incohérences.

Au final 


Une lecture charmante, toute en douceur. J'ai beaucoup aimé le personnages des évangélistes, je tenterai de lire un autre livre avec ces personnages (si cela existe).

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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