L'homme qui rétrécit de Richard Mathéson

" Tout aurait été tellement plus simple si son cerveau avait été une fois pour toutes débarrassé du poison de l'introspection.  S'il avait pu achever sa vie comme un véritable insecte au lieu d’être pleinement conscient de chaque étape de son atroce déchéance. C'était la conscience de son rétrécissement qui faisait son malheur, pas le rétrécissement lui-même.  "
(P134)

L'auteur

Richard Mathéson né en 1926 dans le New Jersey, États-Unis.

Écrivain et scénariste américain spécialisé dans la science-fiction et l'épouvante, il a effectué des études de journalisme.

Ses deux premiers romans, Je suis une légende et l'Homme qui rétrécit, sont à présent des classiques du genre. 



Résumé officiel


" L'araignée fonça sur lui dans l'ombre des étendues sableuses, tricotant furieusement de ses pattes immenses. Son corps ressemblait à un œuf gigantesque et luisant qui tremblait de toute sa masse noire tandis qu'elle chargeait à travers les monticules privés de vent, laissant dans son sillage des ruissellements de sable. L'homme en resta paralysé. Il vit l'éclat venimeux des yeux de l'araignée. Il la regarda escalader une brindille de la taille d'un rondin, le corps haut perché sur ses pattes que le mouvement rendait floues, jusqu'à atteindre le niveau des épaules de l'homme."


Le film

(extrait à venir)

 L’Homme qui rétrécit (The Incredible Shrinking Man) est un film américain réalisé par Jack Arnold, sorti en 1957.Un autre film a été réalisé en 1980.

L'histoire

Touché par un nuage un peu bizarre, Scott va voir sa vie changer du tout au tout... Bel homme d'un mètre quatre vingt, avec une femme, une charmante gamine de cinq ans et un chat, sans oublier un job, un frère et tout ce qui va avec une vie d'homme dans les années cinquante aux states. après ce drôle de nuage, il va peu à peu rétrécir. Son corps va garder la même forme, il ne s'agit pas d'un amaigrissement, mais bel et bien d'un rétrécissement... il perd 0,35 mm par jour ! 2,5 cm par semaine.

Mon avis

L'auteur a choisi de raconter son histoire en mêlant l'action immédiate aux souvenirs des derniers mois. Ce mélange permet une double entrée dans l'histoire. Après un premier très court chapitre où l'on voit un nuage certainement radioactif venir immerger le héros, l’aventure démarre sur les chapeaux de roue, avec une course poursuite entre un petit bonhomme de quelques centimètres et une araignée énorme : Une veuve noire !
Veuve noire

Pour mémoire, Latrodectus mactans est une espèce de petite taille, la longueur du corps est de 15 mm chez les femelles (les mâles étant plus petit). Sauf que pour Scott, notre héros, elle a la taille d'un pachyderme, la vitesse d'un tigre, et... son appétit !

Surfant entre Horreur et Science Fiction, le livre égrène ses pages en nous entraînant dans des combats épiques contre ce monstre - juste de quoi devenir arachnophobe si on ne l'est pas auparavant - et des scènes où notre Tom-pouce doit gravir des montagnes - siège d'extérieur, table basse... -trouver de quoi se nourrir, même si a cette taille, des miettes suffisent ! encore faut-il qu'elles soient accessibles, et encore comestible.

Car, notre bonhomme diminue en taille, tout en conservant son organisme parfait. Ses besoins restent donc les mêmes, tant au point de vu alimentaire que sur des "besoins" plus précis - cela reste un homme ! - et il finit par déprimer, a se voir ainsi diminué.

L'auteur a su écrire sur la réflexion de cet homme, devenant "un moins que rien" et s'imaginant mort, avec une date calculée (le livre démarrant une bonne semaine avant). Mathéson décrit les différentes phases de Deuil, avant que le concept ne soit créé avec une véracité frappante. Scott passe par toutes plusieurs phases, les plus marquées étant la colère et surtout la dépression. Il focalise sa colère contre tout le monde, sa femme en priorité qui ne le voit plus vraiment comme un mari, mais comme un enfant, surtout lorsqu'il en mesure plus qu'un mètre (on la comprend, cela ne doit pas être très facile) D'ailleurs, comme le livre est axé uniquement sur le personnage de Scott, nous n'avons jamais le point de vu de sa femme, ni des autres protagonistes intervenant.

J'ai bien aimé aussi la réflexion sur le merchandising de son état avec les journalistes en quête d'un scoop, et finançant la vie du couple. L'auteur a su montrer aussi ce point, fondamental : Scott en rapetissant perd son job ! Ce qui bien sûr n'aide pas à reprendre le moral...

Je vais arrêter là cette présentation, sinon, vous n'aurez plus rien à lire. Je terminerai en disant qur je lirai bientôt Je suis une légende.

Trois mots

Trois mots pour :  Action, Style, Intrigue


Aucun mot contre.

Au final 


Une magnifique découverte ! Je vous conseille vivement de lire ce bouquin qui frôle le coup de coeur.

Lu dans le cadre des challenges ABC 2012, ABC de l'imaginaire et SSSF

7 commentaires :

Aidoku a dit…

J'aime beaucoup Matheson. Je suis une légende est un de mes romans préférés. Pourquoi pas de coups de cœur ?

Frankie a dit…

Je n'ai vu que la version ciné des années 50 qui doit bien avoir vieilli. Il faudrait que je lise celui-ci car Je suis une légende m'a beaucoup plu et ça peut donc donner quelque chose de bien ! :)

Isa a dit…

Je viens tout juste de l'acheter parce que ma bibliothèque ne l'avait pas. Ça l'air très bien ! J'ai bien hâte de le lire.

nanet a dit…

Pas un coup de coeur, car je suis très difficile et ne les donne qu'avec parcimonie. J'ai trouvé quelques passages poussifs, manquants de vivacité et un peu redondants d'où ce 9/10...

Il faudra qu'un jour je précise les notations de mes gre-gre.

Biz

nanet a dit…

Je ne me souviens pas d'avoir vu ce film, et à l'époque où j'ai choisi ce livre je ne trouvais pas 'Je suis une légende'... sans compter que j'ai vu le film et que je n'aime pas lire des livre des films vus. Comme je sais, depuis qu'il n'y a pas grand chose de commune entre le film et le livre, je suis moins réticente... il entrera donc sous peu dans ma Pal (on me le prête)

Biz

nanet a dit…

Il est très bien ! tu vas te régaler, cet auteur a beaucoup de talent. J'aime bien sa façon de raconter, et l'horreur est particulièrement crédible.

Biz

totorosreviews a dit…

ca devait être original à l'époque, maintenant c'est un peu vu et revu, mais ça reste intéressant :)

 

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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