La poésie du Sirchy de Giscard Assoumou Ella

" Hier soir, j'entendais les gens ternir ton image
Et, j'ai été beaucoup choqué par cette outrance
C'est pourquoi j'écris ce sonnet tel un hommage
m'amenant à mieux rehausser ta prestance"

(P6 - A la musique, premier couplet)




Ce livre a été lu dans le cadre de l'association Des crayons et des plumes
Je remercie Giscard Assoumou Ella pour ce cadeau charmant. 


L'auteur

Giscard ASSOUMOU ELLA, né en 1985 à BITAM (GABON)

Chercheur-doctorant en sciences économiques et sociales, Laboratoire d’Economie Appliquée au Développement (USTV)



Résumé officiel


Ce recueil est un miroir qui reflète le monde dans lequel vit l'auteur et la façon dont il le juge et l'imagine. Inspiré des faits de société, il permet l'expression d'une sensibilité, d'une émotion face à un monde où la souffrance, les injustices, les inégalités, le mensonge, l'insouciance machiavélique des dirigeants, la volatilité ou l’inaccessibilité du vrai amour... sont des réalités quotidiennes. L'auteur enfile un costume de révolutionnaire, "la voix des sans voix" qui veut rendre le monde meilleur.


Le petit plus

Alors qu’il venait juste d’avoir son baccalauréat, l’auteur quitte sa ville natale (Bitam) pour Libreville afin de poursuivre ses à l'Université, avant d'apprendre qu'aucun cours n'y sera dispensé pendant un an, comme dans toutes les écoles supérieures du pays. Que faire, alors, des quatre prochaines saisons? Désœuvré, l'auteur observe ce qui se passe autour de lui et choisit de prendre la plume. Pour parler de son pays, de la société, des hommes, et de l'amour aussi… 

L'histoire

Il m'est difficile de parler d'une histoire. Ce livre est composé de poèmes très hétéroclites, abordant des sujets très différents, depuis l'amour envers les femmes, envers Dieu mais aussi d'autres textes sur le respect de la nature, le mal que lui font subir les hommes, trop cupides, trop axés sur leurs besoins au détriment de la terre. L'auteur parle aussi du Gabon, son pays, sa patrie, et l'on sent un attachement énorme avec des relents de douleurs face au sort que subissent les hommes, ses frères, dans cette contrée esseulée, appauvrie par le manque d'emploi, par un colonialisme latent et d'autres malheurs tout aussi sauvagement dévastateurs. 

Mon avis

Si les premiers poèmes m'ont envoûtés par la richesse des sujets et les thèmes abordés, sur une forme classique, j'ai été un peu plus déroutée par les suivants, écrits librement et laissant les mots faire foi. J'avoue que j'aurais plus de mal à parler de ces derniers... puisque je n'ai pas l'habitude des poèmes non structurés, et que la versification libre reste pour moi un mystère.

Certes, je pourrais tenter d'expliquer chaque poésie, au travers du sens, au travers des mots utilisés, mais ce serait vraiment long et fastidieux ! Je signalerai juste que ces textes sont rythmés soit par une répétition de quelques mots, soit par un jeu de rime, et que la lecture en est aisée, agréable, quel que soit le sujet traité. Pour l'un de ces textes, je me suis surprise à chantonner, comme une mélopée, comme envoûtée par la musicalité. C'est vraiment sympathique de se laisser emporter ainsi par des mots.

Route menant au village de Sirchy - Gabon - image fournie par l'auteur. 
Parti de son village l'auteur nous entraîne dans cet ensemble de poèmes sur la route. Chaque ode est un peu de découverte, de son pays, de son voyage. Teinté de religion, sans que cela n'envahisse tout le livre, on comprend son respect. On peut pourtant lire cet ensemble sans se sentir poussé vers sa croyance, puisque ces textes n'ont pas but de propagande, contrairement à d'autres, plus révoltés, plus assoiffés, qui prônent la liberté des hommes dans leur pays, dans leur univers. 


Mais je voudrais revenir sur les quelques poèmes en quatrains et tercet, les premiers. Là, l'auteur s'adonne à un exercice de style, respectant la forme usuelle (ABAB - ABBA - AAB - BAA). Ces rimes enchâssées donnent au texte une structure qui limite la création, et l'auteur a su tirer une force de cette forme quasi imposée. Certes, il a du coup zappé les mètres, surfant entre alexandrins et vers en dix pieds (j'ai oublié le terme) et encore, je ne me suis pas amusée à compter tous les textes...

Ceci pour dire que l'auteur a réellement choisi les formes de ses écrits. Il joue avec les mots, les formes de ses textes pour nous amener dans ses pensées. Certains mériteraient d'être étoffés, retravaillés et quelques mots réécrits. C'est là, on le sent, une oeuvre de jeunesse, pleine de force et de vitalité, qu'un peu de maturité améliorerait encore.

J'ai beaucoup aimé les deux textes très courts - "J'ai un compagnon" et "La grogne" - composés d'une seule strophe (4 et 6 vers) avec des rimes enchâssées. Ils sont percutants tant dans la forme que dans le sujet.

Et pour terminer sur la forme, le poème "Croix battue" est à signaler, le jeu de forme et le texte se complétant. On retrouve dans le texte, des mots faisant référence à la religion et au sacrifice... en même temps qu'une évocation de l'année sans étude de l'auteur. Il porte sa croix...

Trois mots

Un mot pour : musicalité

Deux mots contre : hétéroclite, manque de maturité


Au final 


Je lis peu de poésies, mais je me suis laissée guider par ces mots pleins de charmes à la découverte d'un pays, d'une âme. Merci. 

3 commentaires :

  1. Bonsoir,
    Je te remercie, chère Anna, pour ce texte qui résume bien "La poésie du Sirchy". On dit souvent que "c'est de la bouche des enfants que sort souvent la vérité". Cet œuvre de jeunesse a pour mérite de dire les choses sans langue de bois, tel que l'auteur les ressent. Encore merci pour ta grande contribution.
    G. ASSOUMOU ELLA

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  2. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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    1. Il serait intéressant de préciser votre nom, ou pseudo ! Comment discuter avec .... personne ?

      Ce message sera supprimé ce soir, n'apportant rien à la discussion !

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