Precious Bane (Sarn) de Mary Webb

"Car on allait maintenant jusqu’à dire que, par les sombres nuits sans lune, je prenais la forme d’un lièvre courant sur les collines et que j’avais un passage secret sous le cimetière. Ces contes avaient d’abord été dits en plaisantant ou par médisances, ou pour effrayer les enfants ; puis ils avaient pris corps dans la solitude de ces vieilles fermes pleines de craquements et de gémissements les soirs de tempêtes."




L'auteur

Mary Gladys Meredith Webb est née en 1881 dans l'Ouest de l'Angleterre et est décédée en 1927. 

Romancière anglaise, elle est connue pour être l'auteur de Sarn (Précious Bane), roman qui devint best-seller après qu'il fut préfacé par Stanley Baldwin, premier ministre britannique, mais uniquement un an après la mort de l'écrivaine...

Résumé officiel

Sarn est le nom d'un étang, d'une ferme, d'une famille, dans une province reculée de l'Angleterre où les superstitions ancestrales, la sorcellerie ont plus de présence que la réalité des guerres napoléoniennes. A travers l'histoire de Gédéon Sarn, ambitieux et cupide, et de sa soeur, la douce Prue que défigure un bec-de-lièvre, ce roman plein de bruit et de fureur, d'incendies, de poisons, d'enfants abandonnés, est une fable morale où l'ordre triomphe du désordre, où l'amour universel l'emporte sur la passion égoïste.


Le petit plus

Il existe une adaptation TV française en N&B réalisée en 1968 par Claude Santelli avec Pierre Vaneck, Dominique Labourier et Danièle Lebrun.

L'histoire

L'histoire se déroule près d'un étang, dans un coin reculé. Du coup, les gens se fichent un peu du monde et ont tendance à focaliser sur les évènements qui les entoure...  L'auteure raconte l'histoire de Gédéon Sarn, un homme ambitieux et cupide qui, après avoir provoqué la mort de son père, prend la direction de la ferme (éponyme), asservissant ainsi sa mère et sa douce Prue, sa soeur défigurée par un bec-de-lièvre. Entre morale et conte.... avec un brin de fantasy, et une romance sous-jacente digne des beaux contes de princesses. .

Mon avis

Ce roman-nouvelle est sorti en 1924, et du coup, il est un peu suranné, surtout sur le plan de l'écriture ! Car sur le plan des sentiments, et de l'étude des meurs, des comportements, il n'a rien de démodé... le racisme envers les personnes défigurées étant toujours présent. Les différences sont encore mal vues.

Sarn, c'est le nom de l'étang, mais aussi celui de notre héroïne, Prue. Cette jeune femme porte un bec-de-lièvre et subit les affres des regards et réflexion de ses contemporains, notamment de son propre frère, le cupide Gédéon, prêt à tout pour parvenir. La vie de Prue aura pourtant de belles éclaircies, de bons moments. C'est une jeune femme attachante avec un charisme incroyable et l'auteur a su la rendre si belle, si touchante ! 

Mais revenons un peu sur l'intrigue. Lire le résumé laisserait croire que nous sommes dans une petite histoire d'amour, avec ses quiproquos... et que l'amour viendra résoudre tous les problèmes. Mais c'est autre chose. C'est une fable majestueuse et piquante, avec des scènes à la limite de la sagesse, avec quelques bons mots qui laissent sourire et surtout une opposition entre le bien et le mal, la force et la douceur, la cupidité et l’ambition face à la douceur, la simplicité de l'amour. 

L'auteure a écrit un texte riche, avec des descriptions somptueuses et un peu ardues en Anglais, je l'avoue. J'ai cherché pas mal de mots, tant elle a su embellir les choses et user de métaphores. Cet écrin majestueux englobe des personnages d'une simplicité déroutante. C'est Prue qui nous narre son histoire, en regardant son passé, son enfance, et Mary Webb lui prête une écriture fine, posée, à la limite du poème, ce personnage étant justement doué pour l'art d'écrire. 

Prue a su vivre et aimer malgré son bec-de-lièvre qu'elle considère comme un "fardeau précieux" (Précious Bane - titre du livre en Anglais) et qui lui a permis de se dépasser, de devenir meilleure, plus forte. Et il lui faudra être forte pour résister aux cruels villageois et à leur bêtise ! Sans oublier son propre frère et ses sautes d'humeur, ou encore ses idées réactionnaire. Quel sale type ! Il asservit tous ses proches, jusqu'à leur mort...  

C'est malheureusement cette force de Prue qui sera aussi mise en cause, la faisant passer pour une sorcière (!). Ce terme cache en fait une femme libre, à une époque où elles étaient soumises, et surtout dotée d'une intélligence et d'une éducation qui lui permettront de se sauver des situations ardues. 

Fort heureusement et même si l'on peut trouver cela très manichéen ou mâtiné d'eau de rose, Prue rencontre Kester Woodseaves. Je ne m'attarderais pas sur ce point, c'est mignon et très romantique. 

Trois mots

Deux mots pour : écriture, étude des comportements

Un mot contre : (pas vraiment lié au livre) difficulté à lire ce livre pourtant superbe, mais écrit en ancien Anglais.

Au final 

J'ai adoré lire ce livre et je vais le relire, mais en Français, car je pense être passée à côté de quelques descriptions.


Lu dans le cadre du challenge ABC 2012.

0 commentaires :

Enregistrer un commentaire

Merci de laisser des commentaires constructifs, afin que nous puissions échanger sur les lectures présentées.

Les commentaires anonymes ne seront pas publiés.

Bonne journée, merci de vos petits mots, Biz, nanet.

 

Les mots d'un autre

Les mots d'un autre
"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

Ma liste de blogs

Pour me contacter

Nom

E-mail *

Message *

Membres

Articles les plus lus (7 derniers jours)