ApoKalypse de P.J. Lambert

" Le bistrot du Jura : ce qui se fait de mieux en la matière. Ça donne dans l'ancien, dans les tables de chêne massif, dans le tonneau cerclé d'acier, dans les chopines et le chaudron, dans le cuivre des vrais ustensiles ; ça possède une âme véritable. "
(P153)




L'auteur

Patrick Jérôme Lambert

Auteur français de romans policiers et de thrillers, de formation anglo-saxonne, Patrick a vécu plus de vingt ans à l’étranger (Asie, Océanie, Europe, pays arabes) où il a travaillé sur les marchés financiers. Il vit aujourd'hui à Montpellier et se consacre pleinement à l’écriture.

Résumé officiel

Qu’un laboratoire veuille en racheter un autre est dans l’ordre des choses. Mais pourquoi payer un prix si élevé ? Et surtout, pourquoi les actionnaires opposés à ce rachat meurent-ils brutalement ? David Meyer, le journaliste bon-vivant spécialisé en matière criminelle croyait avoir tout vu. Or cette affaire se révèlera rapidement être la pire de toutes. Entre tueurs psychopathes, secte apocalyptique, OGM et poupées russes, il se retrouvera en effet confronté à une énigme impitoyable et mortelle, dont l'enjeu n'est autre que la vie de tous ceux qui lui sont chers !

L'histoire

Un journaliste, spécialisé en enquêtes criminelles se retrouve au coeur d'une sombre affaire, où les meurtres semblent s'accumuler rapidement Les premiers ressemblent à s'y méprendre à de vulgaires accidents... mais plus David Meyer avance dans ses recherches, plus il découvre de cadavres ! A qui profite ces crimes ? 
Mon avis

Ayant rencontré l'auteur, lors du salon de la Comédie du Livre à Montpellier, je gardais ce livre sous le coude pour cette fin d'été, période où j'aime replonger dans des livres d'aventures, des policiers... ou des romances. 

Ici, nous sommes dans un policier, à la limite du thriller si l'on compte le nombre de meurtres ! Mais l'auteur nous fait grâce de scènes sanglantes au possible et évoque plus qu’il ne montre les assassinats perpétrés. J'adore. J'ai de plus en plus de mal avec les longs déballages sanguinolents, les scènes de pure violence, et l'évocation est tout aussi efficace. D'autant plus que l'auteur sacrifie à son histoire de nombreux protagonistes... et ces descriptions auraient surchargé le livre au détriment de l'intrigue.

Justement cette intrigue ! Dire qu'elle est complexe serait un euphémisme. Patrick Lambert nous balade dans un micro-road-book, passant de Chypre à la région Auvergnate, sans oublier Paris. David, le personnage principal, sorte d'antihéros si l'on compte le nombre de coups et bosses qu'il récolte tout au long des pages, n'hésite pas à se déplacer pour les biens de sa quête. Il s'est pris au jeu, et veut découvrir les tenants et les aboutissants de cette histoire. Comme nous. Aidé par des amis Flics, sans avoir leur contrainte, il se permet d'entrer là où ses derniers ne peuvent qu'attendre les documents officiels... il passe du coup largement les bornes, ce qui lui ait signifié à grand coups de poing...

Mais l'enquête avance. Pas bien vite. David sent bien que plusieurs éléments sont liés, mais sans preuves. Il tâtonne. Il lance des pistes. Tente des approches. Et peu à peu, tout de même parvient à comprendre les rouages de cette intrigante succession de meurtres.

Je n'ai pas cherché à comprendre cette intrigue bien que quelques indices y mènent, et me suis laissée bercer par la prose charmante et drôlement efficace de l'auteur. Certes, devant les nombreuses ouvertures, je me demandais un peu où il nous entrainait, mêlant allègrement mafia russe, tueurs à gage (bien qu'avec la mafia), secte apocalyptique avec un gourou particulièrement avide de pouvoir sans oublier le génie génétique, les laboratoires, les plants OGM... et comme si cela ne suffisait pas à nous embrouiller : des prostitués et des club échangistes ! Bref, des pièces de jeu qu'il assemble et présente au fil des pages, on sent bien qu'il y a un rouage quelques part qui va tout expliquer, mais encore faut-il le trouver...

L'histoire est narrée en deux parties, non pas dans le découpage global, mais dans les formes utilisées. La majeure partie est à la première personne, et suit David, ses sentiments, ses réactions. Mais tout un autre pan de l'histoire est narré extérieurement, par l'auteur, et nous dévoile des scènes qui resteront inconnues au héros. Elles se passent alors qu'il est ailleurs et il n'en entendra lui-même parler qu'au détour d'"un nouveau cadavre venant s’additionner à la longue liste, ou n'en saura même jamais rien. Cette double entrée permet à l'auteur de jongler entre ce que sait David et ce qu'il ignore. Nous en savons donc par moments plus que le héros, et cela donne encore plus ce sentiment d'un personnage pommé.

Ce qui m'a le plus plu dans l'écriture, ce sont les descriptions, comme celle cité en entrée cette chronique. c'est vivant, c'est chaud. Les mots sont choisis mais sans ostentation, sans aller vers des mots riches mais plutôt vers une gouaille. Un style collant parfaitement à l'image de David avec un langage acerbe par moments, des réactions épidermiques et des réflexions caustiques. L'homme est pourtant capable de mesure. De réserve. Les deux -narration et personnage- sont intimement liés. L'ensemble est dynamique, sans vrais temps morts, et cette écriture sert allègrement l'histoire. Elle la porte.

Je finirai par une évocation du temps, qui dans se livre se veut à rebours. Nous démarrons à J-46... cette mise en trame m'a amusée, et j'ai suivi avec attention le décompte des jours, tout en sachant que l'histoire ne trouverait son dénouement que lorsque ce sablier virtuel serait arrivé à son terme. Cette façon de nous faire patienter est bien pensée.

Trois mots

Trois mots pour : Style, Intrigue, décompte des jours

Aucun mot contre

Au final 



Une lecture intrigante qui m'a donné envie de lire autre chose de cet auteur, ne serait-ce que pour retrouver ce style fort sympathique. 

3 commentaires :

Aurélie a dit…

J'ai un bouquin de l'auteur dans ma PAL et, comme à chaque fois, ta chronique me donne envie de me plonger dedans :)

nanet a dit…

Il a une belle plume, tu devrais te régaler! Lequel est-ce, tu te souviens ?

Biz

Aurélie a dit…

Les murmures du tombeau :)

 

Les mots d'un autre

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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