J'ai tant voulu être aimée de Corinne Nadaux

" Elle avait toujours rêvé en secret d'un anniversaire surprise qu'on lui organiserait juste pour elle, juste pour lui faire du bien, juste pour lui montrer combien on l'aime et combien elle compte pour ses amis et sa famille."
(P205)
Livre lu dans le cadre de l’association Des Crayons et Des plumes.
Je remercie Corinne pour sa confiance. 

L'auteur

Corinne Nadaux est née en gironde, en 1960.

Infirmière carrière, un accident grave d'équitation l'a contrainte à quitter mon métier et à abandonner sa passion pour le cheval. Elle a après de long mois de rééducation décidé de se reconvertir et s'est mis à l'écriture : "Ce roman comme un éxutoire à la douleur, m'a permis de me reconstruire et d'aller de l'avant".


Résumé officiel

Elle s'immergea une dernière fois dans ses yeux sombres, y chercha un fil d'amour auquel s'accrocher, pour le tisser, le nouer, le renforcer. Elle chercha, chercha encore, sur sa bouche pulpeuse, sur son nez où brillait une fine cicatrice comme un petit serpent bleuâtre, sur ses joues bien remplies devenues si pâles, dans son cou où elle aimait enfouir son nez, humait son odeur, déposer un baiser. Elle chercha, à bout de souffle ce fil d'amour qui s'était dissout par lassitude. Elle remonta à la surface, bredouille, déchirée par l'amertume et s'échoua sur la plage grise de la désillusion. Ils se séparèrent sans un mot. Tout avait été dit.

L'histoire

Ce petit roman raconte une vie, celle de Clarisse, femme malmenée par les siens, par la vie, mais qui malgré tout continue, avance... passe chaque épreuve et espère.

Mon avis

Ayant eu l'occasion de discuter avec l'auteure, je savais, dès les premiers chapitres que ce livre retraçait sa vie, sous forme romancée. Peu adepte des autobiographies, j'ai lu ce livre en tentant de me dégager de ce précepte, de l'imaginer comme un roman, un drame. Et ça marche !

Le titre lui-même est déjà porteur de cette sensation, présente tout au long du livre, d'une être malmené par les autres, mal aimé. Trop aimé dans son enfance, jusqu'à l'étouffement par une mère sévère et elle-même confrontée au mal-amour, le personnage principal parvient à fonder sa propre famille, tentant essentiellement de fuir les relations complexes et colériques de la précédente. Ce mariage, voué à l'échec des les premiers mois, tiendra pourtant plusieurs années... et les non dits s'accumulant, les blessures de l'âme écrasant le corps de Clarisse, elle trouvera enfin une sorte de porte de sortie dans les bras d'un amant. Chassant de sa vie un époux envahissant et quelque peu ravageur, elle reprendra sa vie, sa liberté, et enfin pourra espérer un peu de bonheur.

J'avoue que les malheurs accumulés font de la vie de Clarisse-Corinne, une vie pas banale, et son expiation sous forme d'écrit aura, je l'espère, contribué à lui rendre le sourire, la force d'avancer, d'aimer encore.

Dans tous les malheurs qu'elle nous présente, on ressent une envie de passer l'éponge, d’effacer les souffrances, de lutter contre ces gens qui régulièrement l'ont assaillis de leurs maux (et mots, aussi). L'infirmière qu'elle est, même si elle n'exerce plus, est présente dans sa façon de regarder les autres. Elle cherche toujours ce petit rien qui excusera leur geste, le petit rien qui permettra de les aider. Mais la vie est ainsi faite, que parfois, même les soignants ne peuvent panser les plaies ! Et, à trop vouloir excuser, on se bouffe soi-même...

Je ne vais pas vous raconter ce livre, ce qui s'y passe, à vous de le lire. Je vais plutôt revenir sur l'écriture de Corinne. Les mots coulent. Les phrases sont douces. Le rythme général est assez lent, s'arrêtant sur les sentiments, et la narration, extérieure puisque nous suivons les pas de Clarisse, revient sur les destins croisés de plusieurs protagonistes, tentant d’expliciter par leur vie, les relations entretenues avec l’héroïne.

C'est donc une belle prose que nous offre l'auteure, avec un dialogue simple, des mots de la vie de tous les jours - les quelques notions médicales utilisées ont été réunies dans un glossaire, c'est très sympa pour les novices - bien que l'on sente une recherche stylistique. Je lui reprocherai un manque de rythme dû tant  à la narration qu'aux éléments rapportés. Peut-être que dans un prochain ouvrage, il lui faudra essayer de se lâcher, de perdre se contrôle permanent sur ses mots... et gagner ainsi un petit brin de fraîcheur. Peut-être introduire plus de dialogues, pour couper l'effet narratif ?

Enfin, je terminerai par les jolies petites phrases qui entament chaque chapitre, citations d'auteurs plus ou moins connus... je voudrais à mon tour en offrir une à Corinne : "On peut pardonner, mais oublier, c'est impossible." (Honoré de Balzac).

Trois mots

Un mot pour : Délicatesse
Un mot entre les deux : Citations
Un mot contre : Rythme.

Au final 


Je remercie Corinne pour ce joli moment de lecture. C'était très agréable, bien construit.





note : je change peu à peu mes Gre-Gre qui noteront donc de 1 à 10 (Coup-de-coeur)... mais ne reviendrais pas sur les anciennes. 

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