Les Mensonges de Locke Lamora de Scott Lynch [série : Les Salauds Gentilshommes]




Editions Bragelonne


 551 pages



Résumé officiel

On l'appelle la Ronce de Camorr. Un bretteur invincible, un maître voleur. La moitié de la ville le prend pour le héros des miséreux. L'autre moitié pense qu'il n'est qu'un mythe. Les deux moitiés n'ont pas tort. En effet, de corpulence modeste et sachant à peine manier l'épée, Locke Lamora est, à son grand dam, la fameuse Ronce. Les rumeurs sur ses exploits sont en fait des escroqueries de la pire espèce, et lorsque Locke vole aux riches, les pauvres n'en voient pas le moindre sou. Il garde tous ses gains pour lui et sa bande : les Salauds Gentilshommes. Mais voilà qu'une mystérieuse menace plane sur l'ancienne cité de Camorr. Une guerre clandestine risque de ravager les bas-fonds. Pris dans un jeu meurtrier, Locke et ses amis verront leur ruse et leur loyauté mises à rude épreuve. Rester en vie serait déjà une victoire...

La série



L'histoire

Après un fléau dévastateur, le Faiseur de Voleurs achète aux gardes Jaunes (gardes de la ville) trente enfants nouvellement orphelins... pour en faire des voleurs. Un orphelin se faufile dans le groupe d'enfants payés, Locke Lamora. Extrêmement intelligent, il cause quelques soucis au Faiseur de Voleurs à cause "de son manque de prévoyance et de retenue". Ce dernier décide de vendre Locke à Chains, un prêtre du treizième Dieu, qui protège des voleurs...

Cette partie de l'histoire, sur l'enfance de Locke, est en parallèle avec celle des Salauds Gentilshommes qui ont élaboré un plan complexe pour dévaliser -de la moitié de sa fortune, uniquement- un couple de Don, Lorenzo et Sofia Salvara.

Mon avis

J’aime la fantasy, au cas où cela serait passé inaperçu... et lorsque je lis des romans comme celui-ci, je me dis que je ne comprends vraiment pas pourquoi je m'embête à lire autre chose ! Il y a tout dans cette histoire. Amour (même si... on va y revenir), action, intrigue drôlement complexe, politique, histoire, humour... bref, une vraie belle prose qui vous prend dès les premières pages et vous fait passer par plein de sentiments.

" - Un jour, Locke Lamora, dit-il, un jour, tu merderas si superbement, si ambitieusement, de façon si accablante, que le ciel s'embrasera, que les lunes valseront et que les dieux eux-mêmes chieront des comètes de jubilation. J'espère simplement que je ne serai pas là pour voir ça. 
- Allons donc, avait répliqué Locke. Ça n’arrivera jamais. "
(P541)

L'auteur nous fait suivre les aventures d'un groupe d'escrocs, nommé les Salauds Gentilshommes. Ce n'est pas le nom que leur donneny les autres ! C'est leur nom. Celui de leur groupe, car dans la ville de Camorr, chaque groupe de voleur porte un nom, en fonction de son quartier, de ses spécialités...

Camorr elle-même est au centre de l'histoire. L'auteur a glissé une carte au début du livre mais son utilité ne m'a pas paru intéressante. Je ne l'ai pas regardé une seule fois, tout au long de la lecture, tant les descriptions, les explications de Scott Lynch sont suffisantes. C'est un des points forts de l'auteur. Il dépeint la ville, les habitants, les quartiers, les moeurs, l'histoire, et surtout les petites histoires avec brio. Il nous dévoile peu à peu les lieux importants de cette ville où les rues sont des canaux maritimes...

Scott Lynch a choisi de placer ses personnages dans une période ressemblant au Moyen Âge, avec des rues sales, des bateaux à rames ou propulsé à l'aide d'une perche, et des inventions magiques pour tout le reste. Les lampes sont en fait des pierres aux dons particuliers, les murs de certaines tours sont des legs d'un lointain passé, et reflètent une luminosité intéressante. Bref, Scott Lynch ne s'est pas contenté de mettre son histoire dans un passé moyenâgeux, il a aussi créé toute une base à son histoire. Tout un passé. Et, s'il ne le dévoile pas entièrement, il en donne de nombreux aperçus, au fil de son texte.

C'est d'ailleurs un constat permanent, son livre fourmille d'informations, de petites anecdotes sur les personnages ayant ne serait-ce qu'une page d'existence. Les plus longs sont traités sous forme d'interludes, qui viennent s'intercaler au sein de l'ensemble du livre et qui rapportent des éléments primordiaux, comme par exemple l'explication fondamentale des Pierres Spectrales.

Puisque je parle de la forme, le livre est divisé en deux grandes histoires entremêlées, auxquelles s'ajoutent les fameux interludes. L'auteur joue sur le temps. Il narre l'enfance et l'éducation de Locke et de ses amis, et en parallèle l'intrigue du livre avec le vol des Slavaras par nos héros sur fond de vendetta générale : le Roi Gris s'en prend à tous les groupes de Voleurs de la ville, montrant clairement son intention de nuire au Capa Barsavi (sorte de parrain).

Les rouages de l'histoire sont complexes, l'intrigue aussi. La partie politique avec la pègre, les nobles, les accords entre les voleurs, les clans est savamment dosée.

Et pourtant. Pourtant ce livre n'est pas comme vous le constaterez dans le final un coup de coeur. S'il frôle le titre, c'est pour les quelques passages un peu longuets, surtout au début ou lorsque Locke cherche une tenue pour retourner chez les Salvara (j'ai trouvé cette partie franchement longue et inintéressante). Certes, l'écriture fraîche et dynamique, les dialogues croustillants -à la limite du vulgaire, parfois -, les descriptions somptueuses ont vraiment fait de ce livre une des belles lectures de l'année. Mais voilà, pendant quelques pages, j'ai eu du mal. Du mal aussi avec certaines scènes très violentes. L'avantage des belles descriptions se perd justement là, avec des visuels très parlants. Le manque de manichéisme de l'auteur est à noter, et c'est bien sûr un très bon point.

Je terminerai par les personnages. Locke, Chains et Jean sont bien sûr mes préférés. L'auteur a su créer un personnage principal incroyable. Intelligent, il n'est pourtant pas parfait, et se voit souvent roué de coups lorsque ses plans foirent... ce qui est relativement fréquent. Toutefois, il est adorable et adoré par les siens, ses frères Gentilshommes. C'est leur Garrista, leur chef. Le cerveau de la bande, car s'il est resté fluet et ne déborde pas de talents que ce soit en escrime ou dans les tours de main, il sait monter des plans ! Surtout sous la pression. La Ronce de Camorr porte bien son nom, les ronces, ça pique, ça s'agrippe...

Chains est mystérieux, professeur parfait d'enfant qu'il sauve de la misère et fondateur d'un groupe puissamment armé pour devenir des princes du vol. Quant à Jean, son éducation et sa force, son charisme m'ont envoûté. Les autres, les frères Sanza, Moucheron, Ilénus... sont des protagonistes que l'on ne peut qu'apprécier. Et j'aurais une petite pensée pour Sabetha, incroyablement présente pour... une absente.


Trois mots

Trois mots pour :  Style, Intrigue, Complexité.

Aucun mot contre.

Au final 

Une lecture passionnante, qui m'entraîne vers la suite. un monde créé et conté avec talent, et des personnages forts.

Lu dans le cadre du Baby-fantasy 2012 et du Big-challenge L@

10 commentaires :

  1. J'avais adoré ce premier opus moi aussi, nettement moins le second, mais ceci est une autre affaire. Je suis tombée sous le charme de ces Salauds Gentilshommes, et l'intrigue est tellement bien ficelée qu'on ne peut que se laisser emporter !

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    1. Le second est sur mon étagère II... donc en attente. La I concerne les livres à lire dans les 6 mois. la II les livres que je "dois" lire. Très compliqué comme organisation. J'ai aussi une étagère challenge...

      Bref, je ne sais pas encore quand, mais il sera lu. J'espère y retrouver les deux personnages principaux, mais je sais déjà que Sabertha n'y sera pas. Elle apparaît dans le 3°

      Biz

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  2. Bon j'ai enfin pris le temps de lire ta chronique (un peu occupé dernièrement). Alors oui les passages sur les vêtement et autres sont denses et peuvent être pris pour des longueurs, mais moi j'ai trouvé que ça apportait un aspect plus riche à l'univers. Chaque caste ayant ses codes vestimentaires. Enfin au final content qu'il t'ait plu, il te reste plus qu'à lire la suite ^^

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    1. C'est surtout le chapitre de la banque, lorsqu'il recherche une tenue que j'ai trouve long.... et inutile.

      Biz

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  3. Je n'avais pas trop aimé le premier tome mais si il est pas mal...

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    1. On ne peut pas tout aimer ! mais il y avait lgtmps que je n'avais pas plongé ainsi dans un livre qui de surcroît ne m’attirait pas au départ (lu pour le bay challenge essentiellement)

      Merci de ton passage, biz

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  4. j'ai bien aimé mais sans plus...

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    1. Dommage, tu préfères quoi comme style ?

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  5. Comme tu as lu ma chronique, tu sais que pour moi, les longueurs se sont transformées en pensum mais au final, je suis ravie d'avoir persisté car j'ai adoré le dernier tiers et quand je pense au livre, maintenant (une semaine après l'avoir lu), j'en garde plutôt un bon souvenir :)

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    1. C'est certainement vrai qu'il y a des longueurs, comme dans bcp de livres, surtout en fantasy, mais, 'avoue que dans ce livre elles ne m'ont pas gênées. Il faudrait voir ce que j'ai lu avant... parfois, l’enchaînement de nos lectures créé des sentiments qui seraient surement différents à d'autres moments.

      Biz

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