Le Livre des choses perdues de John Connolly

" La guerre fournit juste un prétexte pour que les hommes s'abandonnent librement à leurs bas instincts et tuent en toute impunité. "
(P356)



L'auteur

John Connolly est né à Dublin en 1968.

Il est surtout connu pour sa série de romans mettant en vedette le détective privé Charlie Parker.

Résumé officiel

David a 12 ans et plus de maman. Son père s'est remarié et il a maintenant un demi-frère. C'est pour oublier tout cela qu'il se réfugie dans la lecture. Une nuit, David entend sa mère l'appeler et découvre un passage caché derrière les buissons, au fond du jardin. Il se retrouve alors propulsé dans un univers parallèle, un monde étrange peuplé de trolls, de Sires-Loups et de créatures effrayantes... Grâce à l'aide du Garde Forestier et d'un chevalier, David, après bien des épreuves - énigmes à résoudre, pièges à déjouer, combats à livrer -, rencontrera un vieux roi qui conserve ses secrets dans un livre mystérieux, Le Livre des choses perdues, clé qui lui permettrait de regagner le monde réel. Mais l'Homme Biscornu, être maléfique qui épie David depuis son arrivée, ne l'entend pas de cette oreille. Il a pour le jeune garçon bien d'autres projets...

L'histoire

David est un enfant aimant le calme des livres. Il y trouve des aventures, des épopées et des héros qu'il aimerait rencontrer, reconnaître  et pourquoi pas dépasser... mais la vie réelle est bien plus cruelle que celle des romans, et lorsque sa mère vient à mourir, alors qu'il a tenté par de simples artifices comportementaux de la préserver, il va découvrir cette cruauté. Son père l'abandonne peu à peu pour une autre femme, qui de surcroît donne naissance à un enfant, chéri de tous.

Alors, il lui reste le refuge de ses livres...

Mon avis

J'ai entendu beaucoup de bien de ce livre et je pensais plonger dans un univers riche, somptueux, majestueux... quelle déception ! Ô, certes, c'est bien écrit, mais, de là à estampiller ce livre prouesse du monde fantasy ! Je crois que c'est très exagéré. Le livre regorge de bons passages et d'autres très creux, très noirs, sanglants dans une évidente surenchère d'hémoglobine et d'horreur. Pour un spécialiste du genre, c'est peut-être normal, mais je ne conçois pas que ce livre soit destiné à un jeune public ! C'est censé être un conte pour jeunes adolescents... on y parle de zoophilie, et les morts sont plus nombreux que les vivants, éventrés, égorgés, et autres é-é sanguinolents.

David, jeune garçon de douze ans, voit sa vie basculer avec le décès de sa mère, à une époque sombre, la guerre faisant rage. Il cherche un réconfort dans les livres, et plonge peu à peu dans un univers onirique. Entre monde fantastique et création mentale, on ne sait trop si nous sommes dans l'esprit de David, ou dans un monde parallèle. Ce point est très bien traité, puisque c'est David lui-même qui nous raconte, certes à la troisième personne, ces instants, cette bascule, et les affres de son enfance.

Après plusieurs chapitres sur le monde réel, on se retrouve dans un pays bizarre, ou les loups parlent, ou les sept nains, communistes richissimes, côtoient une Blanche-Neige obèse et méchante, ou les contes de fées semblent avoir pris vie plus sauvagement que dans les livres. Ce sont évidemment les peurs de David que nous offre l'auteur, avec une vision sombre, morbide. Et au travers ces textes, un refus de la mort, un deuil non fait. Une allégorie macabre de chaque texte lu par David, remanié à la sauce noire (ou rouge).

C'est un travail délicat, une écriture riche, une réécriture posée avec talent. Je n'ai pas apprécié la couleur donnée à l'ensemble, toutefois, le style est impeccable et les mots coulent dans la narration globale comme dans les histoires — contes — narrées par les personnages.  

David avance pas à pas, et ses illusions d'un monde réel cruel s'estompent face aux événements qu'il découvre sur son chemin. Bien décidé à trouver le roi, et son livre des choses perdues, il passera les obstacles avec un brio digne des grands héros. C'est là que le travail de deuil devient évident, même si l'auteur l'a masqué par des détours rocambolesques. David apprend, comprend et commence à douter.

Je ne parlerai pas de crédibilité dans cet ouvrage. Qu'en dire, c'est épique, farfelu et un peu tiré par les cheveux, comme un rêve ! L'auteur a voulu donner à l'ensemble l'air d'un conte, avec un enfant perdu qui affronte mille peurs. Cela n'a pas fonctionné dans mon cas... je ne suis pas entrée dans « l'arbre ».

Quant aux personnages, j'ai apprécié le Garde forestier et sa sagesse, tout autant que l'homme biscornu. Le roi ne m'a pas touché ni fait pitié... les autres sont à oublier comme l'ensemble de cette histoire.

Pourtant, je tenterai de lire un autre livre de cet auteur, car, s'il ne m'a pas convaincu (totalement, je lui accorde tout de même un 7 gre-gre) j'ai su trouver dans son écriture une qualité indéniable que je voudrais rencontrer dans une histoire plus réelle.

Trois mots

Un mots pour : style
Deux mots contre : horreur, manque de crédibilité.

Au final 

Très étonnée par cette lecture ! les éloges et commentaires m'ont poussé à découvrir ce livre, qui au final ne m'a pas emporté... de bons moment, mais sans plus. Des longueurs, des passages fouillis, et des contes réécrit à la sauce horreur. Cela se lit bien, fort heureusement, je ne l'aurais pas terminé sans ce style presque parfait.

1 commentaires :

Arcaalea a dit…

Je pense qu'en effet ça peut ne pas plaire à tout le monde. Il faut rentrer dedans quoi ! Mais moi j'ai absolument tout aimé dans cette histoire ! Le style, la réécriture, l'aventure, l'horreur. C'est un cauchemar que j'ai eu plaisir à vivre :D
Bises ^^

 

Les mots d'un autre

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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