Une seconde avant Noël de Romain Sardou

" Des enfants. 
Ils approchèrent et, sans une parole, saisirent une part du cercueil du Falou. et ainsi de suite, le long du chemin, des dizaines d'autres garçons et d'autres filles, de tous les âges, apparurent pour accompagner l'ultime voyage du Falou. Comment s’étaient ils donné le mot ? D'où venaient-ils ? Harold l’ignorait, mais ils étaient bien là, escortant en silence l'homme qui vivait sous el pont de Hollowspring, l'homme aux mille histoires merveilleuses. Harold se dit que c'était une belle chose que d'avoir fait autant de bien autour de soi et d'en être récompensé de la sorte."

(P64)

L'auteur


Romain Sardou est né en 1974 à Boulogne-Billancourt.

Auteur depuis 2002, il a également été scénariste pour Disney.

Résumé officiel

1851. A Cokecuttle, une cité industrielle anglaise, le petit Harold survit péniblement, vivant sous les ponts et ramonant des cheminées. Et pourtant... Harold ignore qu’il est promis à un destin fantastique. Guidé par un génie invisible, il va découvrir un monde peuplé de lutins, d’arbres magiques et de rennes volants. D’extraordinaires voyages l’y attendent. Il est appelé à devenir un personnage que nous connaissons tous très bien : à la longue barbe blanche et au costume rouge éclatant... Ce petit orphelin est le Père Noël avant qu’il devienne le Père Noël ! Au travers de mille péripéties joyeuses, nous allons assister avec lui à son premier Noël, à sa toute première distribution de cadeaux. Une seconde avant Noël, la question reste posée : le père Noël débutant parviendra-t-il à livrer les jouets aux enfants ? Redonnera-t-il enfin aux hommes le goût de l’impossible et du merveilleux ?

La série 

Ce livre fait partie de la saga Contes de Noël, contenant deux opus :

  • Une seconde avant Noël
  • Sauver Noël

L'histoire

Harold, un jeune enfant de neuf ans, orphelin, vit sous les ponts avec un homme, Le Falou, qui lui conte, tous les soirs, de magnifiques histoires, où lutins, fées et autres êtres magiques prennent un air de réalité. Mais lorsque cet homme est retrouvé assassiné, c'est Harold que l'on accuse !

Il est condamné à servir dans une ferme de redressement, loin de sa ville natale, en Écosse.

Mais un ange gardien semble s'occuper d'Harold et dans la rudesse du labeur de cette histoire digne de Dickens, des lutins vont intervenir... mêlant un peu de magie, un peu de joie, aux ombres heures vécues par l'enfant.  

Mon avis

Ce livre, comme l'Hiverrier, m'a été offert pour un swap de Noël, et, n'ayant pu l'intégrer à mes lectures de l'an dernier, je l'avais réservé pour cette fin d'année. Je pensais le lire plus tôt, mais d'autres livres m'ont fait perdre du temps, notamment Le livre des choses perdues... Toutefois, grâce au talent de conteur de Romain Sardou, ce petit livre a pu être lu rapidement et trouver sa place sur le blog, en 2012 !

Ce conte, un peu sombre au départ, se veut narrer le passé du Père Noël ! son enfance. Et Romain Sardou a, donc, inventé une histoire digne de Dickens, qu'il cite lui-même dans son livre, en s'excusant de la noirceur donnée à l'enfance d'Harold. Car il n'épargne rien à ce jeune homme : orphelin abandonné sous un porche d'église, puis placé dans des orphelinats glauques ; trop petit pour son âge à cause d'une mauvaise hygiène alimentaire (nous sommes en 1851 ! Dolto n'est pas encore née) ; se retrouvant dans l'obligation de trouver un job rapidement sous peine de retourner dans lesdits orphelinats glauques après une année de répit, auprès de son seul ami adulte : Le Falou.

Le début de l'histoire nous entraîne dans l'univers des ramoneurs. Rien n'est fait au hasard dans ce livre ! Le père Noël passe par les cheminées... et donc, lorsque nous rencontrons Harold, il tente de gagner sa place au sein de la petite équipe d'enfants ramoneurs de Cokecuttle. Mais, voilà, les autres sont plus grands, et plus roublards que lui. Il sera donc roué de coups, alors qu'il détenait le sésame et devra retourner sous son pont...

Les descriptions faites par l'auteur m'ont envoûtée. J'ai suivi les pas d'Harold dans cette ville minière, puis dans son voyage en ayant la sensation qu'un film se déroulait devant mes yeux, dans mon esprit. C'était agréable, surtout que l'auteur prend parfois la liberté d'arrêter la narration pour nous interpeller, nous lecteurs, et nous souffler quelques petites indications bien sympathiques. On entre dans la confidence, dans le secret. C'est astucieux, magique.

Et surtout, grâce à ce stratagème, la partie onirique du livre devient d'une évidence implacable. Les lutins prennent un air naturel ! On s'attend à leur présence, l'auteur nous a soufflé qu'ils allaient être là, et cela fonctionne, on fonce, on croit, on reste ébahis par cette histoire, par ce conte.

Je dis souvent que pour fonctionner, les livres fantasy souvent se baser sur une trame, une base hyper rigoureuse. C'est le cas. Avec cette enfance des plus malheureuses, le devenir d'Harold nous enchante, et tout ce qui pourrait nous paraître irréel devient magique, crédible ! On est emporté par l'esprit de Noël, on voltige dans les cieux avec les rennes... Surtout que l'auteur explique, pas à pas, tous les éléments constitutifs du mythe : les rennes justement, mais aussi les arbres de noël, le papier cadeau, les lettres, les bons et les méchants enfants... le pôle Nord ! Tout est décortiqué et narré en ajoutant un peu de cette sauce merveilleuse qui nous fait espérer, le soir de Noël, même à l'âge adulte.

Si le personnage d'Harold est une réussite, j'ai un peu moins apprécié celui de Balbek, ou encore de la Fée Dora, pour leur préférer celui de Le Falou ! Amateur de lecture, cet homme au grand cœur a su voir en Harold le potentiel, la force, l'amour. Il est son maître son mentor, celui qui le guidera au travers des mois difficiles de sa vie dans le froid Écossais. Celui qui lui permettra de croire en l'impossible !

Le temps est aussi superbement maîtrisé, l'auteur nous retraçant les mois, les événements, s'arrêtant sur les épisodes primordiaux, par de savants artifices d'écriture, des allers-retours dans la narration. L'histoire se déroule ainsi en un peu plus d'une année, qui coule tant les mots sont doux, en 280 pages lues en quelques heures. Trois grandes parties se suivent, montrant les pans importants de l'histoire, de plus en plus magiques, de moins en moins tournée vers la misère et donnant le pouvoir de nous faire rêver.

Je retiendrai avant de terminer cette chronique, les titres de chapitres, longs et savoureux... Où l'on apprend au fil des mots, comment un enfant est devenu le Père Noël.

Trois mots

Trois mots pour : Style, Magie, Ambiance

Au final 


Un joli conte de Noël, avec de la magie, des lutins, de l'amour... et cet esprit de Noël que j'aime. Bravo pour ce conte, l'ambiance très sombre des premières pages et l'inventivité, la création du mythe... à lire pour continuer à croire.

2 commentaires :

  1. J'ai lu ton billet avec attention.Je l'ai fini, hier et tu as tout dit.Tout est juste.
    C'est vrai que ce conte est attachant et émouvant.j'ai eu les larmes aux yeux quand le Falou est "parti", concernant les conditions de vie dans le centre de redressement... C'est un conte magique et cohérent.Une belle lecture.Merci

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    Réponses
    1. J'ai aussi beaucoup aimé cet homme, qui déjà aait lu dans le coeur d'Harold, sa propension au bien, au rêve...

      Un très joli conte, que je pense faire lire aux septiques ^^ Après tout, croire au père noël c'est encore croire au pouvoir de l'amour, des rêves...

      Biz

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