Le cycle d'Ender de Orson Scott Card [série]


" - Colonel, le nom de Ender Wiggin a filtré jusqu'au haut commandement. il est même venu jusqu'à mes oreilles. On l'a modestement décrit comme notre unique espoir de victoire dans l'invasion prochaine. Lorsque sa vie et son intégrité physique sont en danger, il ne me semble pas inconvenant que la Police Militaire s’intéresse à la protection du garçon. 
- Que Dap aille au diable, et vous aussi, Général, je sais ce que je fais !
- Vraiment ? 
- Parfaitement. "
(P240)



L'auteur

Orson Scott Card est né aux États-Unis en 1951.

Mormon et ancien missionnaire, il écrit son premier roman en 1979 pourtant, c'est avec Le cycle d’Ender qu'il deviendra l'un des auteurs majeurs de la Science Fiction avant de publier les Chroniques d’Alvin le Faiseur dans le domaine de la Fantasy. Le premier tome a obtenu le prix Locus du roman de fantasy en 1988.

Résumé officiel

Il y a cinquante ans, la flotte terrienne a réussi à repousser l'attaque des doryphores... Aujourd'hui pourtant, une nouvelle invasion menace. 

Un programme militaire pour la formation des futurs commandants de la flotte est en cours, mais le temps est compté. Parmi les élèves-officiers — tous des surdoués —, Andrew Wiggin, dit Ender, focalise toutes les attentions. Appelé à devenir un puissant Stratège, il est le jouet des manipulations de ses supérieurs depuis sa naissance... et cela le dépasse. 

Car c'est entre ses mains que repose le sort de l'humanité. 

Et Ender n'a que six ans.

La série

Le cycle d'Ender comporte 4 livres,

1 Le cycle d'Ender, tome 1 : La stratégie Ender
2 Le cycle d'Ender, tome 2 : La voix des morts
3 Le cycle d'Ender, tome 3 : Xénocide
4 Le cycle d'Ender, tome 4 : Les Enfants de l'esprit

Le Film


Un film de Gavin Hood avec Harrison Ford est sorti en novembre 2013.

Histoire

Ender à six ans, lorsque l'on vient le chercher pour l'emmener dans une école bien particulière, où il va apprendre à se battre ! Depuis sa naissance, cet enfant très spécial, troisième né dans un monde où l'on régule les naissances pour éviter la surpopulation, détenant un QI extraordinaire et un mental hors du commun, voit son éducation orientée vers ce but ultime : être sélectionné pour cette école. 

Mais là, dans un univers froid et presque inhumain il va devoir grandir en affrontant les autres, en devenant peu à peu le meilleur. Celui qui les mènera tous. 

Mon avis

Ce livre faisant partie du baby challenge S-F 2013, il entrait dans ceux que j'envisageais de lire cette année, sans pour autant faire la démarche de recherche, ni d'achat. L'année est longue, nous ne sommes qu'en janvier... Mais, parfois, le hasard créé des rencontres... et j'ai donc eu l'occasion de le lire ce mois-ci.

Je n'avais jamais vraiment regardé la 4° de couverture, et je ne l'ai donc lue que pour réaliser cet article. Et, je dois avouer que je n'aurais sûrement pas lu ce livre si je l'avais fait avant : je n'aime pas vraiment les livres d'anticipation, les livres futuristes... avec des vaisseaux spatiaux, des combats au laser, des peuples d'ailleurs, et autres délires du même acabit.

Pourtant, j'ai beaucoup aimé ce livre.

Scott Orson Card, que je retrouve ici après des livres bien plus fantasy : Enchantement et surtout les chroniques d'Alvin le faiseur, est un conteur ! En quelques mots, il nous emporte dans sa création et ses personnages, riches, charismatiques, sont toujours détaillés, construits et évoluent au fil des pages, de l'histoire... Néanmoins, je ne parviens pas à devenir complètement fan, car, dans chaque livre, je trouve des petits riens, des bricoles qui me turlupinent. Dans celui-ci, c'est la fin et les parties sur Valentine et Peter.

Car, tout le reste, la formation de Ender, tout ce qu'il endure pour devenir le meilleur, l'isolement, les coups bas de ses formateurs, tout cela m'a convaincu. C'est dur, c'est parfois très dur même si l'on accepte l'âge du personnage. Mais c'est un postulat, et l'auteur, dès le départ, nous impose les capacités d'Ender comme exceptionnelles : il a été créé pour cela ! Un troisième enfant... avec des frère et sœur eux-mêmes exceptionnels, mais ayant l'un trop de compassion, et l'autre pas assez.

Dès le transport vers l'école, un module spatial isolé avec ses propres lois de pesanteur ou d'apesanteur, il se retrouve confronté aux autres, et son intelligence, sa précocité sont des sources de moqueries. Il ne gagne le respect que par des actes de violence qui lui laissent un goût amer, tant il a peur de devenir comme son frère honni : Peter.

Ender va peu à peu apprendre, et le jeune enfant va passer les étapes de formation à une vitesse grand V. Certains passages sont évident, l'auteur nous amenant les éléments plusieurs pages auparavant et je n'ai pas été surprise lors du combat de son diplôme, par exemple. Toute la formation est menée de main de maître par l'auteur et les sentiments d'Ender, à toutes les étapes, sont riches de réflexion.

Scott Orson Card a choisi une narration extérieure, suivant Ender dans la plus grande partie du livre, avec en en-tête de chaque chapitre, un court dialogue entre son mentor, le colonel Graff, et un des membres du gouvernement ou de l'école. On apprend ainsi que les épreuves subies par l'enfant font intégralement partie de sa formation, que la rudesse à laquelle il est soumis est recherchée, qu'ils veulent le faire réagir, sortir ses tripes se battre. Éduquer son cerveau, ses réflexes, le pousser à son maximum, pour qu'il devienne, un jour, le commandant des troupes terriennes.

Les relations avec les autres élèves, moins doués que lui, sont traitées avec justesse, et l'on ressent la solitude d'Ender, sa peur, ses doutes. Sa joie aussi, son affection naissante pour ses amis. Et j'ai beaucoup aimé la relation avec Bean, lorsque Ender comprend pourquoi les professeurs lui ont fait subir certaines choses.

Même les jeux dans les salles m'ont plu, alors que ce sont souvent les parties qui me dérangent dans les livres. J'ai tout de même tiqué sur la quantité, et la rapidité avec laquelle les combats étaient imposés à ces enfants (les autres sont quasiment aussi jeunes qu'Ender) au détriment de leurs besoins physiologiques ! L'auteur le justifie par un besoin de les amener à l'expertise dans un temps record. Je n’adhère pas totalement à ce concept.  

C'est la suite qui m'a bloquée. Ce délire post combat, ce besoin de religion... Cette fin axée sur deux lignes : un besoin de comprendre l'ennemi, de s’amender des actes réalisés pour Ender, et une seconde ligne sur Terre la naissance d'une nouvelle tradition/religion : les porte-parole des morts. On y retrouve l'influence de l'auteur et ses principes moraux. J'ai préféré le concept de colonisation des mondes abandonnés bien que la partie politique avec la suprématie de Peter, déjà amorcée avec les parties sur Valentine et Peter (Démosthène et Locke !) qui tentent de bousculer les pouvoirs en place m'ait un peu blasé. Sans oublier les petites piques envers la Russie. Bon, le livre a été écrit dans les années 80 par un Américain, il est relativement normal d'y trouver les Russes comme "méchants" mais c'est lassant.

Pourtant l'idée de pensée unique, transmise à Ender par la reine du peuple Doryphore m'a surprise ! C'est, je crois, la seule chose qui m'ait vraiment étonné dans ce livre. C'est sur ce point que l'auteur a engendré la suite, car ce livre aurait très bien pu être un livre unique. Il a créé une porte, une ouverture.

Trois mots

Deux mots pour : Style, personnages
Un mot contre : Fin

Au final 

Déroutée, en cette fin de lecture, et scotchée ! Ce livre est incroyable, riche, inventif, cruel... et le style de Card toujours aussi probant. Quelques passages m'ont moins plu mais l'ensemble est vraiment bien.

11 commentaires :

  1. C'est un livre que j'ai dans ma bibliothèque et que je n'ai jamais commencé, du coup le baby sf va me le faire sortir.
    J'espère que je n'ai pas été trop spoile par ton avis xD bien que j'aime bien la sf et l'anticipation je n'aime pas du tout lorsque ça part dans des délires théologique, c'est d'ailleurs pour ça que j'ai du mal avec le space opéra en général.
    Bon je verrais ça durant l lecture. Au moins et d'après ce que tu as écrit le livre n'est pas mauvais en soi bien au contraire.

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    1. J'avoue que j'ai été surprise et dans le bon sens, par ce livre qui reste de la SF d'anticipation, ce que je crains énormément. Mais au final les vaisseaux, lasers et autres attributs SF font partis du "décor" et le livre est axé sur de la psychologie. Tout se passe en interne, dans l'école...

      Bonne découverte, biz

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  2. Ah ben bravo ! Si dès mon retour tu augmentes ma LAL et qui plus est avec des séries alors que j'avais dit que je ne voulais plus en démarrer, comment vais-je m'en sortir moi ?!

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    1. Désolée ^^

      Le tome seul peut aisément se lire seul, ce que confirme Naelline, dans le commentaire ci-dessous.

      Biz

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  3. J'ai lu il y a longtemps, et relu il y a deux ou trois ans. Et j'avais beaucoup aimé. Pour la suite par contre... même si les tomes sont basés sur une partie des événements du tome 1, au final je les avais trouvés trop éloignés du personnage du premier tome qui peut tout à fait se lire comme un tome unique sans qu'on perde à l'histoire. Les autres sont trop ... ce que tu n'aimes pas non plus (les vaisseaux, les populations extra-terrestres, etc).

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    1. Pour la suite, c'est ce que je craignais, après avoir parcouru quelques blogs... je vais faire l'impasse, préférant lire la suite d'Alvin le Faiseur !

      Merci, biz

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  4. C'est un livre que j'ai beaucoup apprécié, et j'espère bien lire la suite un jour ! Bien que la fin de ce premier opus m'ait, moi aussi, laissée sceptique !
    Le reste était excellent, alors je veux laisser une chance aux suivants !

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  5. Excellent texte, j'avais pensé les mêmes points et comme beaucoup de monde la suite ne m'a pas captivé alors je n'ai passé au tome trois, dommage.

    D'habitude je n'aime pas la sf/fantastique avec des enfants comme héros, mais Card a bien réussi selon moi dans La stratégie d'Ender.

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  6. J'avais adoré le premier tome ! Il faut d'ailleurs que je lise la suite ;)

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    1. La suite étant plus hard SF, ou SF opéra, ce que je n'aime guère, je passe...

      biz, et bonne lecture.

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  7. j'ai beaucoup aimé cette lecture! j'ai trouvé l'intrigue très fine!

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