Acacia de David Anthony Durham (Trilogie)


« Le chef des Numreks l'interrompit. Il parla un long moment, puis Rialus traduisit. 
- Il a dit qu'ils vont tous les tuer.
- C'est tout ce qu'il a dit ? 
Rialus sourit d'un air suffisant.
-L'essentiel. En fait, il a décrit leurs méthodes aussi, mais j'ai pensé qu'elles ne vous intéresseraient pas.»
(P947 - 948)



L'auteur

David Anthony Durham est en 1969 à New York.

Romancier américain, auteur de romans historiques et de fantasy, il a vécu en France et au Royaume-Uni.

Son site

Résumé officiel

Acacia. Une île qui a donné son nom à un empire prospère gouverné par un souverain absolu, Leodan Akaran. Descendant direct du sorcier fondateur de la dynastie, Leodan est un roi idéaliste qui fait régner la paix dans la vaste mosaïque des peuples qui composent l'empire. Veuf, il vit entouré de ses quatre enfants à qui il cache un lourd secret : la domination d'Acacia repose sur des trafics de drogue et d'esclaves dirigés par la toute-puissante Ligue des marchands. 
Tout bascule le jour où le roi est poignardé dans la salle du trône par un envoyé des Meins, un peuple de guerriers implacables exilés dans une lointaine forteresse du Nord. 
Sur son lit de mort, Leodan conçoit un plan pour permettre à ses enfants de s'échapper, livrant ainsi chacun à sa propre destinée. Dispersés aux quatre coins de l'empire, Aliver, Corinn, Mena et Dariel sont animés par un puissant désir de vengeance. Ils vont partir à la reconquête du trône pour recréer un empire acacian à l'image de ce que leur père désirait.

La série

Acacia est une trilogie :
1 Acacia, tome 1 : La Guerre du Mein
2 Acacia, tome 2 : Terres étrangères
3 Acacia, tome 3 : L'alliance sacrée

Petit plus

Un film devrait être réalisé sur la série. (source : site de l'auteur) :" Three of David's novels, including Acacia: The War With The Mein, have been optioned for development as feature films. Fingers are crossed. »

L'histoire

Deux peuples qui s'affrontent, plusieurs destins qui se croisent... et un monde réinventé, avec, pourtant, des vécus si proches des nôtres, des envies, des passions. Uchronique, ce livre se veut très politique, contenant, toutefois, cette once de magie qui le rend fantaisiste.

Mon avis

Avoir des amies qui lisent de la Fantasy permet de découvrir des romans parfois complètement inconnus. A.C. m'avait déjà prêté Elantris de Sanderson ainsi que le premier tome de la Trilogie du magicien noir de Trudi Canavan, que j'avais apprécié pour le dernier et adoré pour le premier. Elle vient à nouveau de m'ouvrir les portes d'un monde extraordinaire !

Pourtant, dans les premières pages, j'ai douté. Car, si ce livre restera dans les plus belles lectures de l'année, et si j'ai supplié mon amie de me prêter la suite, en lisant les 200 premières pages, je ne l'aurais pas parié ! C'est l'un des plus gros défauts du livre : le début est d'un abord très délicat, complexe par sa forme, et surtout par le nombre d'informations sur le passé et l'histoire de ce monde uchronique.

L'auteur utilise de longs paragraphes narratifs. Tout le livre est conçu de cette façon, mais, comme je vais vous l'expliquer, les deuxièmes et troisièmes parties sont plus accessibles, puisque nous détenons les bases, cette fameuse histoire du passé. Présentant chacun des personnages l'un après l'autre, l'auteur utilise les souvenirs de chacun pour nous donner des informations historiques ou simplement familiales. C'est lourd. Pesant. C'est pourtant ce qui permettra par la suite une lecture agréable ! Paradoxal ? Non, L'auteur ne pouvait nous entraîner dans le conflit qui fait rage dans la deuxième partie sans nous l'expliquer. Or, pour ce faire, il devait nous abreuver d'un savoir sur les origines de ces peuples, de leurs conflits antérieurs, des reproches et des griefs qui les opposent. Voilà pourquoi, dès les premières pages, il nous donne tant à lire, tant à savoir.

C'est un mal pour un bien, car, fort de tout ce savoir, la suite devient d'une limpidité savoureuse, les événements s’enchaînent avec la certitude de connaître les tenants (pour les aboutissants). Mais c'est tout de même un passage difficile à lire et j'ai mis autant de temps à parcourir les 200 premières pages que les 800 suivantes !

Ceci dit, puisque j'ai abordé les défauts, l'autre point à noter est le manque cruel de dialogues ! Le texte est un long récit, et les dialogues ne le ponctuent que rarement, en de très courts échanges, où, de surcroît la réponse à une question posée par un des personnages n'intervient qu'après les pensées de l'autre. Cela donne un rythme fort lent qui accroît la sensation de longueur dans la première partie.

De plus, les actions ne se passent que rarement in vivo ! La plupart du temps, ce sont des souvenirs, des retours sur action, mêlant donc les sensations, les sentiments des personnages. Le recul permettant d'analyser, nous avons en même temps l'action et ce que le personnage en pense, avec ce qu'il aurait pu, du faire... Cette complexité donne sa magnificence au texte. Et là, nous basculons dans l'exception : ce livre est au final une merveille, car, si dans un premier temps il faut s'habituer à ce type particulier de narration, il devient une évidence, une force pour la suite.

Je me contredis ? Non, je vous guide vers une lecture extraordinaire en vous explicitant les raisons qui m'ont dans un premier temps fait douter puis admirer ce livre. Un peu comme lorsque l'on reprend un entraînement physique : les premiers pas coûtent énormément, puis l'adrénaline arrive et l'on apprécie de courir.

Un mot ou deux sur les intrigues ! Ce livre traite de nombreux sujets : l'esclavage, la drogue, les échanges commerciaux, le leadership commercial et bien d'autres. L'auteur y accorde beaucoup de temps, démontrant que le bien et le mal ne sont pas si loin l'un de l'autre. J'ai apprécié ces points abordés avec justesse. Ils sont noyés intrinsèquement dans le texte, apportant une justification à la guerre, dont ils sont le moteur, et surtout, le subside. Il reste des points en suspens à la fin du premier tome, et des ouvertures possibles. On sent que l'auteur a voulu laisser les possibilités de changement, tout en démontrant que modifier une situation, un mode de fonctionnement ne se fait pas d'un coup de baguette magique. Les rouages politiques instaurés de longue date seront durs à bouleverser, les influences et les bénéfices des uns venant contrer les volontés des autres. Au final, comme souvent, l'argent est un des plus gros enjeux.

Les personnages, nombreux, sont d'une grande complexité. Leur caractère est montré au fil des pages, chacun étant le centre d'un ou de plusieurs chapitres. Nous les suivons dans leur évolution, le livre déroulant une dizaine d'années devant nos yeux, en trois parties distinctes. Et il est effarant de constater comment l’auteur nous balade, nous faisant apprécier les uns et les autres malgré leur vice, leur défaut, leur cupidité...

Du coup, je n'ai pas vraiment de préféré, même si j'ai énormément apprécié Mena. J'ai un moment douté de Corrin, mais sa force, au final, l'a rendu un peu plus sympathique. Même Rialus devient amical... Une véritable réussite, donc, que ces personnages.

Je ne vais pas aborder les autres points du livre, je voudrais juste souligner que c'est de la vraie fantasy avec de la magie, des combats plus ou moins épiques, des destinées chamboulées. Et, il est à noter que l'auteur n'a pas recours au manichéisme, sacrifiant certains de ses personnages phares... et retournant la situation à plusieurs moments. Après tout, dans la vie, tout n'est pas noir ou blanc.

Bilan en quelques mots

Deux mots pour : Épopée, personnages
Un mot contre : Début trop long

Au final 

Les deux cents premières pages sont ardues, et je n'ai persévéré que pour l'écriture presque parfaite de cet auteur ! La suite est tout simplement divine, sans manichéisme aucun, avec une inventivité magistrale, un art de l'écriture incroyable. Mon seul regret est le rythme insufflé par de longues parties narratives au détriment de dialogues bien peu fournis, voire absents.

13 commentaires :

  1. Il semble une lecture au long cours quand même. Je note et te tiendrai au courant si un jour je le lis :)
    Merci pour cet avis très instructif.

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    1. C'est un livre à lire sur quelques jours, effectivement, car très dense. Je suis vraiment contente de l'avoir découvert...

      Biz

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  2. Il est dans ma PAL, faut vraiment que je le lise :)

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    1. J'espère que cet avis le fera monter vers le haut de ta Pal.

      Biz

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    2. Idem, je l'ai acheté le mois dernier :)

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  3. J'hésite vraiment à me lancer dans cette série qu'on me propose de découvrir. J'ai peur de me lasser de ces fameuses 200 pages. Ce n'est pas la première fois que je lis un avis sur cette trilogie et je recule, je recule...

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    1. En sachant ces pages assez conséquentes, j'ai perduré dans ma lecture. Mais, j'avoue que sans quelques avis donnant la suite extra, je n'aurais peut-être pas continué, ce qui serait vraiment dommage !

      Si tu le lis, fais moi signe... Biz

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  4. A chaque fois que je vais à France Loisirs je louche sur cette saga... Tu me donnes une nouvelle fois envie de craquer^^

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    1. Craques, c'est un beau livre, et l'édition FL est jolie.

      Biz

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  5. J'ai découvert la trilogie grâce au challenge 1% littéraire 2009 que j'avais tourné en "spécial fantasy". J'ai trouvé le premier tome très prometteur, le deuxième beaucoup moins : trop bancal à mon goût, un scénario pas assez bien équilibré et les différents fils d'intrigues pas assez bien tissés à mon goût. Le tome 3 c'était "ça passe ou ça casse". J'ai arrêté après plus de 100 pages.

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    1. Art, j'espère que j'apprecierai plus que tu ne l'as fait ! Mon amie doit me les prêter... on verra. J'aimerai vraiment connaître le devenir de Mena.
      Une crainte : les suivants sont aussi volumineux ?
      Biz

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  6. Malgré ton enthousiasme, des points me retiennent (ou plutôt les 200 premières pages... quand je vois que je n'arrive pas à finir Le trône de fer !!!) et puis le fait que ce soit encore une série... J'en ai trop à finir ppur l'instant !

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    1. Trilogie, oui... mais c'est vrai que j'ai hésité aussi, vu les nb sagas en cours !
      Biz

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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