Le chasseur et son ombre de G Dozois, GRR Martin et D Abraham


« “Si les lions pouvaient parler, nous ne les comprendrions pas pour autant”.
Sa seule chance était de ne jamais oublier qu'il était attaché à un lion. »
(P158)


Ce livre m'a été offert par les Éditions Folio et le site Liv@ddict.
Je les remercie pour cette découverte ! 

Les auteurs

Pour une fois, je ne vais pas réellement présenter les auteurs, mais leur collaboration sur ce livre !

Gardner Dozois (rédacteur en chef du magazine Asimov » s Science Fiction, né en 1947) a débuté l'écriture de ce roman dans les années 1970. Il est donc l'instigateur, l'inventeur de cette histoire.

Par la suite il a refilé le manuscrit inachevé à George RR Martin (auteur du trône de fer, entre autres) qui y a ajouté quelques éléments sans le terminer.

Enfin, après une mise en pause de vingt ans, c'est Daniel Abraham (jeune auteur turc, né en 1969) qui a repris ce projet, en a terminé l'écriture et a retravaillé l'ensemble pour le rendre cohérent.

Dans un premier temps, une nouvelle a été publiée sur le site Scifi.com

Résumé officiel

Ramon Espejo est un dur à cuire, un homme qu’on ne pousse à bout qu’à ses risques et périls. L’ambassadeur européan en a fait l'amère expérience et l’a payé de sa vie, contraignant Ramon à s’enfuir. Pour échapper à la police, celui-ci s’enfonce au cœur d’une région encore inexplorée de la planète São Paulo et fait une découverte qui pourrait avoir des répercussions à l’échelle de la galaxie. Il est alors entraîné bien malgré lui dans une course-poursuite d’un genre très particulier.

Un roman d’aventures intelligent et surprenant écrit par une triade d’écrivains dont le talent n’est plus à démontrer, comptabilisant à eux trois un nombre de prix record.

L'histoire

Ramon Espejo, un prospecteur de la planète São Paulo, est contraint de fuir dans une jungle inexplorée suite à une bagarre ayant entraîné le décès d'un ambassadeur. Cherchant fortune, sa découverte sera cette fois terrifiante... et le réduira en esclavage, comme seule une espèce supérieure peut avilir les humains. S'en suit une quête identitaire, car, en voulant montrer à cet alien ce qu'est un homme, il se trouvera lui-même.

Mon avis

Le résumé et surtout le nom de GRR Martin m’ont poussé à proposer ma candidature pour ce partenariat proposé par les éditions Folio et le site livr@ddict. Ceux qui suivent ce blog savent que j’ai été tenue en échec par l’auteur de la saga « Le trône de fer », au grand désarroi de quelques fans. Du coup, je voulais retrouver cette plume dans un autre œuvre. C’est une chose ni faite, ni à faire, puisqu’il n’est pas seul aux commandes de ce livre.

L’histoire commence par un « combat ayant entraîné la mort », sur une planète éloignée… où les habitants descendent de notre propre monde, ayant été transportés là-bas généreusement (ou pas) par des Aliens : les Enye. La description de ce transfert, des Aliens, du monde recrée, et tout le fatras futuriste est digne des grands livres de planet-opéra ! C’est riche, inventif, un brin moqueur des standards du genre… sans tomber dans les nombreux lasers et vaisseaux spatiaux qui me bloquent généralement. Bref, un vrai régal !

Le héros, Ramon Espéjo, minable bonhomme à qui on ne confierait pas sa chemise, est un immigré (comme tous les humains de cette planète) ivrogne, mais pas trop, prospecteur pour son propre compte. Suite au fameux combat évoqué ci-dessus, il va fuir dans le nord, tentant ainsi d’échapper aux forces de l’ordre qui ne tarderont pas à chercher un coupable pour le meurtre ! Car, pas de chance pour Ramon, le type éventré n’est autre qu’un ponte…

Après cette présentation, tant du monde que du personnage assez antipathique, voire antihéros, l’intrigue s’installe. Usant d’explosif pour dénicher une veine d’or ou autres minéraux, il tombe sur un nid d'aliens enterrés au cœur de la montagne. Pas de chance ! C’est un peu son life motif… surtout que les bestioles en questions ne vont pas le laisser partir, et vont le prendre en laisse, l’obligeant à les aider dans leur recherche d’un autre humain. Ramon, soumis à l’esclavage, va être amené à se poser bien des questions sur lui-même, sur ses actes, et va peu à peu changer.

Très humoristique au départ, avec des scènes follement drôles entre Ramon et son Alien, le livre perd peu à peu de sa saveur, pour devenir un tantinet répétitif, manquant de profondeur lorsque les réflexions sur l’existentialisme pointent leur nez. De même, le rythme soutenu au départ s’essouffle. En fait, j’ai même ressenti une différence notable entre le style des premières pages et celle du milieu du livre ! Attention, le livre ne manque pas de cohésion. Non, c’est plus subtil, plus fin. C’est vraiment lié au contenu.

N’ayant lu qu’un seul de ces trois auteurs, je ne peux pas vraiment trouver au sein de ces mots qui a écrit quoi, mais, d’après les éléments glanés sur le net, la première partie ainsi que l’idée serait de Dozois, la longue partie centrale axée sur le personnage, sur sa quête identitaire serait à attribuer à Martin. C’est une pure spéculation, seuls les auteurs pourraient expliquer ces éléments, et ils ne l’ont pas fait (ou je n’ai pas trouvé leurs interviews). Ceci dit, j’ai réellement senti une différence dans le traitement de l’histoire, la plume, les scènes entre le début et le milieu.

Et la fin, me direz-vous ?

La fin est teintée de la nouvelle identité de Ramon. Moins amusante que le début, elle se veut pourtant intéressante, et la touche finale a su me combler. Alors, certes, on est loin du coup de cœur, de l’œuvre magistrale que je conseillerai à tous… car ce livre après un départ en fanfare se veut assez languissant par moment. L’histoire suit un peu le moral du personnage, et fait des vagues…

Bilan en quelques mots

Les mots pour : Humour, planet-opéra,
Les mots contre : intrigue bien mince, milieu du livre un peu lourd

Au final 

Une aventure humaine sur fond de planet-opéra... Un début haletant, épique, et parfois très drôle, mais qui s'amenuise vers le milieu du livre, en même temps que le rythme et l'apparition de répétitions. La fin avec quelques rebondissements sympathiques est à nouveau très amusante. Un agréable moment de lecture, sans coup de cœur.

4 commentaires :

  1. C'est intriguant... L'ensemble n'est pas trop décousu, malgré la volonté de cohérence du dernier auteur ?

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    1. Non, pas du tout, et je pense même que si l'information des trois auteurs n'était pas connue, on ne le sentirait pas. La partie centrale est, à mon gout, moins réussie et plus tournée vers les réflexion du personnage, ce qui me fait noter ce point stylistique, mais, c'est juste lié au contenu.

      Biz

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  2. Ce livre est dans ma PAL et il m'intrigue beaucoup. Vu ta chronique je vais peut être penser à le lire rapidement.

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    1. Dommage qu'il soit dans ta PAL, je viens de le recevoir en double, suite à une erreur de l'éditeur... je te l'aurais "offert" avec plaisir.

      Biz

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