Les Cantos d'Hypérion de Dan Simmons [série]



Éditeur : Pocket - Nb de pages : (environ 300 par tome)
Série : Les cantos d'Hypérion
Catégorie : SF



Dan Simmons est né en 1948 dans l'Illinois

Ecrivain américain connu principalement pour ses romans de science-fiction, d'horreur et policier, il a travaillé dans l'éducation jusqu'en 1989.

Il a reçu le prix Hugo du meilleur roman 1990 et le prix Locus du meilleur roman de science-fiction 1990 pour Hypérion. Les titres de ses livres Endymion et Hypérion sont inspirés du poète John Keats qu'il admire et cite régulièrement dans ses livres.

Près de sa maison, une sculpture de 2,43 mètres représentant le fameux Gritche des cantos d'Hypérion monte la garde.

Son site


Tome 1 : Les cantos d'Hyperion : 

Quand les sept pèlerins se posent à Hypérion, le port spatial offre un spectacle de fin du monde. Des millions de personnes s'entassent derrière les grilles : les habitants de la planète sont sûrs que le gritche va venir les prendre et ils veulent fuir. Mais l'Hégémonie ne veut rien savoir. Une guerre s'annonce et les routes du ciel doivent être dégagées. Et tout ce que le gouvernement a trouvé, c'est d'envoyer les sept pèlerins. La présidente le leur a dit d'emblée : Il est essentiel que les secrets des Tombeaux du Temps soient percés. C'est notre dernière chance. " Mais les pèlerins n'y comprennent rien, et ne se connaissent même pas ! Heureusement, le voyage leur permettra de se rapprocher. Chacun raconte son histoire, et l'on s'aperçoit vite que nul n'a été pris au hasard. Celui qui a fait la sélection, au fil des confidences, parait avoir fait preuve d'une lucidité... diabolique. Et d'une cruauté... raffinée!




En France, l'histoire se décompose en 8 volumes (4 aux States)

  1. Les Cantos d'Hypérion, tome 1 : Hypérion partie 1 (Hyperion) [lu]
  2. Les Cantos d'Hypérion, tome 1 : Hypérion partie 2 [lu]
  3. Les Cantos d'Hypérion, tome 2 : La Chute d'Hypérion partie 1
  4. Les Cantos d'Hypérion, tome 2 : La Chute d'Hypérion partie 2
  5. Les Cantos d'Hypérion, tome 3 : Endymion partie 1 (Endymion)
  6. Les Cantos d'Hypérion, tome 3 : Endymion partie 2 (Endymion)
  7. Les Cantos d'Hypérion, tome 4 : L'éveil d'Endymion partie 1
  8. Les Cantos d'Hypérion, tome 4 : L'éveil d'Endymion partie 2



Ayant choisi, en 2013, de réaliser une partie (argent) du challenge Baby-SF de Livr@ddict, j'ai puisé dans la liste les livres qui m'attiraient le plus. Le synopsis de celui-ci était intriguant, et surtout, la série réputée comme un classique du genre.

Je n'ai pas pris le temps de poursuivre cette lecture en 2014, ce que je regrette. Voilà qui est réparé. 


Hypérion est en danger ! La planète est menacée par les Extros, et le gouvernement de l'hégémonie décide d'envoyer 7 pèlerins pour sauver les restes culturels...

août 2013

Dan Simmons a précisé que Les cantos d’Hyperion étaient inspirés d’un poème de John Keats (poète britannique du XIXe siècle). N’ayant pas lu ce dernier, j’avoue que j’ai lu le roman sans savoir où j’allais et sans manque. L’auteur cite plusieurs fois Keats, surtout grâce à l’un de ses personnages : Martin Silenus, lui-même poète…

Les cantos d’Hypérion relatent la tragique fin de l’humanité. Après la destruction de la Terre, mère de tous les Hommes et la création de deux groupuscules : l’Hégémonie avec des hommes ayant colonisé la galaxie contre les Extros, êtres ayant évolué différemment, leur corps s’étant adapté à l’espace… Hypérion est en danger. Les Extros menacent cette planète et, à travers elle, l’Hégémonie.

Nous sommes bien évidement dans du space opera, avec vaisseaux spatiaux, lasers, bombe nucléaire et autres jolis instruments de destructions — massive ou sélective —, mais tout cela est un décor, le but de Dan Simmons est de narrer la catastrophe imminente, la fin de l’humanité, au travers de plusieurs récits, liés par une idée toute bête, ces hommes (et femme) vont, dans un dernier espoir, tenter de trouver une solution, leur quête les menant jusqu’aux Tombeaux du temps, et au fameux Gritche.

La légende raconte que, sur les sept pèlerins qui parviendront aux Tombeaux du Temps, six seront sacrifiés au Gritche, tandis que le dernier survivant, l’Élu, devra formuler un vœu qui sera alors exaucé.

Chemin faisant, et, voulant comprendre comment vaincre la bête sus-citée, les pèlerins vont, chacun à leur tour, raconter leur première venue sur Hypérion, et parfois leur rencontre avec le « monstre ». Il y a donc plusieurs contes en une histoire, comme des nouvelles liées par un fil tendu.

Le premier personnage que nous rencontrons, le Consul. À travers lui, Dans Simmons pose le cadre de son intrigue, et nous entraîne dans l’histoire. Cette entrée en matière, forte et logique, évite de longues descriptions des événements précédents. En suite viennent les nouvelles (développées dans la partie personnage), entrecoupées de l'avancée du groupe vers les tombeaux, petits intermèdes narratifs.

Je ressors de cette lecture avec l’envie de poursuivre, de connaître les textes des quatre autres protagonistes… et de comprendre, à travers les écrits magnifiques de Dan Simmons, sa vision de notre humanité.

L’ensemble est très porté vers la religion, vers les valeurs morales qui sous-tendent les relations humaines, vers les actes politiques, aussi. Simplement hâte.

Toutefois, je ne voudrais pas terminer cette présentation par les petits défauts qui m’ont gêné au cours de la lecture, notamment les longueurs (surtout dans la deuxième partie).


Le premier récit, celui du père Lenar Hoyt « L'homme qui pleura Dieu », est surtout composé des souvenirs, sous forme de journal intime, d’un autre prêtre : Paul Duré. À travers eux, Dans Simmons travaille sur l’immortalité, et sur la religion. C’est poignant, c’est superbement écrit, avec une descente aux enfers d’un homme qui croyait avoir touché Dieu. Le Gritche devient en quelque sorte le sauveur… vivre indéfiniment n’apparaît plus vraiment comme une panacée, mais bel et bien comme une torture ! C’est un texte magnifique que j’ai lu avidement, tant l’auteur a su insuffler du mystère, de la force et surtout une grande réflexion sur la foi.

Le deuxième récit est celui qui m’a le moins plu ! Il raconte la vie du Colonel Kassad. Le texte est à la troisième personne, ce qui le rend plus froid et distant. Au début nous suivons le colonel dans une reconstruction historique des grandes batailles, avec un talent de conteur incroyable de la part de l’auteur, mais qui n’a pas su me toucher… Il rencontre une sorte de fantôme, une femme avec laquelle il entretient des relations sexuelles très poussées et décrites avec moult détails, peut-être une des raisons de mon recul face à ce texte. Même si j’en ai compris l’intérêt, l’ensemble du texte recherchant la moralité, et montrant l’absurdité de la guerre.

" Au commencement était le Verbe. Puis arriva le traitement de texte, et leur foutu processeur de pensée. La mort de la littérature s'ensuivit. Ainsi va la vie."
(P218)

Le dernier texte est le plus touchant pour un auteur ! Dan Simmons au travers des mots fleuris de Martin Silenus, poète, montre les affres de l’écriture, de la publication, des droits d’auteur, mais aussi de l’inspiration. Martin Silenus en panne d’écriture, syndrome de la page blanche, retrouvera son talent au travers des actes du Gritche ! Muse morbide, qui poussera cet homme à croire que ses mots ont entraîné la vague mortelle. Le pouvoir des mots ! Le pouvoir des écrits… la capacité d’inventer, de créer.


Le temps est très important dans ce roman, je n’en parlerai que très peu, évoquant surtout celui de la narration globale en laissant volontairement celui des nouvelles de côté. Les sept pèlerins se déplacent sur Hypérion en une semaine, avec, chaque soir l’histoire de l’un d’entre eux, après un tirage au sort effectué dans le vaisseau spatial qui les a mené jusque là.

Hypérion et les modes de transport utilisés, ainsi que les descriptions des nouvelles sont riches et donnent une vision globale fabuleuse. L’auteur changeant de mode narratif, appliquant à chaque texte un style, les descriptions changent aussi.


janvier 2015

Dans le tome deux des Cantos, l’histoire reprend sans rappel et j’ai eu un peu de mal à me remettre dans le bain. C’est uniquement dû à la séparation française des volumes, mais je regrette le manque d’un petit résumé, même écrit par l’éditeur/traducteur.

Toutefois, une fois les morceaux recollés, j’ai plongé avec délice dans les nouvelles de ce roman. Trois nouvelles. Oui, il aurait du y en avoir quatre, mais l’auteur, par un drôle de stratagème fait disparaître l’un des protagonistes, sans que nous ne sachions si'l est juste disparu ou bien mort.

Le quatrième récit est donc celui de Sol Weintraub, dit le lettré. J’ai été touché par cette histoire, par tout ce qu’elle apporte, tant sur le plan religieux que sur son intrigue propre. Les juifs, ici encore mis à mal, et les réflexions sur le devoir de père, sur l’acceptation d’un commandement, m’ont fait réfléchir à des points que je n’avais abordés que sommairement dans mes propres pensées. Les événements de ces derniers jours m’ont aussi poussé dans ces réflexions, avec la certitude que le pardon, s’il peut nous apporter un sentiment d’humanité, n’est pas l’unique solution et que d’accepter les ordres d’une religion, ou de ce que les prophètes et autres gourous en font peut s’avérer dangereux. Je ne m’appesantirai pas sur le sujet.

La deuxième nouvelle, de Lamai Brawne m’a un peu moins plu, en comparaison des deux autres. Certes, elle apporte énormément à la partie SF du roman, avec moult apprentissages sur les IA, sur Hypérion, sur Keats. La romance, l’aventure et l’intrigue sont magnifiquement amenées et prouvent encore la grande agilité de l’auteur, qui se joue des styles avec une aisance incroyable.

La dernière nouvelle, du Consul est la plus portée vers l’écologie et donne des informations sur l’Hégire et la disparition de la Terre. Bourrée, elle aussi de concept SF, expliquant les déplacements temporels, les ports Distrans... elle n’en reste pas moins un hommage poignant à notre planète, et au traitement sauvage que les homes lui font subir, en quête permanente de l’or noir.

La fin, avec un bel homme au magicien d’Oz, m’invite à poursuivre la découverte...


Les mots pour : Style utilisé, idée, poésie. nouvelles, thèmes abordés

Les mots contre : deuxième nouvelle

Notation : 16/20 – 15 et 17/20


Tome 1 : Très belle écriture, riche et parfois très poétique, sur fond de SF... chaque nouvelle nous entraîne dans un univers particulier, et si j’ai moins aimé la seconde (Colonnel Kassad) j’ai été conquise par le reste. 

Tome 2 : Magnifique ! je viens de trouver, avec ce tome deux, une série à poursuivre. Les nouvelles imbriquées m’ont un peu plus touchée que celle de la 1ére partie.


6 commentaires :

  1. C'est un classique de la science-fiction que je compte bien découvrir tôt ou tard ! Ton avis éclairé sur l'aspect stylistique me pousserait à le faire rapidement, mais le fait que ce soit centré sur la foi beaucoup moins... à suivre !

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    1. C'est très axé sur la foi ! la moralité, la foi, la croyance... l'auteur tourne autour, et ramène ses textes su ces sujets. Mais avec une belle analyse !

      Et c'est une très belle plume.

      Biz

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  2. Lire ta chronique me donne envie de relire tous Les Cantos d'Hypérion. À l'époque, ce fut pour moi de grands moments de lecture, compliqués et un peu longs parfois mais magnifiques ! Cette série fait partie de mes livres préférés.

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    1. Je peux aisément comprendre pourquoi, j'ai trouvé l'ensemble plus que satisfaisant, avec une écriture efficace, douce, ronde et par moment acerbe. Des descriptions magnifiques, - c'est d'ailleurs ce qui m'a dérangé dans le deuxième cantos -, et des personnages riches. Je lirai la suite avec intérêt.

      Biz

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  3. J'ai beaucoup aimé ce livre. Les histoires des personnages m'ont plu notamment celle de Sol. J'ai hâte de lire la suite de la saga. C'est très profond, les personnages bien creusés, des descriptions précises et une belle écriture !

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  4. Je ne rajoute rien à ce que j'avais déjà dit la dernière, je suis ravie que ça te plaise toujours :)

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