Le Cahier de Maya d'Isabel Allende


« — Je suis anthropologue.
— Anthropophage ? 
— J'étudie les gens, je ne les mange pas, m'a-t-il expliqué.
— C'était une plaisanterie. Les anthropologues n'ont plus de matière première ; même le dernier sauvage de ce monde a son téléphone portable et un téléviseur. »
(P39)
Livre reçu en partenariat avec les éditions Grasset et le site Livr@ddict.
Je les remercie de la confiance accordée et de cette découverte. 

L'auteur

Isabel Allende est née en 1942 à Lima, au Pérou, mais a la nationalité chilienne.
Écrivaine chilienne d'expression espagnole, elle a travaillé en Europe avant de collaborer à plusieurs revues chiliennes.
Nièce de Salvador Allende, elle doit fuir le pays en septembre 1973, pour le Venezuela, puis les Sates.
Son premier roman, La maison aux esprits, a été inspiré de sa vie, et d'une lettre à son grand-père resté au Chili. Son deuxième roman, Paula, est aussi inspiré d'un triste événement familial.

Son site (anglais ou espagnol) et sa Bio officielle (anglais)

Résumé officiel

« Je m'appelle Mayal Vidal : de sexe féminin, célibataire, j'ai dix-neuf ans, pas d'amoureux faute d'occasions et non par excès d'exigence, un passeport américain ; née à Berkeley, en Californie, je suis momentanément réfugiée dans une île au sud du monde. On m'a donné le prénom de Maya parce que ma Nini a une prédilection pour l'Inde et que mes parents n'ont pas trouvé autre chose, bien qu'ils aient eu neuf mois pour y réfléchir. En hindi, Maya signifie “sortilège, illusion, rêve”. Rien à voir avec mon caractère. Attila m'irait mieux, parce que là où je pose le pied, l'herbe ne pousse plus. »

L'histoire

Ce livre se veut le carnet intime d'une jeune femme de dix-neuf ans. Elle y raconte sa vie, mais aussi celle de sa famille et de leur pays : le Chili !

Mon avis

Je voulais découvrir cette auteure depuis quelque temps, donc, lorsque le site Livr@ddict a proposé un partenariat sur ce livre, j'ai postulé et été ravie de me découvrir dans la liste des personnes sélectionnées ! Les congés arrivant, j'ai eu peur que ce livre reste en attente dans ma boîte, mais le facteur a été magnanime et j'ai pu l'emporter... Ceci dit, je ne suis pas persuadé que c'était le meilleur choix de lecture pour cette période.

Le cahier se découpe en quatre parties, pour quatre saisons. Dans chacune d'elle, nous suivons les pérégrinations mentales de Maya. Elle nous raconte sa vie, son passé douloureux de l'année précédente, en même temps que les événements du présent. Elle mêle le tout, passant d'un sujet à l'autre, revenant sur des points, sautant à un autre sujet, développant un détail, puis repartant vers une autre idée. C'est là le seul gros bémol du livre, car cette forme narrative entraîne des redites.

Des longueurs, des répétitions, une baisse de régime au tiers du livre... seule l'écriture d'Isabel Allende m'a donné envie de poursuivre, et, au vu des chapitres finaux, il aurait été dommage d'abandonner, même si l'intrigue est assez prévisible.

Toutefois c'est un carnet intime et l'auteure a voulu nous livrer les pensées de Maya sans artifice narratif ! Sans plan structuré. Maya écrit au fil des jours, et, parfois son esprit l'emmène vers des souvenirs qu'elle couche pour nous sur son cahier.

Cela donne une touche vivante et passionnée à ce texte, un air de vérité troublant, et surtout une force incroyable aux sentiments retranscrits. On est loin des textes travaillés pour arriver à la perfection, ici, l'auteure fait parler une jeune femme de dix-neuf ans qui a subi de nombreux outrages, qui a vécu dans la rue, qui a quitté les bancs de l'école très tôt... son langage est donc parfois cru, parfois dénué de richesse stylistique, mais n'en devient que plus poignant, plus vrai.

Du coup les sujets abordés le sont avec un vibrato impressionnant. La drogue, la descente aux enfers, tous ces points sont traités avec brio et l'on comprend mieux les affres de la drogue, la vitesse avec laquelle les junkies plongent. Mieux même que dans l'Herbe Bleue lu dernièrement.

Mais ce qui m'a le plus touché, c'est le passé du Chili ! L'Histoire de ce pays martyrisé par un groupe d'hommes avec à leur tête un dictateur : Augusto Pinochet. J'ai comme nombre d'entre nous appris tout cela à l'école, vécu aussi une partie des événements en « direct », mais c'est loin le Chili... C'est loin tout cela et lire dans ce texte les tortures des pro-Allende, des communistes et de leurs voisins m'a choqué. J'ai été confronté à la violence subite. Et le texte d'Isabel Allende, mené avec brio et simplicité m'a tiré des larmes, m'a renvoyé vers le manque d'humanité des hommes, vers ces actes barbares commis pour des idéaux, ici politiques ! (Si vous voulez aller plus loin dans l'Histoire : ici)

Du coup, comme je le disais en début d'article, ce n'est pas vraiment, une lecture estivale.

Sauf si l'on s’arrête aux magnifiques paysages de Chiloe... île côtière au sud Chili. Maya y vit une renaissance, expiant ses fautes, exsudant ses drogues, apprenant à aimer, apprenant surtout à se pardonner. Elle y fait le deuil, enfin, de son grand-père et avec lui de sa vie passée.

Je lirai autre chose de cette auteure qui a su me convaincre.

Bilan en quelques mots

Les mots pour : Histoire, vécu, simplicité scripturale
Les mots contre : répétitions et longueurs

Au final 

Magnifique malgré quelques petites longueurs et redites, dues à la forme choisie.  

6 commentaires :

Kllouche a dit…

Je l'ai lu il y a plus d'un mois. J'ai aimé mais sans plus. Quand je m'ennuyais à la moitié du livre, j'ai décidé d'aller lire les dernières pages pour voir s'il allait se passer quelque chose. Et le fait de découvrir comment le roman se finissait m'a un peu embêtée. D'un côté, j'étais curieusement de voir comment on allait en arriver là, et d'un autre, je ne voyais pas l'intérêt de lire des centaines de pages pour aboutir à ça. Bref, je suis mitigée ...

nanet a dit…

J'ai ressenti une baisse vers le premier tiers, perso, et comme je le dis dans l'article, l'intrigue est effectivement bien "pauvre". Mais c'est le style et l'Histoire du Chili qui m'ont mené jusqu'aux dernières pages, et qui me laissent cette sensation d'un livre touchant.

Merci d'être passé, Biz

stephanie-plaisir de lire a dit…

je me ferais un plaisir de découvrir le style de l'auteure . on m'en a dit tellement de bien de ce titre, et même si tu soulèves quelques bémol, je pense que l'émotion doit être au rdv. Je note donc!

Solessor a dit…

J'ai connu des périodes durant lesquelles j'avais très envie de découvrir cet auteur. Toutefois, je ne suis pas sûre que ce soit le bon livre pour commencer : peur des longueurs, et la forme ne colle pas avec ce que j'ai envie de lire en ce moment. Peut-être plus tard !

nanet a dit…

Note, note...

nanet a dit…

J'avoue que j'ai été étonnée par les sujets abordés, je ne pensais pas trouver tout cela dans ce livre ! Mais, tu as raison, c'est sombre, et dur par moment. D'un autre côté, je ne sais pas si elle a écrit des trucs "légers".

Biz

 

Les mots d'un autre

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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