Neverwhere de Neil Gaiman


« Richard comprit avec surprise que l'homme les voyait — et également qu'il faisait de son mieux pour s'en cacher. Le marquis s'arrêta devant lui. La complainte du saxophone s'étrangla sur un couinement nerveux. Le marquis fit fulgurer un sourire glacé. »
(P148)

L'auteur

Neil Gaiman est né en 1960 en Angleterre.

Après des études de journalisme, il s'est consacré aux Comics (BD) avec, notamment, la série Sandman avant de signer plusieurs livres en collaboration avec Terry Prachett ou Dave McKean.


Résumé officiel

Richard Mayhew vit à Londres une vie sans histoire, travaille dans un bureau, s'apprête à se marier, lorsqu'il sauve la vie de Porte, une jeune fille qui a le don de savoir ouvrir tout ce qui peut s'ouvrir. Cet événement fait basculer sa vie. Sa fiancée le quitte, ses proches ne le voient plus, sa vie semble n'avoir jamais existé. Il découvre alors qu'il existe un Londres d'En Bas, souterrain, peuplé de mendiants qui parlent aux rats, et de toute une société féodale et magique. Il décide de suivre Porte à la recherche des assassins de son père, dans l'espoir de trouver un moyen de reprendre une vie normale.

L'histoire

Richard Mayhew est cartésien. Les contes de fées, les êtres magiques ne sont, pour lui, que des choses irréelles, ce qu'on raconte aux enfants... aussi lorsqu'il se retrouve face à des événements troublants, son esprit lutte et tente de prouver que c'est impossible. Pourtant, il les vit, ces moments. Et sa réalité devient infiniment plus savoureuse.

Mon avis

Unchoco m'a proposé, il y a quelque temps de lire ce livre ensemble. Je l'avais donc mis sur la pile à lire, mais... repoussé régulièrement pour sortir d'autres envies. C'est le deuxième livre de cet auteur, cette année. ! Le premier était Stardust, que j'avais adoré et qui, surtout, m'avait ouvert, enfin, les portes mystérieuses de ces écrits, après deux échecs cuisants, avec Amarican Gods et De bons présages.

Dès les premiers mots, j'ai cru retrouver la douce fantaisie de Stardust, la petite folie magique qui m'avait entraîné dans l'aventure, basée sur une construction solide. Mais, au fil des pages, les « défauts » ressentis dans Americans Gods sont réapparus, à savoir une foultitude d'événements et de personnages, des envolées lyriques, certes parfois très drôles, et un fourre-tout alambiqué. De quoi me perdre, à nouveau.

Au fil des pages, toutefois, l'effet s'est estompé, et le classicisme est revenu, avec une alternance simple entre les personnages et situations, permettant au lecteur de suivre les éléments de l'histoire dans leur globalité, intégrant chaque protagoniste dans une suite logique et chronologique. Cela m'a permis de recoller à l'intrigue, et d'apprécier le livre.

Les personnages sont charmants, même les méchants qui ont un humour agréablement noir. On peut reprocher une facilité dans les choix et des annonces un peu caricaturales. Néanmoins, les protagonistes principaux sont assez développés, ce qui est remarquable sur un nombre de pages restreint (375) et l'on finit par visualiser clairement chacun d'eux. C'est sûrement lié au fait que les personnages étaient d'abord destinés à être les personnages de série TV ? L'auteur les a créés pour intervenir dans une série éponyme, avant de décider de mettre dans un roman tout ce qui ne passerait pas dans la série, d'approfondir en quelque sorte.

Richard, le héros, est couard, timide, pas très doué de ses dix doigts. Cet antihéros a une énorme qualité, sa gentillesse qui va l'amener à secourir une demoiselle en détresse et basculer dans un monde jusqu'alors totalement ignoré : La Londres d'en bas.

Des antihéros, il y en a la pelle. Celui-ci est adorable, et je me suis surprise à vouloir le secouer, le booster un peu, lui ouvrir les yeux, surtout lorsqu’une donzelle en quête de chaleur lui fait des avances (^^) Quel naïf ! C'est du grand art de la part de l'auteur, il réussit à intégrer à son livre des êtres fantastiques, en les réinventant. Le bestiaire est très complexe, reprenant les animaux mythiques, les saupoudrant de modernité et d'un brin de noirceur.

L'intrigue est construite comme un road-movie, et la petite équipée (que je ne vous dévoilerai pas) se balade d'un lieu à un autre, avec, à chaque fois, une sorte d'épreuve à réussir pour continuer la progression. Est-ce dû à un découpage télévisuel, fait d'épisodes ? En tous les cas, chaque chapitre se lit comme une nouvelle petite aventure, avec, en fond une trame générale. Certains ont parlé d'une Alice au pays des merveilles ! J'avoue que je suis pantoise devant ce rapprochement, car le seul point commun serait la vie « sous » terre... et, il n'y a pas de lapin blanc dans Neverwhere, seulement des rats.

En tous les cas, Londres est ici mise en exergue, présentée sous divers angles, surtout son métro et ses fabuleuses stations.

Je sors de cette lecture avec un sentiment mitigé, conquise par l'écriture, le style souple et agréable de l'auteur, par ses personnages sympathiques et complets, mais avec l'étrange sensation qu'il s'est laissé emporter par sa prose, avant de se raccrocher aux pages.

La série TV


Courte série de six épisodes, diffusée sur la BBC en 1996, écrite par Neil Gaiman.
Exceptionnellement, j'ai choisi de vous proposer non pas le Trailer, mais un extrait.

La BD

En 2006, le livre a été adapté en roman graphique par Mike Carey et Glenn Fabry.
Il est publié en anglais par Titan Books en Grande-Bretagne et Vertigo aux États-Unis.

Bilan en quelques mots

Les mots pour : Personnages, Londres,
Les mots contre :

Au final 

Malgré un talent de conteur évident, je n'ai pas été emportée par ce texte. De très bons moments succèdent à des longueurs et tout est un trop prévisible, à mon goût. L'humour sauve ce roman que j'aurais abandonné...

8 commentaires :

  1. Je n'ai jamais lu cet auteur. Il faudrait peut-être... pour me faire une idée...

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    1. Oui, c'est une auteur productif, tu devrais trouver le livre qui te convient parmi toute ses créations ^^

      Biz

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  2. comme toi j'ai apprécié ce roman bien que je regrette un peu que la personnalité de Porte soit si effacée en regard des autres personnages. Tu verras ça en lisant mon article. merci pour cette lecture commune. La prochaine de cet auteur sera pour moi l'Etrange vie de Nobody Owens : http://www.unchocolatdansmonroman.fr/article-neverwhere-neil-gaiman-121704343.html

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    1. Comme je te le dis en com, je n'ai pas été dérangée par le personnage effacé de Prote, qui m'a rappelé celui d'Irwam ^^ j'aime bien les héros restant un peu dans l'ombre tout en étant primordiaux.

      En tous les cas, ce livre me conforte dna smon avis, je n'aurais jamais dû commencer par American Gods !

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  3. tu es un peu mitigée mais les qualités que tu cites me plaisent alors je tenterais bien !

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    1. Oui, je constate en relisant l'article que mon avis parait plus mitigé que je ne le voulais. Le pouvoir de l’inconscient...

      Bizouilles ma belle et bonnes fêtes.

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  4. Je suis d'accord avec pas mal de choses que tu évoques mais avec le temps, j'en garde un très bon souvenir. En anglais, j'avais beaucoup aimé la façon dont c'était écrit et les jeux de mots employés par l'auteur.

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    1. il y a peu de jeux de mot en français... mais l'écriture reste très visuelle.

      Biz, nanet

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