Warbreaker de Brandon Sanderson



Avant tout, je vous souhaite une bonne et agréable année 2014. 

Éditeur : Orbit - Nb de pages : 551
Série : / 
Catégorie : Fantasy 


Vous allez découvrir quelques changements dans les articles. Un essai... 




Brandon Sanderson est né en 1975 dans le Nebraska.

Diplômé de l'université de Brigham Young en « Creative Writing », il a pourtant choisi un travail de nuit dans un hôtel qui lui laisse du temps pour écrire. Après de nombreux refus, Elantris sera publié en 2005.

Il enchaîne rapidement avec la trilogie Fils-des-Brumes (Mistborn), mais la notoriété viendra en 2007 lorsqu'il est choisi pour reprendre la fin de la série La Roue du Temps (Wheel of Time) de Robert Jordan après le décès de ce dernier.



Voici l'histoire de deux sœurs, Vivenna et Siri. L'histoire du Dieu-Roi que l'une d'entre elles doit épouser, et de Chanteflamme, un autre Dieu qui n'aime pas son travail. Celle aussi de Vasher, un immortel qui tente de réparer les erreurs qu'il a jadis commises, et de Saignenuit, sa mystérieuse épée. Dans leur monde, celui qui meurt auréolé de gloire devient un dieu. Il vit dans le panthéon de la cité d'Hallandren, et utilise la magie biochromatique, la magie du Souffle. Un Souffle qu'on ne peut récupérer qu'une fois, sur un individu à la fois.


Pas de série bien que la fin laisse imaginer une suite...


Pas encore ? Le livre est très visuel et serait facilement adaptable.


(Cette nouvelle rubrique n'en est pas vraiment une... j'ai constaté que j'expliquais de plus en plus souvent pourquoi j'avais choisi de lire les livres présentés sur ce blog.) 


J'ai découvert Brandon Sanderson en décembre 2001, avec le livre Elantris, grâce à une amie fan de Fantasy, elle aussi, et depuis, je trouve dans chaque livre un plaisir unique. Il est devenu, peu à peu, un de mes auteurs préférés... Il me semblait donc adéquat de terminer 2013 et débuter 2014 avec un autre de ses ouvrages. 


Alors que Vivenna a été formée pour épouser le Dieu-Roi des Hallandren, c'est Siri, jeune femme libre dans sa tête et, refusant toute sorte d'autorité, qui se voit chargé de cette mission. Vivenna décide alors de partir sauver sa sœur...


Le livre est découpé en plusieurs chapitres, chacun d'eux suivant dans sa majeure partie un des personnages. L'histoire débute immédiatement, in vivo, sans prologue explicatif, ce qui peut paraître sympathique dans un premier temps, puisque moderne, mais qui ôte une grande part à la compréhension des éléments précédant l'histoire en cours. Et, dans ce roman, il y a beaucoup de choses qui se sont déroulées avant et que l'on découvre au fil des mots.

Le texte est intégralement à la troisième personne, le narrateur omniscient et invisible (l'auteur) nous raconte les événements de manière assez classique, en passant d'un de ses protagonistes à un autre. Cette dynamique aurait dû insuffler du rythme, mais l’ensemble est assez lent, s’accélérant sur la fin.

De nombreux dialogues entrecoupent les descriptions — majestueuses tout en restant simples — et les explications, parfois très complexes. Sanderson use d'un discours posé, agrémenté de quelques néologismes, et beaucoup de détails. Ses phrases sont assez longues et je ne crois pas avoir vu de mots uniques. Toutefois, lorsque l'action pointe le bout de son nez, les phrases s'activent elles aussi, prennent une rythmique intéressante, permettant au lecteur d’accélérer son débit de lecture.
 » Elle ne possédait rien, mais pouvait obtenir tout ce qu'elle voulait. Nourriture exotique, meubles, amuseurs, livres, œuvres d'art... il lui suffisait de demander. Et pourtant, quand elle en avait fini, on le lui retirait. Elle possédait tout et rien à la fois. « (page 109)
En fait, l'essentiel du livre se veut traduire les sens, les pensées, plus que les actes véritables des personnages. Ce qui donne de beaux textes, avec un talent toujours présent, mais peu d'action digne des livres fantasy. Sanderson renoue ici plutôt avec le rythme et la dynamique d'Elantris. J'ai trouvé d'ailleurs qu'il s'épuisait un peu, revenant sur des éléments déjà cités, et ces petites répétitions m'ont gênée. Ce n'est pas la première fois que je suis dérangée par un de ces textes, j'avais émis une réserve sur le deuxième tome des Fils-des-Brumes, où Brandon Sanderson délayait un peu trop l'histoire et revenait sur des points, certes essentiels. Ces livres sont longs, ici encore plus de 550 pages et très fournis, et supprimer ces quelques redites n'ôterait rien à la qualité. D'autant que l'on comprend très bien les sentiments des personnages...
“Il lança une poignée de feuilles dans les airs, et une bouffée de poussière colorée évoquant un minuscule feu d'artifice apparut en leur centre. Des rouges, des bleus soutenus se mêlèrent dans les airs, soufflant tout autour de lui.” (page 321)
Et pourtant la magie, l'invention du fonctionnement magique très complexe de ce livre se rapprocherait plus des Fils-des-brumes. Ici, ce ne sont pas les métaux qui servent, mais les couleurs et les souffles. Non, je n'en dirais pas plus, ce serait vraiment dommage, c'est une partie drôlement bien pensée, comme toujours. Complexe à souhait, avec des niveaux, des expertises, des compétences innées ou acquises. Un régal d’inventivité.

Je parlais d'Elantris, ici aussi une grande intrigue politique sous-tend l'ensemble du livre. Elle croise l'intrigue magique, essentiellement vécue par Vivenna, et l'intrigue amoureuse... chutt...


Les personnages sont nombreux, encore une fois et très charismatiques. Il serait vain de croire que leur courte présentation lors de la première entrevue suffit à les définir. Ils sont développés au fil des mots, des pages.

Vivenna et Siri, citées dans le résumé, sont deux sœurs que tout oppose. De caractère différent, l'une réservés et posée, l'autre timorée et évanescente, elles sont aussi physiquement assez éloignées. Siri est un petit brin de femme, Vivenna est décrite comme une femme mûre, belle sans outrecuidance. C'est son moteur de vie : ne jamais devenir ostentatoire.

Ces deux femmes vont changer, au cours des événements. Confrontées toutes deux à des éléments perturbateurs, remettant en cause les principes fondateurs de leur éducation, de leur croyance.

Elles sont accompagnées de plusieurs hommes aux rôles apparemment secondaires, dans un premier temps, mais primordiaux en fin de compte.

— Chanteflamme le Hardi, dieu Hallandren, qui passe son temps à rechigner sur ce qu'il doit faire, voulant seulement être considéré comme un homme et non un dieu, expliquant à qui veut l'entendre que l'oisiveté est sa seule motivation. Et pourtant très actif. Ce personnage paradoxal sera un des alliés de Siri, un des premiers à lui parler ouvertement, dans un univers où tous se taisent, complotent, cachent... il est d'une fraîcheur sympathique et j'ai beaucoup aimé les chapitres le concernant.

— Denth et ses acolytes, mercenaires Hallandrens, qui vont aider Vivenna à comprendre ce monde, cette ville, et lui faire perdre ses illusions, ses croyances. Ils sont roublards et l'avouent, ils sont puissants et le montrent.
« C'est curieux, songea Vasher, le nombre de choses qui commencent par mon arrivée en prison. » (première phrase) 
— Vasher — et son « amie » — sorte de casse-cou déterminé à se battre contre la guerre. C'est par lui que nous accédons à la magie des couleurs et il est l'un des personnages les plus actifs du livre.

— Enfin, le Dieu-Roi, énigmatique au possible et assez inexistant dans la première partie du livre, il devient de plus en plus important. Je regrette un peu l'énorme manichéisme dont à fait preuve l'auteur a son sujet et la grande facilité ressentie lorsque tout de dévoile, même si la trame est rudement bien conçue.

Vous comprendrez que pour le bien du livre, je ne cites pas tous les autres...


Le livre suit une progression chronologique, bien que peu d'éléments permettent de réellement se situer dans le temps, ce qui n'a guère d'importance. On sait que le temps passe, file. Il n'est pas important d'en savoir plus. La majeure partie se déroule sur quelques mois, et les chapitres finaux accélèrent la donne. 

Tout se passe dans un monde intégralement inventé, on sait que la contrée d'Hallandren est une plaine, alors que le peuple d'Iris vit dans les montagnes. L'intrigue se déroule en ville, et dans le palais. Les différents lieux sont présentés en quelques mots simples, juste pour poser le décor... ou avec moult détails pour les pièces importantes. L'ensemble est très visuel. 


Les mots pour : Magie des couleurs et des souffles, charisme de certains personnages, intrigue politique.

Les mots contre : quelques longueurs et répétitions.

Notation : 16/20


Même si l'écriture est toujours aussi bonne, ce roman n'a pas su me plaire autant que la saga Fils-des-brume ou Elantris... quelques répétitions m'ont gêné et un début plus que lent a failli avoir raison de moi. La magie, sont grand talent, est vraiment bien conçue, et la politique bien sentie.

5 commentaires :

Unchocolatdansmonroman a dit…

j'aime bien la nouvelle forme de l'article, plus découpée et riche. En revanche cela doit te prendre du temps et ne crains tu pas les redites sur certaines étapes ? Peut-être ne les renseigneras-tu pas toutes suivant le livre ... Ce que j'aime aussi ce sont les encadrés, très jolis.Belle année à toi aussi ;)

nanet a dit…

Merci.

Prendre du temps, non, grâce aux paramètres de Blogger, la base de l'article est enregistrée... et pour les répétitions, je verrais à l'usage, mais ce sont de tt façon les "parties" que je traitais dans les anciens articles, même si cela ne se "voyait" pas aussi clairement.

En tous cas, j'aime bien :)

Et le livre, alors, parce que du coup, ce livre passe un peu après la mis en forme !

Biz

stephanie-plaisir de lire a dit…

j'aime bcp cette nouvelle présentation (moins le livre...)

nanet a dit…

Merci ^^ et le livre est pas mal, mais pour tes "débuts" en fantasy je pense que Elantris sera bien mieux...

Frankie a dit…

J'ai beaucoup aimé Lightsong aussi (Chanteflamme, apparemment en français). Et j'ai trouvé la fin un peu rapide mais j'ai beaucoup aimé, moins que les fils-de-brume cependant.

 

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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