Le manteau Garance de Tugdual de Gouvello



Éditeur : Mon petit Éditeur — Nb de pages : 202
Série : / 
Catégorie : Essai — Roman contemporain



Je n'ai pas pu trouver de Biographie, mais la préface du livre, écrite par Alain Chrisment, le présente comme  : « un cadre chargé d'histoire et de couleurs [...] de formation scientifique. » 



« Alors, abaissant ses paupières, il jouait avec les images qui apparaissaient devant ses yeux clos. Une symphonie de couleurs ! Il s’en donnait à cœur joie et se laissait enivrer par la ronde des tonalités... »







Ce livre m'a été envoyé par les Éditions mon petit Éditeur. La couverture et le résumé, très court, m'ont interpellé. 


L'aventure humaine de Dorjik, jeune Bouriate ayant une faculté particulière pour la vision des couleurs. Et, à travers lui, la découverte de ces couleurs...


Écrit comme un carnet de souvenir, ce roman se veut une aventure humaine, d'un jeune homme au talent particulier : sa vision des couleurs dépasse celle des hommes, puisqu'il serait doté de cônes supplémentaires. Il nous raconte donc, sur une grande partie du texte, sa vie, son enfance, mais aussi son initiation au chamanisme.

L'auteur jongle entre deux modes d'écriture : au départ, il narre l'histoire à la troisième personne, puis dans la seconde partie, bascule à la première. L'auteur en joue dans le roman, et le texte peut se lire comme si Dorjik nous racontait son histoire, et qu'il ait décidé de le faire ainsi, de se mettre lui-même en scène. C'est déroutant, mais, finalement, cela se lit très bien. Surtout que la plume de Tugdual de Gouvello est agréable, bien construite, allant d'un style classique et des petites touches très modernes, que ce soit dans les termes utilisés, ou dans la structure.

Le rythme est un peu lent. Ce sont des souvenirs et cela manque un peu de dynamique. Même dans la partie « intrigue » policière. Car, ce roman se décompose aussi en plusieurs intrigues, la première étant l'initiation au chamanisme, la deuxième le devenir de la femme au manteau garance et la troisième est liée à un vol... Les chapitres très courts, parfois une demi-page, permettent une lecture rapide.

La partie sur le chamanisme m'a beaucoup plu. Déjà, elle amène un brin de fantastique, ce qui est fort intéressant, mais elle m'a permis de découvrir les us et coutumes d'un pays, avec des scènes de repas, de boisson. Certes, on frise la caricature du Russe imbibé de Vodka, par moment. Mais les petites touches d'humour allègent bien ce livre.

Je voudrais revenir surtout sur les couleurs. L'auteur, à travers son personnage, nous initie aux couleurs, à leur conception, avec une Histoire des couleurs, leur base scientifique, au travers ds découvertes chromatiques. Je n'ai pas eu la sensation d'un étalage de connaissance comme l'on peut le ressentir parfois, mais les longues listes de couleurs m'ont, par moment, un peu lassé.

Toutefois, Dorjik apprend et finira par travailler dans un opéra, grâce à ce savoir. Ces connaissances ne sont dons pas uniquement théoriques, elles font intégralement partie de la vie du personnage.

Mon regret principal est que ce livre est une sorte de fourre-tout, avec plusieurs intrigues, plusieurs modes narratifs, et m'a donné la sensation d'être décousu et un peu confus. On peut l'accepter, c'est vrai en partant du principe qu'il ressemble à un carnet intime, où Dorjik aurait posé ses souvenirs.

La fin est touchante, et donne au roman un air de biographie amusant.


Quelques personnages sympathiques dans ce roman, sans que je ne me sois attachée réellement ni aux uns ni aux autres. J'ai, bien sûr, était un peu déçue par la mort de certains, mais comme l'auteur passe rapidement sur les faits, enchaîne les chapitres, rebondit... on se perd un peu et les personnages deviennent vite très secondaires.


Le temps est assez peu développé, on saisit des indications çà et là. Il y a peu de références, mais l'on comprend assez facilement le déroulement.

Les lieux sont limités à trois : la ville de Oulan-Oudé (Capitale de la Bouriatie) où se passe la partie principale, la ville de Kouroumkane, au nord de la Bouriatie, là où vivait le père de Dorjik et enfin Paris... Les descriptions des deux premiers lieux sont belles et amènent au rêve.


Les mots pour : Style, Histoire des couleurs, initiation au chamanisme

Les mots contre : un peu fourre-tout, intrigue policière, caricature de certains personnages

Notation : 14/20



Quelle drôle de lecture ! entre biographie, initiation chamanique et délire(s) lié(s) aux visions, course poursuite et Histoire tant de la Russie que des couleurs, ce texte m'a mené d'un bout à l'autre sans me lasser. Un peu décousu, toutefois...

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