Les Hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra




Éditeur : Pocket — Nb de pages : 148
Série : Conflit Orient et Occident
Catégorie : Contemporain


Voir l'article : Ce que le jour doit à la nuit


Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici une lapidation de femme, là un stade rempli pour des exécutions publiques. Les Talibans veillent. La joie & le rire sont devenus suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Toute fierté l'a quitté. Le goût de vivre a également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l'obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n'a plus d'autres histoires à offrir que des tragédies. Quel espoir est-il permis ? Le printemps des hirondelles semble bien loin encore...



Ce livre entre dans la série traitant du conflit entre l'Orient et l'Occident

1 Les Hirondelles de Kaboul
2 L'Attentat
3 Les Sirènes de Bagdad




Ce livre faisait partie de ma Pal depuis quelque temps, je l'ai inscrit au challenge ABC pour le sortir, enfin. 


Deux couples au cœur de la tourmente, dans un pays en pleine crise religieuse.


Le sujet aurait pu être touchant, mais, là, je suis restée complètement hermétique. Raconter le devenir de femmes en souffrance face à une montée de l'intégrisme est un pari risqué, certes, mais pourquoi donner la part belle à des hommes ? Khadra nous présente deux couples, deux hommes et leurs femmes, deux hommes aux envies différentes, évoluant dans un monde en crise, avec des talibans fouetteurs et redresseurs de torts inexistants. Bien. Ces deux hommes vont avoir un avenir très différent et leur vision des femmes va changer, évoluer dans cet environnement. Très bien.

Mais pourquoi ne pas traiter directement la vie de ces femmes ? Pourquoi les rendre si secondaires ?

L'auteur a donc, à mon goût, sacrifié une partie de son texte, de son œuvre et ébauche plus qu'il ne dévoile, ce monde en déroute.

Côté écriture, le style est d'un classique déroutant. Pas d'effets, pas de touche personnelle, juste une écriture sans heurts, sans âme. De même, les descriptions sont simples, et ne donnent pas de reflet de cette cité, que l'on devine toutefois en ruine, comme le cœur de ses habitants. Où est passée la richesse des descriptions de son autre roman : Ce que le jour doit à la nuit ?

Bref, vous l'aurez compris : style et intrigue m'ont laissé de marbre.


Les personnages sont assez peu nombreux, deux couples et deux hommes. Sauf que cette histoire débute par une lapidation, puis se veut traiter de la montée de l'intégrisme, et des voiles masquant les femmes, les rabaissant. Du coup, on aurait pu s'attendre à une belle peinture de femme, même voilée. Ce sont, encore, des hommes qui sont mis en avant. Des hommes qui subissent la religion et le regard des autres, des hommes qui se cherchent dans ce marasme, mais des hommes.

Je ne suis pas particulièrement féministe, mais avec ce genre de bouquin, je pourrais le devenir ! Pas par la réalité outrageuse traitée, mais par la façon dont l'auteur refuse, ici, aux femmes les premiers rôles.

Les personnages ne m'ont donc pas touché.


Le temps est peu relaté, on saisit quelques mots qui tendraient à nous donner une idée de jours ou de semaines, entre la première lapidation et la dernière.

Les lieux sont réduits à deux appartements et quelques rues, une mosquée et un stade, lieux de liesse ou de barbarie.


Les mots pour : sujet

Les mots contre : manque de profondeur stylistique, manque de souffle, manque d'engagement

Notation : 8/20


Malgré un sujet fort, je n'ai pas trouvé ce livre touchant. Le sujet est prenant, l'histoire de Kaboul effrayante, mais je n'ai pas du tout été touchée par ces vies, l'auteur n'a pas su me transmettre cette émotion, alors qu'il m'avait touché avec d'autres écrits.

1 commentaires :

  1. Comme tu le dis, le sujet est fort (et révoltant) mais effectivement on a du mal à avoir de l'empathie pour les personnages. Dommage car j'avais aussi beaucoup aimé mes précédentes lectures de l'auteur.

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