Les Racines du Mal de Maurice G. Dantec



Éditeur : Gallimard/Série Noire — Nb de pages : 636
Série : / 
Catégorie : Thriller — SF



Maurice G Dantec est né en 1959 à Grenoble.


Écrivain français naturalisé canadien, ses premiers romans se déroulent en partie à Ivry-sur-Seine, où il vit avant d'émigrer au Canada, mettant en scène la banlieue parisienne environnante.


Andreas Schaltzmann est persuadé que les habitants de la planète Vega sont installés dans son quartier, à Vitry-sur-Seine, et étendent leurs ramifications jusqu'aux plus hautes sphères de l'État. Paranoïaque, l'homme décide de vider ses comptes en banque et ses chargeurs de revolvers ; il se lance dans une cavalcade meurtrière à travers la France. Arrêté, il apprend qu'on lui attribue des crimes qu'il n'a pas commis. Un trio de scientifiques persuadé de son innocence traquera les véritables tueurs grâce à un ordinateur de type supérieur, baptisé « neuromatrice » qui fonctionne comme un cerveau humain mais à une vitesse surmultipliée.


Sans être une véritable série, le personnage principal des Racines du mal, Arthur Darquandier, apparaît dans Babylon Babies, en tant que personnage secondaire.


Des extraits du livre sont lus par l'auteur sur certaines pistes de l'album Utopia du groupe No One Is Innocent en 1997, notamment Ce que nous savons.




Ce livre m'a été présenté comme l'un des livres à lire dans les thrillers.

Il entre dans deux challenges : ABC et 1 mois = 1 consigne.


On ne peut pas parler d'une histoire, mais bel et bien de plusieurs. Celle annoncée dans le résumé est, finalement, condensée dans les deux premières parties du livre... la suite est bien plus gore, bien plus étonnante. 

Bienvenue dans l'horreur ! Ce livre n'est pas un petit policier bien sympathique avec une enquête à découvrir, si possible avant que l’auteur ne la dévoile u dernier chapitre. C'est un Thriller, gore à souhait, avec une quantité de meurtres tous plus horribles qu'angoissants. Un vrai jeu de massacre, qui s’échelonne sur plusieurs années, avec une montée en puissance des tueurs. Oui, « Des » tueurs, car, ce roman ne concerne pas un unique assassin — et psychopathe — mais une belle brochette de personnages morbides à souhait.

J'en ai eu quelques nausées, surtout que l'auteur ne se contente pas de décrire les morts, les cadavres et l’atrocité de tout cela, il va plus loin et nous ramène aux sources du mal, à l'horreur de la violence expérimentale, aux explications de la schizophrénie assassine et aux délires macabres engendrés par cette maladie, montrant que finalement, la folie est une des nombreuses causes des meurtres, presque la plus compréhensible, en tout cas la plus excusable.
— Bon, z'êtes prêt à quoi, Darquandier ?
Je lui ai lancé un coup d'œil d'incompréhension.
— À quoi vous vous attendez Darquandier ?... ce qu'on remonte du lac, ça a quelle forme, selon vous ?
Chellay avait envie de jouer aux devinettes, et il ne se gênait pas pur le montrer.
— Ben, ça dépend, ils ont passé combien de temps dans la flotte les cadavres ? ai-je demandé.
Il s'est simplement marré, en guise de réponse. (435)
Mêlant à ses descriptions riches en hémoglobine et chairs décomposées, un fatras électronique de pointe, l'auteur se place volontairement dans un roman SF, où l'intelligence artificielle devient à la foi un atout et une arme. Il reprend, dés les débuts de la deuxième partie, les bases d'Asimov et surfe sur les grandes théories scientifiques ou purement littéraires du genre, nous entraînant dans une intrigue complexe, à la limite de la pathologie schizophrène, avec quelque scènes où le personnage principal discute avec son double...

Dit comme ça, cela peut sembler barbare. C'est volontaire, le livre est une succession de souvenir du héros, et donc narré en grande partie à la première personne. On plonge avec lui dans les découvertes, on revoit les bases de l'horreur nazie — effrayant de vérité —, on dissèque les comportements psychologiques — brrr —, et on entre de plein fouet dans la violence.

Le livre se décompose en quatre parties : l’affaire Schaltzmann, un brin de vie du personnage principal avec les apports SF — partie qui m'a le moins plu, à cause de quelques longueurs inintéressantes —, le retour de Darquandier en France et les nouveaux tueurs, enfin, la dernière partie où tout s'emballe et se dévoile. Je pense sincèrement que la deuxième partie est la moins « bonne » même si elle explicite le tout, et donne les bases du Mal, permettant au personnage et à son IA d'intégrer les données qui leur permettront, par la suite, de solutionner l'ensemble.

Bref, vous l'aurez compris, ce livre est gore, et pourtant se lit avec une avidité sans faille. Il touche cette part de nous qui nous pousse à tenter de comprendre les autres, leur comportement, et à nous poser la question : que ferais-je dans cette situation ?


Les personnages sont assez nombreux, je me contenterai de parler de deux d'entre eux. Darquandier, tout d'abord, qui même cette enquête. Scientifique spécialisé dans les troubles cognitifs, ayant créée une IA apte à reproduire les comportements humains, il n'est en rien le modèle de savant à lunette, mais plutôt un post hippie fumant un peu d'herbe et usant de LSD pour voir plus clair. D'un caractère un peu fonceur, incapable de communiquer correctement, préférant les coups de poing sur le nez aux longues discussions, il est, dans cette affaire, à la fois meneur et victime. L'auteur en a fait un personnage complexe, que je ne suis pas parvenue à apprécier.

L'autre personnage dont je parlerai, Svletana, est une docteure en psychologie qui joue le rôle de potiche au corps de rêve. Elle donne bien deux ou trois réponses importantes, et replace Darquandier dans la nouvelle intrigue, mais, franchement, ce personnage a été inexploité. On est dans les clichés et la caricature. C'est un peu dommage et c'est l'un des bémols du livre.


L'histoire se veut chronologique et futuriste. Le livre, écrit en 1993, narre des épisodes des années 90 à 2000, avec, vous vous en doutez, un grand final pour le Millénaire. Quelques intrusions dans la Seconde Guerre mondiale et ses épisodes morbides envers les juifs replacent l'histoire dans un contexte d'horreur véridique. Cette chronologie et les avancées technologiques supputées par l'auteur rendent le livre effrayant.

L'ensemble se déroule en France avec quelques incartades le temps du deuxième chapitre, vers la Silicon Valley puis en Australie, mais les descriptions sont alors purement tournées vers des chambres d'hôtel... d'ailleurs, le personnage principal  passe énormément de temps dans des hôtels ! nomade en quête de vérité, il suit les assassins, avec comme cailloux de « petit poucet », les cadavres abandonnés.


Les mots pour : psychologie du crime, IA, style volontairement cru par moment.

Les mots contre : quelques scènes très gore, deuxième partie

Notation : 16/20



Surprenant et effrayant par moment, ce livre a aussi quelques longueurs. L'ensemble est cohérent, les inventions de la neuromatrice intrigantes, bien que basées sur une IA crédible, et les recherches cognitives flippantes. Enfin, les meurtres, les « méchants » sont vraiment impressionnants. L'auteur a une imagination incroyable.

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