Pars vite et reviens tard de Fred Vargas



Éditeur : J'ai lu — Nb de pages : 347
Série : Saga Adamsberg
Catégorie : Policier



Fred Vargas, de son véritable nom Frédérique Audoin-Rouzeau, est née en 1957 à Paris.

Titulaire d'un doctorat d'Histoire et auteure de romans policiers à succès, elle publie un livre par an depuis plus de dix ans, tout en menant une carrière de chercheur en Archéozoologie.



Ce sont des signes étranges, tracés à la peinture noire sur des portes d'appartements, dans des immeubles situés d'un bout à l'autre de Paris. Une sorte de grand 4 inversé, muni de deux barres sur la branche basse. En dessous, trois lettres : CTL. A première vue, on pourrait croire à l'œuvre d'un tagueur. Le commissaire Adamsberg, lui, y décèle une menace sourde, un relent maléfique. De son côté, Joss Le Guern, le Crieur de la place Edgar-Quinet, se demande qui glisse dans sa boîte à messages d'incompréhensibles annonces accompagnées d'un paiement bien au-dessus du tarif. Un plaisantin ou un cinglé ? Certains textes sont en latin, d'autres semblent copiés dans des ouvrages vieux de plusieurs siècles. Mais tous prédisent le retour d'un fléau venu du fond des âges...



Ce livre fait partie de la saga dite Adamsberg, nom du personnage principal.

L'homme aux cercles bleus
L'homme à l'envers
Les quatre fleuves
Pars vite et reviens tard [lu]
Coule la Seine
Salut et liberté suivi de La Nuit des brutes
Sous les vents de Neptune
Dans les bois éternels
Un lieu incertain
L'Armée furieuse


Un film éponyme est sorti en 2007, réalisé par Régis Wargnier, avec José Garcia, Lucas Belvaux, Marie Gillain...






Ayant lu et apprécié Debout les morts de cette auteure, j'ai déniché ce livre dans mes pérégrinations... Je l'avais inclus à mon ABC 2014 et Unchoco l'a choisi, dans ma Pal, pour le LPDA de mai à juillet. Deux très bonnes raisons de le lire, donc, même si je pense lire un autre livre pour le LPDA.


Adamsberg, promu commandant d'une brigade parisienne, voit arriver, comme première affaire, la peur ! Une peur qui gagne la capitale, et sème quelques morts noircis de charbon. Une peur qui gagne une placette, ou un crieur des rues énonce de sombres messages, en vieux français et en latin.


Dès les premiers mots, j'ai été happée par ce roman. Envoûtée, ensorcelée et les pages ont été tournées à une vitesse folle, alors que je manquais, pourtant, cruellement de temps, cette semaine.

Car l'histoire vous embarque au premier chapitre et ne vous laisse pas une seconde de répit. Pourtant, les scènes n'ont rien d'aventureux, pas de combats épiques, pas de grandiloquence. Non, juste un talent de conteuse fou, qui a su porter une histoire complexe au départ, mais finalement assez simple. Tout l'art de la mise en scène, et du respect d'un principe, le personnage ne sait rien, le lecteur non plus. Et, si l'auteure est omnisciente, et nous narre son intrigue, elle pose les éléments les uns derrière les autres, sans dévoiler trop, en laissant le temps à ses personnages d'avancer, de dénicher les indices, de s’imaginer des choses, puis de revenir sur les principales informations...

Le rythme peut sembler un peu lent, de prime abord, mais Fred Vargas s'attarde sur les personnages, en donne un aperçu assez global, entre vécu, présent et passé, relations et échanges, anecdotes et participation à l'histoire. Il ne manque que leurs pensées, qui sont réservées à quelques protagonistes dont je parlerai ci-dessous.

Mais cette lenteur n'est qu'illusion. Elle est aussi due à la somme d'informations fournies, entre Histoire et petites histoires. La grande, avec ce fléau au fil des siècles, les petites avec la vie des gens, leurs peurs, leurs réactions, mais aussi avec ces anecdotes sur le fléau lui-même.
« » Le diamant porté à la main gauche passe pour neutraliser toutes sortes de devenirs ». C'est ainsi qu'en gage d'amour les hommes fortunés prient l'habitude d'offrir un diamant à leur financée, pour les protéger du fléau. » (157) 
Et vous savez, vous qui suivez ce blog, comme j'aime apprendre en lisant... savoir donc que cette bague ornée d'un petit diamant à une raison, une histoire m'a amusé, et, vraiment intéressé, comme toute l'Histoire du fléau en France, amené ici par touches successives, se liant à l'intrigue du livre.

Alors, certes, l'écriture n'a rien de transcendant. Pas de « grand style » avec des mots recherchés, des phrases longues et complexes... de la simplicité, quelques lourdeurs, aussi, qui cumulés aux petits passages bémols font de ce livre un petit coup de cœur uniquement.


Adamsberg, que je découvre ici, m'a bien plu. Sombre sans être déprimé, sympathique rêveur, commandant d'une brigade toute neuve, et ne parvenant pas à se souvenir des noms de ses collaborateurs, alors qu'il enregistre mille détails ailleurs... amoureux fou d'une femme qu'il trompe pourtant sans vergogne. Bref, un homme imparfait, ce que j'aime, qui trouvera la solution en tâtonnant, en s'appuyant sur les savoirs des autres, et non pas le super héros qui trouve en un claquement de doigts.

Des autres personnages, je retiendrai les Evangélistes, ces quatre hommes rencontrés dans Debout les morts, historiens farfelus, et notamment Marc qui prend ici un second rôle, après avoir eu la primeur dans l'autre roman. Cette utilisation croisée m'a bien plu, et est sûrement un des points forts du livre. L'auteure amène tout le savoir sur le fléau par ce spécialiste, sous forme de dialogue. Cela évite les longs aplats de connaissance.

Je terminerai par le personnage de Camille, mystérieuse et insaisissable. L'une des raisons qui me pousseront à lire la suite de cette série. 

Les jours passent, les uns après les autres, sans que l'auteure les précise réellement. On sait, par de petites touches comme lors des criées de Joss, comme lorsque Adamsberg prend le train, mais pas de date précise.

Les lieux se concentrent sur la placette et le commissariat en construction.


Les mots pour : Intrigue, apports Historiques, personnages

Les mots contre : quelques lourdeurs stylistiques

Notation : 17/20



Un petit coup de cœur pour ce roman, où j'ai eu plaisir à retrouver les « Évangélistes », même pour un seul chapitre... je poursuivrai ma découverte de cet auteur.

4 commentaires :

Licorne a dit…

Je l'ai lu il y assez longtemps, et j'en garde un excellent souvenir ! l'adaptation cinématographique était assez réussi, pas facile comme histoire à mettre en scène. Ma fille l'a même étudié en classe. Un roman intéressant à multiples facettes ! Bonne journée Nanet !

stephanie-plaisir de lire a dit…

Je me souviens avoir bcp aimé le film. J'ai d'autres titres de l'auteure à découvrir et je retiendrai aussi du coup Debout les morts que tu as aussi apprécié.

c era una volta a dit…

Depuis le temps que je me dis que je devrais lire Vargas! Déjà essayé de le trouver à la bibli ce titre, toujours sans succès car lui n'en manque pas ^^
Bon ton avis me décide à faire le forcing :)

isallysun a dit…

question, je vois que tu cites debout les morts dans ton article! Je croyais qu'il faisait partie de la saga aussi... Je vais pouvoir le lire sans prise de tête de la relation d'Adamsberg je crois alors! Bel article!

 

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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