La Trilogie Valisar de Fiona McIntosh




Éditeur : Editions France Loisirs — Nb de pages : 697 — 762 — 790
Série : Valisar
Catégorie : Fantasy



Fiona McIntosh est née en 1960 en Angleterre.


Auteure britannique de fantasy, elle écrit également des livres pour enfants et des romans policiers sous le nom de Lauren Crow. Elle a aussi travaillé dans les relations publiques et le marketing puis, dans le tourisme.

Son site


À la tête d'une terrifiante armée de mercenaires et de renégats, Leothar a déjà conquis deux nations, ne laissant dans son sillage que dévastation et vies brisées. Il convoite maintenant le royaume de Penraven : un pays riche, doté d'un port important. D'un littoral étendu et d'abondantes ressources naturelles. Mais, cette fois, le tyran veut davantage qu'une couronne. Il rêve d'empire et nourrit une obsession grandissante pour la magie. Et s'il veut renverser le roi Brennus de Penraven, neuvième de la lignée des Valisar, c'est parce qu'il possède le pouvoir de coercition : tous les héritiers valisars naissent depuis des siècles avec ce don sinistre qui leur permet de soumettre entièrement les gens à leur volonté. Si Loethar s'imprègne de la magie de ces êtres d'exception, nul ne pourra plus l'arrêter.



C'est une trilogie.

La Trilogie Valisar, tome 1 : L'exil
La Trilogie Valisar, tome 2 : Le Tyran
La Trilogie Valisar, tome 3 : La Colère




La trilogie m'a été prêtée par mon amie AC, fan de fantasy, elle aussi.

Lu ce mois-ci pour le challenge 1 mois = 1 consigne : auteur en M


Leothar, barbare doué d'une intelligence implacable, s'attaque à l'Ensemble — groupement de royaumes —, dans le but de détruire les Valisars, familles royales de Peraven. Outre les meurtres, décapitations et autres combats sanglants, l'homme s'avère être un savant stratège...

Mais les Valisars n'ont pas dit leurs derniers mots.


Dès le début, Fiona McIntosh dessine une histoire teintée de rouge. Rouge sang. Beaucoup d'hémoglobine coule, et parfois ces effusions m'ont chagriné. J'aime la fantasy, j'aime les combats décrits avec brio, j'aime moins les mises en avant macabres. Ici, ce n'est pas tant les sujets abordés et les meurtres commis qu'il faut relever, c'est le style de l'auteur, très visuel. Car, après tout, les morts de cette histoire ne sont pas pires que d'autres.

C'est bel et bien l'écriture de Fiona McIntosh qui pousse à vivre pleinement les scènes évoquées. De détails en talentueuses descriptions, elle nous guide vers son univers.
"Puis, tandis qu'un éclair vif et violent illuminait le ciel nocturne, Corbel De Vis entra dans la mer en portant toujours le poids de son fardeau et de son chagrin."
Je soulignerai, toutefois, une foultitude de petites choses qui m'ont amusé, au départ, puis rapidement lassées, comme ces évidences énoncées, ces rappels alors que les événements datent de quelques pages... Tout cela rempli le livre, certes, mais le surcharge, à mon goût. Sans oublier que l'auteure décortique son intrigue, la rendant étonnamment simple. Dommage pour un roman classé en Fantasy adulte.

Alors bien sûr, certains diront que cela donne du poids, et la sensation d'un monde bien maîtrisé, avec moult détails. Bof, j'avoue que j'ai allègrement et rapidement sauté ces détails. Car, trop de détails, tuent le détail et surtout ralenti le rythme.

D'autant qu'à d'autres moments, alors que, justement, ces fameuses précisions auraient donné du corps à son texte, l'auteure passe, active et s'oriente vers d'autres points. Je pense, par exemple, au vieil homme rencontré dans sa cabane, que l'on sait défiguré. Et c'est tout. La cabane est décrite promptement, l'homme évoqué, alors qu'il prend un rôle important. Des pages entières sont consacrées à des choses anodines et d'autres points sont survolés. C'est cette variation qui tient ce livre écarté des meilleurs livres que j'ai pu lire dans ce genre.

Je ne dévoilerai pas l'intrigue, elle tient la route, mais je regrette aussi, — et c'est donc le troisième point ôté —, l'apparition impromptue de personnages "au bon moment", alors que le lecteur, pourtant placé en arrière, avec une vision quasi globale, aurait pu les voir auparavant. En fait, l'auteur n'a pas choisi en lecteur/auteur omniscient et vue extérieure. Elle bascule de l'un à l'autre et c'est assez déroutant. Par moment on sait, par moment on découvre.

Ce sont là les trois bémols que je soulèverai. Car tout le reste, la construction, l'alternance, les rouages politiques, les personnages (on en reparle), la magie (fine) et surtout la trame générale donnent une histoire prenante et percutante. Un vrai bon roman de fantasy, qui reste toutefois incomplet, étant le premier tome de la saga. En gros, rien ne se termine dans ce livre, et il me semble assez difficile de le lire seul.

Plusieurs personnages se battent pour le premier rôle, et l'auteur a tenté de donner pour chacun, une vraie personnalité, sans caricature.

Le jeune fougueux, l'enfant sur qui tombe la légende, le méchant barbare qui s'avère très fin intellectuellement, son demi-frère atrocement attiré par le sang et les coupures au niveau du cou, et enfin, et surtout, le majordome roublard et meneur de l'intrigue.

Il faut ajouter à ces hommes quelques femmes, tout de même, qui, si elles sont importantes, restent cantonnées à de seconds rôles. Je n'ai pas réussi à apprécier particulièrement l'une ou l'autre, elles sont toutes tellement survolées par l'auteure que l'on a du mal à vraiment se les accaparer, au départ. Vers la fin du premier tome, toutefois, deux se détachent, enfin, et rejoignent le petit panthéon masculin dans leurs prises de pouvoir. Je regrette ce manque de féminisme, mais c'est un autre débat.

Les autres personnages qui apparaissent au fil des pages sont dépeints trop succinctement pour que l'on puisse leur accorder du crédit. Quelques scènes leur donnent la primeur, puis ils retombent dans l'ombre.

Je terminerai par le petit Piven, diablotin de l'histoire. On cerne mal la volonté de l'auteure, même si l'on devine que ce petit bout a son importance, et qu'il réapparaîtra dans les tomes suivants.


Quelques rares informations sur le temps, on sait juste que l'intrigue se déroule en quelques jours. Pourtant, l'histoire passée de ce monde ressort au fil des pages, avec son lot de légendes et autres mythes.

L'ensemble se passe dans un monde uchronique médiéval sans qu'il en soit décrit. L'auteur se sert de la panoplie de base : cheval, carriole, bougie, robe de bure... épée...


Les mots pour : Style très visuel, intrigue bien construite, personnages peu caricaturaux.

Les mots contre : quantité d'hémoglobine, nombreux détails inutiles, apparition impromptue de personnages » au bon moment »

Notation : 17/20



Quelques petits points m'ont chagriné, notamment une trop grande violence décrite, et une surenchère d'hémoglobine. Mais c'est une bonne histoire, bien construite, bien qu'un peu prévisible.

1 commentaires :

Solessor a dit…

Après avoir entendu beaucoup de bien de l'autre trilogie de cette auteure (Le Don), j'ai très envie de découvrir ses textes. Je placerais Valisar en deuxième, elle me parait moins aboutie, et moins en finesse, mais je crains la déception en ne la lisant qu'ensuite ! En tout cas, j'ai bien envie de faire la connaissance du petit Piven ! :)

 

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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