L'oeil du prince de Frédérique Deghelt



Éditeur : J'ai lu - Nb de pages : 382
Série : / 
Catégorie : Contemporain





Frédérique Deghelt est née en 19??.

Journaliste, réalisatrice de télévision, elle est écrivaine à temps plein depuis 2009.

Son site

Années 1980: Mélodie, une jeune Cannoise, commence son journal intime. 1964 : Yann, un Français habitant New York, semble avoir laissé sa vie derrière lui. Vingt ans plus tard à San Francisco, Benoît voit son couple se déliter alors même que sa carrière de pianiste connaît une envolée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, deux résistants, Alceste et Agnès se découvrent amoureux grâce à leur correspondance. Celle-ci sera ouverte, un demi-siècle plus tard, par une vieille dame aux pensées habitées par les hommes qu'elle a aimés. Cinq voix s'élèvent à travers le temps et l'espace pour tenter de saisir leur chance, de comprendre leur vie, de mettre des mots sur le sentiment amoureux. Destin, hasard ou fatalité, un seul être peut savoir ce qui les lie : le lecteur.





Ce livre m'a été proposé par les éditions J'ai lu en partenariat direct à l’occasion de sa sortie (3 septembre)


 Je les remercie pour cette découverte, le résumé m'avait interpellé, et la lecture a été très agréable.


Ce n'est pas une, mais cinq histoires qui sont narrées dans ce petit roman. Cinq nouvelles, ou presque, liées entre elles par un fil conducteur que le lecteur découvre au fil des pages. Cinq époques de vie, aussi.


Le résumé laissait imaginer cinq histoires, et j'avoue que j'espérais trouver cinq univers, un pour chaque narrateur. Du coup, je suis très satisfaite de cette lecture, car Frédérique Deghelt a su donner à chaque conteur une véritable identité narrative avec ses mots à lui, son style, répondant à son passé ou son âge. C'est du coup, très agréable et assez simple de s'identifier aux personnages, du moins de comprendre leurs ressentis.

Le style en lui-même de l'auteur frais, construit (non, ce n'est pas antinomique) avec de belles phrases souples, sans vulgarité (merci) et un vocabulaire riche sans être ostentatoire. Bref, très abordable et permettant un rythme de lecture rapide.

C'est donc une belle plume, qui porte cette histoire.

Et heureusement, car le sujet principal, celui que l'on découvre au fil des mots et vécus des personnages, n'a rien de transcendant, lorsque l'on reprend la globalité du livre. Mais, en fait, ce n'est pas vraiment important. Car, ce sont réellement cinq histoires que vous propose l'auteure.

Je regrette, mais vous allez le découvrir ci-après le manque de détails descriptifs permettant de s'imaginer les scènes, les lieux. Tout est susurré et l'accent est mis sur les sentiments, pas vraiment sur ce qui entoure les gens.


Je ne vais pas m'attarder que chacune, juste glisser quelques mots :

La première se déroule en 1980, et il m'a été très aisé de m’identifier à l'héroïne, même si je l'ai trouvé un peu trop parfaite au départ. Finalement, le moule se casse, la vie l'écorche, et cette femme devient maîtresse de sa destinée. À travers elle, F Deghelt présente le Cinéma, monde qu'elle semble connaître, et le Jazz.

Le second texte m'a moins plu. Le deuil présenté sous forme de chronologie mensuelle avec une grande partie sombre, dépressive n'a pas réussi à me convaincre. Le lieu, aussi, m'a laissée pantoise. Autant la première partie se déroulait à Cannes, autant la suite fuit aux States ! La France n'est pas assez grande... fi de chauvinisme, je trouve dommage cette expatriation, même si elle se comprend par la suite. Dans cette partie, le Jazz aussi est évoqué, et l'on imagine un instant qu'il soit le fil conducteur. L'époque est plus difficile à cerner, même si elle est inscrite. J'ai trouvé que les références vestimentaires, par exemple, ne permettaient pas de se situer dans le temps. Enfin, les personnages ne m'ont pas touché. Bref, ce passage est, à mon goût, le moins réussi du livre.

La troisième partie, sous forme épistolaire, est d'une grande qualité. La fraîcheur de l'amour, la candeur, avec un fond historique dur et macabre, tout est presque parfait. J'ai beaucoup aimé que ces lettres soient si "vraies", si peu structurées avec des personnages qui passent d'un sujet à l'autre. Cela donne un souffle de vie, de véracité. Les sujets abordés, la guerre, les Juifs, les camps, la politique... tout transpire de ces lettres avec un sentiment pourtant positif, puisque les deux narrateurs tombent amoureux, et que cet émoi transforme leurs mots, les mâtinent de cette jolie couleur, douce et tendre. Bref, c'est la partie qui m'a le plus touché.

La quatrième m'a amusé. Elle donne les premières clés de compréhension de l'intrigue globale, fait les liens avec les histoires passées. Se déroulant n 1980, elle aussi, il m'a été facile de m'y projeter, puisque l'auteure ne donne que peu de détails descriptifs. L'intrigue interne à cette partie est trop importante pour que je l'évoque.

Enfin, la dernière session. Comme dans beaucoup de livres, c'est là que tout s’accélère que les indices se lient, que les trames se nouent et donnent enfin la solution. Sauf que j'ai été un peu déçue par cette révélation. Outre le fait que je n'ai pas pu m'identifier à l'héroïne, que j'ai trouvé moins convaincante que les autres personnages, cette fin m'a laissé de marbre. Je n'attendais rien de particulier, juste les réponses. Elles y sont. Mais cela fait un peu catalogue des réponses, justement, avec un manque de sentiments, alors que l'auteure a tenté de jouer sur cette gamme avec une fin de vie.

D'ailleurs, je retiendrai que F Deghelt est plus habile pour conter le rire, la joie que la mort, la souffrance morale. Et il est évident que je tenterai autre chose d'elle, sa plume m'a vraiment charmé.


Les mots pour : Style et travail sur les narrateurs, histoires et Histoire (1940). Jazz et cinéma

Les mots contre : manques descriptifs, sentiments un peu sombres

Notation : 15/20



Cinq narrateurs pour une histoire... avec un joli travail sur l'écriture. Intrigue un peu simple, mais cela se lit bien.

1 commentaires :

  1. kikou,
    Je ne me suis pas toujours identifiée. Mais contrairement à toi c'est la partie épistolaire qui m'a un peu bloquée, bizarre car j'aime en général ce genre là.
    Encore une lecture en commun ;-)

    RépondreSupprimer

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