Noces de cire de Rupert Thomson




Éditeur : Denoël & d'Ailleurs - Nb de pages : 391

Ce livre ma été offert en partenariat par les éditions Denoël




Série : / 
Catégorie : Roman Historique - romance - roman d'aventure & voyage




Rupert Thomson est né en 1955.

Ecrivain britannique, il a étudié l'histoire médiévale et l'histoire de la pensée politique. Il vit actuellement de ses écrits.

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Florence, 1691. Zummo est un sculpteur de génie qui crée des statues de cire si délicates qu’elles semblent avoir pris vie. Il a fui sa Sicile natale pour trouver refuge dans une ville vérolée par la corruption, aveuglée par l’austérité, où les citoyens les plus riches assouvissent leurs désirs les plus pervers. Convoqué par le grand-duc qui lui a commandé une Vénus de cire grandeur nature, Zummo parcourt les ruelles labyrinthiques à la recherche d’une femme suffisamment parfaite pour servir de modèle. Mais la Toscane regorge de secrets et de dangers. La torture et les exécutions vont bon train, et, lorsqu’on trouve le cadavre d’une jeune femme sur les bords de l’Arno, le sculpteur commence à croire que le vice prend sa source à la cour des Médicis. Tout en poursuivant sa création, essayant d’insuffler la vie à sa Vénus de cire, il se demande si cette femme parfaite va le mener à son salut ou à sa perte. Noces de cire est une superbe représentation du monde d’avant les Lumières, vibrant de superstitions, de répression et d’incompréhension, doublée d’une intrigue menée à la perfection.





Ce livre m'a été offert en partenariat par les Editions Denoël que je remercie. Aimant l'Histoire, j'ai pris plaisir à découvrir la vie de certains de ces hommes et femmes, au décours d'une aventure romanesque.


Je vais déroger à l'habitude et vous parler plutôt de l'Histoire... et surtout de Marguerite-Louise d’Orléans, l'une des héroïnes de ce roman.

Fille du duc d'Orléans (frère de Louis XIII), elle épousa - contrainte et forcée par le roi qui souhaitait limiter l’influence austro-espagnole sur l’Italie - le grand-duc Cosme III de Toscane, alors qu'elle était amoureuse de son cousin le prince Charles de Lorraine.

Marguerite-Louise, fraîche, vive et mondaine, dut épouser à seize ans (en 1661) un dévot austère et avare, fanatique religieux, et de surcroît jaloux. La vie à Florence fut insupportable à Marguerite-Louise. Le couple ne s’entendit pas.

Après avoir donné dès 1663 à son mari l’héritier attendu, Ferdinand, prince de Florence, ils vécurent séparément, la grande-duchesse inondant le Louvre le Luxembourg et Rome de ses plaintes. D’une réconciliation en 1667 naquit la princesse Anne-Marie-Louise, puis en 1671 le prince Jean-Gaston.

Marguerite-Louise demanda de nombreuses fois la permission de quitter son mari et de s’installer en France. Louis XIV accepta en 1695 mais confina sa cousine au couvent de Montmartre qui hébergeait les dames nobles séparées de leur époux.

Elle mourut en 1721 sans avoir revu son mari qui la suivit dans la mort deux ans plus tard.

 &

Cette Histoire est racontée dans le livre de Rupert Thomson, de façon romanesque. L'histoire se passe en 1691, la duchesse est donc déjà dans son couvent. Les faits sont donc rapportés au travers des souvenirs de la ville et surtout du duc de Cosme (famille Médicis) à Florence qui emploie notre héros, Zummo. 

Le livre que je vous présente aujourd'hui est multiple : livre d' Histoire, livre de voyage avec une description de Florence et de la Sicile, roman d'amour, roman d'expérience avec les apports sur la sculpture de cire... tout cela s'imbrique et certains trouveront que ces nombreux sujets, ajoutés aux moult enchâssements créent un livre difficile à aborder. 

Personnellement, je me suis laissée emporter par la plume superbe et efficace de l'auteur, par ses descriptions parfois un peu rudes, tant elles étaient imagées. Un texte magnifique, doux et âpre, savoureusement épicé, mêlant sentiments et richesse descriptive. Certes, il manque un peu d'action. Ce sont des souvenirs d'un vieil homme sur un moment particulier de sa vie. Le temps a effacé les actes pour ne laisser que les sensations, les souffrances, les espérances. 

Ce que j'ai apprécié, c'est vraiment le fait que la grande Histoire se mêle si astucieusement à celle du roman. Les faits, inventés, auraient pu être véridiques. L'auteur a monté son aventure humaine avec brio, amenant peu à peu les éléments réels, donnant des indices, laissant des doutes. 

Alors, oui, les nombreux sujets créent une sensation approfondie, et j'aurais aimé en savoir plus sur les sculptures de cire, par exemple. Sauf que ce n'est pas le propos. Sans compter que l'auteur évite l'effet catalogue, qu'une description plus détaillée aurait sûrement engendré. Ici, on découvre le phénomène, on l'approche, on saisit quelques nuances, quelques touches techniques. Et puis, les artistes ne dévoilent pas leurs secrets...

Un point m'a perturbé, alors que sa présence dans le livre est pourtant normale. J'associais l'inquisition et les Dominicains à l'Espagne. Or, d'évidence, ils étaient partout en Europe, et même à Florence. Notre héros vit près d'eux, tente de se cacher de leur influence, mais il est difficile de leur échapper. 

Je terminerai par la Sicile et les éruptions mortelles de l'Etna. Celle évoquée dans le livre (1689) a été à l'origine d'une centaine de morts qui vivaient pour la plupart à proximité volcan. L'auteur narre cette éruption, à nouveau grâce à un souvenir, celui de la mère de Zummo, qui a tout perdu dans ce drame.   



Zummo est un personnage complexe. Mal dans sa peau, après une enfance difficile, il deviendra pourtant un artiste reconnu. Sa psychologie m'a bien plus, avec un être qui se pose mille questions, qui aborde les sujets avec un recul intéressant, même ceux qu'il maîtrise.

Les autres personnages sont vus à travers son regard, ce qui les rend un peu distants. J'ai beaucoup aimé le Cosme, et le Cuif. 


Les mots pour : Histoire, Style, descriptions

Les mots contre : nombreux sujets abordés sans approfondissements

Notation : 17/20



Je me suis laissée emporter par cette histoire, douce et âpre à la fois, enchanteresse, sur fond d'Histoire, avec des passages sombres. Un brin de folie, narré avec une plume fabuleuse. Joli.

5 commentaires :

La chèvre grise a dit…

J'ai beaucoup aimé moi aussi. Notamment comme tu le dis parce que j'aime lorsque l'Histoire se mêle à l'histoire. Et que c'est bien amené comme c'est le cas dans ce roman.
J'ai vu quelques personnes lui reprocher un manque d'action, mais je ne trouve pas pour ma part. Il n'est pas si introspectif que ça, évoquant davantage les moments clés de l'histoire et évitant ainsi des temps morts.

nanet a dit…

Je pense que ce livre aura, comme souvent dans ce genre de romans, des avis négatifs à cause de ce "manque" d'action. Les lecteurs sauront-ils se laisser porter par cette plume magnifique ?

Lup Appassionata a dit…

Un roman qui pourrait bien me plaire ! Chouette billet en tout cas, merci Naneth :)

florel a dit…

Salut !
Pour ma part je n'ai pas été aussi emballée que toi, j'ai trouvé ce livre trop mou et rien de consistant pour rattraper l’histoire que l'on connaît du départ.
Bonne lecture suivante. :)
Biz biz.

de-pages-en-pages a dit…

J'ai eu du mal au début & c'est seulement vers la fin que j'ai commencé à l’apprécier... Heureusement que j'ai persévéré car après 200 pages j'ai pensé à l'abandonner... Une lecture en demi-teinte pour moi

 

Les mots d'un autre

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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