La Chica Zombie de Laura Fernández



Éditeur : Denoël 


Livre offert en partenariat

Nb de pages : 363 — Série : / 
Catégorie : Jeunesse — SF


Laura Fernández est née en 1981 en Espagne

Journaliste (Le monde espagnol) et auteure de livres dans la mouvance SF.






Bienvenue dans le monde jubilatoire et déjanté de Laura Fernández. Dans la ville fictive d’Elron, à la fin des années 90, une poignée d’élèves et de professeurs se préparent au célèbre bal des Monstres du lycée Robert-Mitchum. Erin, seize ans, se réveille un matin et découvre avec effroi que ses cheveux sont pleins de vers, que ses doigts tombent les uns après les autres… Tout semble indiquer qu’elle est morte… Pourtant, malgré son odeur pestilentielle et sa chair en lambeaux, Erin doit quand même aller en cours. Elle cache son corps putréfié de zombie derrière des vêtements informes et du maquillage, et personne ne semble s’apercevoir de son état. Derrière un récit survolté et gorgé de références à la Pop culture se dessine une description juste de l’adolescence, entre exploration de soi et désir de se fondre dans la masse. Le tout servi par un style vif et original, un ton irrévérencieux et des rebondissements tout à fait loufoques.




Ce livre m'a été offert par les éditions Denoël dans le cadre d'un partenariat avec ce Blog.


Erin, une adolescente, se réveille un matin en constatant que son corps part en charpie : odeur putride, plaies purulentes... elle est un zombie ! Sauf que les autres ne semblent pas perturbés par ses changements...


Si vous cherchez un livre sur les Zombies, gore à souhait avec des scènes de combats, ce livre n'est pas pour vous.

Si vous cherchez un livre savamment écrit, avec des passages psychologiques sur la difficulté de l'adolescence, alors, ce livre peut, éventuellement, vous intéresser, mais il va vous falloir passer sur le style très particulier de cette auteure !

Entre les mots intercalés en italiques (pensées d'Erin, ou des autres protagonistes) — mots volontairement morbides ou orientés vers des notions macabres : mort, putride, zombie... et qui donnent à eux seuls l'idée d'Erin sur sa décomposition, alors que le reste de narration montre bel et bien son mal-être psychologique, — et changements de modes narratifs en plein milieu des paragraphes, j'avoue que le livre m'a dérouté. Car, ce roman est cash. En langage parlé, ce que je n'apprécie toujours pas, avec des dialogues crus et parfois, souvent, très bizarres, ce roman se veut une allégorie burlesque du mal-être de plusieurs protagonistes, dont Erin, la Zombie.

Mais une fois passé tout cela, une fois le livre lu, plus ou moins difficilement suivant l'avancée, car, c'est bien connu on se fait à tout, et donc, on finit par se faire aussi à cette écriture barbare. Donc, disais-je, une fois le livre posé, commence alors l'analyse.

Et là, force est de constater que le livre tient la route !

C'est paradoxal ? Non, le style de cette auteure est intrigant, particulier, détestable même par moment. Sauf qu'elle touche un truc nouveau, elle tente une approche différente et qu'au final cette innovation n'est pas si détestable.

Reste le fond. Je parlais d'allégorie, et l'auteur nous l'a confirmé dans la citation suivante :
« Es una novela sobre la adolescencia, esa época en la que aún no eres tú, sólo una masa informe de cosas, como un zombi. Eres un ser indefinido que se mueve por impulsos que no siempre son queridos » (source Le Monde version espagnole). 
Pourtant, comme Laura Fernandez a pris le parti d'un livre adolescent, rien n'est creusé, rien n'est approfondi et ce survol laisse un goût amer (!!) dans la bouche, la sensation de lire un roman inachevé, un essai burlesque sans profondeur.

L'étude des mœurs de ces jeunes gens mal dans leurs peaux, et soumis a des obligations sociales, comme paraître et appartenir à un groupe était sûrement les idées de départ. Elles transpirent dans le roman, et la fin, un peu manichéenne, les décompose rapidement au cas où les lecteurs se seraient perdus au fil des tergiversations.


Je n'ai pas de scène qui m'ait plu ou déplu (c'est surtout le style qui dérange), je retiens ce petit clin d'œil au livre Carrie de Stephen King, avec une autre jeune fille mal dans sa peau et subissant les affres du paraître, et aux autres citations du roman.


Le seul qui ait su me plaire est Billy. Lors qu'une discussion sur ce livre nous sommes arrivés à la conclusion qu'il plaisait parce qu'il était peut-être le plus cartésien, et j'ajouterai surtout le seul à refuser d'entrer dans un moule social.

Les autres sont vraiment survolés et caricaturaux, mais dans le mauvais sens du terme, l'auteure usant de ces caricatures à outrance, évitant les descriptions et autres explications.


Tout est assez rapide, une poignée de jours et se déroule dans le Lycée Mitghum, dans une ville américaine typique.


Les mots pour : idée

Les mots contre : style, personnages

Notation : 10/20



Que dire ? D'un abord particulier, le livre surprend, étonne et laisse finalement de marbre ! Sans saveur, sans profondeur... reste le personnage de Billy qui sauve un peu les pages.

2 commentaires :

  1. J'aurais aimé lire la première phrase de ton article avant de me lancer dedans ! Pourtant le roman avait un gros potentiel... Mais on tombait trop facilement dans la caricature. Dommage.

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