La muraille de lave de Arnaldur Indridason


Lire un auteur réputé pour la première fois, c’est toujours délicat. Mais avec Arnaldur Indidason et sa Muraille de lave, la découverte a été concluante !


Éditeur : Éditions Points

Nb de pages : 408
Série : / 
Catégorie : Policier

Traducteur : Éric Boury

Pourquoi ce livre ? 

Ce livre entre dans mon ABC 2015, lettre I


La Muraille de lave à laquelle fait allusion le titre est une falaise de basalte au pied de laquelle un tourbillon violent engloutit toutes les embarcations qui s’approchent, c’est aussi le surnom qui a été donné au siège social d’une grande banque, à l’architecture sombre et aux pratiques discutables. 

Le commissaire Erlendur est parti en vacances sur les lieux de son enfance et il a disparu, mais son équipe continue à travailler. Tandis que Elinborg, la fine cuisinière, s’occupe d’une affaire de viol (La Rivière noire), Sigurdur Oli, le moderne formé aux États-Unis, reconnaît par hasard dans la rue l’un des témoins de l’affaire de pédophilie en partie résolue dans La Voix. Ce même jour, un ami lui demande d’aider un couple de cadres qui, pratiquant l’échangisme, fait l’objet d’un chantage. Troublé par ses problèmes de nouveau divorcé, Sigurdur Oli va cependant aller jusqu’au bout d’une histoire qui lui révèle la cupidité qui s’est emparée de la société islandaise avec l’expansion mondiale des modèles financiers. 

Commencé comme un polar classique, La Muraille de lave tisse les trames de plusieurs affaires et entraîne le lecteur dans les tourbillons de la perte de critères moraux et de l’impudeur de l’amour de l’argent.


Ce roman fait partie de la saga Commissaire Erlendur Sveinsson, qui contient 12 livres minimum... même si Erlendur est absent pendant toute cette histoire.



Arnaldur Indriðason est en 1961 à Reykjavik. 

Après un diplôme en histoire à l’université d'Islande, il devient journaliste au Morgunblaðið, puis scénariste indépendant, critique de films. Aujourd'hui, il est l'auteur de seize romans policiers dont douze ont été traduits en français — dont plusieurs sont des best-sellers.



Apparemment Sigurdur est un personnage très secondaire dans le reste de la série :

  • Erlundur, le héros de la saga est absent
  • Sigurdur Oli est en plein divorce et gère cette drôle de relation
  • Quatre enquêtes se croisent dans le roman... trois seulement seront résolues. 



N'ayant jamais lu de livre de cet auteur, démarrer par un roman de milieu de saga peut sembler incongru. Mais le talent d'Arnaldur Indridason fait vite oublier que cette histoire entre dans une saga, et les liens avec d'autres intrigues s'effacent, laissant une enquête, une vie, des vies devrais-je dire.

Déjà, je voudrais préciser que le résumé posté ci-dessus n'est pas celui qui se trouve sur mon roman, et qui ne correspond pas à l'histoire ! Heureusement que je ne m'attends jamais à rien, en ouvrant un livre...

Une visite du pays

Je ne pensais pas, par exemple, visiter l'Islande à travers cette histoire. Mais l'auteur nous dévoile un peu de son pays, avec des descriptions assez succulentes. Son style est très agréable et les lieux sont dépeints avec simplicité, tout en amenant cette petite touche qui en fait des endroits que l'on visualise aisément.

Ce qui est bien moins agréable pour l’appartement d'Andrés. Une vraie porcherie. Et comme l'auteur à une plume efficace, tant pour les descriptions que pour les scènes d'action ou encore les dialogues, j'avoue avoir pincé le nez en lisant ces passages.

Certes la scène racontée a aussi de quoi faire réagir.

Des enquêtes qui se croisent

Car se livre ne raconte pas une, mais plusieurs enquêtes : 
  • un chantage sur fond d'échangisme, sans voyeurisme
  • une enquête pour meurtre
  • une enquête sur les mondes financiers 
  • enfin, une suite d'événement en rapport avec Andrés, témoin d'un roman précédent, traitant de pédophilie.

Une enquête sur les mondes financiers

J'avoue que c'est la partie qui m'a le moins plu. Je n'aime pas trop les romans traitant de finance. D'autant que les événements racontés sont érodés par la réalité économique. Mais, fort heureusement l'auteur ne s'attarde pas trop. Il énonce les faits, présente la situation, donne les clefs de compréhension, mais ne détaille pas.

Sigurdur parvient à cette enquête un peu par hasard, en fermant les yeux, un peu inconsciemment sur des éléments de sa première enquête. Les évidences sont parfois difficiles à admettre lorsqu'elles touchent des amis. Et les siens lui confient une sordide histoire. Il apprend le même jour qu'ils sont échangistes, et qu'ils sont victimes d'un chantage. Acceptant de les aider, il se retrouve face à un meurtre.

Quand la vie privée vient s'immiscer

Et il n'y a rien de pire que de mêler vie privée et enquête. Or, Sigurdur va devoir gérer de front non seulement cette situation, mais aussi son divorce, et une sordide petite affaire confiée par sa mère.

Le tout avec beaucoup d'introspection, l'histoire étant narrée depuis le point du héros, sans que nous n'apprenions jamais rien sans lui. C'est un mode narratif que j'apprécie, puisque nous ne savons rien à l'avance, nous découvrons tout en même temps que lui.

Deux narrateurs

Dans ce roman, toutefois, l'auteur nous offre aussi une histoire parallèle, avec un autre narrateur. Cette alternance donne un souffle intéressant à l'ensemble, et nous plonge dans la tête d'un des personnages du livre. Bien sûr, je vais laisser un peu de suspens.

Bref, une jolie plume, des scènes bien construites, des dialogues convaincants, des descriptions assez visuelles et des enquêtes bien menées. 


Le personnage de Sigurdur est complexe et dévoilé au fil des pages. J'ai découvert en effectuant quelques recherches sur Elinborg et Erlundur, qu'il n'avait finalement qu'un rôle assez secondaire dans les autres romans et que ce livre lui donnait justement un peu plus de poids. Je suis donc bien contente de l'avoir rencontré.

Les informations sur les parents et son ex-femme apportent du crédit au comportement du héros, le rendent très humain.

Les personnages secondaires, comme les amis ses amis sont peu détaillés. On apprend quelques bribes de leurs vies, suffisantes pour l'intrigue.

Andrés est très particulier et son histoire m'a touchée.

Au départ, les noms, avec leurs consonances si peu habituelles, m'ont un peu surprise. Mais on s'y fait vite.


L'ensemble se déroule à Reykjavik, avec une excursion sous forme de souvenirs aux fameuses murailles de lave.

Le tout coule sur une bonne quinzaine de jours. Mais l'auteur nous raconte aussi l'histoire d'Andrés, avec quelques flash-back.


Les mots pour : Style efficace, personnage principal, enquête pour meurtre,

Les mots contre : enquête financière

Notation :

Style (sur 5) 4 Intrigue (/4) 3 Personnages principaux (/3) 2
Style 2 Crédibilité 1,5 Personnages secondaires (/1) 1
Narration 1 Action 0,5
Description 1 Violence/tendresse 1 Temps et espace (/2) 2
Sensation générale (/3) 2 Rythme général (/2) 2 Total (/20) 16



Un très bon polar, lu avec grand plaisir. Découverte d'une plume vraiment sympathique, avec une histoire sans débordements d'hémoglobine ou de surenchère scientifique. Bref, un retour aux valeurs humaines.  

1 commentaires :

stephanie-plaisir de lire a dit…

J'ai découvert l'auteur aussi au milieu de la série avec Étranges rivages et ça été un pur plaisir ! C'était d'ailleurs mon vote pour le prix du polar Point. Je note celui ci donc.

 

Les mots d'un autre

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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