L'art d'écouter les battements de coeur de Jan-Philipp Sendker


Ouvrir un livre et se laisser emporter par la magie de l'amour... voilà ce que nous propose Jan-Philipp Sendker dans son roman L'art d'écouter les battements de coeur.



Éditeur: Livre de poche

Nb de pages : 331
Série : / 
Catégorie : Romance

Traducteur : Laurence Kiefé

Pourquoi ce livre ? 

Ce livre fait partie de la sélection de juin
 du prix des lecteurs du Livre de Poche


Quatre ans après la mystérieuse disparition de son père Tin Win, un avocat new-yorkais d'origine birmane, Julia découvre une lettre d'amour écrite par celui-ci à une certaine Mi Mi en Birmanie. La jeune femme en a l'intuition : c'est là-bas que se trouvent les réponses à ses questions. À peine arrivée, elle fait la connaissance d'U Ba, un homme étrange qui semble tout savoir de sa famille. Il va lui conter l'incroyable histoire d'amour de Tin Win et Mi Mi...



Jan-Philipp Sendker est né à Hambourg en 1960.

Correspondant pour le Stern (magazine hebdomadaire allemand) jusqu'en 1999, il vit depuis de son écriture.




Sur les traces de son père, parti depuis quatre ans, Julia va découvrir que

  • l'amour rend plus fort
  • l'handicap est parfois ce que l'on veut en faire
  • les battements d'un cœur peuvent être la plus douce des mélodies
  • l'on ne connait pas toujours les gens que l'on aime



Ce qui me suivent le savent, je n'accorde que très rarement de coup de coeur. Ce sera donc le premier de l'année 2015. Pourquoi ce livre et pas les autres ?

Parce qu'il a su me m’envoûter, autant par l'histoire que la façon de la raconter. Parce que les notions qui me tiennent tant à coeur y sont réunis.

Une narration en alternance

Avec, au départ, Julia qui nous entraîne dans son voyage, sa quête de ce père parti depuis quatre ans. La piste avait conduit à l'époque à la Birmanie, mais les recherches s'étaient arrêtées à la capitale faute d’informations. Le silence qui a suivi cette disparition volontaire, tout du moins sur les premières heures, fit échafauder plusieurs théories des plus folles aux plus saugrenues. Au bout de quatre ans reste le vide lié au manque de réponses.

Aussi, lorsqu'elle rencontre U Ba et qu'il lui parle de son père, lui donnant des détails qu'un inconnu ne pourrait connaître, elle est tenté d'écouter son drôle de récit.

Jan-Philipp Sendker a choisi de narrer les questionnements de Julia à la première personne, nous faisant entrer dans ses doutes et ses émotions. Le reste de l'histoire, ce qui est raconté par U Ba a été écrit à la troisième personne : c'est un conte. L'auteur nous invite à écouter et nous laisser charmer par l'ambiance.

De l'art du détail


Les descriptions sont somptueuses et d'une douceur fabuleuse. L'auteur a teinté son texte de cette magie orientale, de cette couleur chaleureuse et douce attendue lors des récits évoquant ces pays où l'art de vivre et le temps poussent les gens à plus de respect. C'est beau, c'est doux, alors que les choses racontées sont parfois assez dures.

Le fait que Tim Win perde la vue oblige l'auteur à pousser les descriptions vers un versant très particulier : il ressent, il entend et finalement il voit à travers les yeux de son amie Mi Mi.

Les descriptions faites par Julia sont moins poétiques. Ses sentiments ne lui permettent pas, dans un premier temps, d'apprécier la beauté de ce qui l'entoure.

C'est aussi cette alternance qui rend ce livre si beau, avec d'un côté le pragmatisme de cette femme New Yorkaise et de l'autre la découverte d'un monde par un jeune homme amoureux...

Une romance


Car ce livre est avant tout une magnifique romance. Oh, n'y cherchez pas les scènes à la mode avec effeuillage en règle de la demoiselle. Non, c'est une histoire d'amour avec un grand A. Une belle et douce romance, où le coeur dépasse le corps, où l'âme vibre en présence de l'autre.

C'est une rencontre de deux êtres malmenés par la vie et qui vont faire une force de leur amitié, puis de leur amour, au lieu de rester murés dans leur handicap.

Cette ode à l'amour n'a pu que combler mes attentes.

Et la crédibilité ?


Alors certes, quelques scènes peuvent sembler impossibles, ou peu crédibles. Mais, après tout, est-ce bien important ? Lorsque U Ba raconte cette histoire, il ne cherche pas à narrer la vérité pure. Il évoque des faits, un passé qui lui a été conté, avec cette capacité magique des conteurs de rues à vous emporter dans un univers magique. C'est un conte. Et si tout n'est pas totalement crédible, il faut en retenir la substance, la beauté de l'ensemble.

C'est ce que va faire Julia, finalement, comprenant qu'U Ba ne cherche pas à la duper, mais à lui offrir la vie de son père, son enfance.


Si le personnage de Julia m'a laissé un peu septique au départ, elle gagne en charisme au fil des pages, au fil de son écoute. Elle découvre un univers qui lui était totalement inconnu et à travers lui ce père qu'elle imaginait pourtant connaître.

U Ba est plus mystérieux. J'ai beaucoup aimé la façon dont il est traité. L'auteur dévoile très peu de lui et nous laisse le découvrir peu à peu au fil de son récit.

Tim Win et Mi Mi sont si extraordinaires que je préfère vous les laisser découvrir.



Tout se passe dans un petit village, en Birmanie. L'histoire se déroule sur quelques jours mais U Ba reprend l'enfance de Tim Win jusqu'à ses vingts ans.


Les mots pour : Style, romance, descriptions, personnages

Les mots contre : /

Notation :

Style (sur 5) 4 Intrigue (/4) 3 Personnages principaux (/3) 3
Style 2 Crédibilité 1,5 Personnages secondaires (/1) 1
Narration 1 Action 0,5
Description 1 Violence/tendresse 1 Temps et espace (/2) 2
Sensation générale (/3) 3 Rythme général (/2) 2 Total (/20) 18


Une fabuleuse romance teintée de cette douce magie orientale et d'une incroyable notion de respect. Une écriture fine et riche. Un coup de coeur !
...

2 commentaires :

  1. Ca a l'air d'être une belle histoire. Je garde le titre en tête.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est un très beau livre que je te conseille vraiment. Bises

      Supprimer

Merci de laisser des commentaires constructifs, afin que nous puissions échanger sur les lectures présentées.

Les commentaires anonymes ne seront pas publiés.

Bonne journée, merci de vos petits mots, Biz, nanet.

 

Les mots d'un autre

Les mots d'un autre
"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

Ma liste de blogs

Pour me contacter

Nom

E-mail *

Message *

Newsletter

Vous pouvez être avertis des publications.

Entrez votre adresse mail :

Merci !


Géré par FeedBurner

Membres

Articles les plus lus (7 derniers jours)