Une saison à Longbourn de Jo Baker


Une fan-fiction de Orgueil & Préjugés bien écrite. Jo Baker nous a concocté une bien jolie histoire avec Une saison à Longbourn.


Éditeur: Livre de poche

Nb de pages : 456
Série : / 
Catégorie : Romance - Historique

Traducteur : Sophie Hanna

Pourquoi ce livre ? 

Ce livre fait partie de la sélection de juin
Du Prix des lecteur du Livre de poche.


Sur le domaine de Longbourn, vivent Mr et Mrs Bennet et leurs vénérables filles, en âge de se marier. À l’étage inférieur veillent les domestiques. Personnages fantomatiques dans le célèbre roman de Jane Austen, Orgueil et préjugés, ils deviennent ici des êtres de chair et de sang qui, du matin au soir, astiquent, frottent, pétrissent et vivent au rythme des exigences et des aventures de leurs bien-aimés patrons. Mais ce que les domestiques font dans la cuisine, sans être observés, pendant qu’Elizabeth et Darcy tombent amoureux à l’étage, relève d’eux seuls… Une histoire d’amour peut en cacher une autre, et qui sait quel secret enfoui risque de ressurgir.




Jo Baker est née dans le Lancashire.

Après des études à Oxford et à l'Université, elle a écrit plusieurs romans et elle a été directrice artistique du Festival littéraire Belfast.

Son site.




Ce roman est une fan-fiction de Orgueil et préjugés de Jane Austen. Mais, cette fois, nous sommes du côté des cuisines. Jo Baker détaille donc :

  • le travail (rude) dans une maison en 1815
  • la relation entre les maîtres et les employés
  • les rêves des jeunes femmes

Une romance se déroulant chez les Bennet même côté cuisine avait tout pour m'emporter, si je n'avais pas été aussi fan de Jane Austen. Car, c'est là le principal point noir de ce livre, il calque O&P mais l'auteur n'a pas su insuffler la magie de Jane Austen, notamment pour les dialogues entre Elisabeth et Sarah. 

Un texte charmant 

D'un style très doux, avec des phrases courtes, des mots simples, ce livre à tout pour plaire. L'écriture est très agréable et on se laisse rapidement entraîner dans les aventures de ces serviteurs. 

L'auteure retrace avec talent l'univers de cette époque avec les charges de travail : blanchiment du linge qui ruine les doigts, corvée d'eau avant même le levé de soleil... Elle décrit ces éléments simplement ce qui donne encore plus de poids à la lourdeur de la tâche.

Des dialogues clapotants

Ce qui m'a gêné, ce sont les échanges entre Elisabeth Bennet et Sarah. Certes, ils n'existent pas dans le roman base et donc l'auteure a du tout inventer. Mais pourquoi, alors que les autres dialogues sont éloquents, rendre Elisabeth aussi peu amène ? Et Sarah, pourtant sympathique bien qu'un brin têtue, pourquoi la rendre si empotée lors de ces échanges ?

D'autant que les évocations de O&P tout au long du roman, comme un repère temporel, sont faites avec justesse. On retrouve les scènes et actes principaux que Jo Baker a glissé sans les copier.

Côté cuisine, les personnages

Et l'intrigue inventée, la romance, les personnages sont probants. Chacun détient un caractère propre. Mrs Hill est divine, Poly aussi, bien que j'ai longtemps cru qu'elle était plus jeune que l'âge annoncé vers la fin du roman.

Le mari, M. Hill, au rôle très secondaire mais qui permet à l'auteur d'aborder l'homosexualité, très en vogue dans les livres en ce moment.

Les hésitations de Sarah, ses doutes, ses questionnements, donnent un personnage riche même si je n'ai personnellement pas accroché. J'ai trouvé son comportement ambigu par moment.

Quand à l'amoureux, dont je tairais le nom, ses réactions sont un peu incompréhensibles, au départ. Pour garder du suspens, Jo Baker a construit son livre en trois parties et nous n'apprenons certains éléments sur cette personne qu'au cours de la dernière, ce qui le rend mystérieux, mais aussi moins sympathique.

Et la romance

Ce n'est vraiment pas la plus belle histoire d'amour que l'on puisse lire. Alors, oui, la fin est belle, mais dans l'ensemble, cette romance est un peu banale, avec une jeune femme qui ne supporte pas le nouvel employé... puis hésite à partir avec un autre homme - de couleur, comme ça, toutes les modes sont respectées - avant de se rendre compte que finalement, partir chercher ailleurs ce que l'on a sous son toit est un peu idiot.

En fait, l'histoire de Mrs Hill est plus touchante. De plus le tout est d'un rythme un peu lent.

Toutefois, cette histoire globale tient la route et, surtout, à permis à l'auteure d'aborder de nombreux sujets, allant de la violence des châtiments corporels infligés par l'armée, aux enfants illégitimes.

Un OOC

Le dernier point que je voudrais soulever c'est la modification des comportements et caractère des personnage de Jane Austen qui rendent ce livre "Out Of Caracter". J'ai abordé le sujet avec Elisabeth. Pourtant c'est le pauvre capitaine Whickam (mari de Lydia Bennet) qui est le plus modifié et passe pour un rustre.

Chaque auteur est libre de ses choix, mais je préfère les fan-fictions qui respectent le caractère des personnage.


Les mots pour : Style accrocheur, vision des domestiques.

Les mots contre : Dialogues, personnages de Jane Austen parfois décalés (OOC)

Notation :

Style (sur 5) 4 Intrigue (/4) 2 Personnages principaux (/3) 2
Style 2 Crédibilité 1 Personnages secondaires (/1) 0,5
Narration 1 Action 0,5
Description 1 Violence/tendresse 0,5 Temps et espace (/2) 1,5
Sensation générale (/3) 2 Rythme général (/2) 1,5 Total (/20) 13,5



Une belle romance, bien écrite, avec des personnages inventés bien construits. Toutefois, le dérapage vers des OOC, certains dialogues et un manque de rythme l'écartent des meilleures lectures de l'année. 

1 commentaires :

  1. C'est curieux parce que le changement pour Elizabeth ne m'a pas vraiment choqué … par contre, le rôle de Mr Bennett dans tout cela m'a gênée davantage.
    Ce n'est pas une belle histoire d'amour en effet et il y a quelques effets de mode, mais je crois que ce qui m'a le plus manqué est le coté ironique et mordant de Jane Austen. Ici c'est réaliste mais assez froid malgré une jolie plume.
    En tout cas, c'est une des "austeneries" les plus réussies dans l'atmosphère que j'ai lue.

    RépondreSupprimer

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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