À la pointe de l'épée de Ellen Kushner

Un honneur bafoué ? pas de soucis, appelez Saint-Vière et d'un duel, à la pointe de l'épée, il réglera le problème ! C'est ce que nous conte, joliment, Ellen Kushner.

À la pointe de l'épée de Ellen Kushner
Éditeur: Folio SF

Nb de pages : 409

Série : / 

Catégorie : Fantasy

Traducteur : /.

Pourquoi ce livre ? 

Ce livre entre dans mon ABC imaginaire 2016 

À la pointe de l'épée de Ellen Kushner 


Richard Saint-Vière est le plus fameux des tueurs des Bords-d'Eau, le quartier des pickpockets et des prostituées. Aussi brillant qu'impitoyable, violent à ses heures, ce dandy scandaleux gagne sa vie comme mercenaire en vendant ses talents de bretteur au plus offrant, sans trop se soucier de morale. Mais tout va se compliquer lorsque, pour de mystérieuses raisons, certains nobles de la Cité décident de se disputer ses services exclusifs ; Saint-Vière va dès lors se retrouver au cœur d'un inextricable dédale d'intrigues politiques et romanesques qui pourraient bien finir par lui coûter la vie... 

Au-delà du roman d'aventures mâtiné de mélodrame, au-delà de l'hommage savoureux rendu à Dumas et aux grands récits de cape et d'épée, À la pointe de l'épée est une œuvre forte, profondément dérangeante, sur la nature de la réalité et la moralité de la violence. Une inoubliable galerie de personnages plus grands que nature, désespérés au point de tout risquer.






Ellen Kushner est née en 1955 à Washington.

Passionnée d’histoire médiévale et de traditions, elle a dirigé une collection de fantasy avant de se lancer dans l’écriture. Ses romans sont qualifiés de romans de Manner fantasy.

En 1991 son roman, Thomas le Rimeur, a reçu le Prix World Fantasy et le Prix Mythopoeic.


L'histoire

  •  Richard Saint-Vière est un bretteur, un tueur à gage de cette société un brin décalée. ses combats, à mort souvent, le pousse dans des situations périlleuses pour l'honneur des grands de ce monde... 

Mon avis

J'avais apprécié la plume douce de l'auteure dans Thomas le rimeur, et j'ai plongé dès les premières pages de ce roman de cape et d'épée, envoûtée par les mots justes et l'ambiance créée.

Le style parfait ?


Mais, si ce livre recèle des tas de qualités, il contient un point qui a dû le rendre assez difficile à d'autres lecteurs fans d'Héroïc fantasy : tout est d'une douceur âpre et les combats sont essentiellement politiques. Les rares scènes d'action sont narrée avec tant de recul, de délicatesse qu'elles rendent le livre faussement gentil. Les horreurs racontées passent comme un peu de miel dans une gorge irritée...

Ce style qui me plaît tant, avec moult détails et des mots recherchés, posés justement, n'est pas mis en valeur chez les autres blogueurs, qui s'attachent, la plupart du temps à l'intrigue, aux scènes - violentes - de combats, à l'hémoglobine - si possible coulant à flots - et autres signes de force.

Ici, l'auteure a su dépasser tous ces artifices fantasques pour garder le substrat et donner un oeuvre délicate (je l'ai déjà dit, je sais) et savoureuse. Chaque page a été lue avec la sensation de communier, d'avoir trouvé une plume ravissante. D'être comblée et de comprendre les écueils qui me tiennent parfois éloignés d'autres amateurs de fantasy dure. La beauté du texte malheureusement bafouée par tous ces lecteurs qui préfèrent des romans moins travaillés dans le style mais répondant aux goûts des masses.

Chacun son roman.


Oui, c'est un petit coup de gueule. Désolée. Mais entendre dire, sur un salon, que l'écriture n'a pas d'importance, que seule l'histoire prime m'a chamboulé, d'autant que je mets mes tripes dans ce que j'écris et prends mon pied à lire des romans comme celui d'Ellen Kushner.

J'ai rejeté (il y a peu) ces chroniques qui "attendent" d'un roman qu'il réponde aux envies des lecteurs, souri devant des articles où le blogueur se désespère parce que l'auteur n'a pas mis dans son livre ce que laisse présumer le résumé... lu, dernièrement, un article acerbe parce qu'un auteur (que je n'ai pas la chance de connaitre) avait posé des mots recherchés dans son livre et qu'elle avait dû ouvrir un dictionnaire. Honteux, non ? apprendre en lisant, franchement.

Je ne détiens pas de solution. Les blogueurs continueront de croire que dire du mal des livres et des auteurs leur fera du bien, certains s'amuseront encore à descendre des écrivains sur des sites, sanctionner de leurs mots durs des livres où ils n'ont pas trouvé ce qu'ils cherchaient, oubliant que derrière ces couvertures et ces textes, des âmes souffrent.

Pas de pitié. La loi de l'anonymat.

Mais je suis outrée et blessée par ces comportements et il fallait qu'un jour cela sorte.

Ne cherchez pas pour autant de mauvaises critiques de mes romans, elles sont toutes bonnes (à la limite, mitigées), et ce qui peut m'être reproché, c'est de savoir vendre un livre sans mentir ! puisque je refuse même par moment de vendre. 

Les personnages. 

Pour revenir au roman présenté aujourd'hui, les personnages m'ont touché par leur grâce et leur charisme. L'auteur débute son texte in situ et nous entraîne dans cette intrigue sombre où les rouages se dévoilent peu à peu.

Chaque personnage à sa page, son passage, son instant de gloire ou de défaite. Les pensées, les actes sont détaillés et nous suivons une histoire à la chronologie parfaite, avec de temps en temps ces souvenirs si importants pour la compréhension.

La vie est dévoilée au travers de petites saynètes, avec d'un côté les nobles, richissimes et extravagants de démesure dans leurs vêtures ou leurs démonstrations comme lors de la scène de la péniche. Les mets, les robes, les masques, les détails foisonnent et nous plongent dans un univers similaire à la renaissance.

Mon seul bémol concerne ces personnages, puisque je trouve dommage de rester sur des incertitudes concernant deux d'entre eux. C'est un tout petit bémol que je raccroche à un manque de réponse sur certains personnages des Bords-d'eau, le quartier où vit Saint-Vière, et qui manquent un peu de précisions.

Et l'amour.


Toutefois, les vêtements sont promptement ôtés, et l'amour fuse. Sans tomber dans du graveleux et en conservant une pudeur appréciable, Ellen Kushner démontre une société où aucun tabou ne subsiste. L'amour prime. Et si paraître passe par s'adonner aux bras d'un homme, qu'il en soit ainsi. 

J'ai, vous vous en doutez, adoré. Car, ici, elle offre une vision totalement libre des personnages, leur concède le droit d'aimer sans être jugés. L'homosexualité n'est plus une forme, elle devient si normale, si possible.

L'intrigue politique.


Je terminerai par un petit mot sur cette intrigue savamment montée. Tout se décante dans les dernières pages, bien que des indices aient été posés auparavant. mais l'art de l'auteur nous laisse croire qu' l'un dirige l'affaire, alors qu'u final, il n'est qu'un pantin. puis, c'est le tour d'un autre. bref, un joli imbroglio pour le lecteur qui se perd en conjectures avant de découvrir la jolie fin.


Au final

Les mots pour : Style, intrigue, homosexualité sans tabou, douceur.

Les mots contre : /

Style : 4.5/5
Intrigue : 3.5/4
Personnages  : 3/4
Écriture : 2.5 Crédibilité : 1.5
P principal(aux) : 2/3
Narration : 1 Action : 1
P secondaires : 1/1
Description : 1 Violence/Tendresse : 1
Temps et espaces : 1.75/2
Sensation générale : 2.5/3
Rythme général : 1.75/2
Total : 17/20

En bref : un roman superbe et bien construit, abordant un sujet intéressant. une mise en scène sympathique avec des personnages riches et des décors fabuleux. Non, je parle bien d'un roman, mais il est tellement visuel qu'il m'a entraîné dans cette aventure avec la sensation de la regarder. 

4 commentaires :

  1. Ton article m'a donné envie de découvrir cette auteure que je ne connais pas.

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    Réponses
    1. Merci ^^

      C'est une auteure à la plume très douce. Suivant ce que tu apprécies, tu peux aussi découvrir Thomas le rimeur, un très beau livre plein d'Elfes et autres créatures. Très poétique aussi, cette autre histoire m'avait enchanté.

      Bises

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  2. Jolie critique, et entièrement d'accord avec ton coup de gueule. Non, l'auteur n'est pas à la botte du lecteur, il raconte avant tout une histoire qu'il souhaite partager. Et ce dédain que je croise aussi de plus en plus souvent pour un style "trop" travaillé, ça m'agace. Comme tu le soulignes, la lecture fait grandir, réfléchir, apprendre. Ne chercher à lire que ce que l'on veut, c'est sclérosant, et tout sauf épanouissant.

    Le bouquin d'Ellen Kushner vaut effectivement le détour. Comme tu le souligne, la plume est très jolie (malgré quelques petites longueurs j'ai trouvé), mais l'ensemble est vraiment chouette. A savoir : il existe deux autres suites je crois, mais non traduites en français, malheureusement...

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  3. Quand j'ai vu que tu avais posté un coup de gueule sur ce roman, j'ai eu un peu peur, vu que je l'ai mais OUF ! ce que tu en dis ne fait que confirmer sa place dans ma PAL.
    Erratum : après vérification, j'ai Thomas le rimeur, de la même auteure. J'espère y trouver le style que tu décris qui est pile poil dans ce que j'aime :)

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