Une demi-couronne de Jo Walton [série]


suite et fin de la magnifique saga subtil changement de Jo Walton, ce tome, une demi-couronne aborde le thème des justes et de leurs actions pour sauver les juifs, coûte que coûte.


Éditeur : Denoël

Nb de pages : 352

Série : Subtil changement 

Catégorie : polar SF

Traducteur : /.

Pourquoi ce livre ? 

Ce livre m’a été offert par les éditions Denoël
que je remercie pour cette lecture. 

Londres. 1960. Dix ans ont passé depuis l’attentat contre Hitler déjoué par Peter Carmichael. L’homme qui fut un brillant inspecteur de Scotland Yard dirige maintenant le Guet, la redoutable police secrète créée par Mark Normanby pour juguler l’opposition et traquer les Juifs. Il a adopté Elvira Royston, la fille de son ancien adjoint. Alors que la jeune Elvira se forge lentement mais sûrement une conscience politique et découvre avec effroi les coulisses d’une Angleterre vendue au fascisme, de nouveaux mouvements sur l’échiquier politique secouent le pays. Le retour du duc de Windsor, fasciné par Hitler, n’étant pas le moindre. En danger, plus que jamais, Carmichael va être confronté au plus grand défi de son existence. 

Avec Une demi-couronne, Jo Walton clôt en beauté sa trilogie du Subtil changement (Le Cercle de Farthing, Hamlet au paradis) et nous rappelle que les Justes, aussi, peuvent écrire l’Histoire.

La série comporte trois tomes :





Biographie


Jo Walton est née en 1964 au Pays de Galles.

C’est une romancière britannique de science-fiction et de fantasy.



L’histoire

  •  L’inspecteur Carmichael, devenu chez du Guet, voit sa vie basculer lorsque sa nièce se fait arrêter. 

Mon avis

Dernier opus de la série Subtil changement — basée sur un concept SF intéressant : Hitler est en vie, et l’Angleterre à signé un accord de paix (voir le cercle de Farthing) — ce roman termine l’intrigue avec une grande partie politique.


Dix ans après.


Jo Walton nous fait faire un bond de dix ans, avec ce roman. Les événements du livre précédents ont entraîné des changements dans la vie du héros, Carmichael — ils sont relatés, comme dans les livres précédents, sous forme de souvenirs — et notamment un poste de chef du Guet (voir tome deux :
Hamlet au paradis), sorte de Gestapo anglaise ou de police politique. Grâce à ce poste, il perpétue sa lutte contre les idées du gouvernement et sauve des juifs au lieu de les faire embarquer dans des bateaux en direction des camps européens.
L’autre point politique fort est la chute de l’URSS et du communisme, qui rejoint la véritable histoire, avec comme conséquence une prise en charge plus « légère » des communistes en Angleterre.

L'arrivée du duc de Windsor et le mouvement du pouvoir aux anglais amènent une touche de patriotisme et amorcent les idéaux de liberté, bafouées par l'accord signé après guerre (voir le cercle de Farthing)


Narration polyphonique.

La narration de Jo Walton reste sur deux modes :


  • Les parties racontées par Elvira, la nièce de Carmichael, à la première personne. Comme dans les deux précédents romans, la parole est donnée à une femme. Celle-ci, âgée de 18 ans, a été élevée dans cet univers nazi et remet difficilement en question ce qui lui a été inculqué depuis son enfance, notamment les rumeurs sur les comportements des juifs, et vit dans un monde où les jolies robes et l’aspect sont plus importants que tout. Grâce à une amie, elle va être présentée à la reine, alors que son statut social ne le lui permettrait pas, mais l’on sent un brin de rébellion avec la volonté de suivre des études à Oxford, tandis que les bonnes mœurs la voudraient mariée et soumise. Jo Walton évoque la lutte des classes et les mouvements féministes à travers cette demoiselle. 


  • Un chapitre sur deux, donc, relate l’histoire depuis l’inspecteur Carmichael (narration extérieure) et aborde des points bien plus personnels que dans les tomes précédents. Toute l’intrigue tourne d’ailleurs autour de ces deux protagonistes. 


Intrigue politique.


Pas de meurtre dans ce roman, mais une intrigue politique et des bassesses d’hommes en quête de pouvoir. C’est un peu dommage, et c’est ce qui m’a dérouté. Le début est prometteur, mais je me suis lassée vers le tiers du livre, avec ce jeu de chat et de souris.

Carmichael protège sa nièce, mais se met en porte à faux. Le ministre, à qui il a pourtant sauvé la vie, le harcèle. Son ancien chef le houspille et use de son pouvoir pour le faire tomber. Ces jeux politiques n’ont pas su m’interpeller et j’avoue que j’ai lu un peu en diagonale sur une bonne centaine de pages.

La fin, avec une montée en puissance et un rebond d’action, m’a emporté à nouveau dans le livre. Néanmoins, la série se termine en laissant des questions en suspens, comme le devenir de l’Angleterre. Le contre-pied SF avec Hitler encore en vie reste et la fin n’apporte qu’une petite ouverture, sans sortir de cette démarche.

Un style impeccable.


Certes, les descriptions de Jo Walton, notamment dans la prison pour femme avec un comportement de policiers que l’on peut qualifier d’outrancier, donnent la nausée tellement ses mots frappent juste. Toutefois, malgré ses grandes qualités stylistiques, j’ai peiné sur cette partie centrale.

Les mots que j’avais appréciés, l’ambiance qu’elle donne avec des descriptions riches et nettes, le charisme insufflé aux personnages, tout cela a su m’épater. Nul doute, je lirai d’autres romans de cette auteure.

Au final

Les mots pour : style, idéologie féministe

Les mots contre : intrigue plus politique

Style : 4/5
Intrigue : 3/4
Personnages  : 3.5/4
Écriture : 2 Crédibilité : 1.5
P principal(aux) : 2.5/3
Narration : 1 Action : 0.5
P secondaires : 1/1
Description : 1 Violence/Tendresse : 1
Temps et espaces : 1.5/2
Sensation générale : 2/3
Rythme général : 1.5/2
Total : 15.5./20

En bref : un roman qui clôture la trilogie débutée par le cercle de Farthing, sans rattraper l'histoire réelle. Une intrigue beaucoup plus politique que dans les tomes précédents et qui n'a pas su m’intéresser complètement, alors que le style reste superbe. 

1 commentaires :

  1. Bonjour, je t'ai nominé pour le Liebster Award :) Si tu fais le TAG, mets moi un petit message pour que je puisse venir le lire, j'en serais ravie :) Le lien de l'article est ici : http://les-livres-de-zelie.blogspot.fr/2016/05/tagliebster-award.html
    Bonne journée
    Zélie

    RépondreSupprimer

Merci de laisser des commentaires constructifs, afin que nous puissions échanger sur les lectures présentées.

Les commentaires anonymes ne seront pas publiés.

Bonne journée, merci de vos petits mots, Biz, nanet.

 

Les mots d'un autre

Les mots d'un autre
"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

Ma liste de blogs

Pour me contacter

Nom

E-mail *

Message *

Membres

Articles les plus lus (7 derniers jours)