Half Bad, tome 1 : Traque blanche de Sally Green [série]


Tu es mauvais. Ton sang est à moitié noir. Tu ne seras jamais bon ! Voilà ce qu’entend à longueur de temps Nathan, le héros atypique de ce roman fantastique jeunesse écrit par Sally Green : Half Bad.


Éditeur : Milan

Nb de pages : 382

Série : Half Bad 

Traducteur : marie Cambolieu.
***
Catégorie : fantastique jeunesse.

***
Partenariat : / 

Challenge : ABC 2016.


Dans l’Angleterre d’aujourd’hui, deux clans de sorciers vivent en secret au côté des humains : les adeptes de la magie blanche et les sorciers noirs. Mais la naissance de Nathan vient bousculer l’équilibre des forces, car il est à la fois un sorcier blanc et un sorcier noir. Son père est un des plus puissants et cruels sorciers du monde. Sa mère, adepte de la magie blanche, est morte. À 16 ans, Nathan va recevoir ses pouvoirs comme tous les sorciers. Mais il n’est pas comme tous les sorciers… Son clan va décider de l’enfermer : Nathan est piégé dans une cage, battu et menotté. Les frontières entre le bien et le mal n’ont jamais été aussi floues et menacées.

La trilogie est préfacée par un tome court.

  • Half Bad, tome 0.5 (demi mensonges)
  • Half Bad, tome 1 : Traque blanche [lu]
  • Half Bad, tome 2 : Nuit rouge
  • Half Bad, tome 3 : Quête noire 



Biographie

Sally Green est née 1961 au Royaume-Uni.


Comptable de formation, elle a commencé à écrire lors de son congé maternité. L’agent littéraire britannique Claire Wilson a eu le coup de foudre pour le manuscrit, envoyé par la poste, dont 36 éditeurs étrangers — en France, la collection Macadam, de Milan — se sont arraché les droits.

L’histoire.

  •  Enfermé dans une cage, un jeune homme tente de s’échapper tout en analysant la situation. 

Mon avis.

Avant propos.

Je ne peux pas dire que je suis déçue par cette lecture, car je n’en attendais rien de bien précis, mais lorsque je lis les premiers articles parus sur ce roman, je me dis que nous vivons vraiment dans un monde bizarre, soumis aux diktats des grandes Me et des sorties littéraires à grand coup de promotions publicitaires, envoie massif de livres...

À leur sortie, ces livres obtiennent de fabuleuses notes de certains SP-blogueurs. Et puis, quelque temps après, ces notes flanchent, s’amenuisent lorsque d’autres lecteurs s’emparent des romans et écrivent, à leur tour les articles. La mode est passée, la pression médiatique aussi, mais surtout, la frayeur de ne plus recevoir de livre, si par malheur on ose dire qu’il n’est pas génialiscimement-génial (cherchez pas, il existe pô !)

Ce livre ne déroge pas à la règle. Sorti en 2012, il a été encensé par tout un panel de lecteurs, mais les articles actuels sont bien plus mitigés.

Alternance narrative.


Le point à soulever, c’est l’alternance narrative et, chose rare, l’utilisation de la deuxième personne du singulier : tu.

J’avais adoré le travail effectué par Italo Calvino dans son roman : Si par une nuit d’hiver un voyageur, et j’ai retrouvé dans le texte de Sally Green cette touche particulière que confère ce format. Bon, soyons clairs, le talent d’Italo Calvino est loin d’être atteint, ici.

Mais l’auteure a eu le courage d’oser une forme différente, afin de donner au lecteur la sensation de vivre l’expérience de Nathan, son héros. Néanmoins, tous les chapitres ne sont pas écrits avec ce mode, et Sally Green a aussi opté pour une narration plus classique et... intérieure avec ce fameux Je sur lequel je sature un peu dernièrement.

Ce qui donne :

  • première partie : tu (12 pages) — présent — narration au présent
  • deuxième partie : je (120 pages) — passé — narration au présent et passé
  • troisième partie, premier chapitre : tu - présent - narration au présent
  • troisième partie et jusqu’à la fin : je — présent - narration au présent

Ce présent, outre la volonté de faire vivre les événements, de les rendre plus vifs, donne un sentiment d’écouter la personne qui raconte, d’être dans la confidence. Malheureusement, cela donne aussi des textes plus pauvres, moins aboutis. Enfin, à mon goût.

Un héros atypique.


Le personnage principal est atypique. Né d’une relation entre deux membres de clans opposés, il se voit targué par la société blanche d’une appellation 0,5 noir 0.5 blanc et enfermé dans une cage pour que ses capacités et son côté obscur ne viennent pas perturber les gentils sorciers blancs.

Analphabète, peu doué pour les études, alors qu’il démontre une intelligence naturelle et une belle aptitude à la survie, il se voit contraint à subir les mauvais traitements imposés par le conseil et vivre telle une bête dans une cage. Sa gardienne, une femme sévère, mais qui finit par l’apprécier, l’oblige à de nombreux exercices et tente de l’éduquer. Elle n’est pourtant pas la pire.

Entre maltraitance physique et psychologique, Nathan vit de mauvais moments. Il est rare que le héros soit ainsi rabaissé. L’auteure ne se contente pas d’en faire un antihéros avec quelques mésaventures plus ou moins rigolotes. Elle le maltraite, le pousse à se rebeller, le montre sous ses mauvais côtés.

Elle cherche à affirmer, aussi, que s’il bascule du côté obscur (j’ai passé un week-end en compagnie de fans de Star-wars, ça laisse des traces...) ce n’est pas uniquement lié à son père, mais aussi aux traitements subits. Les blancs, à force de le surveiller, de le houspiller, le poussent dans des actes répréhensibles et ne sont finalement pas si bons.


Mythologie.


Je terminerai par un petit point de « mythologie » et surtout d’explication de la scission entre les blancs et les noirs, dans cet univers uchronique du nôtre. C’est un peu tiré par les cheveux et assez peu convaincant, car peu détaillé. C’est énoncé et les personnages s’en contentent, basent même leur différence et leurs conflits sur cette pauvre petite histoire de brouille entre deux sœurs. Bof...

Quant aux dons des sorciers, ils sont assez classiques et un peu convenus. Rien de nouveau.

Je ne lirai sûrement pas la suite.

Au final

Les mots pour : narration à la deuxième personne, idée, personnage principal

Les mots contre : narration à la première personne, mythologie

Style : 3,5/5
Intrigue : 3/4
Personnages  : 3/4
Écriture : 2 Crédibilité : 1
P principal(aux) : 2/3
Narration : 0.75 Action : 1
P secondaires : 1/1
Description : 0.75 Violence/Tendresse : 1
Temps et espaces : 1.5/2
Sensation générale : 1.5/3
Rythme général : 2/2
Total : .14.5/20

En bref : un roman jeunesse qui se différencie par un style narratif sympathique dans sa première partie, mais retombe rapidement dans le convenu. Un personnage principal sympathique et en pleine crise de conscience. Sentiment mitigé, finalement.  

1 commentaires :

  1. J'ai eu beaucoup de mal avec le style de l'autrice... Et l'histoire me paraissait aussi bancal (découvert en 2014). Les copines ayant lu la suite m'ont motivée à lire la suite, car c'était "vraiment mieux". À voir ;)

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