La maison aux esprits de Isabel Allende


Saga familiale, la maison aux esprits d'Isabel Allende raconte aussi son pays durant près d'un siècle.


Éditeur: le livre de poche

Nb de pages :541

Série : / 

Traducteur : Claude et Carmen Durand

***
Catégorie :fantastique contemporain***
Partenariat : / 

Challenge : ABC imaginaire 2017



Entre féérie et cauchemar la saga de la famille Trueba avec son chef Esteban, riche propriétaire parti de rien, tyran familial et sénateur musclé, sa femme Clara hypersensible et qui dialogue volontiers avec les esprits et une foule de personnages, enfants légitimes ou non, employés, paysans. Portrait d'un pays passé sans transition des traditions rurales à l'horreur des tyrannies modernes. Premier roman de la nièce de l'ancien président du Chili.




Biographie

 Isabel Allende est née en 1942 à Lima, au Pérou, mais a la nationalité chilienne.
Écrivaine chilienne d'expression espagnole, elle a travaillé en Europe avant de collaborer à plusieurs revues chiliennes.
Nièce de Salvador Allende, elle doit fuir le pays en septembre 1973, pour le Venezuela, puis les Sates.
Son premier roman, La maison aux esprits, a été inspiré de sa vie, et d'une lettre à son grand-père resté au Chili. Son deuxième roman, Paula, est aussi inspiré d'un triste événement familial.

Son site (anglais ou espagnol)



L'histoire

  •  Esteban, au seuil de sa vie, relate, aidé de sa petite fille et des carnets intimes de son épouse, pratiquement un siècle de son pays.

Mon avis


J'ai découvert la plume d'Isabel Allende avec Le cahier de Maya. Ce livre mêlait l’histoire du Chili à celle d’une jeune héroïne. J'avais vraiment apprécié cette narration et cette construction. Aussi m’étais-je promis de lire un autre roman de cette auteure. À l'occasion, j'ai appris que La maison des esprits réveillait un petit côté fantastique. 

Événements et personnages historiques.


Tout au long de l'intrigue, Isabel Allende raconte l’histoire d'un pays d’Amérique du Sud. À travers chaque génération des familles Del Valle et Trueba, on découvre les affres politiques, les rigueurs du climat, les souffrances morales, les guerres lointaines, la faim, les mœurs et leur évolution. Sans effet catalogue, tous ces éléments se lient à la vie de cette truculente famille, avec des scènes parfois drôles, souvent touchantes. L’auteure n'oublie pas la violence, la mort, le sexe.
L’équilibre parfait entre chaque ingrédient permet au lecteur de dépasser l'indicible, de comprendre les horreurs d'un viol sans descriptions choquantes, mais sans fausse pudeur. 
Les noms des personnages puisque ce pays se veut fictif – toute ressemblance avec le Chili étant volontaire – sont masqués sous un artifice probant : le président, le poète. Cela donne une idée cosmopolite au livre. Chacun est libre de glisser le nom qu'il désire derrière ces surnoms.

Fantasmagorique


Clara, celle qui lie les deux familles, possède des capacités particulières et un altruisme touchant. Dès son jeune âge, elle faisait bouger les salières sur la grande table et parlait avec les revenants, prédisait des événements. Au fil des ans, ces manies ce sont développées et devenue femme, elle n'a cessé de jouer du Chopin malgré le piano fermé. 
Tous les passages la concernant m'ont envoûté ! Elle est celle que j'ai préférée dans ce roman, avec sa façon d'aborder la vie sans y toucher, de communiquer avec les esprits sans vraiment parler avec les vivants, de voir les choses avant qu'elles ne se produisent, mais d'ignorer le présent. 
C'est aussi sa fatuité à donner, offrir, qui m’a ému. Certes, avec la fortune de son mari, après celle de ses parents, Clara ne manquait de rien si ce n'est d'occupation, mais au lieu de s’adonner à des plaisirs princiers, comme son rustre de mari, elle va ouvrir les portes de sa maison et protéger veuve et orphelin. Que ce soit lors d’épisodes de maladie, suite à codes événements sismiques, elle accueillera mille âmes pour les sustenter. 
Ce don de soi, elle parviendra à le transmettre. Tous d'abord à son fils, qui deviendra médecin auprès des pauvres, puis à sa petite fille qui, bercée dans ces idées de partage, dilapidera une partie de la maison des Trueba (sans égratigner la fortune d’Esteban) dans une période bien plus troublée. 

Étude des mœurs


À travers ce roman, Isabel Allende montre son pays et l'évolution des mœurs au fil des années, la place de la femme, les pauvres paysans esclaves des patrons, même si leurs conditions de vie semblaient meilleures avant qu'un salaire de misère leur soit payé, puisqu'ils étaient nourris et logés. 
Les femmes ont aussi la vie dure et des droits difficilement acquis. Clara semble au-dessus de tout cela, issue d'une famille aisée, elle n'aura pas à travailler pour manger. Mais Blanca, sa fille, va vivre des années rudes, confrontée à une société complexe et un patriarcat puissant. 
Les rouages politiques sont dépeints sans réel parti pris. 

Épistolaire ou récit. 


Comme le texte est raconté par plusieurs personnes (Clara puis sa petite fille), avec des passages à la première personne, lorsque Esteban intervient, les actes de violence ou les prises de position ne sont jamais jugés. Ce n'est pas non plus une quête de pardon, pour cet homme qui a commis de nombreuses erreurs (il m’avoue lui-même) ou une recherche de vérité. C'est un récit des faits, parfois enjolivés par une vision romanesque de Clara, parfois noircis par celle plus cartésienne d'Esteban. 
Certes, la bascule, en plein milieu d'un chapitre, à la première personne après de longs paragraphes à la troisième peut dérouter,surtout que l’on n'en comprend/connaît la cause qu'au cours de l’épilogue. Mais, finalement, on s'y fait et cela donne une tonalité spéciale au livre. 

Au final

Les mots pour : Histoire, style, personnage de Clara

Les mots contre : bascule à la première personne qui m'a dérouté au début.

(explication de la grille de notation)
Style : 4./5
Intrigue : 3.25/4
Personnages  :2.75/4
Écriture : 2 Crédibilité : 1.5
P principal(aux) : 2/3
Narration :1 Action : .75
P secondaires : 0.75/1
Description :1 Violence/Tendresse :1
Temps et espaces : 1.5/2
Sensation générale : 2.5/3
Rythme général : 2/2
Total : 16/20

En bref : un roman passionnant sur le Chili et la vie d'une famille extraordinaire. Les mœurs, l'histoire, le fantastique se mêlent pour un récit fin et envoûtant.

2 commentaires :

Aurélie a dit…

Très belle chronique, tu me donnes envie de lire ce livre. J'aime beaucoup les ouvrages qui dépeignent des époques ou des pays que je ne connais pas réellement :)

Unchocolatdansmonroman a dit…

C'est une belle plume Isabel Allende, une valeur sûre. Contente qu'il t'ait plu. Il faudrait que je le relise et le chronique un jour

 

Les mots d'un autre

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"Que d’autres se flattent des livres qu’ils ont écrits, moi je suis fier de ceux que j’ai lus" [Luis-Borges]

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