Autoportrait en Vert de Marie NDiaye




L'auteur

Marie NDiaye est née à Pithiviers en 1967.

Très jeune elle posa des mots sur des cahiers, et dés 17 ans publie son premier roman : 'Quant au riche avenir'. Elle fera par la suite des études de linguistiques avant de continuer sa carrière d’auteur en jouant la carte du surnaturel et du paranormal.

Son premier grand succès, 'Rosie Carpe' paru 2001, est inspiré du quotidien tout en restant imprégné de mystère…

Exploratrice de la cruauté humaine, Marie Ndiaye s'est imposée comme l'un des écrivains les plus importants de sa génération.

Résumé

'Ma mère est une femme en vert, intouchable, décevante, métamorphosable à l'infini, très froide et sachant, par la volonté, devenir très belle, sachant aussi ne pas le désirer. Ma mère, Rocco et Bella, où en sont-ils à présent ? Je n'écrirai pas, eux non plus, jusqu'au jour où, peut-être, une lettre m'arrivera d'un lieu inconnu, accompagnée de photos d'inconnus qui se trouveront être mes proches à divers degrés - lettre dont, même si elle est signée maman, je contesterai l'authenticité, puis que j'enfouirai quelque part où elle ne sera pas dénichée.'

On retrouve ici les thèmes favoris de Marie N'Diaye : le père absent que l'on retrouve, des frères inconnus, la solitude de la mère restée seule, une famille 'floue' et l'amour.



L’histoire

Un récit inclassable. Bizarre et envoutant. Il ne s'agit pas d'une autobiographie mais d'un autoportrait… Les mots racontent une histoire, une sorte de souvenir un peu étrange, mêlant du présent et du passé, sans les distinguer. Un rêve. Un voyage dans les rouages de l’esprit d’une femme qui broie du vert… Un monologue, un journal… où le vert est le fil conducteur.

Autour d’elle, le vert devient une évidence, une couleur apparentée à tout ce qu’elle ne peut expliciter, tout ce qu’elle craint, ou simplement refuse. Elle voit du vert. Partout. Comme si on traversait une histoire de sorcières et d'envoûtement : Sa meilleure amie qui devient la Xème épouse de son père passe au vert ; Sa mère qui lui annonce l'arrivée plutôt tardive d'une demi-sœur passe au vert ; La maîtresse d'école de ses enfants passe au vert alors que déjà, dans son enfance sa propre maitresse était en Vert ! Tourbillon de verdure dans un esprit…

Car toutes ces femmes ne seraient pas elle-même ?

Un journal contient des dates. Ici, la chronologie est abrégée. Les photos nous donnent une valeur lointaine. Le sentiment d’un passé. Ces iconographies alimentent le texte et l’ornent sans l’expliquer. Les changements d’époque font penser au déroulement d’un rêve où toute logique est perdue… et

les femmes de l’histoire aiment, trahissent, grossissent, divorcent, se suicident, ressuscitent ! Bien réelles ou échappées de la conscience de l'auteur, elles sont toutes vêtues de vert, une couleur qui «ne saurait être, néanmoins, la seule couleur de la méchanceté».

Et puis, d’un coup, comme un réveil, comme un retour affreux à la réalité, un homme s’immisce dans le livre. Ce père, recherché, retrouvé, dans un coin d'Afrique et qui clôt le livre en une forme épique ou pathétique…


Le style


« Je reconnais l'écriture de ma mère : les points sur les i sont des cercles disproportionnés, chaque phrase contient plusieurs fautes inattendues, d'une certaine façon personnelles, originales. »

Autoportrait en Vert - Marie NDiaye.

La prose de Marie Ndiaye est une expérience impressionnante. Intéressante.

Ce livre est un vrai ouvrage de littérature, la langue en est travaillée et l'histoire ne compte pas plus que sa mise en forme. Très poétique. Un peu sombre, tout en étant très léger… vaporeux. Énigmatique.

Au final

Une drôle d’expérience. J’avoue que j’ai été agréablement surprise par ce texte. Si vous le croisez, n’hésitez pas…

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